La nature

La nature est un refuge et un miroir de nos émotions. Dans mes poèmes, je célèbre le souffle des saisons, la beauté des paysages et le calme qui apaise l’âme.

05/06/2026
Je peins

Je peins, je peins 

Du soir au matin 

Je peins, je peins

Avec mes pieds et avec mes mains

Tout a commencé un samedi matin 

J’étais content, tout allait bien 

J’ai tartiné de beurre mon pain

Et humé l’odeur d’un café colombien 

Je peins, je peins 

L’horizon lointain 

Je peins, je peins 

Car tel a toujours été mon destin 

J’ai décidé ensuite de prendre un bain 

En écoutant un célèbre morceau de Chopin

À travers la fenêtre les couleurs du jardin 

Me renvoyaient un agréable et délicat parfum 

Je peins, je peins 

Rien ne me retient 

Je peins, je peins 

Comme on marche sur un chemin 

Dans l’après-midi après avoir lu un bouquin 

J’ai sorti du placard mes anciens dessins 

Ceux que je n’ai jamais trouvé bien 

J’ai regardé ma femme et j’ai dit : cette fois je peins ! 

Je peins, je peins 

Les fleurs du jardin 

Je peins, je peins 

Tel est mon nouveau quotidien 

J’adore ça, mes toiles se vendent bien 

Désormais, je mange de succulents festins 

Et je peins je peins du soir au matin 

Avec mes pieds et même parfois mes mains 

 

14/05/2026
Le froid de Russie

Le froid humide de l’hiver 

Me blesse et je désespère 

Le froid me fait voyager en Russie

Je crois qu’une part de moi a connu ce pays 

Dans ma tête une mélodie 

Dans mon cœur de la poésie 

Mon corps alors vacille 

Et mon âme sombre dans la folie 

Le froid de décembre, 

Caresse mes mains qui tremblent 

Le froid de Russie, 

me ramène à Dostoïevski 

Et alors je crie et je maudis 

Les nuits blanches et la pluie 

Les rêves ridicules que je fuis,  

Ceux de la femme stupide que je suis 

Le froid de janvier 

Torture mon cœur brisé 

Le froid de Russie 

Me ramène à Tchaïkovski 

Je ferme les yeux et je danse 

Je pleure et me fais violence 

Suis-je une ballerine ou une figurine ? 

Une voix me souffle : devine. 

Le froid tendre de février 

Me rappelle les souvenirs passés 

Le froid de Russie 

Le ramène à Pouchkine et sa poésie 

Alors que ces quelques mots j’écris 

Je pense à ses poèmes d’amour et de mélancolie 

Ses textes sur la liberté, le destin et la nostalgie 

Sommes-nous tous sujet à de sombres envies ? 

Le froid sec de l’hiver 

Me rappelle ce que chaque année je perds 

Le froid de la Russie 

Me ramène à Kandinsky 

Attirée par son monde onirique 

Les couleurs deviennent une musique 

Ce voyage fantastique et féerique 

Me chuchote que tout est magique 

Le froid de mes nuits 

Me plonge dans l’ennui

Le froid de Russie 

Me ramène à Nabokov et à sa vie 

Je suis une image, une Lolita malgré moi 

Dois-je vivre sans foi ni loi ? 

Mon cœur vit en exil 

Et mon corps rêve d’une île… 

Le froid de mes jours 

Est doux comme le velours 

Le froid de Russie 

Me ramène à Gogol et à sa folie 

Je ne suis qu’une âme morte 

Qui, à chaque pas se déporte. 

De son manteau je suis sortie 

Je crois qu’il m’a donné la vie… 

Le froid de la Russie 

Réchauffe mon cœur maudit 

Le froid de ce triste hiver 

Me rappelle que ce pays est solaire 

спасибо à toi qui me vois 

En moi existe la тоска

Je ne le savais pourtant pas 

Mais le froid de l’hiver fait partie de moi… 

 

