20
%

Lisa Dumaine

AUTRICE DE L’OMBRE ET DE LA LUMIÈRE,
DES MOTS POUR DIRE CE QUE
LE COEUR NE PEUT TAIRE

Cachet de cire avec le logo de l'écrivain

ENTRE POESIE, EMOTION ET INTROSPECTION, J’ECRIS POUR EXPLORER CE QUE LES SILENCES NE DISENT PAS. CE SITE EST MON ESPACE D’EXPRESSION : SIMPLE, SINCERE, VIVANT

GALERIE

Photo noir et blanc Lisa livre sur la tête mains qui forment un cadre
Citation Guy de Maupassant sur l'écriture
Photo noir et blanc Lisa avec un livre sur la tête et qui fait chut
Lisa qui écrit en pleine nature
Citations Albert Camus et Luigi Pirandello sur la résilience et les relations
Photo noir et blanc Lisa qui porte une livre sur la tête et qui le tient
Lisa qui écrit et qui porte un pull rayé rouge et blanc
Citation Victor Hugo Deuil
photo noir et blanc Lisa qui porte un livre sur la tête et mains sous le menton
Lisa écrit et porte un pull rouge
Citation Stephen King sur les coeurs
Photo Lisa noir et blanc livre sur la tête mains sur les joues

REVUES

Aucun de nous ne reviendra

Je crois que c’est l’un de ces livres dont on ne sort pas vraiment. On tourne la dernière page, mais quelque chose reste.


J’ai beaucoup de mal à trouver les mots pour parler de cette lecture. Peut-être parce que ce livre raconte justement ce qui semble dépasser les mots. L’horreur. Il n’y a pas d’autre terme.


Pourtant, ce qui m’a le plus marquée, ce n’est pas seulement ce qui est raconté, mais la manière dont Charlotte Delbo le raconte. Son écriture est d’une poésie bouleversante. Elle est douce, sensible, presque délicate, alors qu’elle décrit l’indicible. Ce contraste est saisissant. Chaque phrase semble pesée, chaque silence a son importance.


J’ai également beaucoup aimé son style d’écriture. Charlotte Delbo utilise énormément la répétition. On entend souvent qu’il faut éviter les répétitions lorsqu’on écrit. Ici, c’est tout l’inverse. Elles deviennent une véritable force. Elles donnent du rythme au texte, elles insistent, elles martèlent certaines images, certains sentiments. Elles traduisent aussi l’impossibilité d’oublier. J’ai trouvé ce choix d’écriture extrêmement fort, parce qu’il participe pleinement à l’émotion du récit.


Certains passages m’ont profondément marquée, bien plus que d’autres, et je sais qu’ils me reviendront en mémoire longtemps.


Dans « Le Jour », Charlotte Delbo répète sans cesse « ces pieds » : « … ces pieds qui avancent… ces pieds que vous évitez… ces pieds qui précèdent toujours les vôtres… ces pieds qui vous fascinent… ces pieds qui traînent ou qui butent… ces pieds torturés… » Cette répétition devient presque hypnotique. À force de revenir, ces mots finissent par incarner l’épuisement, l’obsession et la déshumanisation.


Dans « Le Commandant », nous avons d’abord l’impression d’assister à une scène presque joyeuse, où deux jeunes frères jouent ensemble. Mais très vite, on sent — ou plutôt on devine — l’horreur qui approche. Ils jouent au soldat et au prisonnier. L’aîné menace, en jouant, son petit frère de finir dans un four crématoire. Ce sont les enfants d’un officier allemand. Ils vivent juste à côté du camp, juste à côté des fours, dans un beau jardin entouré de roses. Ce passage est extrêmement cinématographique. Tout est visuel. Et c’est précisément ce contraste entre l’innocence apparente et la réalité qui le rend si saisissant.


