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Lisa Dumaine

AUTRICE DE L’OMBRE ET DE LA LUMIÈRE,
DES MOTS POUR DIRE CE QUE
LE COEUR NE PEUT TAIRE

Cachet de cire avec le logo de l'écrivain

ENTRE POESIE, EMOTION ET INTROSPECTION, J’ECRIS POUR EXPLORER CE QUE LES SILENCES NE DISENT PAS. CE SITE EST MON ESPACE D’EXPRESSION : SIMPLE, SINCERE, VIVANT

GALERIE

Photo noir et blanc Lisa livre sur la tête mains qui forment un cadre
Citation Guy de Maupassant sur l'écriture
Photo noir et blanc Lisa avec un livre sur la tête et qui fait chut
Lisa qui écrit en pleine nature
Citations Albert Camus et Luigi Pirandello sur la résilience et les relations
Photo noir et blanc Lisa qui porte une livre sur la tête et qui le tient
Lisa qui écrit et qui porte un pull rayé rouge et blanc
Citation Victor Hugo Deuil
photo noir et blanc Lisa qui porte un livre sur la tête et mains sous le menton
Lisa écrit et porte un pull rouge
Citation Stephen King sur les coeurs
Photo Lisa noir et blanc livre sur la tête mains sur les joues

REVUES

L’Ombre du vent

J’ai terminé L’Ombre du vent dans la nuit de samedi à dimanche, à 00h22 exactement. Je l’ai lu en une semaine. Deux cents pages le dimanche, puis quelques-unes chaque soir.

Il m’a happée. Envoûtée. Il m’a touchée.

Je crois que, pour longtemps, il va me hanter.

Maintenant que je l’ai refermé, je ressens un vide. Une mélancolie. Une nostalgie.

Les personnages me manquent. Barcelone me manque. Les mystères aussi.

Dès les premières pages, je l’ai su.

Avec ce Cimetière des Livres Oubliés… et ce stylo ayant appartenu à Victor Hugo.

Une œuvre qui dépasse le simple roman

Incroyable. Sublime. Puissant.

L’Ombre du vent est une œuvre profondément marquante.

Et déjà, ce titre…

L’ombre du vent.

Un titre insaisissable, mystérieux, presque fuyant. Comme si quelque chose nous échappait en permanence. Et au fil des pages, c’est exactement ce qui se produit : on entre dans l’ombre faite de souvenirs, de secrets et de silences.

Le mot “ombre” revient au fil des pages, discrètement, comme un fil invisible.

Comme les cailloux du petit poucet… discrets mais essentiels.

On avance… sans toujours savoir où l’on va.

Des thèmes profondément humains

Il y a ce lien entre un père et son enfant… d’une justesse et d’une pudeur rares. Un lien qui traverse tout, qui tient debout même quand tout vacille.

Il y a cette idée troublante : l’histoire qui se répète. Les vies qui se répondent, comme des échos. Comme si certains destins étaient condamnés à se rejouer, encore et encore.

Et puis il y a l’amour. Un amour unique, absolu, infini. De ceux qui marquent à jamais. De ceux dont on ne guérit pas.

La figure maternelle absente… Le deuil de l’être aimé qu’on ne fait jamais vraiment Tout cela donne au roman une profondeur intime, presque douloureuse.

Mais il y a aussi la lumière.

L’amitié, essentielle. Solide. Indéfectible.

Et plus forte encore : celle des livres et de l’écriture.

Ce roman est une déclaration d’amour à la littérature. Une ode aux histoires qui nous construisent, nous hantent, nous sauvent.

Il y a de l’aventure. De l’action. De l’amour. Mais surtout, il y a une âme.

Une œuvre incroyable.Véritablement incroyable.

Des personnages inoubliables

Daniel, évidemment.

Sa sensibilité, sa persévérance, son courage même s’il en doute, son amour… Sa fidélité surtout. L’amour qu’il porte à son père, à ses amis, à ceux qu’il aime. Un personnage profondément humain. Et troublant dans ce qu’il renvoie.

Son père.

Libraire. Passeur.

Un homme bon, droit et généreux. Un homme qui transmet l’amour des livres comme un héritage précieux. Et un homme qui, lui aussi, ne fera jamais vraiment le deuil de la femme qu’il a aimée.

Fermín, bien sûr.

Inoubliable. Un sage. Fort. Courageux. Et profondément humain. Il apporte cette lumière inattendue, ce sourire au cœur même de l’ombre.

Nuria.

Une femme forte, fidèle, droite.

Miquel.

L’ami parfait.

Celui que l’on n’a pas… mais que l’on aurait aimé avoir.

Bea.

Douce Bea.

Et Pénélope…

Son reflet lointain.

Son histoire bouleverse, fait souffrir, marque profondément.

Et puis Julian.

Lui aussi, profondément marquant.

Sa passion pour les mots, pour les livres… Son amour absolu et infini pour Pénélope. Et cette part d’obscurité en lui. Face à lui, Daniel devient la lumière.

Deux trajectoires. Deux reflets. Deux parts de moi…

Comme si une même histoire pouvait basculer.

Comme un écho.

Daniel est la lumière.

Julian est l’ombre.

Deux faces d’un même reflet.

