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Lisa Dumaine

AUTRICE DE L’OMBRE ET DE LA LUMIÈRE,
DES MOTS POUR DIRE CE QUE
LE COEUR NE PEUT TAIRE

Cachet de cire avec le logo de l'écrivain

ENTRE POESIE, EMOTION ET INTROSPECTION, J’ECRIS POUR EXPLORER CE QUE LES SILENCES NE DISENT PAS. CE SITE EST MON ESPACE D’EXPRESSION : SIMPLE, SINCERE, VIVANT

GALERIE

Photo noir et blanc Lisa livre sur la tête mains qui forment un cadre
Citation Guy de Maupassant sur l'écriture
Photo noir et blanc Lisa avec un livre sur la tête et qui fait chut
Lisa qui écrit en pleine nature
Citations Albert Camus et Luigi Pirandello sur la résilience et les relations
Photo noir et blanc Lisa qui porte une livre sur la tête et qui le tient
Lisa qui écrit et qui porte un pull rayé rouge et blanc
Citation Victor Hugo Deuil
photo noir et blanc Lisa qui porte un livre sur la tête et mains sous le menton
Lisa écrit et porte un pull rouge
Citation Stephen King sur les coeurs
Photo Lisa noir et blanc livre sur la tête mains sur les joues

REVUES

Une connaissance inutile

Une fois encore, Charlotte Delbo ne raconte pas seulement les camps : elle leur donne une voix, un rythme, une poésie qui rendent son témoignage profondément bouleversant.


Le passage « Les Hommes » est sans doute celui qui m’a le plus marquée. J’ai trouvé la fin particulièrement forte, avec ces poèmes d’amour adressés à tous ces hommes. C’est un texte d’une grande délicatesse, qui rappelle que même au cœur de l’horreur, l’amour et les souvenirs continuent d’exister.


Dans « Le ruisseau », un passage m’a profondément frappée : celui où les déportées comptent les jours pour retrouver la date de la mort de leurs amies. Elles ne cherchent pas seulement à se souvenir d’elles, mais aussi du jour où elles les ont perdues. Se souvenir du jour de la mort devient une forme de fidélité. C’est presque un tombeau symbolique : puisqu’il n’y a souvent pas de sépulture, il reste la date, gardée en mémoire.


J’ai également beaucoup aimé « Au début nous voulions chanter ». Voir Le Misanthrope de Molière devenir presque un personnage montre toute la puissance de la littérature chez Charlotte Delbo. Les œuvres ne sont plus seulement des livres, elles deviennent une présence, un refuge.


L’Adieu m’a énormément émue. J’ignorais que Charlotte Delbo avait un mari, tant elle en parle peu auparavant. Ce texte prend alors une dimension encore plus poignante. Le parallèle avec Ondine est d’une grande beauté et apporte une profondeur supplémentaire à ce moment d’adieu.


Ce que j’admire toujours autant, c’est son style d’écriture. Charlotte Delbo utilise les répétitions avec une force remarquable. Elles donnent un rythme au texte, mais surtout elles amplifient les émotions. La phrase « Nous allons en Suède. », répétée plusieurs fois, est particulièrement marquante. À chaque reprise, elle semble porter un sens différent : l’espoir, l’incrédulité, puis la réalité.


Quant au 23, coïncidence ou non, le symbolisme de ce nombre prend un sens personnel étrange, troublant mais il est pour l’autrice comme une ancre de marine, un talisman.


Charlotte Delbo possède une écriture profondément personnelle. Elle parvient à mêler le témoignage, la poésie et la littérature avec une justesse rare. Ses mots sont simples, mais leur résonance est immense. Plus je découvre son œuvre, plus je suis convaincue que son écriture est l’une des plus puissantes que j’aie lues sur la déportation.