Le chapitre consacré à l’orchestre est, lui aussi, effroyable. Comment l’art et la musique, parmi les plus belles créations de l’humanité, peuvent-ils devenir les instruments d’une telle horreur ? Les prisonnières avancent au rythme d’une marche joyeuse ou d’une valse. Comme l’écrit si justement Charlotte Delbo : « Les entendre là était intolérable. » Cette phrase résume à elle seule toute l’absurdité et toute la violence de cette mise en scène.


Et puis c’est aussi faire des projets sur Après. Le Après qui ne viendra jamais. Le Après dont personne ne croit. Que plus personne n’espère. Et là où personne n’ira jamais… jamais vraiment.


Charlotte Delbo ne cherche jamais à provoquer le lecteur. Elle ne dramatise pas. Elle montre simplement. Et c’est peut-être cela qui rend son témoignage si puissant. Elle nous laisse face à une réalité que l’on préférerait croire impossible.


Le titre, Aucun de nous ne reviendra, résonne longtemps après la lecture. Bien sûr, il évoque celles qui ne sont jamais revenues des camps. Mais j’y vois aussi une autre vérité : celles qui ont survécu ne sont jamais revenues tout à fait non plus. Comment pourrait-on revenir après avoir traversé une telle horreur ? On survit, mais une partie de soi demeure là-bas.


Ce livre est bien plus qu’un témoignage historique. C’est un texte de mémoire. Un texte qui redonne un visage, une voix et une humanité à toutes celles que les camps ont voulu effacer.


Il existe des livres que l’on apprécie. D’autres que l’on admire. Et puis il y a ceux qui nous imposent le silence une fois refermés. Aucun de nous ne reviendra appartient à cette dernière catégorie

Je ne dirais pas que j’ai aimé cette lecture. Ce serait un mot qui ne convient pas. En revanche, je peux dire qu’elle m’a profondément bouleversée. C’est un livre d’une force immense, porté par une écriture d’une grande sensibilité. Un livre qu’il faudrait lire au moins une fois, non seulement pour comprendre une part de notre histoire, mais surtout pour ne jamais oublier les femmes et les hommes qui l’ont traversée.

« Il y a des gens qui arrivent et il y a des gens qui partent.


Mais il est une gare où ceux-là qui arrivent sont justement ceux-là qui partent une gare où ceux qui arrivent ne sont jamais arrivés, où ceux qui sont partis ne sont jamais revenus.

c'est la plus grande gare du monde. »


« Et quand ils arrivent

ils croient qu'ils sont arrivés

en enfer »


« Ils ne savent pas qu'à cette gare-là on n'arrive pas. »

« Saviez-vous que la souffrance n'a pas de limite l'horreur pas de frontière

Le saviez-vous

Vous qui savez. »

« La cheminée fume. Le ciel est bas. La fumée traîne sur le camp et pèse et nous enveloppe et c'est l'odeur de la chair qui brûle. »

« L'idée de fuir ne venait à personne. Il faut être fort pour vouloir s'évader. Il faut savoir compter sur tous ses muscles et sur tous ses sens. Personne ne songeait à fuir. »

« Et chaque morte est aussi légère et aussi lourde que les ombres de la nuit, légère tant elle est décharnée et lourde d'une somme de souffrances que personne ne partagera jamais. »

« Essayez de regarder. Essayez pour voir. »

« Et qu'importe? Puisque aucun d'eux ne doit revenir. Puisque aucun de nous ne re-viendra. »

« Aucune ne croit plus au retour quand elle est seule. »

« Ne regardez pas l'orchestre qui joue « La Veuve joyeuse». »

« Ma mémoire est plus exsangue qu'une feuille d'automne

Ma mémoire a oublié la rosée

Ma mémoire a perdu sa sève. Ma mémoire a perdu tout son sang.

C'est alors que le cœur doit s'arrêter de battre - s'arrêter de battre — de battre. »

« Loin au-delà des barbelés, le printemps chante.

Ses yeux se sont vidés

Et nous avons perdu la mémoire.

Aucun de nous ne reviendra. »

Couverture du livre Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo
Charlotte Delbo

Les Années

Les vingt premières pages sont incroyables. Cette liste de tout ce qui disparaîtra un jour : les petites choses, les objets, les habitudes, les souvenirs… C’est effroyable et en même temps tellement juste.