26/04/2026
Entre Etretat et Lupin

Entre Etretat et Lupin 

Je me sens bien 

Les falaises et la mer d’un côté 

La littérature comme langage secret 

Le ciel est bleu 

Je me sens mieux 

Ici, en Normandie 

Ici, là où je vis 

Je ne me mélange pas à la foule 

Même si je n’ai pas peur de la houle 

Je m’éloigne de la mer 

Je crois que j’ai besoin d’air 

Un peu plus loin, 

Le clos lupin 

La maison de Maurice Leblanc 

Dont Arsène Lupin était l’enfant 

15, rue Guy de Maupassant 

Je m’assois dans le parc, un long moment 

Je savoure l’instant 

Je profite du présent 

Puis, j’entre dans la demeure 

Du gentleman cambrioleur 

La visite est guidée 

Par son fidèle valet 

Je parcours chaque pièce

Avec une certaine allégresse 

Des jeux d’ombres et de lumières 

Des énigmes et des mystères 

Arsène nous dévoile ses exploits 

Lève le voile sur ses conquêtes 

Et, moi, ses paroles, je les bois 

Et ses réussites, je les fête

Ce personnage me séduit 

En pensant à lui, je souris 

J’aime son impertinence 

Je reconnais son intelligence 

Oh si seulement tu avais existé 

Toi que j’ai si souvent imaginé 

J’aurai tout fait pour te rencontrer 

Toi, qui, au fil des pages, m’a envoûtée 

06/04/2026
Dior entre le rose et le gris

C’est une douce maison rose

Qui s’élève sur du gravier gris

Une maison qui respire, qui est en vie

Elle porte en elle la magie de ceux qui osent

Elle se dresse sur des souvenirs d’enfance

Au milieu des roses en abondance

Le bleu impénétrable et doux du ciel

Et celui de la mer colorent cette jouvencelle

Dans le jardin, un piano entouré de fleurs

Peut-être est-ce cela le véritable bonheur

Grandir entouré de Verne et des contes de Perrault

Et avec sa mère, voir des spectacles au casino

Un miroir d’eau ceinturé de briques rouges

Rappelant les fenêtres et la porte rouge

Une pergola où se mélangent fleurs et poésie

Bordée de pensées des champs de Normandie

Une vie simple, calme et sereine

Parmi les nymphes et les sirènes

Une parenthèse douce et enchantée

Pour l’homme aux doigts de fée

Cinq enfants qui sourient sur une photographie

Dans cette maison qui semble être encore en vie

Des tissus de couleur rouge, rose et gris

Des odeurs florales comme de douces mélodies

Un carrelage au motif de la rose des vents

Souvenir d’un armateur, propriétaire précédent

Et cette étoile comme un signe prophétique du destin

Pour celui qui se faisait lire les lignes de la main

Des robes, des parures et des souliers

Une femme ne peut qu’en être émerveillée

Et dans ces murs, l’histoire d’un superstitieux

Qui rêvait de voir des étoiles dans nos yeux

Une passion pour les déguisements et les bals

Après avoir vêtu ses amis pour le carnaval

Une nouvelle étiquette ensuite s’ajouta :

L’étoile devint courtier pour le cinéma

Puis vient enfin, grâce à ses amis, le parfum

Essences d’agrumes, d’épices et de jasmin

Des notes qui stimulent l’imagination

Et qui font naître les plus grandes passions

Sur ma peau, une envoûtante odeur de vanille

Dans mon esprit, des rêves étoilés qui m’habillent

Sous mes yeux, des souvenirs de famille

Et mon cœur, je le sais, je le sens, qui vacille

La maison de son enfance nous offre une danse

Un signe du destin, une étoile, une évidence

Une demeure qui fait naître nos envies

Une respiration entre le rose et le gris

04/03/2026
Una saison à ma vie

Depuis bien longtemps je vis en hiver 

Sans lui, mon corps et mon cœur désespèrent 

Je souris à chaque nouveau flocon

Et je cherche son souvenir à tâtons

J’aime les matins de brouillard 

Quand je porte à mon cou un foulard 

J’aime les soirs où il fait noir 

Quand je sens sa présence dans le couloir 

Mon cœur vit en hiver 

Son corps est désormais poussière

La neige autour de moi danse 

Rappelant ainsi sa présence 

Je n’attends plus le printemps 

Je suis effrayée par le beau temps 

Je me noie dans le ciel bleu 

Comme je déteste les amoureux 

Et l’été qui sans cesse revient 

Je ne peux échapper à mon destin 

Mais l’été est loin, bien loin, 

Je marche sur un autre chemin 

Et je ramasse à la pelle les feuilles mortes

Retrouvant des souvenirs devant ma porte 

Elles sont orange, rouge et or

Il a disparu mon triste bonheur 

Mon cœur vit en hiver 

J’aimerais devenir poussière 

La neige continue de danser

Et il continue de me manquer 

Le printemps est troublant 

L’été rarement fascinant 

Je me meure à chaque instant 

Et personne ne me comprend 

Je ne demande plus rien 

Je n’attends plus rien 

Personne ne me tend la main

Pour accueillir les fleurs de demain 

Mon cœur vit en hiver 

Bientôt il sera lui aussi poussière 

Ma vie ne connaît plus qu’une saison 

Qui de mon cœur ou ma tête a raison ? 

08/02/2026
Un désert

J’ai traversé un aride et immense désert

Avec dans mon cœur l’absence d’une mère.

On disait que mon cœur était de pierre,

Mais personne ne soupçonne ce que j’ai vécu, encore hier.

Je n’arrivais plus à avancer,

Le sable brûlait mes pieds,

La chaleur me faisait haleter.

Comme je désirais trouver une oasis.