Un livre miroir

Certaines révélations se devinent. D’autres surprennent. Mais surtout… tout émeut.

Parce que ce roman ne se contente pas de raconter une histoire.

Il parle de nous.

Les grands livres ne sont pas seulement bien écrits.

Ils nous regardent autant qu’on les lit.

Et celui-ci…m’a vue.

Le stylo — ou ce que les livres réveillent

Dans ce roman, il y a un objet. Un détail presque.

Un stylo.

Et pourtant…

Pour mes vingt ans, mon parrain devait m’en offrir un.

Un beau stylo. Pas un stylo à bille — je n’aime pas écrire avec. Mon écriture y perd quelque chose. Elle devient moins fluide, moins vivante.

Mais il n’est pas venu. Et je ne l’ai jamais reçu.

Il est parti sans rien dire. Et il est devenu une ombre dans ma vie.

Je lui en ai voulu.

Pas pour le stylo.

Pour l’abandon.

Avec le temps, j’ai compris une chose sans vraiment la formuler :

Ce stylo n’était pas qu’un objet.

C’était une promesse. Une reconnaissance. Une manière de dire : je pense à toi.

Alors, sans m’en rendre compte, j’ai commencé à en offrir.

Souvent.

À ceux qui comptaient.

Je me souviens d’un professeur. Philippe.

Je lui avais offert un stylo en bois, avec son prénom gravé.

J’en ai offert d’autres, ensuite. Toujours à des enseignants.

Des personnes qui transmettent. Qui marquent. Qui laissent une trace.

Comme les écrivains.

Comme les livres.

Un cadeau n’est jamais anodin.

On dit que c’est le geste qui compte. Je ne suis pas vraiment d’accord.

Un cadeau, c’est une phrase silencieuse : « je te vois. je te connais. tu comptes. »

Aujourd’hui, j’en fais moins.

Les gens autour de moi sont partis… ou sont devenus des ombres.

Il m’arrive encore d’en offrir. Rarement. D’en recevoir aussi. Occasionnellement.

Le plus souvent, par mon père, sans raison.

Je n’aime plus vraiment ça. Recevoir. Pas pour une seule raison. Pour plusieurs.

Et pourtant… Parfois, il m’arrive encore d’être surprise. De sourire. D’être touchée.

Ce livre a été un véritable cadeau pour moi.

Pourquoi ce livre reste ?

L’Ombre du vent ne se termine pas vraiment.

Il reste. Dans un coin de l’esprit. Dans une sensation. Dans un manque presque.

Parce qu’il parle de ce qui ne disparaît jamais vraiment : l’amour, l’absence, la mémoire et les ombres que l’on porte.

Ce n’est pas seulement un livre que j’ai aimé. C’est un livre dans lequel je me suis reconnue. Et ceux-là… On ne les range pas dans une bibliothèque. On les garde en soi. L’Ombre du vent fait partie de ces livres rares… ceux qui ne passent pas, qui restent. Pas forcément parce qu’ils sont “parfaits” au sens classique, mais parce qu’ils touchent quelque chose de profondément intime. Ils deviennent presque… une partie de nous.

Et dans mon cas, c’est évident  :

il y a mon rapport aux livres, à l’écriture, à l’amour absolu, au manque, à la fidélité… tout ce qui me définit. Ce n’est pas juste un livre que j’ai aimé. C’est un livre dans lequel je me suis reconnue.

Et ceux-là… on ne les oublie jamais.

L’Ombre du vent est une œuvre forte, puissante, bouleversante.


Ce livre est pour moi un cadeau de la vie.

« Des livres maudits, de l’homme qui les a écrits, d’un personnage qui s’est échappé des pages d’un roman pour le brûler, d’une trahison et d’une amitié perdue. Une histoire d’amour, de haine et de rêves qui vivent dans l’ombre du vent. »

« J'ai grandi entre les livres, en me faisant des amis invisibles dans les pages qui tombaient en poussière et dont je porte encore l'odeur sur les mains. J'ai appris à m'endormir en expliquant à ma mère, dans l'ombre de ma chambre, les événements de la journée, ce que j'avais fait au collège, ce que j'avais appris ce jour-là... Je ne pouvais entendre sa voix ni sentir son contact, mais sa lumière et sa chaleur rayonnaient dans chaque recoin de notre logis, et mol, avec la confiance d'un enfant qui peut encore compter ses années sur les doigts, je croyais qu'il me suffisait de fermer les yeux et de lui parler pour qu'elle m'écoute, đ'où qu'elle fût. Parfois, mon père m'entendait de la salle à manger et pleurait en silence. »

« Il est mort de sa loyauté envers des gens qui, l'heure venue, l'ont trahi. Ne fais jamais confiance à personne, Daniel, et surtout pas à ceux que tu admires. Ce sont eux qui te porteront les coups les plus terribles. »

« C'était un homme réservé qui, même s'il n'en parlait jamais, vivait dans le passé. »

« Nous étions tous deux veufs, et il se plaignait que nous soyons à présent mariés avec les livres, moi les livres anciens, lui les livres de comptes. »

« Paris est la seule ville du monde où mourir de faim est encore considéré comme un art. »

« Les cadeaux sont donnés pour le plaisir de ceux qui les offre, pas pour le mérite de ceux qui les reçoivent. »