On avance dans le livre comme dans un film. Les références à la vie quotidienne, à la politique, à l’Histoire s’enchaînent, tandis que cette femme grandit, mûrit, vieillit. Elle se met à distance. Elle est comme derrière un appareil photo ou une caméra et nous montre, nous décrit ce qu’elle voit.

Mais elle ne fait pas que décrire. Elle cherche à comprendre. À comprendre cette femme qui se dévoile à travers des photos, des mots, des films.

De tout ce que j’ai lu d’Annie Ernaux, Les Années est celui que j’ai préféré. J’aime profondément son style d’écriture, cette manière qu’elle a de raconter, de dévoiler, de laisser apparaître une vie entière à travers des détails simples. En tant que femme, beaucoup de choses résonnent en moi.

Ce que j’aime profondément chez Annie Ernaux, c’est qu’elle écrit avec une immense justesse. Elle ne cherche pas à en faire de trop, ni à faire mentir ses souvenirs. On sent une réelle sincérité dans ce qu’elle écrit et partage. Elle parle librement, simplement, mais toujours avec justesse. Et c’est tout ce qui me touche.

Dans Les Années, j’ai retrouvé des morceaux de ce que j’avais déjà aimé dans mes lectures précédentes comme La Place, Passion simple ou encore Mémoire de fille. Des phrases simples, parfois presque sobres, mais qui frappent juste et restent longtemps en tête.

Plus qu’un récit, Les Années est une réflexion sur le temps qui passe, sur la mémoire, sur tout ce qui disparaît sans qu’on s’en rende compte.

« Toutes les images disparaîtront. »

« les images réelles ou imaginaires, celles qui suivent jusque dans le sommeil

les images d'un moment baignées d'une lumière qui n'appartient qu'à elles

Elles s'évanouiront toutes d'un seul coup comme l'ont fait les millions d'images qui étaient derrière les fronts des grands-parents morts il y a un demi-siècle, des parents morts eux aussi. Des images où l'on figurait en gamine au milieu d'autres êtres déjà disparus avant qu'on soit né, de même que dans notre mémoire sont présents nos enfants petits aux côtés de nos parents et de nos camarades d'école.

Et l'on sera un jour dans le souvenir de nos enfants au milieu de petits-enfants et de gens qui ne sont pas encore nés. Comme le désir sexuel, la mémoire ne s'arrête jamais.

Elle apparie les morts aux vivants, les êtres réels aux imaginaires, le rêve à l'histoire.»


« qu'est-ce que le mariage ? Un con promis »

« Tout s'effacera en une seconde. Le dictionnaire accumulé du berceau au dernier lit s'éliminera. Ce sera le silence et aucun mot pour le dire. De la bouche ouverte il ne sortira rien. Ni je ni moi. La langue continuera à mettre en mots le monde. Dans les conversations autour d'une table de fête on ne sera qu'un prénom, de plus en plus sans visage, jusqu'à disparaître dans la masse anonyme d'une lointaine génération. »

« La mémoire des autres leur refilait une nostalgie secrète pour cette époque qu'ils avaient manquée de si peu et l'espérance de la vivre un jour. »

« L'avenir est trop immense pour qu'elle l'imagine, il arrivera, c'est tout. »

« La distance qui sépare le passé du présent se mesure peut-être à la lumière répandue sur le sol entre les ombres, glissant sur les visages, dessinant les plis d'une robe, à la clarté crépusculaire, quelle que soit l'heure de la pose, d'une photo en noir et blanc. »

« Elle ne se sent nulle part, seulement dans le savoir et la littérature. »

« Son corps est jeune et sa pensée vieille. »

« Entre ce qui arrive dans le monde et ce qui lui arrive à elle, aucun point d'intersection, deux séries parallèles, l'une, abstraite, toute en informations aussitôt oubliées que perçues, l'autre en plans fixes. »