« J’en voulais à tous les vivants. Je n'avais pas encore trouvé au fond de moi une prière de pardon pour ceux qui vivent. »


« Alors l'une de nous s'est avancée vers le milieu du dortoir et à haute voix, s'adressant à toutes : « Les amies, puisque nous avons encore du temps avant le coucher, nous devrions lire des poèmes. » »

« Moi

le me suis révoltée

à peine si j'ai réussi

à ne pallaitter son courage

et c'était déjà trop

À un jeune homme

de laisser une femme

qui vivrait après lui. »


« Vous ne pouvez pas comprendre

vous qui n'avez pas écouté

battre le cœur

de celui qui va mourir »


« Il est mort

parce qu'il faut à une histoire d'amour

pour qu'elle soit belle

une fin tragique

La nôtre était magnifique

Pourquoi faut-il que vous l'emportiez tou-

jours

à la fin

avec vos lieux communs. »


« Ce n'est rien de mourir

en somme

quand c'est proprement

mais

dans la diarrhée

dans la boue

dans le sang

et que ça dure

que ça dure longtemps »


« Il y a des gens qui disent : « J'ai soif. » Ils entrent dans un café et ils commandent une bière. »


« Les dates? Quelles dates et quelle importance cela avait-il que ce soit vendredi ou samedi, l'anniversaire de ceci ou de cela? Les dates qu'il fallait se rappeler, c'était la mort d'Yvonne ou la mort de Suzanne, la mort de Rosette ou celle de Marcelle. »


« Aucune larme ne m'est venue. Il y a long-temps, longtemps que je n'ai plus de larmes. »


« Nous sommes parties le 23, le 23 avril. Si Mado n'était pas là pour en attester, je n'oserais pas rappeler ma prédiction. »


« C'est ce qui le faisait si beau

d'avoir choisi

choisi sa vie, choisi sa mort

et d'avoir regardé avant. »


« J'allais mourir maintenant que je savais Le Misanthrope par cœur et que je n'en aurais plus besoin. »


« Je me suis aperçu, en me déshabillant le soir, au Danemark, que j'avais oublié mon

Misanthrope. »


« La terre était belle d'être retrouvée.

Belle et déshabitée. »

« Et je suis revenue

Ainsi vous ne saviez pas,

vous,

qu'on revient de là-bas

On revient de là-bas

et même de plus loin »


« Alors vous saurez

qu'il ne faut pas parler avec la mort

C’est une connaissance inutile. »

Couverture du livre Une connaissance inutile de Charlotte Delbo
Charlotte Delbo

Aucun de nous ne reviendra

Je crois que c’est l’un de ces livres dont on ne sort pas vraiment. On tourne la dernière page, mais quelque chose reste.


J’ai beaucoup de mal à trouver les mots pour parler de cette lecture. Peut-être parce que ce livre raconte justement ce qui semble dépasser les mots. L’horreur. Il n’y a pas d’autre terme.


Pourtant, ce qui m’a le plus marquée, ce n’est pas seulement ce qui est raconté, mais la manière dont Charlotte Delbo le raconte. Son écriture est d’une poésie bouleversante. Elle est douce, sensible, presque délicate, alors qu’elle décrit l’indicible. Ce contraste est saisissant. Chaque phrase semble pesée, chaque silence a son importance.


J’ai également beaucoup aimé son style d’écriture. Charlotte Delbo utilise énormément la répétition. On entend souvent qu’il faut éviter les répétitions lorsqu’on écrit. Ici, c’est tout l’inverse. Elles deviennent une véritable force. Elles donnent du rythme au texte, elles insistent, elles martèlent certaines images, certains sentiments. Elles traduisent aussi l’impossibilité d’oublier. J’ai trouvé ce choix d’écriture extrêmement fort, parce qu’il participe pleinement à l’émotion du récit.


Certains passages m’ont profondément marquée, bien plus que d’autres, et je sais qu’ils me reviendront en mémoire longtemps.


Dans « Le Jour », Charlotte Delbo répète sans cesse « ces pieds » : « … ces pieds qui avancent… ces pieds que vous évitez… ces pieds qui précèdent toujours les vôtres… ces pieds qui vous fascinent… ces pieds qui traînent ou qui butent… ces pieds torturés… » Cette répétition devient presque hypnotique. À force de revenir, ces mots finissent par incarner l’épuisement, l’obsession et la déshumanisation.


Dans « Le Commandant », nous avons d’abord l’impression d’assister à une scène presque joyeuse, où deux jeunes frères jouent ensemble. Mais très vite, on sent — ou plutôt on devine — l’horreur qui approche. Ils jouent au soldat et au prisonnier. L’aîné menace, en jouant, son petit frère de finir dans un four crématoire. Ce sont les enfants d’un officier allemand. Ils vivent juste à côté du camp, juste à côté des fours, dans un beau jardin entouré de roses. Ce passage est extrêmement cinématographique. Tout est visuel. Et c’est précisément ce contraste entre l’innocence apparente et la réalité qui le rend si saisissant.