« La solitude qui se dégageait de cette femme était dévorante. »

« Les mots avec lesquels on empoisonne le cœur d'un enfant, par petitesse ou ignorance, restent enkystés dans sa mémoire et, tôt ou tard, lui brûlent l'âme. »

« Il disait souvent que nous existons tant que quelqu’un se souvient de nous »

« Quelqu’un a dit un jour que se demander simplement si on aime est la preuve qu’on a cessé d’aimer. »

« Je lui dit comment, jusqu’à ce moment là, je n’avais pas compris que cette histoire était une histoire de gens seuls, d’absences et de disparitions, et comment, pour cette raison, je m’étais réfugié en elle au point de la confondre avec ma propre vie, comme quelqu’un qui s’échappe d’une page de roman parce que ceux qu’il a besoin d’aimer sont seulement des ombres qui vivent dans l’âme d’un étranger. »

« Avec le temps, vous verrez que parfois, ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on a, mais ce à quoi on renonce. »

« Les raisons de dire la vérité sont limitées, mais le nombre de celles qui poussent à mentir est infini. »

« Peu de choses sont aussi trompeuses que les souvenirs. »

« Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. »

« -Tu vois, je crois que rien n'arrive par hasard. Qu'au fond les choses suivent un plan caché, même si nous ne le comprenons pas. »

«  Méfie-toi de celui qui fait confiance à tout le monde »

« L’attente est la rouille de l’âme »

« Nul n’a autant de compassion pour un menteur qu’un autre menteur »

« Il existe des personnes dont on se souvient et d’autres dont on rêve. »

« Tu n’es qu’une ombre. Comme tu as vécu »

« Il y a des prisons pires que les mots »

« Les morts ne viennent jamais à leur enterrement »

« C’est étrange cette manière que nous avons de juger les autres : c’est seulement quand ils viennent à nous manquer, quand on nous les prend, que nous découvrons à quel point notre mépris était misérable. On nous les prend parce qu’ils n’ont jamais été à nous…»

« Nous croyons parfois que les gens sont des billets de loterie : qu’ils sont là pour transformer en réalité nos absurdes illusions. »

« Pendant qu’on travaille, on ne regarde pas la vie dans les yeux. »

« Il n'y eut jamais de mensonge entre nous, même dans nos silences. »

« On aime véritablement qu’une fois dans sa vie, Julian, même si on ne s’en rend as compte à temps. »

« Souviens toi de notre pacte : quand je mourrai, tout ce qui est à moi sera à toi…
… sauf les rêves. »

« Les souvenirs sont pires que les balles. »

« Plus le temps est vide, plus il défile vite. »

« Je me mis à m’habiller comme une veuve éternelle ou comme ces femmes qui confondent lumière du soleil et pêche mortel. »

« Julian a écrit quelques part que les hasards sont les cicatrices du destin. Le hasard n’existe pas, Daniel. Nous sommes les marionnettes de notre inconscience. »

« Le temps m’a appris à garder l’espoir, mais à jamais lui accorder une confiance trop excessive. »

« Garde moi une petite place dans un coin de ta mémoire, Daniel. Ne me laisse pas partir. »

Couverture du livre L’Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón
Carlos Ruiz Zafón

La métamorphose

Ma lecture de La Métamorphose de Franz Kafka m’a profondément troublée. C’est un texte dérangeant, presque inquiétant, qui installe dès les premières pages une atmosphère étrange et absurde. On entre dans cette histoire comme dans un mauvais rêve, sans comprendre ce qui arrive, et pourtant on ne peut pas s’en détacher.


Ce qui m’a le plus marquée, c’est le mélange de sentiments que le personnage de Gregor provoque. Par moments, je ressens une immense compassion pour lui. Je suis touchée par ses pensées, par ses inquiétudes, par son désir de ne pas déranger sa famille. Et en même temps, il y a parfois un certain dégoût, presque instinctif, face à ce qu’il est devenu. Cette ambivalence rend la lecture fascinante mais aussi profondément troublante.


J’ai compris que Gregor était déjà prisonnier de sa vie avant même sa transformation. Sa métamorphose m’a semblé être moins un événement fantastique qu’une sorte de révélation. Comme si elle rendait visible une réalité qui existait déjà : celle d’un homme enfermé dans une existence qui ne lui appartenait pas vraiment.


Pour moi, ce texte n’est pas tant une histoire fantastique qu’une véritable tragédie humaine déguisée en cauchemar. Ce qui est effrayant n’est pas seulement la transformation de Gregor, mais surtout la manière dont les autres réagissent face à lui. Peu à peu, il cesse d’être une personne pour devenir un problème dont on cherche à se débarrasser.


La fin m’a particulièrement marquée. La famille continue à vivre normalement laissant une impression froide et amère, comme si la disparition de Gregor libérait finalement ceux qui dépendaient autrefois de lui. Une fin cruelle.

Je pense que chacun de nous peut à la fois s’identifier, à un moment ou à un autre de sa vie, à Gregor. Chacun de nous peut être à la fois lui, sa sœur, sa mère ou même son père. Nous pouvons comprendre chacune de leurs réactions, ressentir compassion, horreur, dégoût, inquiétude… tout se mélange à l’intérieur et c’est là je crois, la force de ce livre.


