Lisa Dumaine
AUTRICE DE L’OMBRE ET DE LA LUMIÈRE,
DES MOTS POUR DIRE CE QUE
LE COEUR NE PEUT TAIRE

ENTRE POESIE, EMOTION ET INTROSPECTION, J’ECRIS POUR EXPLORER CE QUE LES SILENCES NE DISENT PAS. CE SITE EST MON ESPACE D’EXPRESSION : SIMPLE, SINCERE, VIVANT
GALERIE












REVUES
Les Carnets du sous-sol
Il y a des livres que l’on lit.
Et d’autres que l’on traverse.
J’ai commencé Les Carnets du sous-sol de Fiodor Dostoïevski dans le train, en route pour Paris. Je l’ai refermé au retour. Entre les deux : une descente intérieure.
Dès les premières pages, le narrateur fascine. Il est d’une intelligence acérée, d’une lucidité presque chirurgicale. Il démonte les illusions, se moque des utopies rationalistes, refuse les systèmes qui prétendent réduire l’homme à une équation. À l’optimisme naïf, il oppose une conscience douloureuse. À “deux et deux font quatre”, il préfère “deux et deux font cinq”, non par absurdité, mais par révolte. Il revendique le droit à l’irrationnel, à l’imprévisible, à l’orgueil.
Au début, je l’ai admiré. Puis quelque chose se fissure.
L’homme brillant se révèle mesquin. L’analyste implacable devient lâche. Son intelligence ne l’élève pas : elle l’enferme. Chaque geste raté, chaque parole blessante, chaque humiliation infligée aux autres trahit une fragilité immense.
Le narrateur n’est pas seulement un homme aigri : il est la première grande figure moderne de la conscience hypertrophiée. Il pense trop. Il analyse trop. Il démonte tout — y compris lui-même.
Dostoïevski accomplit alors un tour de force : il nous fait aimer un personnage que nous devrions condamner. Il nous contraint à reconnaître en lui une part de nous-mêmes.
La lucidité extrême ne sauve pas. Elle isole.
Et puis vient Lisa.
Face à cet homme retranché dans son sous-sol, elle apparaît comme une lumière fragile. Jeune, vulnérable, mais capable d’une sincérité désarmante. Elle écoute. Elle croit. Elle ose tendre la main alors qu’elle-même en aurait besoin.
Lorsqu’il lui parle d’amour, de dignité, d’une autre vie possible, elle l’entend. Elle ne voit pas le manipulateur, mais l’homme blessé. Et quand elle vient à lui, accomplissant un geste de confiance immense, il la repousse, l’humilie, tente de reprendre le pouvoir par la cruauté.
C’est peut-être la scène la plus violente du roman — non par le corps, mais par l’âme.
Lisa ne répond pas par la haine. Elle répond par la compassion.
En elle, Dostoïevski place une vérité simple et vertigineuse : la dignité n’est pas du côté de l’intelligence, mais du côté du cœur.
Ce roman m’a bouleversée parce qu’il explore cette dualité que nous portons tous. Nous pouvons être l’homme du sous-sol : orgueilleux, paralysé par l’analyse, incapable d’aimer sans dominer, ayant peur d’être démasqué et rejeté. Nous pouvons aussi être Lisa : vulnérable, sincère, prête à risquer la lumière.
Chacun d’entre nous peut être à la fois porteur d’ombre et de lumière.
Il n’y a pas d’innocents dans ce livre. Il n’y a que des consciences.
Les Carnets du sous-sol ne proposent ni solution ni consolation. Ils posent une question dérangeante : vaut-il mieux un bonheur tiède et raisonnable, ou une souffrance lucide et brûlante ?
Dostoïevski ne tranche pas.
Il nous laisse seuls face à ce miroir.
Et l’écho demeure longtemps après avoir refermé le livre — plus attentif à nos contradictions, plus conscient de nos ombres, peut-être aussi plus indulgent envers celles des autres.