« Tout le monde se réclamait d'une activité artistique ou projetait d'en avoir. Il était convenu que, d'une façon ou d'une autre, toures se valaient et, à défaut de peindre ou de jouer de la flûte traversière, il restait la possibilité de se créer, soi, en faisant une psychanalyse. »

« Le temps des enfants remplaçait le temps des morts. »

« Il lui semble qu'un livre s'écrit tout seul derrière elle, juste en vivant, mais il n'y a rien. »

« Il fallait que la merde et la mort soient invisibles. »

« Quand on roulait longtemps seul à la même vitesse, l'automatisme de gestes sus depuis longtemps faisait perdre la sensation de son corps, comme si la voiture se conduisait toute seule. Les vallons et les plaines glissaient dans un mouvement ample, arrondi. On n'était plus qu'un regard dans un habitacle transparent jusqu'au fond de l'horizon mouvant, qu'une conscience immense et fragile emplissant l'espace et, au-delà, la totalité du monde. On se disait parfois qu'il aurait suffi d'un pneu qui éclate, d'un obstacle comme dans Les Choses de la vie, pour qu'elle disparaisse à jamais. »

« Son souci principal est le choix entre « je » et « elle ». Il y a dans le « je » trop de permanence, quelque chose de rétréci et d'étouffant, dans le « elle » trop d'extériorité, d'éloignement. »

« Aucun « je» dans ce qu'elle voit comme une sorte d'autobiographie impersonnelle mais « on » et « nous »  comme si, à son tour, elle faisait le récit des jours d'avant. »

« Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais. »

Couverture du livre Les Années de Annie Ernaux
Annie Ernaux

L’opulence de la nuit

C’est un recueil de poèmes courts, très puissant, à l’écriture forte, parfois incisive, mais toujours d’une grande justesse. À travers Hiver, Bribes, Je t’ai cherchée, Sur les collines, Notules, L’Opulence de la nuit, Te rejoindre, Éclats, Lumière d’avant-printemps, À l’intime du silence, Images d’enfance et Vers l’oasis, l’auteur se livre, s’interroge et se dévoile.


Il s’approprie les mots, joue avec eux, les interroge. On sent que l’écriture est pour lui un instrument nécessaire, presque vital, une arme pour mener ses combats intérieurs. Des thèmes reviennent tout au long du recueil : la peur, l’errance, l’introspection, l’intime, la solitude, la mémoire, mais surtout la recherche. La recherche de soi, de l’autre, d’un apaisement.


L’œil revient souvent. L’œil intérieur. La perception de soi. L’exploration de cet œil qui voit au-delà du regard. Et puis il y a le murmure. Le murmure du poème, celui des mots, celui du silence.


On retrouve aussi un jeu permanent entre la lumière et l’obscurité, le jour et la nuit. La nuit revient souvent, habitée de silence, de murmures, de réflexion. Elle n’est jamais vide, elle est au contraire pleine de quelque chose.


Simplicité et concision sont sans doute les mots qui définissent le mieux cette écriture. Une écriture fragmentée, poétique, où chaque texte semble dire beaucoup avec très peu.


J’ai particulièrement apprécié Te rejoindre, pour tout ce qu’il aborde et tout ce que j’y ai ressenti. C’est certainement la partie qui m’a le plus touchée.


Charles Juliet nous parle aussi des mots. Il s’interroge sur eux, sur leur nécessité, sur leur pouvoir. Il puise en lui grâce à eux, comme si écrire lui permettait d’avancer un peu plus dans sa quête.


Il évoque également ses deux mères, dont l’une est longtemps restée inconnue. Une figure essentielle, source de manque, d’absence et de recherche, qui traverse le recueil avec beaucoup de pudeur.


Enfin, le titre est emprunté à l’un des poèmes du recueil. Une belle manière de résumer cette œuvre où la nuit, loin d’être seulement obscure, devient un espace d’introspection, de silence et de richesse intérieure.