Au fond, ce livre m’a laissée avec un sentiment très étrange : à la fois fascinée et profondément mal à l’aise. C’est une œuvre courte, mais d’une puissance émotionnelle et symbolique remarquable, qui continue de hanter l’esprit bien après la dernière page.

‍   « N’était-il qu’une bête, si la musique l’émouvait pareillement ? »

« Il était un outil du patron, sans cerveau ni colonne. »

« Mais dans le même temps, il n’omettait pas de se rappeler qu’une réflexion mûre et posée vaut toutes les décisions désespérées »

Couverture du livre La métamorphose de Franz Kafka
Franz Kafka

Les Carnets du sous-sol

Il y a des livres que l’on lit.

Et d’autres que l’on traverse.


J’ai commencé Les Carnets du sous-sol de Fiodor Dostoïevski dans le train, en route pour Paris. Je l’ai refermé au retour. Entre les deux : une descente intérieure.


Dès les premières pages, le narrateur fascine. Il est d’une intelligence acérée, d’une lucidité presque chirurgicale. Il démonte les illusions, se moque des utopies rationalistes, refuse les systèmes qui prétendent réduire l’homme à une équation. À l’optimisme naïf, il oppose une conscience douloureuse. À “deux et deux font quatre”, il préfère “deux et deux font cinq”, non par absurdité, mais par révolte. Il revendique le droit à l’irrationnel, à l’imprévisible, à l’orgueil.


Au début, je l’ai admiré. Puis quelque chose se fissure.


L’homme brillant se révèle mesquin. L’analyste implacable devient lâche. Son intelligence ne l’élève pas : elle l’enferme. Chaque geste raté, chaque parole blessante, chaque humiliation infligée aux autres trahit une fragilité immense.

Le narrateur n’est pas seulement un homme aigri : il est la première grande figure moderne de la conscience hypertrophiée. Il pense trop. Il analyse trop. Il démonte tout — y compris lui-même.


Dostoïevski accomplit alors un tour de force : il nous fait aimer un personnage que nous devrions condamner. Il nous contraint à reconnaître en lui une part de nous-mêmes.


La lucidité extrême ne sauve pas. Elle isole.


Et puis vient Lisa.

Face à cet homme retranché dans son sous-sol, elle apparaît comme une lumière fragile. Jeune, vulnérable, mais capable d’une sincérité désarmante. Elle écoute. Elle croit. Elle ose tendre la main alors qu’elle-même en aurait besoin.

Lorsqu’il lui parle d’amour, de dignité, d’une autre vie possible, elle l’entend. Elle ne voit pas le manipulateur, mais l’homme blessé. Et quand elle vient à lui, accomplissant un geste de confiance immense, il la repousse, l’humilie, tente de reprendre le pouvoir par la cruauté.

C’est peut-être la scène la plus violente du roman — non par le corps, mais par l’âme.

Lisa ne répond pas par la haine. Elle répond par la compassion.

En elle, Dostoïevski place une vérité simple et vertigineuse : la dignité n’est pas du côté de l’intelligence, mais du côté du cœur.


Ce roman m’a bouleversée parce qu’il explore cette dualité que nous portons tous. Nous pouvons être l’homme du sous-sol : orgueilleux, paralysé par l’analyse, incapable d’aimer sans dominer, ayant peur d’être démasqué et rejeté. Nous pouvons aussi être Lisa : vulnérable, sincère, prête à risquer la lumière.


Chacun d’entre nous peut être à la fois porteur d’ombre et de lumière.

Il n’y a pas d’innocents dans ce livre. Il n’y a que des consciences.


Les Carnets du sous-sol ne proposent ni solution ni consolation. Ils posent une question dérangeante : vaut-il mieux un bonheur tiède et raisonnable, ou une souffrance lucide et brûlante ?

Dostoïevski ne tranche pas.

Il nous laisse seuls face à ce miroir.


Et l’écho demeure longtemps après avoir refermé le livre — plus attentif à nos contradictions, plus conscient de nos ombres, peut-être aussi plus indulgent envers celles des autres.

« Il est idiot, nous n'en discuterons pas, mais qui vous dit qu'un homme normal ne devrait pas être un idiot - qu'en savez-vous ? Peut-être est-ce même très bien. »


« Maintenant, j'ai cessé d'être ce héros que je voulais être devant vous, je ne suis plus qu'un homme ridi-cule, un mauvais drôle. Tant mieux ! Je suis heureux que vous m'ayez percé à jour. »


« Je m'inventais moi-même des aventures, une vie - pour vivre, ne fût-ce qu'un petit peu. »


« J'en ai parlé plus haut. Je le répète, je répète et j'insiste : les hommes spontanés, les hommes d'action sont justement des hommes d'action parce qu'ils sont bêtes et limités. »


« Ah, messieurs, mais il est bien possible que la seule raison pour laquelle je me prenne pour un homme intelligent, c'est que, de toute ma vie, je n'ai jamais rien pu ni commencer ni achever. »


« Supposons, messieurs, que l'homme ne soit pas stupide. (C'est vrai, voilà une chose qu'on ne peut absolument pas dire de lui, ne serait-ce que pour cet argument: si l'homme est stupide, qui donc peut être intelligent ?) Mais, s'il n'est pas stupide, il reste monstrueusement ingrat ! Ingrat phénoménalement... Je pense même que la meilleure définition de l'homme est la suivante : créature bipède et ingrate. »