Il m’arrivait parfois d’apercevoir un palmier,

Mais ce n’était qu’une chimère de mon esprit fatigué,

Épuisé d’avoir trop longtemps, je crois, espéré.

Désormais, de tout et de tous, il a fini par se méfier.

Je ne suis qu’une goutte d’eau dans le désert,

Une perle fragile et humide qui n’a qu’un père,

Et je glisse sur cette peau fragile et sèche,

À la recherche d’une tendre et délicate brèche.

La chaleur m’étouffe, je suffoque,

Et dans ma tête, des voix chuchotent :

Suis-je sujette de nouveau à la folie ?

Pourquoi ma vie a-t-elle été écrite ainsi ?

Entre mirages et images,

J’imagine son visage,

Je tends ma main,

Devant moi : rien.

Disparu, tout s’est envolé,

Effacés, ils m’ont tous quittée.

Me suis-je perdue en route ?

Parfois, je ne dis rien, mais je doute.

Alors je sors ma boussole,

Je cherche le nord,

Au loin, une parole,

Mais ici, tout est mort.

Et je continue ma traversée du désert,

Je ne peux m’arrêter, sans quoi je désespère.

Un pied devant l’autre, était-ce de ma faute ?

Qu’aurais-je bien pu faire d’autre ?

Souffrir en silence, sourire telle une confidence,

Alors, dans ce désert, pour toujours je danse,

Gagnée par la folie de l’abandon et de l’amour,

Je sais que personne ne viendra à mon secours.

 

15/01/2026
Synchronicité

Quand tout revient à la même date 

Que le hasard fait bien les choses 

Qu’on fait des liens, qu’on les constate 

Et lorsqu’on retrouve dans un livre une rose 

 

Quand on cherche une réponse 

Qu’elle vient à nous sans qu’on la prononce 

Quand on se croit seul et perdu 

Et qu’on retrouve son chemin, sa rue 

 

Quand un chiffre nous poursuit 

Qu’on le voit le jour comme la nuit 

Ou qu’une chanson nous accompagne 

Comme nous tient la main une compagne 

 

Quand étrangement un film ou un livre 

Nous sauve, nous protège, nous délivre 

Et quand un retard sur notre parcours 

Nous pousse dans les bras du grand Amour

 

Quand une personne dans notre vie apparaît 

Lorsqu’on était prêt à tout abandonner 

Et quand la bonne chose arrive au bon moment 

Est ce un signe envoyé du firmament ? 

 

Quand tout ne fait que se répéter 

Alors qu’on fait tout pour y échapper 

Appelons-nous cela la destiné ? 

Ou est-ce seulement de la synchronicité ? 

 

09/01/2026
La persistance de la mémoire

Aujourd’hui j’ai reçu un drôle de colis

Un colis simple dans un paquet joli

Il m’a été donné par un livreur

Qui avait l’air songeur

Il n’y avait ni coordonnées ni nom

Pas même mon adresse ou mon prénom

Je me suis assise sur mon canapé

Et j’ai déchiré le papier

Sous mes yeux une toile

Qui peu à peu se dévoile

J’ai posé le tableau face à moi

Et je l’ai caressé du bout de mes doigts

Mais ma main a disparu

Dans ce monde inconnu

Et mon corps a été aspiré

Dans cet univers métamorphosé

Une lumière vive aveuglante

Je ferme brusquement les yeux

Dans ma tête une musique délirante

J’espère me sentir bientôt mieux

Une lente inspiration

Mes paupières se lèvent

Une fragile expiration

Suis-je dans un rêve ?

Un frisson parcourt mon corps

Là où je suis tout est mort

Les horloges sont se arrêtées

Et le temps me semble comme figé

Une secousse, je bascule

Le temps est dégoulinant

Ce spectacle reste fascinant

Si je recule, tout s’annule ?

Au loin dans la lumière

Des falaises et la mer

Mais moi ici je désespère

Dans ma bouche un goût amer

Je reste dans l’ombre

Là où tout est froid

Tout fond, je le vois

Sortirais-je de la pénombre ?

La mort approche

Je le sens

Ici rien ne ment

À ma mémoire je m’accroche

Tout est ridiculement absurde

J’ai peur de disparaître

Dans la lumière vais-je renaître ?

Ou rester dans ce monde insalubre ?

Ici je résiste, je persiste

A me rappeler, à invoquer

Les souvenirs de mon passé

Espérant cet endroit enfin quitter…

J’ai reçu un colis étrange aujourd’hui

Un colis mystérieux dans un paquet joli

À l’intérieur : une peinture de Dali

La persistance de la mémoire et ma folie.