« Il est idiot, nous n'en discuterons pas, mais qui vous dit qu'un homme normal ne devrait pas être un idiot - qu'en savez-vous ? Peut-être est-ce même très bien. »
« Maintenant, j'ai cessé d'être ce héros que je voulais être devant vous, je ne suis plus qu'un homme ridi-cule, un mauvais drôle. Tant mieux ! Je suis heureux que vous m'ayez percé à jour. »
« Je m'inventais moi-même des aventures, une vie - pour vivre, ne fût-ce qu'un petit peu. »
« J'en ai parlé plus haut. Je le répète, je répète et j'insiste : les hommes spontanés, les hommes d'action sont justement des hommes d'action parce qu'ils sont bêtes et limités. »
« Ah, messieurs, mais il est bien possible que la seule raison pour laquelle je me prenne pour un homme intelligent, c'est que, de toute ma vie, je n'ai jamais rien pu ni commencer ni achever. »
« Supposons, messieurs, que l'homme ne soit pas stupide. (C'est vrai, voilà une chose qu'on ne peut absolument pas dire de lui, ne serait-ce que pour cet argument: si l'homme est stupide, qui donc peut être intelligent ?) Mais, s'il n'est pas stupide, il reste monstrueusement ingrat ! Ingrat phénoménalement... Je pense même que la meilleure définition de l'homme est la suivante : créature bipède et ingrate. »
« Je vous accorde que deux et deux est une chose excellente ; mais tant qu'à tout louer, c'est deux et deux font cinq qui peut être un engin combien plus adorable. »
« Vous riez, vous dites qu'un poulailler vaut bien le château de Versailles, en cas de pluie. Je vous réponds : Oui, si le seul but de la vie est de rester au sec. »
« Encore que, vous savez : je suis convaincu qu'il faut lui mettre le mors aux dents, à notre gars du sous-sol. Il est capable de se taire dans son sous-sol pendant quarante années, bien sûr, mais qu'il arrive à resurgir dans la lumière - il parle, il parle, il parle... »
« Peut-être est-ce vrai que vous avez souffert, mais vous n'éprouvez pas le moindre respect pour votre souffrance. »
« Un homme honnête et cultivé ne peut être vaniteux sans être d'une exigence illimitée envers lui-même, et sans se mépriser parfois jusqu'à la haine. »
« Nous, les Russes, en général, nous n'avons jamais eu de ces crétins de romantiques éthérés allemands et surtout français, ces gens sur qui rien n'a d'effet - la terre peut s'écrouler sous eux, la France entière peut mourir sur les barricades, ils resteront toujours les mêmes, ils ne changeront pas, ne serait-ce que par décence, ils chanteront toujours leurs chansons éthérées, jusqu'à, pour ainsi dire, leur dernier souffle, parce qu'ils sont des crétins. »
« Un rôle secondaire, c'était hors de mon entendement, voilà pourquoi, dans la réalité, j'occupais tranquillement le dernier. Soit un héros, soit une ordure, pas de milieu. »
« - C'est mal de ne rien penser. Ouvre les yeux, tant qu'il est temps. Justement, il en est encore temps. Tu es encore jeune, tu es belle ; tu peux aimer quelqu'un, te marier, être heureuse...
- Elles sont pas toutes heureuses, celles qui se marient, répliqua-t-elle en reprenant son ton brutal et saccadé. »
« Et puis, avec l'amour, on peut même vivre sans le bonheur. Même dans le malheur on vit bien, c'est bien de vivre sur terre, ce n'est pas grave, la vie qu'on a. »
« Comme ça; je ne sais pas, Lisa. Vois-tu ; je connaissais un père, un homme austère, dur - devant sa fille, il restait à genoux, il lui baisait les mains, les pieds, il ne se lassait pas de la regarder, vraiment. Elle danse à une soirée, et lui, il reste, cinq heures à la même place, il ne la quitte pas des yeux. İl était réellement fou d'elle ; je comprends ça. Au soir, elle se fatigue, elle s'endort et lui, il se réveille, il vient l'embrasser, la bénir, tout endormie qu'elle est. Lui-même, il porte un vieux pourpoint mité, un avare pour tout le monde, et pour elle, avec ses derniers sous, il dépense, il lui fait les cadeaux les plus chers, et c'est une joie pour lui, quand le cadeau plaît. Les pères aiment toujours plus leurs filles que les mères. Il y a des jeunes filles qui sont si bien chez elles ! Moi, ma fille, je crois même que je refuserais de la marier. »
« Et puis, regarde, Lisa : les gens ne comptent que leur malheur; leur bonheur, ils ne le comptent jamais. »
« Non, Lisa, sans doute, il faut d'abord apprendre à vivre soi-même avant de faire la leçon aux autres ! »
« Enfin, Lisa, comment peux-tu me dire "comme dans un livre", si moi aussi, ça me fait mal, quand je suis seul ? Et pas seulement quand je suis seul. Tout ce que j'avais dans le cœur s'est réveillé, maintenant... Et toi, vraiment, toi, ça ne te fait pas mal, d'être là ? Non - ça veut dire quelque chose, l'habitude, sans doute. »
« Regardez ce que je suis, n'est-ce pas, ne regardez pas ce que je fais. »
« "La paix"- je voulais ça ; je voulais rester seul dans mon sous-sol. "La vie vivante" par manque d'habitude, elle m'avait écrasé tellement que j'avais du mal à respirer. »
« C'est vrai, pourtant ; je me pose une question complètement oiseuse - que vaut-il mieux : un bonheur bon marché ou une souffrance qui coûte cher ? Non, mais, que vaut-il mieux ? »

Je vais mieux
Il y a des douleurs qui ne font pas de bruit.