« Je vous accorde que deux et deux est une chose excellente ; mais tant qu'à tout louer, c'est deux et deux font cinq qui peut être un engin combien plus adorable. »


« Vous riez, vous dites qu'un poulailler vaut bien le château de Versailles, en cas de pluie. Je vous réponds : Oui, si le seul but de la vie est de rester au sec. »


« Encore que, vous savez : je suis convaincu qu'il faut lui mettre le mors aux dents, à notre gars du sous-sol. Il est capable de se taire dans son sous-sol pendant quarante années, bien sûr, mais qu'il arrive à resurgir dans la lumière - il parle, il parle, il parle... »


« Peut-être est-ce vrai que vous avez souffert, mais vous n'éprouvez pas le moindre respect pour votre souffrance. »


« Un homme honnête et cultivé ne peut être vaniteux sans être d'une exigence illimitée envers lui-même, et sans se mépriser parfois jusqu'à la haine. »


« Nous, les Russes, en général, nous n'avons jamais eu de ces crétins de romantiques éthérés allemands et surtout français, ces gens sur qui rien n'a d'effet - la terre peut s'écrouler sous eux, la France entière peut mourir sur les barricades, ils resteront toujours les mêmes, ils ne changeront pas, ne serait-ce que par décence, ils chanteront toujours leurs chansons éthérées, jusqu'à, pour ainsi dire, leur dernier souffle, parce qu'ils sont des crétins. »


« Un rôle secondaire, c'était hors de mon entendement, voilà pourquoi, dans la réalité, j'occupais tranquillement le dernier. Soit un héros, soit une ordure, pas de milieu. »


« - C'est mal de ne rien penser. Ouvre les yeux, tant qu'il est temps. Justement, il en est encore temps. Tu es encore jeune, tu es belle ; tu peux aimer quelqu'un, te marier, être heureuse...

-   Elles sont pas toutes heureuses, celles qui se marient, répliqua-t-elle en reprenant son ton brutal et saccadé. »


« Et puis, avec l'amour, on peut même vivre sans le bonheur. Même dans le malheur on vit bien, c'est bien de vivre sur terre, ce n'est pas grave, la vie qu'on a. »


« Comme ça; je ne sais pas, Lisa. Vois-tu ; je connaissais un père, un homme austère, dur - devant sa fille, il restait à genoux, il lui baisait les mains, les pieds, il ne se lassait pas de la regarder, vraiment. Elle danse à une soirée, et lui, il reste, cinq heures à la même place, il ne la quitte pas des yeux. İl était réellement fou d'elle ; je comprends ça. Au soir, elle se fatigue, elle s'endort et lui, il se réveille, il vient l'embrasser, la bénir, tout endormie qu'elle est. Lui-même, il porte un vieux pourpoint mité, un avare pour tout le monde, et pour elle, avec ses derniers sous, il dépense, il lui fait les cadeaux les plus chers, et c'est une joie pour lui, quand le cadeau plaît. Les pères aiment toujours plus leurs filles que les mères. Il y a des jeunes filles qui sont si bien chez elles ! Moi, ma fille, je crois même que je refuserais de la marier. »


« Et puis, regarde, Lisa : les gens ne comptent que leur malheur; leur bonheur, ils ne le comptent jamais. »


« Non, Lisa, sans doute, il faut d'abord apprendre à vivre soi-même avant de faire la leçon aux autres ! »


« Enfin, Lisa, comment peux-tu me dire "comme dans un livre", si moi aussi, ça me fait mal, quand je suis seul ? Et pas seulement quand je suis seul. Tout ce que j'avais dans le cœur s'est réveillé, maintenant... Et toi, vraiment, toi, ça ne te fait pas mal, d'être là ? Non - ça veut dire quelque chose, l'habitude, sans doute. »

« Regardez ce que je suis, n'est-ce pas, ne regardez pas ce que je fais. »


« "La paix"- je voulais ça ; je voulais rester seul dans mon sous-sol. "La vie vivante" par manque d'habitude, elle m'avait écrasé tellement que j'avais du mal à respirer. »


« C'est vrai, pourtant ; je me pose une question complètement oiseuse - que vaut-il mieux : un bonheur bon marché ou une souffrance qui coûte cher ? Non, mais, que vaut-il mieux ? »

Couverture Les carnets du sous-sol de Dostoïevski
Dostoïevski

Je vais mieux

Il y a des douleurs qui ne font pas de bruit.
Elles ne saignent pas. Elles ne crient pas.
Elles s’installent simplement dans le dos… « en avoir plein le dos », « avoir bon dos », « se mettre quelqu’un à dos », « avoir le dos large »…
Comme si la langue elle-même savait déjà.

Je vais mieux raconte cela.

Un homme se réveille avec un mal de dos inexplicable. Les médecins ne trouvent rien. Les examens sont normaux. Pourtant la douleur est là, obstinée, presque insolente. Peu à peu, on comprend que le corps parle à la place du cœur et de la tête.

Ce roman m’a touchée parce qu’il dit une vérité que l’on tait souvent : ce ne sont pas toujours les grands drames qui nous marquent. Ce sont parfois des mots ordinaires. Une remise en question. Une mise à l’écart. Une sensation de ne plus être choisi.

