20
%

Lisa Dumaine

AUTRICE DE L’OMBRE ET DE LA LUMIÈRE,
DES MOTS POUR DIRE CE QUE
LE COEUR NE PEUT TAIRE

Cachet de cire avec le logo de l'écrivain

ENTRE POESIE, EMOTION ET INTROSPECTION, J’ECRIS POUR EXPLORER CE QUE LES SILENCES NE DISENT PAS. CE SITE EST MON ESPACE D’EXPRESSION : SIMPLE, SINCERE, VIVANT

GALERIE

Photo noir et blanc Lisa livre sur la tête mains qui forment un cadre
Citation Guy de Maupassant sur l'écriture
Photo noir et blanc Lisa avec un livre sur la tête et qui fait chut
Lisa qui écrit en pleine nature
Citations Albert Camus et Luigi Pirandello sur la résilience et les relations
Photo noir et blanc Lisa qui porte une livre sur la tête et qui le tient
Lisa qui écrit et qui porte un pull rayé rouge et blanc
Citation Victor Hugo Deuil
photo noir et blanc Lisa qui porte un livre sur la tête et mains sous le menton
Lisa écrit et porte un pull rouge
Citation Stephen King sur les coeurs
Photo Lisa noir et blanc livre sur la tête mains sur les joues

REVUES

Le labyrinthe des esprits

Le Labyrinthe des esprits est, à mes yeux, une conclusion magistrale au cycle du Le Cimetière des livres oubliés. Un roman labyrinthique, mélancolique et profondément humain, qui referme chaque porte laissée entrouverte depuis L’Ombre du vent tout en laissant au lecteur cette douleur douce des grandes œuvres que l’on ne veut jamais quitter.


Le personnage d’Alicia Gris m’a immédiatement fascinée. Elle est à la fois sombre et lumineuse, ironique et profondément blessée. Tragique même. C’est un personnage d’une immense complexité auquel je me suis énormément attachée. Son lien avec Fermín Romero de Torres est d’ailleurs l’un des plus beaux du roman : une relation faite de pudeur, d’humour, de fidélité et d’humanité.


Puis vient Vargas, cet inspecteur avec lequel Alicia enquête sur la disparition de Valls. Et enfin, les réponses arrivent. Les pièces du puzzle se rassemblent peu à peu autour des Sempere, de Daniel, de Bea, de Julián Carax et de toutes les générations qui se répondent d’un livre à l’autre.


Ce roman éclaire également le destin d’Isabella, la mère de Daniel, ainsi que celui de Juan Sempere. Et c’est là toute la force de cette saga : au-delà des mystères et des intrigues, elle raconte avant tout la transmission. Les liens entre les pères et les fils y sont bouleversants. Entre Juan Sempere et son père, Daniel Sempere et le sien, Julián Carax et ses blessures familiales, chaque génération semble porter les traces de la précédente.


La relation entre Daniel et son père est sans doute l’une des plus touchantes de toute la saga. Elle traverse les romans du début à la fin avec une tendresse pudique et une fidélité bouleversante, surtout lorsque les secrets de famille se dévoilent enfin. Et autour de Daniel gravitent d’autres figures presque paternelles : Julián Carax comme un père spirituel, David Martín comme un père d’âme, Fermín comme un meilleur ami devenu oncle, protecteur, ange gardien.


Dans cette œuvre, les pères transmettent, protègent, aiment et tentent de sauver leurs enfants — fils comme filles. Les femmes, elles, sont fortes, intelligentes, inoubliables, mais souvent marquées par l’absence, la douleur ou des maternités imparfaites, parfois invisibles.


J’ai aussi été profondément touchée par la relation entre Julián et Julian, si belle, secrète, tendre et touchante.


Tout dans cette saga semble guidé par le destin : les livres choisis dans le Cimetière des Livres Oubliés, les prénoms qui reviennent, les signes, les répétitions familiales, les échos entre les générations. Comme si les histoires choisissaient elles-mêmes leurs lecteurs. Comme si certains êtres étaient condamnés à se retrouver à travers les livres et le temps.


Pendant longtemps, j’ai eu l’impression que les romans ayant suivi L’Ombre du vent avaient presque été “écrits” par Julián Carax lui-même, Daniel lui avait demandé de continuer à raconter leur histoire. Je me suis demandée jusqu’au bout où se trouvait la frontière entre la vérité, la mémoire et la fiction imaginée par Carax. Et lorsque la réponse arrive enfin dans les dernières pages, elle m’a profondément bouleversée.


Cette saga est aussi remplie de références littéraires, artistiques et culturelles qui m’ont particulièrement touchée. On y retrouve des échos au Le Comte de Monte-Cristo de Alexandre Dumas, des clins d’œil à Victor Hugo et à sa maison parisienne que j’ai récemment visitée, mais aussi des références à Orson Welles, au cinéma, à la littérature gothique et aux écrivains maudits. Même le stylo Montblanc fictif évoqué dans le roman participe à cette mythologie élégante et nostalgique propre à Zafón.


Je me suis d’ailleurs davantage reconnue dans plusieurs personnages masculins : Julián, David Martín, Daniel… des hommes mélancoliques, hantés, passionnés, profondément seuls parfois. Du côté des personnages féminins, j’ai adoré Isabella, forte, brillante, aimante, avec ce lien magnifique à l’écriture et à son mentor. Bea représente pour moi le cœur vivant de la saga : la douceur, la fidélité et l’amour pur. Nuria est une femme sentimentale et forte à la fois. Et Alicia Gris incarne l’ombre et la lumière, la solitude, les blessures invisibles et cette façon d’avancer malgré tout.


Oui, j’ai eu les larmes aux yeux en refermant ce livre.


Chaque personnage m’a touchée. Chaque histoire a trouvé un écho en moi. Et c’est peut-être cela, au fond, la plus grande réussite de Carlos Ruiz Zafón : avoir créé non seulement une saga, mais un monde vivant, habité par les fantômes du passé, l’amour des livres et la mémoire des êtres que le temps refuse d’effacer.