Elles ne saignent pas. Elles ne crient pas.
Elles s’installent simplement dans le dos… « en avoir plein le dos », « avoir bon dos », « se mettre quelqu’un à dos », « avoir le dos large »…
Comme si la langue elle-même savait déjà.
Je vais mieux raconte cela.
Un homme se réveille avec un mal de dos inexplicable. Les médecins ne trouvent rien. Les examens sont normaux. Pourtant la douleur est là, obstinée, presque insolente. Peu à peu, on comprend que le corps parle à la place du cœur et de la tête.
Ce roman m’a touchée parce qu’il dit une vérité que l’on tait souvent : ce ne sont pas toujours les grands drames qui nous marquent. Ce sont parfois des mots ordinaires. Une remise en question. Une mise à l’écart. Une sensation de ne plus être choisi.
Foenkinos écrit avec légèreté. On sourit souvent. L’ironie est tendre. Mais sous l’humour se cache une immense fragilité.
Ce que j’ai aimé, c’est la finesse psychologique.
Le déni progressif.
Le besoin de trouver une cause tangible à une douleur, coûte que coûte.
La quête presque désespérée de comprendre.
Comme si comprendre pouvait réparer.
Comme si analyser pouvait empêcher de souffrir.
Le corps devient alors un refuge paradoxal. Il donne une forme visible à l’invisible. Il autorise la souffrance quand l’orgueil refuse de la reconnaître.
Ce roman parle aussi d’ego blessé, de vulnérabilité masculine et de cette difficulté à admettre que l’on a été atteint. Il montre cette lente prise de conscience qui rend le récit infiniment humain.
J’ai été émue parce que ce livre montre que l’on peut continuer à vivre, à travailler, à parler… tout en étant intérieurement déplacé. Comme si quelque chose s’était légèrement désaxé.
Je vais mieux n’est pas un roman sur la maladie.
C’est un roman sur la blessure invisible.
Sur ces phrases qui restent.
Sur ces silences qui pèsent.
Et peut-être que “aller mieux” ne signifie pas ne plus souffrir.
Peut-être que cela signifie simplement accepter ce qui nous a touchés.
« Était-on conditionné de nos jours à prévoir toujours le pire ? »
« Elle annonça sobrement : «C’est l'homme de ma vie. » Cette expression m'a toujours impressionné. Je demeure fasciné par cette éloquence grandiose, cette stabilité énorme qui concerne la chose la plus imprévisible qui soit : l'amour. Comment peut-on être certain que le présent prendra la forme du toujours ? »
« Je ne sais pas comment c'es possible, mais souvent les femmes sentent qu'on les regarde. »
« Ça sert à ça, une salle d'attente : à évaluer son état par rapport à celui des autres. On s'épie, on s'ausculte du regard.»
« Elle disait souvent : « Je regrette tellement que la mémoire ne commence pas plus tôt. ». »
« J'avais envie de pleurer, mais heureusement je ne savais plus comment faire ; je n'avais pas pleuré depuis si longtemps ; mes yeux avaient perdu le mode d'emploi des larmes. »
« C'était sûrement ça le pire, devoir annoncer aux autres son drame, et pousser parfois cette situation jusqu'au comble de son ironie en devant les rassurer. »
« C'était comme si j'avais toujours su que j'allais finir au sous-sol du monde. Certains ont la certitude de leur réussite, ils débordent d'ambition en sachant que ça payera un jour ; les politiques sont comme ça. Moi, il me semblait que j'avais vécu ma vie avec le sentiment que dans mon corps croupissait le compte à rebours de l'échec. J'avais vécu avec la certitude inconsciente du précipice. »
« Il faut avoir peur de perdre les choses pour les aimer passionnément. »
« Les enfants étaient nos romans, mais nous ne les écrivions plus. »
« J'aurais voulu lui dire qu'elle avait été l'amour de ma vie, et que j'aurais besoin d'elle jusqu'à mon dernier souffle. Mais je n'en ai rien fait ; je n'ai pas bougé ; elle dormait si paisiblement, à l'abri de mes tourments. »
« La mort paraît parfois la seule forme honnête de soulagement. »
« Le premier antidote à ce qui nous ronge est le plongeon dans le passé. »
« Comme si ma vie n'avait été qu'une machine à m'insensibiliser progressivement. Fallait-il que la mort se présente à moi pour comprendre qu'être en vie ne suffit pas à faire de nous un être vivant. »
« La mort nous propulsait dans un monde vide, ou aucune personne heureuse n'oserait s'aventurer. »
« Certains drames unissent les gens : ils se serrent dans les bras les uns des autres comme des promesses silencieuses d'un amour encore plus fort. Mais d'autres aboutissent à des moments dénués d'émotion : on était là à se regarder, et on partageait si peu de chose. Nous étions dans une forme de cohabitation du vide. »