« Avant de me donner

des fondations

J’ai dû

me déraciner »


« La neige

a recouvert tes pas


Bientôt le temps

effacera les traces

de ton passage »


« C'est à son œil

qu'il a confié

sa passion

de la connaissance »


« Il écrivait pour consoler

cet enfant qui vit en lui »

« chaque soir

cette angoisse

quand le soleil

sombre »

« D'où viennent

ces mots qui vagissent

dans mon silence »

Couverture du livre L’opulence de la nuit de Charles Juliet
Charles Juliet

Le soleil brille toujours au-dessus des nuages

J’ai lu en deux jours Le soleil brille toujours au-dessus des nuages de Aurore Brevet. Ma grand-mère m’avait donné ce livre lorsque je lui ai rendu visite en avril dernier, avec plusieurs autres romans. Honnêtement, je ne sais pas si je l’aurais acheté moi-même : un roman feel good, une histoire d’amour… ce n’est pas forcément le genre vers lequel je vais spontanément.


Et puis je l’ai commencé, par curiosité. Quelques pages seulement… et finalement je me suis laissée entraîner. J’ai lu et lu, puis continué encore. J’avais envie de connaître l’histoire de Suzie, 35 ans, qui apprend une terrible nouvelle alors que son compagnon vient de la quitter. Elle n’a plus vraiment de famille, hormis sa meilleure amie Nour. À l’hôpital, elle rencontre Joséphine ainsi qu’Ivan, son père célibataire, qui attendent sa sœur jumelle Agathe.


La lecture est fluide, presque addictive par moments. On s’attache facilement aux personnages et on attend avec impatience La révélation ainsi que la réaction d’Ivan. C’est le genre de roman qui se lit vite parce qu’il donne envie de tourner les pages sans s’en rendre compte.


J’ai aussi oublié de parler d’un aspect que j’ai beaucoup aimé dans ce roman : toutes les références culturelles qui jalonnent l’histoire. Les musiques, les émissions de télévision, les lieux évoqués… tout cela rend le récit très vivant et surtout très proche de nous. On reconnaît des choses, des ambiances, parfois même des souvenirs personnels. Ça crée quelque chose de familier et de chaleureux.

C’est aussi ce qui rend les personnages plus accessibles : ils évoluent dans un univers qui ressemble au nôtre, avec des références populaires qui parlent forcément à beaucoup de lecteurs. Cela participe au côté très fluide et immersif du roman.


Parfois pourtant, je me suis dit que c’était presque trop beau pour être vrai. Les personnages m’ont semblé parfois trop « parfaits », trop lisses, avec peu de défauts ou de zones d’ombre. Personnellement, j’aime les personnages plus réalistes, avec leurs contradictions, leurs failles, leurs maladresses. J’aime quand les histoires osent davantage le drame, la noirceur, les émotions brutes.

Et finalement… la fin m’a donné ce que j’attendais.

« Souvenez-vous : les étoiles et le soleil brillent toujours au-dessus des nuages. »


« La blessure cicatrisait, mais le manque de confiance demeurait, en elle et dans les autres. La solitude restait le moyen le plus sûr d'éviter les souffrances. »


« Sa vie était ce qu'elle était. »


«  _ C'est une histoire très touchante en effet. Tu es sensible à ce genre de choses ? Je veux dire, les signes de la vie, le destin?

-   Un peu, malgré moi. Je me dis que rien n'arrive sans raison. Je ne suis pas du genre à penser que notre chemin est tracé, que tout est prédestiné, mais j'ai pris conscience que, lorsque la vie nous envoie un signe, il faut savoir le reconnaître et y répondre, qu'il y a toujours quelque chose à apprendre. Et toi ? »

« Comme le disait le poète britannique Lord Byron : « Le grand art de la vie est la sensation de sentir que nous exis-tons, même dans la douleur. » A l'instant présent, ici et maintenant, elle se sentait plus que jamais exister. »


« Les flocons dansaient autour d'eux, comme pour sceller ce moment hors du temps. En serrant la main d'Ivan, elle pensa simplement : « Ça, au moins, je l'aurai vécu ! »

Il y a des jours que rien n'efface.