« Les souvenirs que l'on enterre dans le silence sont ceux qui ne cessent jamais de nous persécuter. »


« Rien de ce qui vaut la peine dans cette vie n'est simple »


« Elle pouvait être l'ombre ou la lumière, un paysage ou un portrait, selon le livret. »


«   -Ce que j'aimerais, c'est voyager et découvrir le monde.Trouver l'endroit qui me correspond. S'il existe.

-   Toute seule?

-   Ai-je besoin de quelqu'un d'autre ?

-   Je suppose que non. Pour les êtres comme nous, la solitude peut être la meilleure des compagnies. »


« Personne n'est ce qu'il paraît. »


«   -Ce n'est pas bien d'écouter aux portes...

-  J'ai toujours pensé que c'est ainsi qu'on entend les meilleures conversations, hasarda Alicia. »


« Les certitudes réconfortent, mais c'est en doutant qu'on apprend. »


« Tu seras surprise de constater à quel point on cherche toujours dans le présent, ou le futur, des réponses qui se trouvent dans le passé. »


« Le froid. Un froid qui mord la peau, entaille les chairs et transperce les os. Un froid humide qui tenaille les muscles et brûle les entrailles. Le froid. Au cours de ce premier moment de conscience, c'est la seule chose à laquelle il pense. »


« La vie est comme une gare, à ce qu’on dit, et on monte presque toujours dans le mauvais train, à moins qu’on ne nous y pousse. »


« - Vous êtes très élégante. Un rendez-vous galant ?

-   Mieux. Un rendez-vous avec des livres. »


« Tu te briseras le cœur à toi-même. Si tu en avais un. »


« Je crois en la littérature. Et parfois dans l'art de la gastronomie, surtout s'il est question d'une bonne paella. Le reste, ce sont des mensonges ou des palliatifs, c'est selon. J'ai l'impression que sur ces sujets nous nous ressemblons, vous et moi. À propos de la littérature, je veux dire, pas de la gastronomie. »


« - Pour quelles raisons faisons-nous les plus grandes bêtises, dans notre vie ?

-   Par amour, pour l'argent, par dépit...

-   Au fond, vous êtes une romantique, je le savais.

-   Par amour, c'est cela ?

-   Qui sait ? J'ignore ce qu'il espérait trouver d'autre dans un pays où la moitié de la population assassinait l'autre au nom de bouts de tissu de couleurs différentes... »


« On boit pour se souvenir et on écrit pour oublier. »


« Parce que vous êtes une créature de lumière et d'ombre, comme cette ville. »


« Le bonheur, ou ce qui y ressemble le plus pour toute créature pensante, à savoir la paix de l'esprit, est ce qui s'évanouit sur le chemin qui conduit de la croyance au savoir. »


« Une promesse à laquelle on ne renonce pas n'est pas une promesse. »


« On ne ment jamais à des gens ; ils se mentent à eux-mêmes. Un bon menteur donne aux crédules ce qu’ils veulent entendre. Voilà le secret. »


« - Apprendre à distinguer pourquoi on fait les choses et pourquoi on dit qu'on les fait est le premier pas pour se connaître soi-même. Mais de là à cesser d'être un crétin, il y a un sacré chemin.

-   Vous parlez comme un livre, Fermín.

-   Si les livres parlaient, il n'y aurait pas autant de sourds. »


« Les grands esprits se retrouvent toujours sur les grandes idées. »


« Je l'ai toujours dit : lorsqu'on veut que tout se déroule bien, il faut mettre une femme à la tête des opérations. »


« Elle survivra. Je l'ai déjà vue revenir d'entre les morts, et quand on apprend le truc on ne l'oublie plus. Je parle par expé-rience. Ressusciter, c'est un peu comme faire du vélo ou dégrafer le soutien-gorge d'une fille d'une seule main. Le tout c'est de piger le truc. »


« Le destin nous connaît mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. »


« Je désire seulement que la justice soit faite. C'est tout. J'ai cru toute ma vie que j'aspirais à me venger. Mais la vengeance n'existe pas. La seule chose qui importe est la vérité. »


« Il en était arrivé à la conclusion qu'on ne sait jamais qui on est véritablement avant d'apprendre à haïr. »


« N'êtes-vous pas convaincu qu'en sauvant une personne honnête vous sauvez le monde, ou au moins la possibilité qu'il reste quelque chose de bon en lui ? »


« La douleur la plus sincère se vit dans la solitude. »


«  Dormir, c'est pour les rêveurs. »


« En déposant les premiers mots, on constatait que la distance entre l'intention et le résultat allait de pair avec l'innocence à réaliser l'une et à accepter l'autre, dans l'écriture comme dans la vie. »


« Rien n'effraie davantage un barbare qu'une femme sachant lire, écrire et penser.

Et qui, en outre, montre ses genoux. »


« Des âmes perdues qui se rencontrent au cen de la nuit. »


« Les personnes conservent les espérances, mais le destin, c'est le diable qui l'attribue. »


« On ne mesure le vide du temps passé que le jour où l'on existe véritablement. »


« Sur cette terre, personne n'est heureux gratuitement, sans contrepartie, ne fût-ce qu'un bref instant. »


« J’ai appris que, dans ce monde, la vérité ne fait que meurtrir, et aussi que Dieu n'aime et n'aide que les menteurs. »


« Le libraire lui répondait toujours qu'il n'avait pas la foi, mais que dans ce lieu il se sentait plus proche d'Isabella, peut-être parce qu'il l'avait épousée entre ces murs et qu'il y avait organisé ses funérailles cinq petites années après, les seules heureuses de sa vie. »


« Parfois, quand les dieux regardent ailleurs et que le destin se perd en chemin, même les bonnes gens ont un peu de chance dans la vie. »


« On n'est libre que tant qu'on ignore la vérité. »


« Une histoire n'a ni début ni fin, seulement des portes d'entrée.

Une histoire est un labyrinthe sans fin de mots, d'images et de pensées réunis pour nous révéler la vérité invisible sur nous-mémes.