Foenkinos écrit avec légèreté. On sourit souvent. L’ironie est tendre. Mais sous l’humour se cache une immense fragilité.

Ce que j’ai aimé, c’est la finesse psychologique.
Le déni progressif.
Le besoin de trouver une cause tangible à une douleur, coûte que coûte.
La quête presque désespérée de comprendre.
Comme si comprendre pouvait réparer.
Comme si analyser pouvait empêcher de souffrir.

Le corps devient alors un refuge paradoxal. Il donne une forme visible à l’invisible. Il autorise la souffrance quand l’orgueil refuse de la reconnaître.

Ce roman parle aussi d’ego blessé, de vulnérabilité masculine et de cette difficulté à admettre que l’on a été atteint. Il montre cette lente prise de conscience qui rend le récit infiniment humain.

J’ai été émue parce que ce livre montre que l’on peut continuer à vivre, à travailler, à parler… tout en étant intérieurement déplacé. Comme si quelque chose s’était légèrement désaxé.

Je vais mieux n’est pas un roman sur la maladie.
C’est un roman sur la blessure invisible.
Sur ces phrases qui restent.
Sur ces silences qui pèsent.

Et peut-être que “aller mieux” ne signifie pas ne plus souffrir.
Peut-être que cela signifie simplement accepter ce qui nous a touchés.

« Était-on conditionné de nos jours à prévoir toujours le pire ? »

« Elle annonça sobrement : «C’est l'homme de ma vie. » Cette expression m'a toujours impressionné. Je demeure fasciné par cette éloquence grandiose, cette stabilité énorme qui concerne la chose la plus imprévisible qui soit : l'amour. Comment peut-on être certain que le présent prendra la forme du toujours ? »

« Je ne sais pas comment c'es possible, mais souvent les femmes sentent qu'on les regarde. »

« Ça sert à ça, une salle d'attente : à évaluer son état par rapport à celui des autres. On s'épie, on s'ausculte du regard.»

« Elle disait souvent : « Je regrette tellement que la mémoire ne commence pas plus tôt. ». »

« J'avais envie de pleurer, mais heureusement je ne savais plus comment faire ; je n'avais pas pleuré depuis si longtemps ; mes yeux avaient perdu le mode d'emploi des larmes. »

« C'était sûrement ça le pire, devoir annoncer aux autres son drame, et pousser parfois cette situation jusqu'au comble de son ironie en devant les rassurer. »

« C'était comme si j'avais toujours su que j'allais finir au sous-sol du monde. Certains ont la certitude de leur réussite, ils débordent d'ambition en sachant que ça payera un jour ; les politiques sont comme ça. Moi, il me semblait que j'avais vécu ma vie avec le sentiment que dans mon corps croupissait le compte à rebours de l'échec. J'avais vécu avec la certitude inconsciente du précipice. »

« Il faut avoir peur de perdre les choses pour les aimer passionnément. »

« Les enfants étaient nos romans, mais nous ne les écrivions plus. »

« J'aurais voulu lui dire qu'elle avait été l'amour de ma vie, et que j'aurais besoin d'elle jusqu'à mon dernier souffle. Mais je n'en ai rien fait ; je n'ai pas bougé ; elle dormait si paisiblement, à l'abri de mes tourments. »

« La mort paraît parfois la seule forme honnête de soulagement. »

« Le premier antidote à ce qui nous ronge est le plongeon dans le passé. »

« Comme si ma vie n'avait été qu'une machine à m'insensibiliser progressivement. Fallait-il que la mort se présente à moi pour comprendre qu'être en vie ne suffit pas à faire de nous un être vivant. »

« La mort nous propulsait dans un monde vide, ou aucune personne heureuse n'oserait s'aventurer. »

« Certains drames unissent les gens : ils se serrent dans les bras les uns des autres comme des promesses silencieuses d'un amour encore plus fort. Mais d'autres aboutissent à des moments dénués d'émotion : on était là à se regarder, et on partageait si peu de chose. Nous étions dans une forme de cohabitation du vide. »

« Comment survivre à cette mort qui était une amputation d'elle-même ? Elle allait errer seule dans leur vie commune comme dans un pays deux fois trop vaste. »

« C’est toujours ainsi : il suffit d’être confronté aux drames de la vie pour se sentir ridicule de s’être fait une montagne d’un rien. De notre rien. Face aux drames des autres, on prend souvent de belles résolutions. On se dit qu’on va maintenant tout relativiser. Mais ça ne dure jamais bien longtemps. »

« Quand on a mal, il suffit parfois d'ouvrir les yeux, et de regarder autour de soi. »

« La chute faisait partie de nous. On marche toujours au bord du précipice, et il suffit d'un rien pour tomber. »

« On n'écrit pas parce que la vie vous laisse du temps libre. Il faut organiser sa vie autour des mots, et non le contraire. »

« Pour ne pas avoir mal au dos, il ne faut pas garder les choses en soi. »

« On comprend souvent les véritables raisons de ses actes après coup. Ils sont guidés par ce fameux sixième sens. »

« On ne devrait jamais rêver de belles choses. »

« Je tenais peut-être ma réponse. Et si rien n'advenait par hasard ? »

Couverture du livre Je vais mieux de David Foenkinos
David Foenkinos

Un cœur faible

Il existe des êtres que la violence du monde ne détruit pas. Ce sont la douceur, l’amour, la reconnaissance et la bienveillance qui les fissurent, qui les brisent…


Dans Un cœur faible, Dostoïevski raconte cette tragédie silencieuse : celle d’un homme trop sensible pour supporter le bonheur qu’on lui offre. Un bonheur simple, sincère, mais vécu comme une dette impossible à honorer.