06/01/2026
Un manteau blanc

Un manteau blanc a recouvert ma ville

De légers et délicats flocons sont tombés du ciel

Formant une danse invisible et universelle

Mes yeux ne pouvant se détacher de ce ballet fragile

Un manteau blanc a recouvert ma rue

Tout autour de moi s’est transformé

Plus aucun bruit, tous devinrent muets

Devant ce spectacle inattendu

Un manteau blanc a recouvert mon jardin

Une fine poudre s’est déposée et a recouvert

Les feuilles, l’herbe et tout ce qui était vert

Et malgré mon corps gelé, moi je m’y sens bien

Un manteau blanc a recouvert mes pensées

Qu’aurais-je donc bien pu faire pour l’éviter ?

À chaque fois, ce voile cotonneux me rappelle mon passé

D’un amour tendre que je n’ai pu oublier

Un manteau blanc a recouvert mes souvenirs

Les beaux comme ceux qui me font souffrir

Et je tourne et tourne sur moi

Parmi les flocons, je me noie

Un manteau blanc a recouvert mon cœur

Mais je ne ressens pas la moindre froideur

Quand cette mousse me caresse avec douceur

Et que ce manteau blanc réchauffe mon corps

14/12/2025
Le Déluge

Entre chaos et désespoir

Les hommes sont plongés dans le noir

Ils se débattent et se cramponnent

Mais jamais ces hommes n’abandonnent


Autour de nous, tout est sombre

Paysage apocalyptique

Jeux de lumière et d’ombres

Pour cet instant fatidique


Tourbillon de corps

Qui se battent contre la mort

Dévoilant ainsi l’humanité

Dans toute sa vulnérabilité


Entre courage et détresse

Entre force et faiblesse

Il ne reste que l’inévitable

Pour certains, l’inimaginable


Je suis à la fois fascinée

Mais également bouleversée

Par toute cette intensité

Qui m’a envahie et submergée


Entre la peur et la douleur

Il y a surtout cette urgence

Qui ajoute à la souffrance

Une sombre couleur


Entre désespoir et courage

Il y a juste là, la rage

Qui nous pousse à nous dépasser

Pour ceux que nous aimons, les protéger


Impression de tourmente

Comme une musique délicate et lente

Les vagues nous emportent

Comme le vent nous pousse et nous porte


Scène de survie, de vulnérabilité

D’abandon et de solidarité

Mais surtout d’amour

Jusqu’au dernier jour


Fragilité face au poids de la vie

Du Destin, d’un Dieu ou d’un infini

Beauté terrible, pourtant si terrifiante

Humanité fragile mais toujours résiliante


Tragédie des émotions

Que souvent nous taisons

Les mots ne peuvent exprimer

La réalité et nos secrets sans danger


Entre perte et survie

Solitude et envie

Entre beauté et adversité

Ce sentiment de fragilité


La fascination pour le sublime

Touche en moi quelque chose d’intime

Être seule face à l’inévitable

Et comprendre l’inexplicable


Beauté douce et lumineuse

Qui soutient, réconforte et émerveille

Dans le chaos de cette scène silencieuse

Mon être entier, alors, se réveille


Déchaînement de flots d’émotions

Incontrôlables, tumultueux et sans raison

Vulnérabilité, solitude et perte

Mais malgré tout, je reste en alerte


Et cette lumière qui perce l’ombre

Comme un trésor au milieu des décombres

Une douceur au milieu d’un drame

Un sourire entre des vagues de larmes


Car la tempête est majestueuse

Monstrueuse mais fabuleuse

Mélange d’effroi et de fascination

Qui révèle la profondeur de l’art et des émotions


Je secoue et je révèle

Ce qui est universel

Je suis le refuge

Je suis le Déluge

02/12/2025
Le froid de l’hiver

Je ferme les yeux et j’imagine

Des gens qui ne sont que des figurines.

Il n’y a rien de vivant, tout est lent,

Aucun sentiment, rien n’est vibrant.


Je cherche une voix

Que je n’entends pas.

Je cherche une présence

Qui ne viendra pas.


Autour de moi, tout est virtuel,

Je me sens en conflit perpétuel.

Je veux plus, j’en veux plus…

Suis-je sur Mars ou sur Vénus ?


J’attends toujours patiemment,

Je ne veux causer aucun tourment.

En moi tout se déchire violemment,

Je crie, mais personne n’entend.


Alors je souris toujours avec envie,

J’éloigne de moi la froideur et l’ennui.

Mon cœur n’est pas glacé,

Mon corps n’est pas gelé.


Le froid de l’hiver

M’apporte de la misère,

Mais je ne suis pas en colère…

À quoi tout cela sert ?


Bientôt le printemps reviendra

Et une chanson guidera mes pas.

J’irai peut-être quelques jours au soleil,

J’oublierai ce trouble qui perturbe mon sommeil.


Des parfums de vanille,

Mes pensées qui vacillent,

Le soleil qui brûle ma peau,

Et moi qui me dis que j’en fais de trop.


Et les feuilles mortes retomberont au sol.