En définitive, une histoire est une conversation entre une personne quà raconte et une personne qui écoute. Or un narrateur ne peut conter que dans la mesure de ses capacités, et un lecteur ne lit que ce qui est déjà écrit dans son âme. »


« Il y a des choses qu'on ne peut voir que dans l'obscurité. »


« Malheur à vous, rêveurs d'encre et de papier, car le purgatoire des vanités et des désillusions est à vous ! »


« Personne n'a jamais triomphé sans avoir échoué auparavant. »


« Les gens meurent, surtout ceux qui mériteraient le plus de continuer de vivre. »


« C'est un conseil pratique que je donne à tous les auteurs débutants quand ils me demandent ce qu'ils doivent faire. Si vous voulez être écrivain, écrivez. Si vous avez une histoire à raconter, racontez-la. Essayez, en tout cas. »


« - Cherchez la femme*...

Fermín fronça les sourcils.

-   La maxime classique de toute intrigue qui se respecte...

-   Voilà*. »


« Écrire est un métier qui s'apprend, mais que personne ne peut enseigner.

Le jour où vous comprendrez ce que cela signifie, vous commencerez à apprendre à être écrivain. »


« C'était le plus merveilleux stylo à plume que j'avais jamais vu, le roi des Montblanc, avec une plume en or et platine dont ne pouvaient jailli que des chefs-d'œuvre, me serais-je dit si j'étais encore un enfant.

— On dit qu'il a appartenu à Victor Hugo, mais moi, je le prendrais plutôt dans le sens métaphorique. »  


« Écrire, c'est réécrire, me rappelait-il sans cesse. On écrit pour soi et on réécrit pour les autres. »


« Vous serez celui que vous croyez être. »


« Il vaut parfois mieux faire travailler le cerveau et l'épuiser que de le laisser a repos, au risque qu'il nous dévore tout cru lorsque l'ennui le gagne. »

Couverture du livre Le labyrinthe des esprits de Carlos Ruiz Zafón
Carlos Ruiz Zafón

Le jeu de l’ange

Le Jeu de l’Ange, c’est exactement le genre de livre qui vous habite encore après la dernière page. On le termine, mais lui ne vous termine pas. Il reste là, dans un coin de la tête et du cœur.


Carlos Ruiz Zafón a une écriture rare, puissante, envoûtante. Il a ce talent de mêler le mystère, le drame, l’amour, le fantastique, l’aventure et la littérature avec une fluidité incroyable. À chaque page, on sent que les livres, les mots et l’écriture occupent une place sacrée. Chez lui, la littérature sauve autant qu’elle détruit.


J’ai profondément aimé David Martín. C’est un personnage immense. Blessé par la vie, sarcastique, intelligent, fidèle, sensible. Il y a chez lui quelque chose de profondément tragique. C’est un homme qui aime sincèrement, mais à qui tout semble échapper. On s’attache à lui immédiatement.


Sa vie entière semble traversée par quelque chose de surnaturel, d’inquiétant, d’insaisissable. On ne sait jamais totalement ce qui est réel, ce qui ne l’est pas, ce qui relève de la folie, du destin ou d’une force obscure.

La fin est horrible. Vraiment horrible. Cruelle, tragique, marquante. La vengeance finale est d’une noirceur absolue et laisse un goût amer durable. C’est une fin forte, dérangeante, inoubliable, mais j’ai adoré retrouver tout l’univers du Cimetière des Livres Oubliés, découvrir davantage les origines de la famille Sempere, croiser plusieurs générations, comprendre certains liens. J’ai été très touchée par le grand-père de Daniel Sempere. Zafón excelle dans cet art de faire vivre des familles, des lignées, des mémoires.

J’ai aussi énormément aimé Isabella, sans doute mon personnage féminin préféré du roman. Vive, lumineuse, spontanée, courageuse, attachante. Elle apporte de la chaleur et de la vie dans un récit souvent sombre. Sa relation avec David Martín est magnifique. J’ai le sentiment qu’elle l’aime profondément, d’une manière difficile à définir : pas d’un amour romantique, mais un amour sincère, humain, fort, indescriptible sûrement. Lui l’auteur, elle celle qui rêve d’écrire…


Cristina est également un personnage bouleversant. J’ai souvent eu l’impression qu’elle aimait David Martín, mais qu’elle épouse Pedro Vidal par devoir, par dette morale envers lui et sa famille, comme si elle pensait ne pas avoir le choix. Cela rend son destin cruel et rend celui de David encore plus injuste.


Ce que j’aime tant chez Zafón, c’est cette manière de faire se croiser tous les destins. Rien n’est gratuit, rien n’est isolé. Chaque personnage porte une histoire, une dette, un secret, une blessure. Tout finit par se rejoindre comme les pièces d’un puzzle.


Le roman parle d’amour, de perte, d’absence, de transmission, de paternité, de solitude, de mémoire. On y retrouve souvent ce lien immense entre un fils et un père, l’absence d’une mère, la recherche d’un foyer, d’un refuge. C’est universel, et c’est pour cela que cela touche autant.


Pour moi, Le Jeu de l’Ange arrive juste après L’Ombre du vent. Plus sombre, plus fiévreux, plus tourmenté, mais absolument exceptionnel.


Un roman intense, mystérieux, tragique et profondément beau.

« Un écrivain n'oublie jamais le moment où, pour la première fois, il a accepté un peu d'argent ou quelques éloges en échange d'une histoire. Il n'oublie jamais la première fois où il a senti dans ses veines le doux poison de la vanité et cru que si personne ne découvrait son absence de talent, son rêve de littérature pourrait lui procurer un toit sur la tête, un vrai repas chaque soir et ce qu'il désirait le plus au monde : son nom imprimé sur un misérable bout de papier qui, il en est sûr, vivra plus longtemps que lui. Un écrivain est condamné à se souvenir de ce moment, parce que, dès lors, il est perdu : son âme a un prix. »


« À cette époque, la mort ne vivait pas encore dans l'anonymat, l'on pouvait la discerner et la sentir partout, dévorant des âmes qui n'avaient pas encore eu le temps de pécher. »


« Il posa la main sur mon épaule et me regarda comme si, pour un bref instant qui ne devait jamais se reproduire, il était fier de moi, même si nous étions différents, même si j'aimais les livres qu'il ne pouvait lire, et même si ma mère nous avait abandonnés tous les deux, dressés l'un contre l'autre. En cet instant, je crus que mon père était le meilleur homme de la Terre et que tout le monde finirait par s'en rendre compte si la vie, pour une fois, acceptait de lui accorder sa chance. »


« La vie est comme ça David. Tôt ou tard, tout le monde t’abandonne. »


« J’étais sûre que mon absence les rendait heureux ou qu’en tout cas elle leur faisait oublier qu’ils ne l’étaient pas et qu’ils ne le seraient jamais. »


« Je peux te demander pourquoi tu as choisi ce lieu ? C'est une maison bien grande pour quelqu'un qui vit seul.