« Comment survivre à cette mort qui était une amputation d'elle-même ? Elle allait errer seule dans leur vie commune comme dans un pays deux fois trop vaste. »
« C’est toujours ainsi : il suffit d’être confronté aux drames de la vie pour se sentir ridicule de s’être fait une montagne d’un rien. De notre rien. Face aux drames des autres, on prend souvent de belles résolutions. On se dit qu’on va maintenant tout relativiser. Mais ça ne dure jamais bien longtemps. »
« Quand on a mal, il suffit parfois d'ouvrir les yeux, et de regarder autour de soi. »
« La chute faisait partie de nous. On marche toujours au bord du précipice, et il suffit d'un rien pour tomber. »
« On n'écrit pas parce que la vie vous laisse du temps libre. Il faut organiser sa vie autour des mots, et non le contraire. »
« Pour ne pas avoir mal au dos, il ne faut pas garder les choses en soi. »
« On comprend souvent les véritables raisons de ses actes après coup. Ils sont guidés par ce fameux sixième sens. »
« On ne devrait jamais rêver de belles choses. »
« Je tenais peut-être ma réponse. Et si rien n'advenait par hasard ? »

Un cœur faible
Il existe des êtres que la violence du monde ne détruit pas. Ce sont la douceur, l’amour, la reconnaissance et la bienveillance qui les fissurent, qui les brisent…
Dans Un cœur faible, Dostoïevski raconte cette tragédie silencieuse : celle d’un homme trop sensible pour supporter le bonheur qu’on lui offre. Un bonheur simple, sincère, mais vécu comme une dette impossible à honorer.
Au cœur du récit, il y a l’amitié. Une amitié pure, profonde, sans éclat. Arkadi en est l’incarnation. Il aime Vassia d’un amour fraternel, loyal, sans conditions. Il voit, il pressent, il s’inquiète… mais ne peut pas sauver. Aimer quelqu’un sans pouvoir le retenir au bord de l’abîme : voilà ce que Dostoïevski donne à voir avec une justesse bouleversante. Comme je le retrouve en Arkadi…
Face à lui, Vassia.
Trop sensible. Trop fragile. Trop reconnaissant. Trop pur. Vassia n’est pas brisé par la cruauté du monde. Il est brisé par sa gentillesse. Par l’amour qu’on lui donne. Par l’amitié, la reconnaissance, la bienveillance. Tout arrive d’un coup, et son cœur ne sait pas contenir tant de lumière. Il pense qu’il ne mérite pas le bonheur. Ni l’amour. Ni l’amitié. Ni même la douceur alors il se fissure. Lentement. De l’intérieur.
Chez Dostoïevski, la folie n’explose pas : elle s’installe. Elle naît d’un trop-plein d’émotions, d’un excès de gratitude, d’une incapacité à se sentir légitime d’exister heureux. Vassia sombre parce qu’il aime trop et parce qu’il se juge indigne de ce qu’il reçoit.
C’est poignant. C’est d’une violence douce. C’est profondément humain.
Et puis il y a Liza et cette fin. Une fin sans consolation. Liza reste là, témoin à son tour, figée dans ce qui ne pourra plus être réparé. Dostoïevski ne ferme pas la blessure : il la laisse ouverte, comme un silence après la chute.
Un cœur faible est un texte sur ceux qui ressentent trop. Sur ceux qui portent trop. Sur ceux pour qui le bonheur devient une épreuve. Un récit bouleversant qui rappelle que certaines âmes, trop pures, trop sensibles, ne survivent pas toujours à la douceur de la vie.
« Ressens les choses, Vassia, ressens les choses toujours comme tu les ressens en ce moment... »
« Le dernier baiser n'y perdit rien du tout ; il fut plus rapide, plus court, mais, en revanche, plus brûlant et plus fort. »
« Immédiatement, avec ivresse, ils commencèrent à se livrer leurs impressions, sitôt qu'ils se furent retrouvés dehors. Il fallait s'y attendre : Arkadi Ivanovitch était amoureux, mortellement amoureux de Lizanka ! Et à qui pouvait-il confier cela sinon à ce veinard de Vassia ? C'est ce qu'il fit : il n'éprouva pas la moindre honte et avoua tout, séance tenante, à Vassia. Vassia riait affreusement et fut terriblement content, il fit même remarquer qu'il avait bien raison et, qu'à présent, ils allaient être encore plus amis. »
« Parce que tu es heureux, tu veux que tout le monde, d'un coup, absolument tout le monde devienne heureux. Ça te fait mal, ça te ronge d'être le seul à être heureux ! C'est pour ça qu'en ce moment, tu veux, toi-même, à toute force, être digne de ce bonheur, et je parie, te purifier la conscience, faire, je ne sais pas, une espèce d'acte de foi ! Non, mais je comprends que tu es prêt à te torturer parce que, là où il fallait que tu montres ton zèle, ton savoir-faire.... »
« Quoi qu'il puisse t'arriver, n'importe quoi, je suis avec toi, n'oublie jamais ! »
« Ecoute... ça fait longtemps que je voulais te demander : alors, comme ça, tu me connais tellement bien ?