Le chapitre consacré à l’orchestre est, lui aussi, effroyable. Comment l’art et la musique, parmi les plus belles créations de l’humanité, peuvent-ils devenir les instruments d’une telle horreur ? Les prisonnières avancent au rythme d’une marche joyeuse ou d’une valse. Comme l’écrit si justement Charlotte Delbo : « Les entendre là était intolérable. » Cette phrase résume à elle seule toute l’absurdité et toute la violence de cette mise en scène.


Et puis c’est aussi faire des projets sur Après. Le Après qui ne viendra jamais. Le Après dont personne ne croit. Que plus personne n’espère. Et là où personne n’ira jamais… jamais vraiment.


Charlotte Delbo ne cherche jamais à provoquer le lecteur. Elle ne dramatise pas. Elle montre simplement. Et c’est peut-être cela qui rend son témoignage si puissant. Elle nous laisse face à une réalité que l’on préférerait croire impossible.


Le titre, Aucun de nous ne reviendra, résonne longtemps après la lecture. Bien sûr, il évoque celles qui ne sont jamais revenues des camps. Mais j’y vois aussi une autre vérité : celles qui ont survécu ne sont jamais revenues tout à fait non plus. Comment pourrait-on revenir après avoir traversé une telle horreur ? On survit, mais une partie de soi demeure là-bas.


Ce livre est bien plus qu’un témoignage historique. C’est un texte de mémoire. Un texte qui redonne un visage, une voix et une humanité à toutes celles que les camps ont voulu effacer.


Il existe des livres que l’on apprécie. D’autres que l’on admire. Et puis il y a ceux qui nous imposent le silence une fois refermés. Aucun de nous ne reviendra appartient à cette dernière catégorie

Je ne dirais pas que j’ai aimé cette lecture. Ce serait un mot qui ne convient pas. En revanche, je peux dire qu’elle m’a profondément bouleversée. C’est un livre d’une force immense, porté par une écriture d’une grande sensibilité. Un livre qu’il faudrait lire au moins une fois, non seulement pour comprendre une part de notre histoire, mais surtout pour ne jamais oublier les femmes et les hommes qui l’ont traversée.

« Il y a des gens qui arrivent et il y a des gens qui partent.


Mais il est une gare où ceux-là qui arrivent sont justement ceux-là qui partent une gare où ceux qui arrivent ne sont jamais arrivés, où ceux qui sont partis ne sont jamais revenus.

c'est la plus grande gare du monde. »


« Et quand ils arrivent

ils croient qu'ils sont arrivés

en enfer »


« Ils ne savent pas qu'à cette gare-là on n'arrive pas. »

« Saviez-vous que la souffrance n'a pas de limite l'horreur pas de frontière

Le saviez-vous

Vous qui savez. »

« La cheminée fume. Le ciel est bas. La fumée traîne sur le camp et pèse et nous enveloppe et c'est l'odeur de la chair qui brûle. »

« L'idée de fuir ne venait à personne. Il faut être fort pour vouloir s'évader. Il faut savoir compter sur tous ses muscles et sur tous ses sens. Personne ne songeait à fuir. »

« Et chaque morte est aussi légère et aussi lourde que les ombres de la nuit, légère tant elle est décharnée et lourde d'une somme de souffrances que personne ne partagera jamais. »

« Essayez de regarder. Essayez pour voir. »

« Et qu'importe? Puisque aucun d'eux ne doit revenir. Puisque aucun de nous ne re-viendra. »

« Aucune ne croit plus au retour quand elle est seule. »

« Ne regardez pas l'orchestre qui joue « La Veuve joyeuse». »

« Ma mémoire est plus exsangue qu'une feuille d'automne

Ma mémoire a oublié la rosée

Ma mémoire a perdu sa sève. Ma mémoire a perdu tout son sang.

C'est alors que le cœur doit s'arrêter de battre - s'arrêter de battre — de battre. »

« Loin au-delà des barbelés, le printemps chante.