Je n’irai pas me cacher sous un parasol.

Je porterai un grand manteau et un chapeau,

Et devant moi des couleurs qui me donnent chaud.


Et l’hiver reviendra, car il est sans fin.

Je regarderai encore les lignes de mes mains,

Espérant un nouveau et agréable lendemain,

Et cherchant à fuir, je crois, mon sombre destin.

03/11/2025
La Mer

Cela fait longtemps que je ne vais plus à la mer

Cela fait longtemps que je n’ai plus de mère

Et ses vagues qui me donnent le mal de mer,

Un coup j’espère, un autre je désespère.


L’odeur de l’air marin,

Suis-je le matelot ou le capitaine ?

Je vogue dans un océan ou dans un bassin ?

Quelle est ma limite entre l’amour et la haine ?


Et ces vagues qui me submergent,

Alors que je me tiens sur la berge…

Vagues de sentiments,

Vagues de ressentiments.


Suis-je digne d’être aimée,

Alors que ma plage, elle, a abandonné ?

Je m’étouffe dans mon propre souffle,

Et je me fais aspirer dans un gouffre.


Le phare est trop loin pour m’éclairer,

Je le fais seule, j’y suis habituée.

J’ai beau crier, personne ne m’entend,

Ma voix se perd au loin dans le vent.


De l’eau salée dans mes yeux,

Mon amour est affreux.

Je n’ose plus faire de vœux,

Qu’ils soient malsains ou pieux.


J’ai la tête sous l’eau,

Le bateau a sombré,

Il y a bien des années…

Mon corps flotte sur les flots.


Je veux tous, je peux tous les sauver,

Même si cela me met en danger.

Suis-je un pirate ou une sirène ?

Suis-je un requin ou une murène ?


Je n’ai pas peur des requins,

Je les connais trop bien.

Mais je cherche encore à les apprivoiser,

J’espère qu’un jour ils pourront m’aimer.


Je n’aime pas aller là où je n’ai pas pied,

Et pourtant, il y a longtemps, j’ai appris à nager.

Je suis prête, du radeau, à sauter,

Juste pour prouver que je ne peux pas couler.


Une perle noire que je tiens dans la main,

Juste là, contre moi, qui me fait du bien :

Le souvenir d’un magnifique paquebot,

Qui a sombré beaucoup trop tôt.


Je ne crois plus aux dieux,

Je ne prie plus les cieux.

Et au loin, des orages,

Annonçant de mauvais présages.


Alors je me bats contre la mer,

Et le souvenir lointain d’une mère.

Je me bats contre toi,

Mais surtout contre moi.


Et je me bats contre un « nous »,

Je crois que je suis à bout.

Je me bats contre tout,

Et dans ma bouche amère, j’ai le goût.


Le récif est au loin,

Mon avenir incertain.

Y aura-t-il un marin ?

Y aura-t-il un demain ?


Alors j’offre des morceaux de mon cœur,

Comme pour, je crois, éloigner la douleur.

Je ne ressens aucune rancœur,

Mais je crois bien que j’ai peur.


Je cherche une île,

Je cherche un « il »,

Mais je ne veux le révéler,

J’ai bien trop peur d’être blessée.


Alors je flotte entre deux eaux,

Mes mots se font emporter par les flots.

Mon cœur est bien trop grand

Pour ce minuscule océan.

02/11/2025
Le Volcan

Je ne suis pas une étincelle qu’on contient,

Je ne suis pas une femme qu’on retient.

Je ne suis pas le feu de cheminée enfermé,

Je ne suis pas la flamme d’un briquet.


Je suis un volcan qui rugit,

Je suis un volcan qui agit,

Un volcan qui fait peur,

Et qui parfois se meurt.


Je ne suis pas un quelconque bûcher,

Je ne suis pas un simple brasier.

Je ne suis pas une bougie qui vit la nuit,

Je ne suis pas une étincelle qui de loin luit.


Je suis un volcan dangereux,

Je suis un volcan tempétueux,

Un volcan en sommeil,

Qui parfois se réveille.


Je ne suis pas un unique coup de feu,

Je ne suis pas une fumée qui fait mal aux yeux.

Je ne suis pas un flambeau qu’on transmet,

Je ne suis pas l’arme qui seulement effraie.


Je suis un volcan rougeoyant,

Je suis un volcan incandescent,

Un volcan endormi,

Parfois sujet aux insomnies.


Je ne suis pas une simple torche,

Je ne suis pas une lumière sous un porche.

Je ne suis pas du canon la poudre,

Je ne suis pas de l’orage la foudre.


Je suis un volcan qui bouillonne intérieurement,

Un volcan qui peut exploser à tout moment,

Un volcan que l’on trouve, il me semble, fascinant,

Mais qui peut tuer en un seul instant.