Quelqu'un qui vit seul, pensai-je. On finit par devenir tel que nous considèrent ceux que l'on désire.

- Tu veux la vérité ? demandai-je. La vérité, c'est que je me suis installé ici parce que pendant des années J'ai vu cette maison tous les jours en allant au journal et en en revenant. Elle était toujours close et je me suis mis à penser qu'elle m'attendait. J'ai fini par rêver, lit-téralement, qu'un jour j'y habiterais. Et c'est ce qui s'est passé.

- Tous tes rêves deviennent-ils réalité, David ?

Ce ton ironique me rappelait trop Vidal.

- Non. Celui-là est le seul. »


« Vous êtes un juge trop sévère envers vous-même, qualité qui distingue irrémédiablement les personnes de valeur. »


« Je me méfie de ceux qui s’imaginent avoir beaucoup d’amis. C’est signe qu’ils connaissent mal leur prochain. »


« Il arrive que même les pires nouvelles soient un soulagement quand elles sont seulement une confirmation de ce que l'on pressentait sans vouloir le savoir. »


« - Vous avez mauvaise mine, décréta-t-il.

- Une indigestion, répliquai-je.

- De quoi ?

- De réalité.

- Vous n'êtes pas le seul, trancha-t-il. »


« -Je ne sais pas ce que je désire le plus.

- Je crois que si. Je crois que vous le savez. »


« Tout argent est sale. S'il était propre, personne n'en voudrait. Mais ce n'est pas le problème. »


« En règle générale, ajoutai-je, plus on a de talent, plus on doute d'en avoir. Et vice versa. »


« Je crois que tu as du talent et que tu as vraiment envie d'écrire, Isabella. Plus que tu ne le crois, et moins que tu ne l'esperes. Mais quantité de personnes ont du talent et envie d'écrire, et nombre d'entre elles n'y arrivent jamais. Ça, c'est seulement le principe de base pour faire quelque chose dans la vie. Le talent est comme la force d'un athlète. On peut naître avec plus ou moins de dispositions, mais nul ne parvient à être un athlète simplement parce qu'il est né grand, fort ou rapide. Ce qui fait l'athlète, ou l'artiste, c'est le travail, le métier et la technique. L'intelligence que tu as reçue à ta naissance est juste une munition. Pour parvenir à en faire quelque chose, il est nécessaire que tu transformes ton esprit en arme de précision. »


« Les mauvaises idées viennent toujours par deux. »


« Les sages partagent les mêmes pensées et les mêmes paroles. »


« La poésie s'écrit avec des larmes, le roman avec du sang et l'histoire avec de l'eau de boudin, dit le cardinal pendant qu'il enduisait de poison le fil du poignard à la lumière du candélabre. »


« Je n'ai jamais été religieux. Je ne suis ni croyant, ni incroyant, je doute. Le doute est ma foi. »


« - Savez-vous quel est l’avantage des cœurs brisés ? Demanda la bibliothécaire.

J’exprimai mon ignorance.

- C’est qu’il ne peuvent véritablement se briser qu’une fois. Les suivantes ne sont que des égratignures. »


« N'apprends pas à chercher des excuses pour ne pas écrire avant d'avoir appris à écrire. C'est un privilège de professionnel, et il faut d'abord le mériter. »


« Ce qui l'intéresse, ce sont les mêmes choses que toi. Les livres, la littérature, l'odeur de ces trésors que vous gardez ici, et la perspective d'une romance et d'une aventure pareilles à celles des romans-feuilletons. Ce qui l'intéresse, c'est de chasser la solitude et de ne pas perdre son temps à comprendre que cette chienne de vie ne vaut pas un centime si nous n'avons pas quelqu'un avec qui la partager. Avec ça, tu as l'essentiel. Le reste, tu l'apprendras et tu l'apprécieras au fur et à mesure. »


« Les gens normaux mettent des enfants au monde; les romanciers comme moi, des livres. Nous sommes condamnés à laisser nos vies à l'intérieur, même s'ils ne nous en témoignent presque jamais de reconnaissance. Nous sommes condamnés à mourir dans leurs pages, et parfois même ce sont eux qui nous ôtent la vie. »

« -Je ne sais pas quelle est la vérité.

- La vérité est ce qui fait mal. »


« Ce lieu est un mystère. Un sanctuaire. Chaque livre, chaque tome que tu vois a une âme. L'âme de celui qui l'a écrit et l'âme de ceux qui l'ont lu, ont vécu et ont rêvé avec lui. Toutes les fois qu'un livre change de main, toutes les fois que quelqu'un parcourt ses pages, son esprit grandit et devient plus fort. Ici, les livres dont personne ne se souvient, les livres qui se sont perdus dans le temps, vivent pour toujours, en attendant d'arriver dans les mains d'un nouveau lecteur, d'un nouvel esprit... »

Couverture du livre Le jeu de l’ange de Carlos Ruiz Zafón
Carlos Ruiz Zafón

Le prisonnier du ciel

Refermer Le Prisonnier du ciel de Carlos Ruiz Zafón, ce n’est pas vraiment finir un livre.  

C’est rester sur un seuil. Entre ce que l’on sait… et tout ce qui reste encore à comprendre.


Quel plaisir, d’abord, de retrouver ceux qui nous ont déjà tant marqués.  

Daniel Sempere, fidèle à lui-même, toujours porté par cette sensibilité silencieuse. Son père, présence rassurante, presque intemporelle. Et puis, lui… Fermín Romero de Torres.