Des larmes coulaient des yeux de Vassia sur les mains d'Arkadi.
- Si tu savais, Vassia, à quel point je t'aime, tu ne m'aurais pas posé cette question - non!
- Non, non, Arkadi, je ne sais pas, parce que... parce que je ne sais pas d'où ça vient que tu m'aimes si fort ! Non, Arkadi, tu le sais, ça, que, même, ton amour, il m'a tué ? »
« Le problème était que Vassia n'avait pas rempli son devoir. que Vassia se sentait coupable devant lui. même, se sentait ingrat devant le destin, que Vassia était anéanti, bouleversé par le bonheur et s'en sentait indigne, que, finalement, il s'était juste trouvé un prétexte pour divaguer dans ce sens-là, et que, depuis la veille, il ne s'était toujours pas remis de sa surprise. "Voilà ce que c'est ! se dit Arkadi Iva-novitch. Il faut le sauver. Il faut le réconcilier avec lui-même. Il se creuse sa propre tombe." »
« Mais pourquoi, pourquoi moi ? chuchotait Vassia. Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »
« Parfois, il faisait rouler ses yeux douloureusement, comme s'il espérait que quelqu'un lui rappelle ce qu'il avait oublié. »
« Des larmes brûlantes jaillirent des yeux d'Arkadi.
"Ah, la pauvre Liza !" »

Vers la beauté
J’ai acheté ce livre un peu au hasard. Après La Délicatesse, j’avais envie d’aller plus loin dans l’univers de David Foenkinos.
Vers la beauté parle d’art. Mais pas seulement. C’est un roman sur le chagrin, la culpabilité, la dépression, le drame… et sur le silence, surtout le silence. Il révèle comment l’art peut, parfois, réparer ce qui semble irrémédiablement brisé.
Le personnage principal, Antoine Duris — qui n’a rien à voir avec l’acteur du même nom — est à la fois mystérieux et profondément touchant. Professeur d’histoire de l’art émérite, il décide un jour, sans prévenir, de quitter tout pour devenir simple gardien de salle au musée d’Orsay. Mathilde Mattel, la DRH, s’interroge sur ce comportement étrange et surprenant… et puis il y a Charlotte, douce Charlotte. Une véritable artiste, lumineuse et fragile.
J’ai lu ce livre sans pouvoir m’arrêter. J’ai senti les larmes monter… sans prévenir.
Un roman magnifique et bouleversant, qui parle avec justesse de l’art, de la beauté, de la mort et de la vie. Car tout est lié…
« La beauté demeure le meilleur recours contre l'incertitude. »
« Les humains dans la souffrance forment deux camps. Ceux qui résistent par le corps, et ceux qui résistent par l'esprit. C'est l'un ou l'autre, rarement les deux. »
« Il avait lu un article sur des Japonais qui quittaient leur vie ainsi, du jour au lendemain. On les appelait des évaporés. Ce mot magnifique cachait presque la tragédie de la situation. Il s'agissait souvent d'hommes ayant perdu leur travail, et ne pouvant pas assumer leur déchéance sociale dans une société basée sur l'apparence. Plutôt fuir et devenir clochard que d'affronter le regard d'une femme, d'une famille, de voisins. »
« La curiosité délimite le monde des vivants et celui des ombres. »
« Le merveilleux demeurait la meilleure arme contre la fragilité. »
« Les ruptures existent longtemps avant le matin où l'on se dit: c'est fini. »
« On aime ce qui est aimé par ceux qu'on aime. »
« L'absurde est toujours voisin du désir. »
« C'est peut-être la définition d'une véritable affinité : ne pas se sentir obligé d'encombrer le vide. »
« Parfois l'apparition de ce que l'on a longtemps espéré transforme le silence en vacarme »
« Elle avait eu besoin de se perdre, de regarder la mort en face, peut-être, pour pouvoir vivre à nouveau. »
« Elle comprenait la puissance cicatrisante de la beauté. Face à un tableau, nous ne sommes pas jugés, l'échange est pur, l'œuvre semble comprendre notre douleur et nous console par le silence, elle demeure dans une éternité fixe et rassurante, son seul but est de vous combler par les ondes du beau. »
« Nous sommes un sujet, et subitement on ne veut plus de vous. Le hors-sujet, c'est la mort. »
« On survole si vite les drames. »
« La vérité était tout autre. Son corps brûlait à l'intérieur. Seule la beauté pouvait le sauver. »
« Tout paraissait si compliqué, choisir sa place entre les erreurs et l'horreur, choisir de mourir ou de survivre, les errances se croisaient. »

Les Nuits blanches
J’ai commencé par lire Le Rêve d’un homme ridicule, puis La Douce. En lisant ensuite Les Nuits blanches, j’ai été frappée par les profondes similitudes entre les personnages principaux de ces trois récits.