Ils marquent la peau et l'âme, laissent leur empreinte indélébile. »


« Le temps serait maintenant à l'urgence de dire, l'urgence de vivre. »

Couverture du livre Le soleil brille toujours au-dessus des nuages de Aurore Brevet
Aurore Brevet

Mémoire de fille

Publié il y a dix ans, ce roman raconte la jeunesse, ou plutôt une période forte de la jeunesse de l’autrice, où la jeune Annie, en 1958, découvre le désir et l’envie, et devient le jouet des hommes alors qu’elle est monitrice dans une colonie de vacances dans la ville de S., dans l’Orne.


C’est un récit fort, parfois difficile, et très littéraire. L’autrice cherche à comprendre en écrivant. Elle a longtemps voulu oublier cette fille, sûrement par honte. Ne pas écrire sur, comme elle le dit : « (…) son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. » Mais elle n’a jamais pu y parvenir.


Elle appelle cette jeune fille « la fille de S. » ou « la fille de 58 », comme si elle la mettait à distance. Comme si elle n’avait jamais été elle. Ce projet d’écriture, elle le décrit comme étant viral, et comme je peux la comprendre.


Annie se cherche. Et cherche à comprendre en écrivant. Sa vie. Sa vérité. Avec une authenticité désarmante.


Ce roman n’est pas seulement un récit de jeunesse : c’est une tentative bouleversante de comprendre celle que l’on a été. En refermant ce livre, on a l’impression d’avoir rencontré un fantôme du passé : celui d’une jeune fille qu’Annie Ernaux n’a jamais vraiment cessé d’être.


C’est un magnifique récit.

« Le temps devant moi se raccourcit. Il y aura forcément un dernier livre, comme il y a un dernier amant, un dernier printemps, mais aucun signe pour le savoir. L'idée que je pourrais mourir sans avoir écrit sur celle que très tôt j'ai nommé la fille de 58» me hante. Un jour il n'y aura plus personne pour se souvenir. Ce qui a été vécu par cette fille, nulle autre, restera inexpliqué, vécu pour rien. »


« Sans doute est-elle dans une zone indécise, intermédiaire entre la croyance et l'in-croyance, délestée peu à peu de la légende mais attachée à la prière, aux rituels de la messe et des sacrements. »


« Souvent, je suis traversée par la pensée que je pourrais mourir à la fin de mon livre. Je ne sais pas ce que cela signifie, la peur de la parution ou un sentiment d'accomplissement. Ceux qui écrivent sans penser qu'ils pourraient mourir après, je ne les envie pas. »


« Exclue de la communauté des filles, celle du sang perdu régulièrement chaque mois, dont l'arrêt n'est pas imaginable en dehors d'un «mal-heur» ou d'une lointaine ménopause voisine de la mort - privée de cette visite mensuelle plus ou moins bienvenue, annoncée entre copines d'un «ma tante Rose est arrivée» ou «les Anglais ont débarqué», j'étais sortie du temps - sans âge. »


« Je pense « je suis seule et ils sont tous», comme le personnage du Sous-sol de Dostoïevski. On dirait qu'ils font bloc autour de lui, le Parrain, contre une entreprise dont ils ne savent rien, ligués contre la mémoire d'un temps où ils n'étaient pas ou qu'ils ont oublié, mais moi non. »


« Au fond, elle voudrait être restée une adolescente comme en témoigne une lettre à propos des filles de quatorze ans de la colonie: «Je les envie sincèrement. Elles ne savent pas qu'elles ont la meilleure part. C'est bête de ne pas savoir à quel moment on serait le plus heureux.» »


« J'ai commencé à faire de moi-même un être littéraire, quelqu'un qui vit les choses comme si elles devaient être écrites un jour. »


« Je ne suis pas culturelle, il n'y a qu'une chose qui compte pour moi, saisir la vie, le temps, comprendre et jouir.»