Au cœur du récit, il y a l’amitié. Une amitié pure, profonde, sans éclat. Arkadi en est l’incarnation. Il aime Vassia d’un amour fraternel, loyal, sans conditions. Il voit, il pressent, il s’inquiète… mais ne peut pas sauver. Aimer quelqu’un sans pouvoir le retenir au bord de l’abîme : voilà ce que Dostoïevski donne à voir avec une justesse bouleversante. Comme je le retrouve en Arkadi…


Face à lui, Vassia.

Trop sensible. Trop fragile. Trop reconnaissant. Trop pur. Vassia n’est pas brisé par la cruauté du monde. Il est brisé par sa gentillesse. Par l’amour qu’on lui donne. Par l’amitié, la reconnaissance, la bienveillance. Tout arrive d’un coup, et son cœur ne sait pas contenir tant de lumière. Il pense qu’il ne mérite pas le bonheur. Ni l’amour. Ni l’amitié. Ni même la douceur alors il se fissure. Lentement. De l’intérieur.


Chez Dostoïevski, la folie n’explose pas : elle s’installe. Elle naît d’un trop-plein d’émotions, d’un excès de gratitude, d’une incapacité à se sentir légitime d’exister heureux. Vassia sombre parce qu’il aime trop et parce qu’il se juge indigne de ce qu’il reçoit.


C’est poignant. C’est d’une violence douce. C’est profondément humain.


Et puis il y a Liza et cette fin. Une fin sans consolation. Liza reste là, témoin à son tour, figée dans ce qui ne pourra plus être réparé. Dostoïevski ne ferme pas la blessure : il la laisse ouverte, comme un silence après la chute.


Un cœur faible est un texte sur ceux qui ressentent trop. Sur ceux qui portent trop. Sur ceux pour qui le bonheur devient une épreuve. Un récit bouleversant qui rappelle que certaines âmes, trop pures, trop sensibles, ne survivent pas toujours à la douceur de la vie.

« Ressens les choses, Vassia, ressens les choses toujours comme tu les ressens en ce moment... »


« Le dernier baiser n'y perdit rien du tout ; il fut plus rapide, plus court, mais, en revanche, plus brûlant et plus fort. »


« Immédiatement, avec ivresse, ils commencèrent à se livrer leurs impressions, sitôt qu'ils se furent retrouvés dehors. Il fallait s'y attendre : Arkadi Ivanovitch était amoureux, mortellement amoureux de Lizanka ! Et à qui pouvait-il confier cela sinon à ce veinard de Vassia ? C'est ce qu'il fit : il n'éprouva pas la moindre honte et avoua tout, séance tenante, à Vassia. Vassia riait affreusement et fut terriblement content, il fit même remarquer qu'il avait bien raison et, qu'à présent, ils allaient être encore plus amis. »


« Parce que tu es heureux, tu veux que tout le monde, d'un coup, absolument tout le monde devienne heureux. Ça te fait mal, ça te ronge d'être le seul à être heureux ! C'est pour ça qu'en ce moment, tu veux, toi-même, à toute force, être digne de ce bonheur, et je parie, te purifier la conscience, faire, je ne sais pas, une espèce d'acte de foi ! Non, mais je comprends que tu es prêt à te torturer parce que, là où il fallait que tu montres ton zèle, ton savoir-faire.... »


« Quoi qu'il puisse t'arriver, n'importe quoi, je suis avec toi, n'oublie jamais ! »


« Ecoute... ça fait longtemps que je voulais te demander : alors, comme ça, tu me connais tellement bien ?

Des larmes coulaient des yeux de Vassia sur les mains d'Arkadi.

-   Si tu savais, Vassia, à quel point je t'aime, tu ne m'aurais pas posé cette question - non!

-   Non, non, Arkadi, je ne sais pas, parce que... parce que je ne sais pas d'où ça vient que tu m'aimes si fort ! Non, Arkadi, tu le sais, ça, que, même, ton amour, il m'a tué ? »


« Le problème était que Vassia n'avait pas rempli son devoir. que Vassia se sentait coupable devant lui. même, se sentait ingrat devant le destin, que Vassia était anéanti, bouleversé par le bonheur et s'en sentait indigne, que, finalement, il s'était juste trouvé un prétexte pour divaguer dans ce sens-là, et que, depuis la veille, il ne s'était toujours pas remis de sa surprise. "Voilà ce que c'est ! se dit Arkadi Iva-novitch. Il faut le sauver. Il faut le réconcilier avec lui-même. Il se creuse sa propre tombe." »


« Mais pourquoi, pourquoi moi ? chuchotait Vassia. Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »


« Parfois, il faisait rouler ses yeux douloureusement, comme s'il espérait que quelqu'un lui rappelle ce qu'il avait oublié. »


« Des larmes brûlantes jaillirent des yeux d'Arkadi.