11/10/2025
Rien ne nous appartient

Rien ne nous appartient 

Seulement les souvenirs

Les images qui s’entrechoquent 

Les parfums qui se mélangent 

Les mots qui nous avons prononcés 

Les secrets que nous n’avons dévoilé 

Et tout l’amour que nous avons ressenti 

Rien ne nous appartient 

Uniquement les souvenirs 

Ni les perles ni les diamants 

Ni les amis ni les amants 

Ni les voitures ni les vêtements 

Ni les livres ni les logements 

Et jamais le moindre centime de notre argent 

Rien ne nous appartient 

Alors pourquoi s’en faire ? 

De quoi cherchons nous à nous défaire ? 

Prenons à chaque repas du dessert 

Savourons chaque bouffée d’air 

Chaque goutte d’eau sur notre peau 

Chaque grain de sel mélangé au miel

Chaque étoile dans le ciel qui étincelle 

Et mettons de côté nos problèmes d’égo

Rien ne nous appartient 

Au fond, tu le sais bien 

Pourquoi donc as tu peur de demain ? 

N’hésite plus à tendre les mains 

Fais ce qui te fais du bien 

Profite de chaque lumière du matin 

Marche pieds nus dans le jardin 

Oublie le regard des voisins 

Qu’importe si personne ne te soutient 

Il te reste des histoires, des bouquins 

Des chansons, des souvenirs, des parfums 

Et n’oublie jamais que rien nous appartient 

24/08/2025
L’été

J’ai passé tout l’été à attendre que le temps passe,

Évitant que mon cœur et mon esprit ne trépassent.

Sous la chaleur étouffante du soleil,

j’ai guetté inlassablement les hirondelles,

qui finiront, elles aussi, par partir,

et je finirai, moi aussi, par les maudire.

J’ai attendu un signe, un mot…

je n’ai eu que des déceptions en trop.

J’ai cuisiné pour les invités

qui ne sont jamais arrivés.

J’ai attendu des invitations

dont il n’était jamais question.

J’ai retenu des jours durant mes larmes.

Repoussant dans mon esprit chaque drame.

Pour moi, impossible de partir,

n’étant pas prête à souffrir.

J’ai fermé de ma maison la porte,

certains diront que je jouais la morte.

Je n’ai eu envie d’absolument rien.

Demain, tu me demanderas si mon été était bien…

J’ai fermé les fenêtres, les volets,

pour ne pas laisser la lumière entrer,

préférant, comme toujours, l’obscurité

qui a toujours su me réchauffer.

J’ai passé tout l’été à attendre

un mot, un sourire, un geste tendre…

16/08/2025
Mon jardin secret

Mon jardin renferme de sombres idées,

Des pensées dorées, des fleurs fanées.

Le sol, de feuilles, est jonché,

Sur lesquelles je marche, apaisée.

Un arbre cache une forêt,

En plein cœur de ce jardin secret.

Un endroit calme pour respirer,

Un lieu fait pour se retrouver.

Un ruisseau inspire les mots,

J’aime m’y baigner.

Son eau guérit les maux,

Je m’y rafraîchis les jours d’été.

Un jardin d’hiver pour me réchauffer,

Les jours blancs et enneigés.

Les jonquilles y fleurissent,

Autant que les fleurs de lys.

Il y a deux érables japonais,

Que tu adorais,

Dont je raffolais,

Que j’ai, avec moi, emportés.

C’est mon jardin secret :

Coloré et pourtant tourmenté.

Là où j’aime te retrouver,

Car tu y demeures désormais.

26/07/2025
Comme un peintre

Elle écrit comme un peintre.

Ses pinceaux sont des mots.

Ses couleurs ? Sa douleur,

Ses couleurs ? Sa douceur.

Des camaïeux de bleu,

Comme celui de ses yeux.

Pas de croquis pour cette fille,

Pas de modèle pour ses poèmes.

Son paysage est un nuage

Qu’elle colore en oxymores.

Ses aquarelles sont voyelles,

Ses sanguines, enfantines.

De l’encre de Chine qui la fascine,

Une nature morte qui la transporte.