Ses yeux se sont vidés

Et nous avons perdu la mémoire.

Aucun de nous ne reviendra. »

Couverture du livre Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo
Charlotte Delbo

Les Années

Les vingt premières pages sont incroyables. Cette liste de tout ce qui disparaîtra un jour : les petites choses, les objets, les habitudes, les souvenirs… C’est effroyable et en même temps tellement juste.

On avance dans le livre comme dans un film. Les références à la vie quotidienne, à la politique, à l’Histoire s’enchaînent, tandis que cette femme grandit, mûrit, vieillit. Elle se met à distance. Elle est comme derrière un appareil photo ou une caméra et nous montre, nous décrit ce qu’elle voit.

Mais elle ne fait pas que décrire. Elle cherche à comprendre. À comprendre cette femme qui se dévoile à travers des photos, des mots, des films.

De tout ce que j’ai lu d’Annie Ernaux, Les Années est celui que j’ai préféré. J’aime profondément son style d’écriture, cette manière qu’elle a de raconter, de dévoiler, de laisser apparaître une vie entière à travers des détails simples. En tant que femme, beaucoup de choses résonnent en moi.

Ce que j’aime profondément chez Annie Ernaux, c’est qu’elle écrit avec une immense justesse. Elle ne cherche pas à en faire de trop, ni à faire mentir ses souvenirs. On sent une réelle sincérité dans ce qu’elle écrit et partage. Elle parle librement, simplement, mais toujours avec justesse. Et c’est tout ce qui me touche.

Dans Les Années, j’ai retrouvé des morceaux de ce que j’avais déjà aimé dans mes lectures précédentes comme La Place, Passion simple ou encore Mémoire de fille. Des phrases simples, parfois presque sobres, mais qui frappent juste et restent longtemps en tête.

Plus qu’un récit, Les Années est une réflexion sur le temps qui passe, sur la mémoire, sur tout ce qui disparaît sans qu’on s’en rende compte.

« Toutes les images disparaîtront. »

« les images réelles ou imaginaires, celles qui suivent jusque dans le sommeil

les images d'un moment baignées d'une lumière qui n'appartient qu'à elles

Elles s'évanouiront toutes d'un seul coup comme l'ont fait les millions d'images qui étaient derrière les fronts des grands-parents morts il y a un demi-siècle, des parents morts eux aussi. Des images où l'on figurait en gamine au milieu d'autres êtres déjà disparus avant qu'on soit né, de même que dans notre mémoire sont présents nos enfants petits aux côtés de nos parents et de nos camarades d'école.

Et l'on sera un jour dans le souvenir de nos enfants au milieu de petits-enfants et de gens qui ne sont pas encore nés. Comme le désir sexuel, la mémoire ne s'arrête jamais.

Elle apparie les morts aux vivants, les êtres réels aux imaginaires, le rêve à l'histoire.»


« qu'est-ce que le mariage ? Un con promis »

« Tout s'effacera en une seconde. Le dictionnaire accumulé du berceau au dernier lit s'éliminera. Ce sera le silence et aucun mot pour le dire. De la bouche ouverte il ne sortira rien. Ni je ni moi. La langue continuera à mettre en mots le monde. Dans les conversations autour d'une table de fête on ne sera qu'un prénom, de plus en plus sans visage, jusqu'à disparaître dans la masse anonyme d'une lointaine génération. »

« La mémoire des autres leur refilait une nostalgie secrète pour cette époque qu'ils avaient manquée de si peu et l'espérance de la vivre un jour. »

« L'avenir est trop immense pour qu'elle l'imagine, il arrivera, c'est tout. »

« La distance qui sépare le passé du présent se mesure peut-être à la lumière répandue sur le sol entre les ombres, glissant sur les visages, dessinant les plis d'une robe, à la clarté crépusculaire, quelle que soit l'heure de la pose, d'une photo en noir et blanc. »

« Elle ne se sent nulle part, seulement dans le savoir et la littérature. »

« Son corps est jeune et sa pensée vieille. »

« Entre ce qui arrive dans le monde et ce qui lui arrive à elle, aucun point d'intersection, deux séries parallèles, l'une, abstraite, toute en informations aussitôt oubliées que perçues, l'autre en plans fixes. »