Fermín, qui dans ce roman, cesse d’être seulement ce personnage haut en couleur pour devenir une histoire à lui seul.  

On découvre ses blessures, son passé, ses zones d’ombre… et tout ce qui, derrière l’humour, faisait déjà pressentir une profondeur plus grave.


Ce roman est celui de la révélation.


Mais aussi celui d’une présence troublante : David Martín.  

Fascinant, insaisissable, presque irréel. Il plane sur l’histoire comme une énigme. On ne sait jamais vraiment qui il est, ni ce qu’il représente. Et c’est précisément ce qui le rend si captivant.

À travers lui, Zafón brouille les frontières entre réalité et fiction, entre mémoire et illusion.


Et puis il y a cette atmosphère…  

Barcelone, encore une fois, n’est pas un simple décor. Elle respire, elle enferme, elle protège. Elle devient le théâtre de secrets que l’on devine sans jamais totalement les saisir.


Mais ce qui marque le plus, peut-être, c’est cette fin.

Une fin qui n’en est pas une.  

Une fin qui ouvre.

On referme le livre avec une seule certitude : l’histoire n’est pas terminée.  

Au contraire, elle ne fait que se dévoiler.

Le Prisonnier du ciel est un roman de transition, mais un mot trop faible pour décrire ce qu’il provoque réellement. C’est une attente. Une montée silencieuse. Une promesse.

Et au fond, une envie presque immédiate : celle de continuer.

De savoir.

De comprendre.

D’entrer, enfin, dans le labyrinthe.

« Il ajouta, tout heureux :

-   Se renouveler ou mourir.

-   Mourir, murmura Fermín. »


« Je ne sais plus où j'ai lu que, au fond, nous n'avons jamais été celui que nous croyons, et que nous ne faisons que nous souvenir de ce qui ne s'est jamais passé.... »


« Le fou pense toujours que ce sont les autres qui sont fous. »


« -Docteur, je crois que j’ai découvert le seul moyen de sortir de cette prison.

- Comment ?

- Mort.

- Vous n’avez pas un moyen plus pratique ?

- Avez-vous lu Le Comte de Monte-Cristo, docteur ?

- Dans ma jeunesse. Je ne m’en souviens pas vraiment.

- Eh, bien, relisez-le. Tout est dedans. »


« Il arrive qu'on se fatigue de fuir, dit Fermín. Le monde est très petit quand on ne sait où aller. »


« Dans ce monde, on pardonne tout, sauf de dire la vérité. »


« On ne décide pas de son avenir : on le mérite. »


« Si vous ne faites pas confiance à un romancier, à qui ferez-vous confiance ? »


« Il est des époques et des lieux où n'être personne est davantage honorable qu’être quelqu’un. »


« Peut-être était-il mort et ne le savait-il pas lui même. »


« Le ciel peut attendre. Et il n’y a plus de place en enfer. »


« Un bon menteur sait que le mensonge le plus efficace est toujours une vérité dont on soustrait une pièce clef. »


« Mon père avait cette habitude qu’ont certaines personnes de se forcer à sourire quand elles veulent retenir leurs larmes. »


« - Un jour vient où on se rend compte que la jeunesse est finie et que le train est passé, vous comprenez?

-   Il y a toujours des trains. Toujours. »

Couverture du livre Le prisonnier du ciel de Carlos Ruiz Zafón
Carlos Ruiz Zafón

Marina

Après avoir été profondément marquée par L’Ombre du vent, j’ai voulu poursuivre la découverte de cet univers si singulier. Et je n’ai pas été déçue. Bien au contraire : Marina m’a bouleversée.

Oui, j’ai pleuré.


Dès les premières pages, une atmosphère étrange s’installe. Barcelone devient presque irréelle, enveloppée d’ombres et de mystères.

Un cimetière oublié, une maison abandonnée, un théâtre figé dans le temps… Tout semble suspendu entre la vie et la mort.


Entre ombre et lumière.

Entre papillon noir et chat nommé Kafka.

Entre cimetière, théâtre, internat et maison abandonnée…


Et au cœur de cette ambiance troublante, il y a eux.

Óscar et Marina.

Une évidence fragile, presque hors du temps. Marina est lumineuse et insaisissable, forte et pourtant déjà marquée par une forme d’absence.

Óscar, lui, observe, ressent, s’attache… sans vraiment comprendre ce qui est en train de lui arriver.


Je me suis attachée à chacun des personnages : Óscar, bien sûr, Germán, mais aussi Mihaïl, Eva, Florían, María… et surtout Marina.


Et pourtant, je crois que j’ai détesté Marina de l’avoir autant aimée.


Mais Marina ne se résume pas à une histoire d’amour.

C’est un roman sur les limites.


J’ai été profondément touchée par chaque personnage : Germán, figure paternelle tendre et brisée, mais aussi Eva et Mihaïl, dont l’histoire vient assombrir le récit.

Avec eux, le roman bascule.

À travers Mihaïl, Carlos Ruiz Zafón explore une question vertigineuse : jusqu’où peut-on aller par amour ?

Peut-on défier la mort ?

Peut-on se prendre pour Dieu ?


L’amour devient alors obsession, refus de perdre, refus de lâcher prise… jusqu’à la déshumanisation.

Là où Óscar et Marina incarnent un amour pur, Eva et Mihaïl représentent l’exact opposé : un amour absolu, mais destructeur.


Deux visions. Deux destins.


Et entre les deux, une même question demeure :

quel est le prix de la vie… et celui de la mort ?


La lecture est parfois dérangeante, presque inquiétante. Certains passages frôlent le cauchemar, mais jamais gratuitement. Tout a un sens, tout participe à cette réflexion sur l’humain, ses limites, ses peurs.


Et puis il y a la fin.


Inévitable.

Douloureuse.

Magnifique.


Une fin qui brise le cœur. Parce qu’on savait. Parce qu’on espérait, quand même.


Je crois que ce livre m’a touchée pour une raison très personnelle : il parle de ces amours qui ne durent pas, mais qui marquent à jamais. De ces rencontres rares, impossibles à retenir, mais impossibles à oublier.