"Ah, la pauvre Liza !" »

Couverture du livre Un cœur faible de Dostoïevski
Dostoïevski

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Shishi_974

J’écris, j’écris, j’écris

J’Ecris, J’Ecris, J’Ecris.

Mais lisez mieux.

Regardez-moi, entres mes lignes

Les mots cachés que je n'ose pas partager...

Mais qui sont là.

J’Ecris, J’Ecris, J’Ecris.

Vous pensez comprendre...

Mais avez-vous pensé à regarder, Entre mes lignes ?

Les mots que je ne dis pas... Mais qui sont là.

Pas besoin de le dire.

Ils respirent. Ils tremblent.

Ils attendent.

Dans l'espace entre les mots.

Dans le silence qui parle.

Dans ce que je ne dis pas... Mais que je suis.

2
Lettres et maux

Entre mes lignes

Entre mes lignes il y a des silences

Des mots cachés que je n’ose prononcer

Des aveux retenus par la prudence

Et des pensées qui refusent d’avancer


Entre mes lignes se glisse une absence

Un nom gravé que je n’écris jamais

Un souvenir qui garde sa distance

Comme un fantôme qui me reconnaît


Entre mes lignes sommeille une histoire

Qui n’appartient qu’au cœur qui l’a vécue

Un clair-obscur entre peine et espoir

Où ton regard parfois s’est égaré


Et si un jour quelqu’un sait me relire

Au-delà même de ce que je dis

Peut-être alors saura-t-il découvrir

Que je t’aimais entre chaque écrit.

3
Sarah Sarah

Les lignes

Entre les lignes

il y a un café froid

sur une table du matin.

Un stylo oublié

et la lumière grise

qui traverse la fenêtre.

Entre les lignes

il y a quelqu’un

qui n’est plus là.

On ne voit rien

dans mes phrases.

Mais si tu lis doucement

tu entendras peut-être

une chaise qu’on ne tire plus

et un rire

qui n’habite plus la pièce.

4
Belle plume

Les marges du silence

Dans les marges de mes phrases

il y a des ombres qui respirent

des mots que j’ai laissés mourir

avant même de les écrire.


Chaque ligne est une tombe

où je dépose un souvenir.

Je referme la page

comme on ferme un cercueil.


La nuit relit mes poèmes

et reconnaît son œuvre.

Elle sait que mes vers

sont faits de cendres et de fantômes.


Si tu parcours ces pages

n’y cherche pas de lumière.


Car ce que je n’écris pas

est toujours plus sombre

que ce que je dis.

5
Paul Lemart

Trace

Entre mes mots

il y a des coups retenus,

des vérités serrées dans les dents

et des silences qui frappent plus fort que les phrases.


Je n’écris pas pour pleurer

ni pour demander pardon.

J’écris pour laisser une trace

comme une lame dans le bois.


Chaque ligne coupe droit.

Pas de détour.

Pas de plainte.


Si tu lis bien

tu verras les cicatrices

entre les lettres.


Ce sont les choses que je n’ai pas dites

mais qui ont tout de même

laissé leur marque.

MERCI AUX 32 PARTICIPANTS, MêME SI VOUS N’êTES PAS DANS LE CLASSEMENT, J’AI ADORé LIRE VOS EXCELLENTS TRAVAUX SUR LE THEME :  entre mes lignes

Lisa qui tient un ouvrage entre ses main
Lisa qui tient un ouvrage entre ses main
Lisa qui tient un ouvrage entre ses main

LISA, C'EST MOI !

Lisa est triste et secrète

Elle pleure seule dans le noir

Personne ne peut la voir

La pluie coule, ses yeux sont des fenêtres

Comme dans la chanson de Cat Stevens

Lisa est double, Lisa est trouble

Elle s’enfuie de ses rêves

Elle est forte mais frêle

Elle cache le bonheur dans un cri, s’oublie et se retrouve

Comme dans la chanson de Jeanne Mas

Lisa aime et n’aime pas

Dans ses yeux, tu y lisais ta vie autrefois

Tu existes un peu moins, semaine après mois

Sans ces yeux là , tu ne te vois pas

Comme dans la chanson de Goldman

Lisa rêve de partir, de vivre ailleurs

Tu peux imaginer le son de sa voix

Mais un jour c’est certain elle s’envolera

Elle regarde les oiseaux, s’accroche à leurs ailes

Comme dans la chanson de Francis Cabrel

Lisa veut la paix, faire ce qu’il lui plaît

Elle promet que tout ira bien demain

Il lui disait : « ne me promet pas, ne me promet rien »

Elle a un secret, elle croit que l’amour ne meurt jamais

Comme dans la chanson de Daniel Lavoie

Lisa s’égare, se fait du mal

Vole trop près du soleil, comme Icare

Lisa se fait du mal, elle ne s’aime pas

On l’observe mais on ne la voit pas

Comme dans la chanson de Dinaa

Lisa est triste, secrète, double et trouble.

Lisa aime et n’aime pas, rêve de partir de vivre ailleurs

Lisa veut la paix, faire ce qui lui plaît mais s’égare et se fait du mal

Lisa c’est moi, je suis toutes ces Lisa.