Est-ce la plus grande vérité de ce récit? »


« La sombre bibliothèque municipale me convient aussi. [...] il y a ce mot de Nietzche que je trouve si beau: Nous avons l'Art pour ne point mourir de la Vérité.» »


« C'est l'absence de sens de ce que l'on vit au moment où on le vit qui multiplie les possibilités d'écriture. »


« Déjà le souvenir de ce que j'ai écrit s'efface.

Je ne sais pas ce qu'est ce texte. Même ce que je poursuivais en écrivant le livre s'est dissous.

J'ai retrouvé dans mes papiers une sorte de note d'intention:

Explorer le gouffre entre l'effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l'étrange irréalité que revêt, des années après, ce qui est arrivé. »

Couverture du livre Mémoire de fille d’Annie Ernaux
Annie Ernaux

PODCAST

Plongez dans mon univers à travers mes podcast. Chaque épisode explore mes réflexions, mes inspirations et les coulisses de mon écriture. Écoutez mes histoires et découvrez mon monde créatif, directement depuis votre plateforme préférée.

ENVIE D'ECRIRE ? CE CLUB EST FAIT POUR TOI. ENVOIE TON TEXTE, ET CHAQUE MOIS, JE CHOISIRAI CINQ TEXTES À PUBLIER ICI-MEME.

LISA DUMAINE • 

LE CLUB D'ÉCRITURE • 

Thème en cours

Œuvre transmise avec succès !  
Mince ! Il y a eu une erreur lors de l'envoi du formulaire...
45
Jours
12
Heures
44
Min
29
Sec
1
Shishi_974

Le Renard Vagabond des Saisons

Au cœur du bois joyeux où le soleil se pose,

Je cours, renard léger, au manteau de velours,

Je chante le retour de la douce lumière,

Et danse avec l’oiseau qui revient de l’amour.


Le printemps me réveille, il m’offre sa tendresse,

Les fleurs s’ouvrent pour moi, comme des cris de joie,

Je saute dans l’herbe, je joue avec les fleurs qui apparaissent,

Et mon cœur bat si fort qu’il fait trembler le bois.


L’été me fait rire, il m’offre ses lumières,

Je plonge dans les ruisseaux frais,

Je cours après les papillons, ces êtres de super,

Et je m’enivre du chant des grillons et de la forêt.


L’automne me sourit, il me donne ses couleurs,

Les feuilles sont des pièces d’or qui tombent à mes pieds,

Je joue avec le vent, je ne vois plus passer l’heure,

Et je ris aux éclats en me laissant porter par la jovialité.


L’hiver me fait danser sur la neige si blanche,

Je laisse mes traces joyeuses dans le grand silence,

Je suis le renard gai, qui jamais ne se penche,

Car chaque saison est un cadeau, une danse.


Je suis le vagabond, le roi de la gaieté,

Qui ne connaît que l’aise, le rire et la lumière,

Je suis le gardien du bois, l’éternelle guerrier,

Où chaque saison est un chant, une prière.


Alors je cours, je saute, je chante, je rigole,

Dans ce bois enchanté, où tout est merveilleux,

Je suis le renard du bonheur, de la joie qui est folle,

Et je souris au monde, de la terre jusqu’aux cieux.

2
Louve

Loup

Dans le silence des grands bois noirs,
Le loup avance, ombre du soir.
Ses yeux brillent comme deux étoiles,
Sous la lune qui se dévoile.


Libre et fier dans le vent froid,
Il porte la nuit au fond de sa voix.
Et dans son cri perdu au loin,
On entend le cœur du destin.


Il connaît les chemins sauvages,
Les hivers durs, les longs voyages.
Mais jamais il ne baisse les yeux,
Même quand le ciel devient orageux.


Solitaire au milieu du monde,
Son âme court, libre et profonde.
Et lorsque l’aube vient dormir,
Le loup continue de partir.

3
Anne B

L’animal de feu

On l’appelle parfois l’animal de feu.
Le renard traverse les champs comme une flamme dans la nuit. Son pelage roux brûle sous le soleil d’automne, et ses yeux malicieux semblent connaître tous les secrets du monde.