Une histoire puissante, troublante, qui restera gravée dans mon cœur et ma mémoire.

« Nous ne nous souvenons que de ce qui n'est jamais arrivé, m'a dit un jour Marina. Il aura fallu que s'écoule une éternité pour que je finisse par comprendre le sens de ces mots. »


«Seuls disparaissent ceux qui ont un endroit où aller»


« Je ne savais pas alors que, tôt ou tard, l'océan du temps nous rend les souvenirs que nous y avons enfouis. »


« Nous avons tous un secret enfermé à double tour dans le tréfonds de notre âme. »


« Comme voleur je ne valais pas un centime, mais comme menteur, je dois avouer que j’ai toujours été un artiste. »


« On ne peut rien comprendre à la vie tant qu'on n'a rien compris à la mort. »


«Les défaites silencieuses sont plus faciles à accepter»


« Peindre, c'est écrire avec la lumière, affirmait Salvat. Tu dois d'abord apprendre son alphabet; puis sa grammaire. Alors seulement tu pourras maîtriser le style et la magie. »


« Cette montre compterait les heures qu'il leur restait à vivre l'un près de l'autre. »


« C'était ce que Germán m'avait appris dans ses leçons d'échecs. Stratégie élémentaire : quand on se sent coincé, crier de toutes tes forces et passer à l'attaque. »


« Si, un jour, je me perds, il faudra me chercher dans une gare »


« Parfois, les choses les plus réelles ne se passent qu'en imagination, Oscar. Nous ne nous souvenons que de ce qui n'est jamais arrivé. »


« On ne trouve pas la vérité, mon garçon. C'est elle qui nous trouve. »


« Quand on ne sait pas où on va, on n'arrive nulle part. »


« Qu'est-ce que vous allez faire? - Comme tous les vieux : m'asseoir, regarder défiler les souvenirs et me demander ce qui se serait passé si j'avais tout pris dans l'autre sens. Allez, montez maintenant... »


« La jeunesse est une maîtresse capricieuse. Nous sommes incapables de la comprendre et de l'apprécier jusqu'au jour où elle part avec un autre pour ne jamais revenir... »


« Je quittai les lieux en me disant que la vie serait bien facile s'il ne s'agissait que de mentir. »


« Mon père est un artiste. Les artistes vivent dans l'avenir ou dans le passé, jamais dans le présent. Germán vit de souvenirs. C'est tout ce qu'il a. - Il t'a, toi. - Je suis le plus important de ses souvenirs »


« Cette nuit-là, Mihaïl m'a raconté qu'il croyait que la vie accorde à chacun de nous quelques rares moments de bonheur total. Ce sont parfois des jours, parfois des semaines. Parfois même des années. Tout dépend de la chance. Leur souvenir nous accompagne à jamais et se transforme en une contrée de la mémoire où nous tentons de retourner le reste de notre existence sans jamais y parvenir. Pour moi, ces moments resteront toujours au cœur de cette première nuit où nous nous sommes promenés dans la ville. »


« Il avait coutume de répéter que nul ne mérite de posséder un centime de plus que ce qu'il est prêt à donner à ceux qui en ont davantage besoin que lui. »


« La vérité n'a jamais rien à craindre des gens »


« Toi et moi, nous sommes pareils, Oscar. Nous sommes seuls et condamnés à aimer sans espoir de salut... »


« Un bon ami m’a dit un jour que les problèmes sont comme les cafards. - Il avait pris le ton faussement enjoué qu’il employait quand il voulait parler sérieusement. - Dès qu’on les fait sortir à la lumière, ils prennent peur et s’en vont. »


«Nous ne nous souvenons que de ce qui n'est jamais arrivé...»


« C'est le rôle des idiots de poser des questions idiotes. Et c'est celui des personnes intelligentes de leur répondre. »


« Promets-moi que s'il m'arrive malheur, tu finiras l'histoire. »


« Ces semaines-là, j'appris que l'on pouvait vivre d'espoir, si faible soit-il. »


« Il comprend tout à l'envers et c'est pour ça que je l'aime tant. Les gens qui croient qu'ils comprennent tout comme il faut font tout dans l'autre sens, ils croient aller à droite et vont à gauche, et moi qui suis gauchère, je sais de quoi je parle. Il me regarde et pense que je ne m'en aperçois pas. Il s'imagine que je m'évaporerai s'il me touche, et que, s'il ne le fait pas, c'est lui qui s'évaporera.(…) »


« Nous n'avons d'oreilles que pour ce que nous voulons entendre, et je ne voulais pas entendre ça. »


« Une nuit, celle de jeudi, Marina m'embrassa sur les lèvres et me murmura qu'elle m'aimait et que, quoi qu'il puisse arriver, elle m'aimerait toujours. »


« Le temps ne nous rend pas plus sages, seulement plus lâches. »


« Pendant des années, j'ai fui, sans savoir ce que je fuyais. J'ai cru que si je courais plus loin que l'horizon, les ombres du passé s'écarteraient de ma route. J'ai cru que si je mettais assez de distance, les voix dans ma tête se tairaient pour toujours. »

Couverture du livre Marina de Carlos Ruiz Zafón
Carlos Ruiz Zafón

Jour après jour

Il est des romans que l’on lit… et d’autres que l’on ressent profondément. Jour après jour appartient sans hésitation à la seconde catégorie.


Avec ce troisième ouvrage, Coralie Janne confirme la singularité de sa plume, qui ne cesse de gagner en justesse et en intensité. Son écriture, à la fois délicate et profondément humaine, explore avec une grande sensibilité des thèmes universels : la vie, la mort, l’amour — ces forces invisibles qui façonnent nos existences et nous traversent, parfois malgré nous.


J’ai versé plusieurs larmes, surtout vers la fin. Le dénouement est vraiment inattendu, et les dernières pages sont d’une grande douceur. C’est le genre de livre qu’on referme avec quelque chose en plus… ou peut-être en moins, comme si une émotion était passée par là.


On suit le destin de Prudence, Gilles et Valentin, trois personnages qui n’ont qu’un seul souhait : revenir au 13 janvier 2024, ce jour où tout a basculé pour eux. J’ai été touchée par chacun de leurs parcours, par leurs failles, leurs regrets, leur humanité.