« Tout le monde se réclamait d'une activité artistique ou projetait d'en avoir. Il était convenu que, d'une façon ou d'une autre, toures se valaient et, à défaut de peindre ou de jouer de la flûte traversière, il restait la possibilité de se créer, soi, en faisant une psychanalyse. »

« Le temps des enfants remplaçait le temps des morts. »

« Il lui semble qu'un livre s'écrit tout seul derrière elle, juste en vivant, mais il n'y a rien. »

« Il fallait que la merde et la mort soient invisibles. »

« Quand on roulait longtemps seul à la même vitesse, l'automatisme de gestes sus depuis longtemps faisait perdre la sensation de son corps, comme si la voiture se conduisait toute seule. Les vallons et les plaines glissaient dans un mouvement ample, arrondi. On n'était plus qu'un regard dans un habitacle transparent jusqu'au fond de l'horizon mouvant, qu'une conscience immense et fragile emplissant l'espace et, au-delà, la totalité du monde. On se disait parfois qu'il aurait suffi d'un pneu qui éclate, d'un obstacle comme dans Les Choses de la vie, pour qu'elle disparaisse à jamais. »

« Son souci principal est le choix entre « je » et « elle ». Il y a dans le « je » trop de permanence, quelque chose de rétréci et d'étouffant, dans le « elle » trop d'extériorité, d'éloignement. »

« Aucun « je» dans ce qu'elle voit comme une sorte d'autobiographie impersonnelle mais « on » et « nous »  comme si, à son tour, elle faisait le récit des jours d'avant. »

« Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais. »

Couverture du livre Les Années de Annie Ernaux
Annie Ernaux

L’opulence de la nuit

C’est un recueil de poèmes courts, très puissant, à l’écriture forte, parfois incisive, mais toujours d’une grande justesse. À travers Hiver, Bribes, Je t’ai cherchée, Sur les collines, Notules, L’Opulence de la nuit, Te rejoindre, Éclats, Lumière d’avant-printemps, À l’intime du silence, Images d’enfance et Vers l’oasis, l’auteur se livre, s’interroge et se dévoile.


Il s’approprie les mots, joue avec eux, les interroge. On sent que l’écriture est pour lui un instrument nécessaire, presque vital, une arme pour mener ses combats intérieurs. Des thèmes reviennent tout au long du recueil : la peur, l’errance, l’introspection, l’intime, la solitude, la mémoire, mais surtout la recherche. La recherche de soi, de l’autre, d’un apaisement.


L’œil revient souvent. L’œil intérieur. La perception de soi. L’exploration de cet œil qui voit au-delà du regard. Et puis il y a le murmure. Le murmure du poème, celui des mots, celui du silence.


On retrouve aussi un jeu permanent entre la lumière et l’obscurité, le jour et la nuit. La nuit revient souvent, habitée de silence, de murmures, de réflexion. Elle n’est jamais vide, elle est au contraire pleine de quelque chose.


Simplicité et concision sont sans doute les mots qui définissent le mieux cette écriture. Une écriture fragmentée, poétique, où chaque texte semble dire beaucoup avec très peu.


J’ai particulièrement apprécié Te rejoindre, pour tout ce qu’il aborde et tout ce que j’y ai ressenti. C’est certainement la partie qui m’a le plus touchée.


Charles Juliet nous parle aussi des mots. Il s’interroge sur eux, sur leur nécessité, sur leur pouvoir. Il puise en lui grâce à eux, comme si écrire lui permettait d’avancer un peu plus dans sa quête.


Il évoque également ses deux mères, dont l’une est longtemps restée inconnue. Une figure essentielle, source de manque, d’absence et de recherche, qui traverse le recueil avec beaucoup de pudeur.


Enfin, le titre est emprunté à l’un des poèmes du recueil. Une belle manière de résumer cette œuvre où la nuit, loin d’être seulement obscure, devient un espace d’introspection, de silence et de richesse intérieure.