Silencieux, élégant, presque invisible, il avance avec la douceur du vent et l’intelligence des êtres sauvages. Le renard ne rugit pas, ne cherche pas à dominer. Il observe, il comprend, il survit.

Dans les forêts endormies, il est une étincelle vivante, un éclat de liberté. Entre mystère et poésie, le renard porte en lui quelque chose d’indomptable : le feu discret de ceux qui continuent d’avancer, même seuls, même dans l’obscurité.

4
Alain Charles

Le prince de l’océan

Il danse avec les vagues comme un roi sans couronne.
Le dauphin fend la mer avec grâce, libre entre le ciel et les profondeurs.

Son sourire semble cacher une sagesse ancienne,

celle des créatures qui connaissent les secrets de l’océan.

Quand il surgit hors de l’eau, le monde paraît plus léger.

Il joue avec les courants, accompagne les bateaux et suit parfois les hommes

comme s’il voulait leur rappeler que la liberté existe encore.

Le dauphin n’a ni trône ni royaume visible,

pourtant il règne sur l’immensité bleue.

Prince des mers, il porte dans chacun de ses mouvements une douceur rare,

une joie sauvage et lumineuse qui ressemble à l’espoir.

5
Adrien L.

Le roi de poussière d’or

Le lion marche lentement dans l’herbe brûlée.
Autour de lui, la savane retient son souffle.

Le soleil couchant accroche sa crinière comme un feu d’or,

et l’ombre immense de son corps glisse sur la terre rouge.

Ses yeux sont deux braises tranquilles.
Il n’a pas besoin de courir ni de rugir pour être roi.

Sa seule présence suffit à faire taire le vent,

à courber les hautes herbes sous le poids du silence.

Quand il relève la tête vers le ciel,

on dirait une statue vivante façonnée par la chaleur,

la poussière et le temps.

Et dans la lumière du soir, le lion devient presque irréel :

un morceau de soleil tombé sur la terre.

MERCI AUX 35 PARTICIPANTS, MêME SI VOUS N’êTES PAS DANS LE CLASSEMENT, J’AI ADORé LIRE VOS EXCELLENTS TRAVAUX SUR LE THEME :  JE SUIS UN ANIMAL

Lisa qui tient un ouvrage entre ses main
Lisa qui tient un ouvrage entre ses main
Lisa qui tient un ouvrage entre ses main

LISA, C'EST MOI !

Lisa est triste et secrète

Elle pleure seule dans le noir

Personne ne peut la voir

La pluie coule, ses yeux sont des fenêtres

Comme dans la chanson de Cat Stevens

Lisa est double, Lisa est trouble

Elle s’enfuie de ses rêves

Elle est forte mais frêle

Elle cache le bonheur dans un cri, s’oublie et se retrouve

Comme dans la chanson de Jeanne Mas

Lisa aime et n’aime pas

Dans ses yeux, tu y lisais ta vie autrefois

Tu existes un peu moins, semaine après mois

Sans ces yeux là , tu ne te vois pas

Comme dans la chanson de Goldman

Lisa rêve de partir, de vivre ailleurs

Tu peux imaginer le son de sa voix

Mais un jour c’est certain elle s’envolera

Elle regarde les oiseaux, s’accroche à leurs ailes

Comme dans la chanson de Francis Cabrel

Lisa veut la paix, faire ce qu’il lui plaît

Elle promet que tout ira bien demain

Il lui disait : « ne me promet pas, ne me promet rien »

Elle a un secret, elle croit que l’amour ne meurt jamais

Comme dans la chanson de Daniel Lavoie

Lisa s’égare, se fait du mal

Vole trop près du soleil, comme Icare

Lisa se fait du mal, elle ne s’aime pas

On l’observe mais on ne la voit pas

Comme dans la chanson de Dinaa

Lisa est triste, secrète, double et trouble.

Lisa aime et n’aime pas, rêve de partir de vivre ailleurs

Lisa veut la paix, faire ce qui lui plaît mais s’égare et se fait du mal

Lisa c’est moi, je suis toutes ces Lisa.