Il y a toujours un homme : Un homme rêveur, un homme qui aime et qui désespère mais surtout un homme solitaire.
La solitude est au cœur de ce récit. Ici, le personnage principal est un rêveur, un mélancolique, un homme triste, presque en retrait du monde, mais profondément bon et noble. Un homme qui semble incapable de vivre autrement que dans ses pensées, ses idées. Il aime d’un amour absolu, silencieux, total. Il est prêt à tout pour aider une jeune femme qui occupe toutes ses pensées et tout son cœur.
Mais cette femme en aime un autre.
Et c’est là tout le drame.
Chez Dostoïevski, l’amour n’est jamais simple ni léger. Il est sacrifice, attente, renoncement.
Dans Les Nuits blanches, l’homme accepte d’être un refuge temporaire, une présence rassurante, un soutien, tout en sachant qu’il sera abandonné. Mais il aime et espère…Il aide celle qu’il aime à retrouver l’autre, préférant sa joie à elle à son propre bonheur.
C’est une douleur silencieuse, presque digne, qui rend le récit bouleversant.
On retrouve dans ces trois textes une même figure masculine : un homme trop intérieur pour le monde réel, trop pur peut-être, condamné à aimer plus qu’il n’est aimé. Un homme qui rêve sa vie plus qu’il ne la vit, et qui trouve dans la nuit, la solitude et l’amour impossible.
J’ai trouvé cette œuvre tout simplement sublime.
Dostoïevski a ce talent rare de dire l’indicible, de mettre des mots sur la solitude, l’attente, l’amour à sens unique.
Tout est retenu, fragile, profondément humain.
Un texte d’une grande douceur, d’une grande tristesse aussi, qui parle à ceux qui aiment trop, en silence.
À la fin de l’ouvrage, une lecture de Michel Del Castillo vient éclairer l’univers de Dostoïevski. J’ai trouvé ce texte vraiment très intéressant. Il permet de mieux comprendre la vie de l’auteur, ses tourments, son rapport à la nuit, au rêve, à la marginalité, et donne une profondeur supplémentaire à Les Nuits blanches : un texte d’une grande douceur, d’une grande tristesse aussi, qui parle à ceux qui aiment trop, en silence.
« Le ciel était si étoilé, le ciel était si clair que lorsque vous leviez les yeux vers lui, vous ne pouviez, sans même le vouloir, que vous demander : Est-il possible que, sous un ciel pareil, vivent toutes sortes de gens méchants et capricieux ? »
« Ce n'est donc que ce matin que j'ai fini par comprendre ce qui se passait. Mais oui!
Ils m'abandonnent tous, ils filent au vert. Pardonnez-moi cette expression triviale, j'ai d'autres soucis que le beau style... »
« Et néanmoins ma nuit fut plus belle que le jour ! »
« Je marchais et chantais, car, quand je suis heureux, je marmonne toujours je ne sais quoi en moi-même, comme tout homme heureux qui n'a ni amis ni relations et qui, en cet instant de joie, ne peut la partager avec personne. »
« Mais, attention, il y a une condition pour que vous reveniez : d'abord (seulement, je vous en prie, faites ce que je vous demande - vous voyez, je suis franche), ne tombez pas amoureux de moi... C'est impossible, je vous assure. Pour l'amitié, je suis toute prête, voici ma main... Mais tomber amoureux - inter-dit, c'est un ordre ! »
« Le rêveur - s'il vous en faut une définition exacte - n'est pas un être humain, il est plutôt un être du genre neutre. »
« Ecoutez : vous êtes un conteur magnifique, mais ne serait-il pas possible de raconter d'une façon moins magnifique? C'est que vous parlez comme dans un livre. »
« Pourquoi donc - dites-le-moi, Nastenka -, pourquoi donc en de pareilles minutes, le cœur se serre. t-il ? pourquoi, par une espèce de magie, par la lubie d'une force qui nous reste inconnue, les larmes jaillissent-elles des yeux de ce rêveur, ses joues pâles et mouillées se mettent-elles à brüler et toute son existence se remplit-elle d'une joie si incontrôlable ? Pourquoi de longues nuits d'insomnie s'effacent-elles comme un seul instant, dans une joie, dans un bonheur infinis, cependant qu'au moment où le rayon rose de l'aurore vient frapper sa fenêtre et où l'aube éclaire sa chambre renfrognée d'une lumière douteuse et fantastique, comme chez nous, à Petersbourg, notre rêveur, fatigué, épuisé, se jette sur son lit et s'endort dans les derniers frémissements d'exaltation de son esprit maladivement bouleversé, enfin, pourquoi le fait-il avec une douleur si languissante, si douce au fond de l'âme ? Oui, Nastenka, n'importe qui s'abuserait et commencerait à croire que c'est une passion véritable, réelle, qui vous trouble le cœur, croirait, même sans le vouloir, qu'il y a quelque chose de vivant, de tangible, dans ces rêves sans chair ! »