Son point de vue, sans retenue,

Elle contraste, des autres, les fantasmes

Dans ce décor : des métaphores 

Dans sa composition : des comparaisons

Un aérosol pour ajouter ses paraboles

Mais pas de pochoir quand elle écrit dans le noir 

Des marines qui s’échouent telles des rimes 

Aucune caricature, juste la nature 

Elle écrit avec une âme sombre d’artiste 

C’est une alchimiste des mots, de la poésie 

15/06/2025
Sous le cerisier

Sourire timide

Regard intense

J’entre dans la danse

Ma pulsation est rapide

J’aimerais te toucher

Juste pour essayer

Je n’ose pas t’effleurer

Et encore moins y penser

Retrouve-moi sous le cerisier

En hiver ou en plein été

Quoi qu’il arrive, je t’attendrai

Tu sais où me trouver : sous le cerisier

Soirée de printemps

Journée de beau temps

Il y a quinze ans

Nous étions enfants

Les souvenirs se mélangent

Et cette sensation étrange

D’une histoire inachevée

Dont j’ai pourtant rêvé

Retrouve-moi sous le cerisier

Dans une semaine ou une année

Quoi qu’il advienne, je patienterai

Tu sais que j’y serai : sous le cerisier

Une chanson

Une boisson

Un sirop sucré

Une nuit étoilée

Rien de tout cela n’a existé

J’ai sûrement dû rêver

Toi et moi enlacés

Sous cet arbre fruitier

Jamais je ne serai sous le cerisier

Cet instant, dans mon cœur, s’est figé

Et je n’ai fait tout cela qu’imaginer

Une histoire qui commence par un baiser sous un cerisier

Un simple cerisier

10/06/2025
Giverny

Des fleurs, des couleurs, des odeurs,

Tout est calme, il n’y a que douceur.

Juste de quoi apaiser mon cœur,

Qui, je crois, a peut-être peur.


Je suis amoureuse de ce lieu,

Le temps s’y arrête,

Et je me sens enfin prête.

Prends mon cœur… tout va mieux.


La beauté de l’absence

Est, je crois, mon essence.

Ce lieu, comme une renaissance,

Ou peut-être une évidence.


Je me perds dans les allées,

Sans savoir où aller —

Je laisse mon esprit s’échapper,

Peut-être même mon cœur s’envoler.


C’est un écrin de mémoire

Où je pourrais, pour toujours, m’asseoir,

Et contempler la nature luxuriante,

Loin de toute ma tourmente.


Et il y a les fleurs, et les odeurs,

Ces souvenirs pleins de douceur

Qui effleurent mon cœur,

Sans aucune lourdeur.


Je suis légère — presque poussière,

Une fleur baignée de lumière.

Une plante si singulière

Qui, dans ce lieu, se libère.


Impression de peinture,

Moi qui mon carnet rature :

Des lignes d’écriture

Pour un possible futur.


Des touches de couleur

Comme des éclats de bonheur.

Suis-je amoureuse de ce lieu… ?

M’a-t-il fait ses adieux… ?


Cet endroit, c’est moi.

Enfin… je le crois.

Dans les bassins je me noie,

Dans son reflet je me vois.


Une maison fleurie en Normandie,

Où tout n’est que peinture et poésie.

Des pavots rouges, des rosiers anciens —

Comme toutes ces bagues à mes mains.


Des iris en cascade,

Il faut que je m’y évade.

Des jardins d’eau comme des échos,

Et des nénuphars indigo.


Tout y est introspection.

Tout y est contemplation.

Des couleurs, des fleurs, des odeurs,

Et le battement de mon cœur…


J’écoute les silences

Et je suis la danse

D’un endroit charmant

Où tout devient effleurement.


J’imagine les rires d’enfants,

Les secrets des amants,

Et je me perds dans cet amour

Comme au tout premier jour.


Un lieu pour se perdre… ou se retrouver.

Un lieu qu’on quitte un peu changé.

Souvenirs, doutes, élans vibrants

Qui nous troublent jusqu’au dernier instant.

25/05/2025
Une fleur dans les cheveux 

Une fleur dans les cheveux 

Je ne sais pas dire adieu 

Je ne sais pas dire au revoir 

Ne pas partir est un devoir 

Une fleur dans les cheveux 

J’aime ce ciel si bleu 

Il me rappelle mes yeux 

La mer, ta bague, nous deux 

Une fleur dans les cheveux 

Je vais faire un vœu 

Tout ira mieux 

Je sens en moi ce feu 

Une fleur dans les cheveux 

Un peu de sérieux ! 

Non, la vie est un jeu 

Tout est merveilleux 

Une fleur dans les cheveux 

Ne sois pas malheureux 

De la vie, sois amoureux 

Tu seras enfin heureux 

Une fleur dans les cheveux 

Pour les jours pluvieux 

Pour tous les envieux 

Et tous les grincheux 

Une fleur dans les cheveux

Un acte majestueux 

Un geste mystérieux 

Et pourtant silencieux 

Juste une fleur dans les cheveux 

Parce que dans ma vie il pleut. 