« Avant de me donner

des fondations

J’ai dû

me déraciner »


« La neige

a recouvert tes pas


Bientôt le temps

effacera les traces

de ton passage »


« C'est à son œil

qu'il a confié

sa passion

de la connaissance »


« Il écrivait pour consoler

cet enfant qui vit en lui »

« chaque soir

cette angoisse

quand le soleil

sombre »

« D'où viennent

ces mots qui vagissent

dans mon silence »

Couverture du livre L’opulence de la nuit de Charles Juliet
Charles Juliet

Le soleil brille toujours au-dessus des nuages

J’ai lu en deux jours Le soleil brille toujours au-dessus des nuages de Aurore Brevet. Ma grand-mère m’avait donné ce livre lorsque je lui ai rendu visite en avril dernier, avec plusieurs autres romans. Honnêtement, je ne sais pas si je l’aurais acheté moi-même : un roman feel good, une histoire d’amour… ce n’est pas forcément le genre vers lequel je vais spontanément.


Et puis je l’ai commencé, par curiosité. Quelques pages seulement… et finalement je me suis laissée entraîner. J’ai lu et lu, puis continué encore. J’avais envie de connaître l’histoire de Suzie, 35 ans, qui apprend une terrible nouvelle alors que son compagnon vient de la quitter. Elle n’a plus vraiment de famille, hormis sa meilleure amie Nour. À l’hôpital, elle rencontre Joséphine ainsi qu’Ivan, son père célibataire, qui attendent sa sœur jumelle Agathe.


La lecture est fluide, presque addictive par moments. On s’attache facilement aux personnages et on attend avec impatience La révélation ainsi que la réaction d’Ivan. C’est le genre de roman qui se lit vite parce qu’il donne envie de tourner les pages sans s’en rendre compte.


J’ai aussi oublié de parler d’un aspect que j’ai beaucoup aimé dans ce roman : toutes les références culturelles qui jalonnent l’histoire. Les musiques, les émissions de télévision, les lieux évoqués… tout cela rend le récit très vivant et surtout très proche de nous. On reconnaît des choses, des ambiances, parfois même des souvenirs personnels. Ça crée quelque chose de familier et de chaleureux.

C’est aussi ce qui rend les personnages plus accessibles : ils évoluent dans un univers qui ressemble au nôtre, avec des références populaires qui parlent forcément à beaucoup de lecteurs. Cela participe au côté très fluide et immersif du roman.


Parfois pourtant, je me suis dit que c’était presque trop beau pour être vrai. Les personnages m’ont semblé parfois trop « parfaits », trop lisses, avec peu de défauts ou de zones d’ombre. Personnellement, j’aime les personnages plus réalistes, avec leurs contradictions, leurs failles, leurs maladresses. J’aime quand les histoires osent davantage le drame, la noirceur, les émotions brutes.

Et finalement… la fin m’a donné ce que j’attendais.

« Souvenez-vous : les étoiles et le soleil brillent toujours au-dessus des nuages. »


« La blessure cicatrisait, mais le manque de confiance demeurait, en elle et dans les autres. La solitude restait le moyen le plus sûr d'éviter les souffrances. »


« Sa vie était ce qu'elle était. »


«  _ C'est une histoire très touchante en effet. Tu es sensible à ce genre de choses ? Je veux dire, les signes de la vie, le destin?

-   Un peu, malgré moi. Je me dis que rien n'arrive sans raison. Je ne suis pas du genre à penser que notre chemin est tracé, que tout est prédestiné, mais j'ai pris conscience que, lorsque la vie nous envoie un signe, il faut savoir le reconnaître et y répondre, qu'il y a toujours quelque chose à apprendre. Et toi ? »

« Comme le disait le poète britannique Lord Byron : « Le grand art de la vie est la sensation de sentir que nous exis-tons, même dans la douleur. » A l'instant présent, ici et maintenant, elle se sentait plus que jamais exister. »


« Les flocons dansaient autour d'eux, comme pour sceller ce moment hors du temps. En serrant la main d'Ivan, elle pensa simplement : « Ça, au moins, je l'aurai vécu ! »

Il y a des jours que rien n'efface.

Ils marquent la peau et l'âme, laissent leur empreinte indélébile. »


« Le temps serait maintenant à l'urgence de dire, l'urgence de vivre. »

Couverture du livre Le soleil brille toujours au-dessus des nuages de Aurore Brevet
Aurore Brevet

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Shishi_974

L’éclat de bonheur

Le soleil, roi brûlant du ciel de juillet,

Inonde de lumière les champs de blé.

L'air vibre, lourd, d'un silence étouffé,

Où la poussière danse, sans murmure, enivrée.