« Savez-vous que vous m'avez, et pour longtemps, réconcilié avec moi-même? Savez-vous que, dorénavant, je ne penserai plas autant de mal de moi, comme cela m'arrivait de le faire ? Savez-vous que, peut-tre, je cesserai de souffrir d'avoir counis un crime, un péché dans ma vie, parce qu'une vie comme la mienne est un crime, un péché ? »
« Parce que je commence à croire dans ces minutes que je ne serai jamais capable de commencer à vite une vraie vie ; parce qu'il me semble déjà que j'ai perdu sout sens du tact, toute sensation du réel, du présent ; parce que, pour finir, après le fantastique de mes nuits, je suis assailli par des minutes de réveil, des minutes effrayantes ! »
« Et cependant, l'âme exige, elle veut quelque chose d'autre ! C'est en vain que le rêveur fouille, comme la cendre, ses rêves anciens, cherchant dans cette cendre ne fût-ce qu'une braise, pour lui souffler dessus et, par un feu renouvelé, réchauffer un cœur qui s'éteint, ressusciter en lui ce qui lui fut si cher, ce qui l'émouvait tant, ce qui faisait bouillir son sang, lui arrachait des larmes et l'abusait si somptueusement ! »
« Que de souvenirs partout ! Je me souviens, par exemple, qu'il y a juste un an, ici. Exactement à cette époque, j'errais, à la même heure, sur ce même trottoir, aussi seul, aussi morne qu'aujourd’hui ! Et je me souviens aussi que mes rêves me semblaient aussi tristes et, même si, avant, je ne me sentais pas mieux, je crois pourtant, je ne sais pourquoi, que la vie me paraissait plus facile, plus apaisée, j'ignorais cette noire pensée qui s'attache à moi en ce moment ; j’ignorais ces remords, ces remords sombres, lugubres, qui ne laissent pas de repos, ni le jour ni la nuit. »
« Et vous vous demandez encore : Qu'as-tu donc fait de tes années ? Où as-tu enterré la meilleure part de toi ? As-tu vécu ou non ? Attention, vous dites-vous, attention, tout sur terre s'éteint. Les années passeront, elles seront suivies par une solitude lugubre, et la vieillesse branlante avec sa canne, la souffrance et l'ennui. Ton monde fantastique pâlira, tes rêves mourront, se faneront, ils tomberont comme les feuilles jaunes de l'automne... »
« C’est vrai qu’il nous arrive de remercier des gens simplement parce qu’ils vivent avec nous. Moi, je vous remercie parce que nous nous sommes rencontrés, parce que je me souviendrai de vous toute ma vie ! »
« Ainsi, quand nous sommes malheureux, nous sentons mieux le malheur de nos semblables; le sentiment ne se disperse pas, il se concentre... »
« Oh que les gens heureux peuvent être insupportables ! »
« Mon Dieu ! Une pleine minute de béatitude ! N'est-ce pas assez pour toute une vie d'homme ?... »

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ENTRE MES LIGNES
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Au-delà du Givre
Au cœur de l’hiver, le silence s’étire,
Sous un ciel de givre où les étoiles soupirent.
Les arbres dénudés, gardiens de la nuit,
Veillent sur la neige, éclat d’infini.
Le vent murmure des contes oubliés,
De flocons légers, danseurs effacés.
Chaque souffle glacé, chaque souffle blanc,
Raconte l’histoire d’un temps apaisant.
Le cœur de l’hiver bat lentement,
Dans l’ombre douce d’un firmament.
Il porte en lui la promesse cachée,
D’ un printemps doux, bientôt réveillé.
Dans ce froid profond, une âme s’égare,
Cherchant la lumière au-delà du brouillard.
Elle marche seule, sous la nuit glacée,
Portant ses blessures, ses rêves brisés.
Les rivière figées sous un voile de cristal,
Gardent en leur sein un secret hivernal.
Leurs eaux endormies, sous la glace scellée,
Chante en silence la vie retrouvée.
Les pas dans la neige dessinent des chemins,
Traces éphémères d’un monde incertain.
Mais sous cette épais manteau blanc, la terre respire,
Préparant en secret son doux avenir.