Mais celle qui m’a le plus bouleversée, c’est Ève. Ève, avec son perfecto comme une armure. Ève, qui croit encore aux vœux des autres, mais qui s’interdit les siens. Il y a quelque chose de très fort chez elle, de très vrai. Personnage à la fois fort et profondément vulnérable, elle incarne cette lutte silencieuse entre protection et abandon, entre espoir et renoncement.


Et puis il y a Lancelot, comme une parenthèse lumineuse. Chevalier des temps modernes, venu d’Italie, il apporte avec lui une douceur rare, une bienveillance presque désarmante, qui contraste avec les fêlures des autres personnages.


J’ai trouvé l’écriture toujours aussi belle que dans ses précédents romans : juste, profonde et moderne. Coralie Janne touche à quelque chose d’universel, avec des thèmes qui me parlent particulièrement : la vie, la mort, l’amour.


On se laisse emporter au fil des pages. On a envie de comprendre chaque personnage, chaque histoire. Les dialogues sont très naturels, très fluides.


Les nombreuses références culturelles — de La Piscine avec Alain Delon et Romy Schneider, aux séries contemporaines telles que La Chronique des Bridgerton et Stranger Things, en passant par les univers musicaux de Joe Dassin ou ABBA — viennent ancrer le récit dans une réalité familière, presque intime, renforçant ainsi le lien entre le lecteur et les personnages.


C’est une lecture qui m’a vraiment marquée, surtout par son émotion et sa sincérité. Je la recommande sans hésiter, comme tous les romans de cette autrice.


Et j’espère vraiment, un jour, avoir la chance de rencontrer Coralie Janne.

« Rien, rien n'est jamais écrit d'avance.

Tout peut toujours recommencer. »


« Tu ne peux pas rester figé éternellement, parce que la vie, elle, elle t'attendra pas. Elle continue sans demander ton avis. Et ce serait dommage que tu restes là, comme un con, planté sur le quai, avec des valises trop pleines pour monter dans le train. »


« Ce fantôme, sur le quai de la gare, avec ses valises, ces valises trop pleines pour monter dans le train… »


« - J’aimerais juste m’assoir à une cafétéria sans donner l’impression d’être déprimée ou asociale. Comme si s’installer ailleurs qu’à son bureau voulait forcément dire : « J’attends de pouvoir faire la conversation ! » Alors les gens s’assoient à côté de toi, et sans te laisser le choix ils te parlent. Encore et encore… pas pour échanger vraiment, mais pour combler le vide, comme s’ils avaient peur de tomber dedans. Il pose des questions dont is n’écoutent jamais les réponses, lancent des sujets qui tournent en rond. »


« - Tu vois le problème, ce n’est pas d’être seule. C’est que les autres pensent toujours que c’est un problème. »


« Son monde s’est refermé dans une nuit noire. Pas celle qui s’efface quand on ouvre les volets, non, sa nuit à lui, elle est sans fin. Elle ne connaît ni aube ni crépuscule. »


« Je le sais parce qu’au fond je suis restée coincée, moi aussi, dans cette même journée. »


« Deux passagères clandestines d’un quotidien qui n’a plus vraiment de sens. »


« Les gens tristes ne préviennent pas quand il s’en vont. »


« La vérité, c’est que certaines nuits n’ont pas d’aube, elles s’éclaircissent juste assez pour qu’on voie où poser les pieds sans tomber. »


« Alors je me tais.

Je refuse de mentir.

Parce que les promesses qu’on ne maîtrise pas ressemblent aux bougies d’anniversaire…

Elle s’éteigne toujours plus vite qu’on ne le voudrait. »


« Une Sisyphe des temps modernes. »


« On ne tord pas le cou au temps. Bousculer le cours, sauver ceux qu’on aime… ce n’est pas ainsi que cela fonctionne. Tout arrive pour une raison. Même les épreuves qui vous ont dévastés, même celles qui vous ont arraché la moitié du cœur… Ce qui vous est arrivé, les tragédies que vous avez traversées, ce n’est pas une erreur. C’est la vie. Dure, cruelle, injuste. Mais la vie, malgré tout. »


« On ne gouverne plus par la terreur, mais par l’espoir que l’homme puisse se relever. »


« Un amour qui choisit de brûler seul, pour permettre à l’autre de continuer à briller. »


« Parfois, je me demande si ce ne sont pas les liens les plus forts, ceux auxquels on ne colle aucune étiquette, justement parce qu’on aurait trop peur de les froisser. Mais qui sont si forts que sans eux on se retrouve amputé de quelque chose de vital. »


« Comme si la vie, malgré tout, trouvait toujours un chemin pour rassembler les morceaux éparpillés quand tout a explosé. Pas comme avant. Jamais comme avant. Mais autrement… »

Couverture du livre Jour après jour de Coralie Janne
Coralie Janne

PODCAST

Plongez dans mon univers à travers mes podcast. Chaque épisode explore mes réflexions, mes inspirations et les coulisses de mon écriture. Écoutez mes histoires et découvrez mon monde créatif, directement depuis votre plateforme préférée.

ENVIE D'ECRIRE ? CE CLUB EST FAIT POUR TOI. ENVOIE TON TEXTE, ET CHAQUE MOIS, JE CHOISIRAI CINQ TEXTES À PUBLIER ICI-MEME.

LISA DUMAINE • 

LE CLUB D'ÉCRITURE • 

Thème en cours

Œuvre transmise avec succès !  
Mince ! Il y a eu une erreur lors de l'envoi du formulaire...
45
Jours
12
Heures
44
Min
29
Sec
1
Gaby

Dans le bleu du ciel

Dans le bleu du ciel

Les nuages autrefois

Racontaient des il était une fois

Aux formes éternelles.


Dans le bleu du ciel

Gravé dans la mémoire

Comme un espoir,

Des choses essentielles.


Dans le bleu du ciel

Je trouve mon recueil

Où les oiseaux volent à pleines ailes,

Et ça m’émerveille.