La terre boit, craquelée et dorée,

Sous le poids des rayons qui percent les volets.

Le vent, un souffle chaud, comme une caressée,

Murmure aux feuilles mortes des secrets d'été.


On fuit la chaleur sous l'ombre et la fraîcheur,

Dans ce calme doré, source de bonheur.

La nuit vient, apportant sa douce tiédeur,

Cette chaleur intense, pleine d'ardeur,

2
Étoile*d’hiver

Chaleur d’été

La chaleur d’été reste longtemps bercer nos migraines.

Elle donne envie de pluie alors qu’en hiver on l’a tant espérée.

La chaleur d’été assèche alors qu’elle est humide.

On la repousse avec des éventails aux jolis motifs.

C’est parce que la chaleur nous frappe que nous ripostons avec de la pastèque et des pêches.

Elle incite à aller à la plage et à se noyer d’eau.

La chaleur d’été nous épuise rien qu’à son odeur.

Le matin, elle nous réveille brusquement et nous guide vers un sommeil lourd de braises.

Elle enflamme nos étés pour nous faire suffoquer dans l’air chaud.

3
Soleil d’encre

Soleil au zénith

Midi.
Le ciel ne respire plus.
Les pierres gardent le feu,
les arbres se taisent,
et le chant obstiné des cigales
remplit tout l’espace.

4
Nina C.

Le souffle de juillet

Le soleil embrase les chemins,

Les blés s’inclinent sous ses mains.

L’air danse au-dessus des moissons,

L’été murmure ses chansons.

Le ciel ne connaît plus les nuages,
Le vent s’endort au fond des prés.
Même les ombres cherchent un rivage,
Pour oublier la chaleur de l’été.

Les cigales cousent le silence,
La lumière tremble dans les champs.
Le monde retient sa cadence,
Sous le soleil brûlant du temps.

5
Antoine

Août

La route ondule au loin,
comme un ruban de lumière.

Une goutte glisse
le long d’un front fatigué.

Puis le soir arrive enfin,
avec son souffle plus frais,
et le soleil, avant de disparaître,
embrase une dernière fois l’horizon.

MERCI AUX 27 PARTICIPANTS, MêME SI VOUS N’êTES PAS DANS LE CLASSEMENT, J’AI ADORé LIRE VOS EXCELLENTS TRAVAUX SUR LE THEME :  LA CHALEUR DE L’ETE

Lisa qui tient un ouvrage entre ses main
Lisa qui tient un ouvrage entre ses main
Lisa qui tient un ouvrage entre ses main

LISA, C'EST MOI !

Lisa est triste et secrète

Elle pleure seule dans le noir

Personne ne peut la voir

La pluie coule, ses yeux sont des fenêtres

Comme dans la chanson de Cat Stevens

Lisa est double, Lisa est trouble

Elle s’enfuie de ses rêves

Elle est forte mais frêle

Elle cache le bonheur dans un cri, s’oublie et se retrouve

Comme dans la chanson de Jeanne Mas

Lisa aime et n’aime pas

Dans ses yeux, tu y lisais ta vie autrefois

Tu existes un peu moins, semaine après mois

Sans ces yeux là , tu ne te vois pas

Comme dans la chanson de Goldman

Lisa rêve de partir, de vivre ailleurs

Tu peux imaginer le son de sa voix

Mais un jour c’est certain elle s’envolera

Elle regarde les oiseaux, s’accroche à leurs ailes

Comme dans la chanson de Francis Cabrel

Lisa veut la paix, faire ce qu’il lui plaît

Elle promet que tout ira bien demain

Il lui disait : « ne me promet pas, ne me promet rien »

Elle a un secret, elle croit que l’amour ne meurt jamais

Comme dans la chanson de Daniel Lavoie

Lisa s’égare, se fait du mal

Vole trop près du soleil, comme Icare

Lisa se fait du mal, elle ne s’aime pas

On l’observe mais on ne la voit pas

Comme dans la chanson de Dinaa

Lisa est triste, secrète, double et trouble.

Lisa aime et n’aime pas, rêve de partir de vivre ailleurs

Lisa veut la paix, faire ce qui lui plaît mais s’égare et se fait du mal

Lisa c’est moi, je suis toutes ces Lisa.