23/05/2025
Les fruits 

Il y a des fruits 

Des fruits de toutes les couleurs 

Dans un jardin enfoui 

Juste en face de mon cœur 

Des fruits verts 

Qui n’étaient pas là hier 

Minuscules, pas encore mûrs 

Ils portent sur eux une armure 

Des fruits jaunes

Que j’aimais quand j’étais môme 

Petits, ronds et sucrés 

Presque même acidulés 

Des fruits noirs

Qui me rappellent à mon désespoir 

Plus gros, durs et amers

Dont je n’arrive pas à me défaire 

Des fruits orange 

Qu’on retrouve à chaque vendange 

Si communs et si nombreux 

Qu’ils ne sont ni uniques ni précieux 

Des fruits rouges

Que les autres jalousent 

Rares et en petite quantité 

Mais qu’on ne pourra jamais oublier 

Des fruits pour faire des tartes 

D’autres pour faire des confitures 

Des fruits que l’on écarte 

Et d’autres plein la figure 

Il y a des fruits de toutes les couleurs

Et de toutes les saveurs

Il y a des fruits sucrés et des fruits amers 

Des fruits d’amour et de calvaire 

Des fruits de toutes les couleurs que nous mangerons lorsque nous manquera la douceur pour nous éloigner de la douleur. 

05/02/2025
Les couchers de soleil

J’aime les couchers de soleil,
Quand le ciel est en feu,
Qu’il n’y a plus qu’une touche de bleu,
Et que tout devient irrationnel.

Les couchers de soleil à la mer
Sont toujours exceptionnels.
Bien qu’ils soient éphémères,
Ils ont quelque chose d’obsessionnel.

Quand le soleil se couche à la campagne,
Je suis à chaque fois sa tendre compagne.
Les pieds nus dans l’herbe,
Je le regarde, superbe.

Mon professeur de philosophie
Disait que les plus beaux étaient en Normandie,
Inspirant peinture, photographie et poésie,
Terre où j’ai grandi et où aujourd’hui je vis.

J’aime quand le ciel se couche,
Qu’il vient caresser ma bouche
Par sa chaleur tendre et douce,
Qu’il réchauffe ma couche.

Il y a du rose, de l’orange et du rouge,
Couleurs que la lune jalouse.
Le soleil emporte avec lui la vie
Lorsqu’il part rejoindre la nuit.

08/11/2024
Les soirs d'automnes

J'aime les soirs d'automne

Les soirs de brouillard

Les jours de cafard

Ces jours où je m’abandonne


J’aime ce feu dans tes yeux

La multitude de feuilles à nos pieds

Ces sourires que je n’oublierai jamais

J’aime ces reflets dans tes cheveux


J’aime les soirs d’automne

Les soirs de solitude

Les jours de lassitude

Ces jours où à toi je me donne


J’aime ce camaïeu de couleur

Ce rouge, ce orange et ce jaune

Qui colorent mon royaume

Et m’apportant tant de chaleur


J’aime les soirs d’automne

Les soirs de lumières

Les jours de poussières

Ces jours monotones


J’aime nos balades en forêt

Les photos que je prenais

Ta main qui m’attrapais

Quand je risquais de tomber


J’aime les soirs d’automne

Les soirs à la bougie

Les jours de magie

Ces jours qui tourbillonnent


J’aime l’odeur dans ma cuisine

Ce parfum  de champignons

Ces effluves de pommes

Les petits plats qui mitonnent


J’aime les soirs d’automne

Les soirs de vanille

Les jours sans soucis

Ces jours me passionnent


J’aime célébrer le passé

Penser à ceux qui nous ont quittés

Chanter pour ceux qui nous ont aimés

Danser seule à me décoiffer


J’aime les soirs d’automne

Les soirs mystérieux

Les jours ténébreux

Ces jours que j’affectionne

14/12/2017
Une fée

Un jour d’hiver que je me promenais,
Une jolie et toute petite fée s’est posée
Juste là, sur le bout de mon nez.
Je me suis arrêtée pour la regarder.

Elle m’a souri et s’est mise à danser,
Et moi, je continuais de la contempler.
Alors, amusée, elle a sauté de mon nez
Et dans les airs, elle chantait et virevoltait.

J’étais surprise et vraiment très étonnée,
Je n’étais ni ivre ni même droguée.
J’étais bien saine d’esprit, je le savais,
Mais il y avait toujours cette petite fée.

Était-ce bien vrai, tout ce que je voyais ?
N’était-ce pas mon imagination qui, de moi, se jouait ?
Je ne savais que croire ni même penser !
Et je restais là à la regarder, bouche bée !

Je pensais que je devais sûrement rêver,
Moi qui, sur cette terre, avais tant prié
Afin de pouvoir un jour voir une fée.
Je ne pensais pas qu’un miracle se réaliserait !

Elle était si belle, cette jolie petite poupée,
Elle aimait tant danser et chanter.
Un joli petit spectacle, elle m’offrait,
À moi qui aimais tant la contempler.

Cette petite fée, pour moi, représentait
La magie de ce monde qui s’éteignait.
Je compris alors le message de la fée :
Elle voulait me dire de savoir m’arrêter...

...pour, dans le monde, pouvoir admirer
La beauté qui m’entoure, m’émerveiller !
Mais aussi prendre le temps pour les gens, les aimer.
Et aujourd’hui, je sais que les rêves peuvent se réaliser !