Dans le bleu du ciel

Aussi bleu que la mer

Le vol des hirondelles

N'est pas éphémère.


Dans le bleu du ciel

Comme une manivelle

Tournent des milliers

D’odeurs familières.


Dans le bleu du ciel

Comme une étincelle

Une étoile filante Elle

est scintillante.


Dans le bleu du ciel

Tel un violoncelle

Maman j'entends

Un souffle aimant.


Dans le bleu du ciel

S’éteignent la nuit et le soleil,

C’est quelque chose de magique,

Quelque chose de poétique.


Dans le bleu du ciel

Comme un instinct maternelle

J’aimerais te dire à quel point

J’aime cet endroit.


Dans le bleu du ciel

Je vois des choses que personne ne voit,

Des choses douces comme du miel

Très enfouies en moi.


Dans le bleu du ciel

Un arc-en-ciel,

Je vois des âmes

qui me manquent

Et ça me hante.


Dans le bleu du ciel

Se perd mon dernier appel,

Et mon cœur solitaire

Se tait sous la lumière.

2
Shishi_974

Bleu, rien d’autre, juste le ciel

Il y a des matins où lever les yeux suffit à tout oublier.

Le ciel s'étire alors comme une promesse sans bords, d'un bleu si pur, si absolu, qu'on croirait qu'il a été peint pour nous seuls, ce matin-là, à cet instant précis.

Tout le bleu du ciel, c'est l'infini rendu visible.

C'est la mer qui a décidé de monter plus haut que les vagues, c'est le silence qui a trouvé une couleur, c'est la liberté avant qu'on lui donne un nom.

Les enfants le savent encore — ils pointent le doigt vers le haut et sourient sans raison, comme si le ciel leur appartenait.

Peut-être qu'il nous appartient à tous.

Peut-être que c'est la seule chose que personne ne peut nous prendre.

Dans les jours sombres, quand la terre pèse trop lourd, il suffit parfois d'une trouée entre deux nuages, un fragment de bleu, à peine grand comme une main, pour se souvenir que l'azur est toujours là, derrière.

Tout le bleu du ciel est une invitation.

À respirer.

À regarder loin.

À croire, encore un peu, que le monde peut être beau.

3
Flo-Rence

Bleu immense

Tout le bleu du ciel repose sur mes épaules

Comme un manteau léger que le vent effleure,

Il glisse entre mes pensées, me frôle, me console,

Et s’étire en silence jusqu’au bord de mon cœur.


C’est une mer sans vague où mon âme s’égare,

Un refuge infini où le temps s’oublie,

Où les nuages lents, comme de vieux regards,

Passent sans rien dire, et pourtant me parlent aussi.


Tout le bleu du ciel… c’est peut-être ça, vivre,

Se perdre sans tomber, flotter sans se noyer,

Apprendre à respirer dans l’immense et le vide,

Et laisser ses douleurs doucement s’effacer.

4
Alex Lit

Entre deux souffles

il y a

dans tout le bleu du ciel

quelque chose qui me ressemble


un silence

trop vaste

pour être complètement paisible


je regarde en haut

et je me dis

que l’infini

n’est pas forcément une promesse


parfois

c’est juste un vertige

qui ne dit pas son nom


mais il suffit

d’un rayon

d’un oiseau

d’un instant suspendu


pour que ce bleu

cesse d’être une distance


et devienne

un refuge

5
Clara Morel

Lettre au ciel

Je t’écris, ciel,

avec mes mots un peu tremblés,

comme on écrit à quelqu’un

qu’on ne comprend pas toujours.

Tu es là tous les jours,

immense, indifférent,

et pourtant…

j’ai l’impression que tu me vois.

Dans tout ton bleu,

il y a mes espoirs que je n’ose pas dire,

mes silences,

mes souvenirs accrochés comme des nuages.

Parfois je t’en veux

d’être si beau

quand moi je vacille.

Et puis d’autres fois,

je te remercie sans bruit,

juste en levant les yeux,

comme un enfant.

Parce que dans tout le bleu du ciel,

il y a peut-être

une place

pour recommencer.

MERCI AUX 32 PARTICIPANTS, MêME SI VOUS N’êTES PAS DANS LE CLASSEMENT, J’AI ADORé LIRE VOS EXCELLENTS TRAVAUX SUR LE THEME :  TOUT LE BLEU DU CIEL

Lisa qui tient un ouvrage entre ses main
Lisa qui tient un ouvrage entre ses main
Lisa qui tient un ouvrage entre ses main

LISA, C'EST MOI !

Lisa est triste et secrète

Elle pleure seule dans le noir

Personne ne peut la voir

La pluie coule, ses yeux sont des fenêtres

Comme dans la chanson de Cat Stevens

Lisa est double, Lisa est trouble

Elle s’enfuie de ses rêves

Elle est forte mais frêle

Elle cache le bonheur dans un cri, s’oublie et se retrouve

Comme dans la chanson de Jeanne Mas

Lisa aime et n’aime pas

Dans ses yeux, tu y lisais ta vie autrefois

Tu existes un peu moins, semaine après mois

Sans ces yeux là , tu ne te vois pas

Comme dans la chanson de Goldman

Lisa rêve de partir, de vivre ailleurs

Tu peux imaginer le son de sa voix

Mais un jour c’est certain elle s’envolera

Elle regarde les oiseaux, s’accroche à leurs ailes

Comme dans la chanson de Francis Cabrel

Lisa veut la paix, faire ce qu’il lui plaît

Elle promet que tout ira bien demain

Il lui disait : « ne me promet pas, ne me promet rien »

Elle a un secret, elle croit que l’amour ne meurt jamais

Comme dans la chanson de Daniel Lavoie

Lisa s’égare, se fait du mal

Vole trop près du soleil, comme Icare

Lisa se fait du mal, elle ne s’aime pas

On l’observe mais on ne la voit pas

Comme dans la chanson de Dinaa

Lisa est triste, secrète, double et trouble.

Lisa aime et n’aime pas, rêve de partir de vivre ailleurs

Lisa veut la paix, faire ce qui lui plaît mais s’égare et se fait du mal

Lisa c’est moi, je suis toutes ces Lisa.