Au cœur de l’hiver, la nuit est reine,
Mais l’aube s’avance, et lointaine.
Et dans ce froid profond, un feu se déploie,
Celui de l’espoir, celui de la joie.
Car même dans l’ombre, la vie persiste,
Un souffle fragile, un éclat d’artiste.
L’hiver n’est qu’un passage, un temps suspendu,
Où renaît le cœur, à l’ âme rendu.
Silence Blanc
Le cœur de l’hiver bat doucement sous la neige. Chaque flocon qui tombe est une note de musique fragile, un souffle froid qui vient caresser la peau. Les arbres s’inclinent sous le poids du givre, et tout semble suspendu, comme si le monde retenait son souffle. Dans ce silence glacé, on entend pourtant la vie : le crépitement lointain d’un feu, le pas régulier d’un chien sur la route gelée, un souffle qui s’échappe d’une bouche rouge de froid. L’hiver n’est pas seulement un temps de froid, il est un temps de mémoire, de repos, de poésie invisible, que seuls ceux qui savent regarder peuvent entendre.
Cristal et flamme
Au cœur de l’hiver, la nuit s’étire,
Et le vent murmure des chants d’ivoire.
La neige recouvre chaque empire,
De silence, de froid, et d’espoir.
Sous les branches nues, l’ombre s’incline,
Le givre sculpte des rêves fragiles.
Et dans le froid, une lumière s’invite,
Petite flamme, au cœur des villes.
L’hiver n’est pas juste le temps du blanc,
Mais le souffle tendre des instants vacillants.
Le dernier café
Lucie poussait la porte du café, tremblante. Le vent glacial la giflait à chaque pas, et elle sentait ses doigts engourdis se replier sur la poignée. À l’intérieur, la chaleur enveloppante et l’odeur du café lui firent un bien fou. Elle s’installa à sa table habituelle, près de la fenêtre givrée, et regarda les flocons danser. Dans le cœur de l’hiver, pensait-elle, tout semble plus clair : les joies simples, les silences partagés, les regards qui durent un peu plus longtemps. Elle prit une gorgée de café brûlant et se dit que, parfois, l’hiver pouvait réchauffer l’âme plus que n’importe quel soleil.
Les sentinelles du givre
Dans le royaume figé du cœur de l’hiver, des statues de glace veillent sur la forêt endormie. Elles n’ont ni voix ni souffle, mais chaque arbre, chaque ruisseau, chaque pierre connaît leur présence. Les animaux se déplacent en silence, comme respectant un pacte invisible. Et au milieu de cette solitude gelée, un garçon marche, les yeux écarquillés, les paumes rouges de froid. Il sait que si l’on tend l’oreille, le vent raconte des histoires oubliées, que la neige murmure des secrets d’anciens royaumes. L’hiver n’est pas mort ; il est gardien, il est mémoire, il est magie.
MERCI AUX 32 PARTICIPANTS, MêME SI VOUS N’êTES PAS DANS LE CLASSEMENT, J’AI ADORé LIRE VOS EXCELLENTS TRAVAUX SUR LE THEME : le coeur de l’hiver



LISA, C'EST MOI !
Lisa est triste et secrète
Elle pleure seule dans le noir
Personne ne peut la voir
La pluie coule, ses yeux sont des fenêtres
Comme dans la chanson de Cat Stevens
Lisa est double, Lisa est trouble
Elle s’enfuie de ses rêves
Elle est forte mais frêle
Elle cache le bonheur dans un cri, s’oublie et se retrouve
Comme dans la chanson de Jeanne Mas
Lisa aime et n’aime pas
Dans ses yeux, tu y lisais ta vie autrefois
Tu existes un peu moins, semaine après mois
Sans ces yeux là , tu ne te vois pas
Comme dans la chanson de Goldman
Lisa rêve de partir, de vivre ailleurs
Tu peux imaginer le son de sa voix
Mais un jour c’est certain elle s’envolera
Elle regarde les oiseaux, s’accroche à leurs ailes
Comme dans la chanson de Francis Cabrel
Lisa veut la paix, faire ce qu’il lui plaît
Elle promet que tout ira bien demain
Il lui disait : « ne me promet pas, ne me promet rien »
Elle a un secret, elle croit que l’amour ne meurt jamais
Comme dans la chanson de Daniel Lavoie
Lisa s’égare, se fait du mal
Vole trop près du soleil, comme Icare
Lisa se fait du mal, elle ne s’aime pas
On l’observe mais on ne la voit pas
Comme dans la chanson de Dinaa
Lisa est triste, secrète, double et trouble.
Lisa aime et n’aime pas, rêve de partir de vivre ailleurs
Lisa veut la paix, faire ce qui lui plaît mais s’égare et se fait du mal
Lisa c’est moi, je suis toutes ces Lisa.