La nature
La nature est un refuge et un miroir de nos émotions. Dans mes poèmes, je célèbre le souffle des saisons, la beauté des paysages et le calme qui apaise l’âme.
Je peins, je peins
Du soir au matin
Je peins, je peins
Avec mes pieds et avec mes mains
Tout a commencé un samedi matin
J’étais content, tout allait bien
J’ai tartiné de beurre mon pain
Et humé l’odeur d’un café colombien
Je peins, je peins
L’horizon lointain
Je peins, je peins
Car tel a toujours été mon destin
J’ai décidé ensuite de prendre un bain
En écoutant un célèbre morceau de Chopin
À travers la fenêtre les couleurs du jardin
Me renvoyaient un agréable et délicat parfum
Je peins, je peins
Rien ne me retient
Je peins, je peins
Comme on marche sur un chemin
Dans l’après-midi après avoir lu un bouquin
J’ai sorti du placard mes anciens dessins
Ceux que je n’ai jamais trouvé bien
J’ai regardé ma femme et j’ai dit : cette fois je peins !
Je peins, je peins
Les fleurs du jardin
Je peins, je peins
Tel est mon nouveau quotidien
J’adore ça, mes toiles se vendent bien
Désormais, je mange de succulents festins
Et je peins je peins du soir au matin
Avec mes pieds et même parfois mes mains
Le froid humide de l’hiver
Me blesse et je désespère
Le froid me fait voyager en Russie
Je crois qu’une part de moi a connu ce pays
Dans ma tête une mélodie
Dans mon cœur de la poésie
Mon corps alors vacille
Et mon âme sombre dans la folie
Le froid de décembre,
Caresse mes mains qui tremblent
Le froid de Russie,
me ramène à Dostoïevski
Et alors je crie et je maudis
Les nuits blanches et la pluie
Les rêves ridicules que je fuis,
Ceux de la femme stupide que je suis
Le froid de janvier
Torture mon cœur brisé
Le froid de Russie
Me ramène à Tchaïkovski
Je ferme les yeux et je danse
Je pleure et me fais violence
Suis-je une ballerine ou une figurine ?
Une voix me souffle : devine.
Le froid tendre de février
Me rappelle les souvenirs passés
Le froid de Russie
Le ramène à Pouchkine et sa poésie
Alors que ces quelques mots j’écris
Je pense à ses poèmes d’amour et de mélancolie
Ses textes sur la liberté, le destin et la nostalgie
Sommes-nous tous sujet à de sombres envies ?
Le froid sec de l’hiver
Me rappelle ce que chaque année je perds
Le froid de la Russie
Me ramène à Kandinsky
Attirée par son monde onirique
Les couleurs deviennent une musique
Ce voyage fantastique et féerique
Me chuchote que tout est magique
Le froid de mes nuits
Me plonge dans l’ennui
Le froid de Russie
Me ramène à Nabokov et à sa vie
Je suis une image, une Lolita malgré moi
Dois-je vivre sans foi ni loi ?
Mon cœur vit en exil
Et mon corps rêve d’une île…
Le froid de mes jours
Est doux comme le velours
Le froid de Russie
Me ramène à Gogol et à sa folie
Je ne suis qu’une âme morte
Qui, à chaque pas se déporte.
De son manteau je suis sortie
Je crois qu’il m’a donné la vie…
Le froid de la Russie
Réchauffe mon cœur maudit
Le froid de ce triste hiver
Me rappelle que ce pays est solaire
спасибо à toi qui me vois
En moi existe la тоска
Je ne le savais pourtant pas
Mais le froid de l’hiver fait partie de moi…
Entre Etretat et Lupin
Je me sens bien
Les falaises et la mer d’un côté
La littérature comme langage secret
Le ciel est bleu
Je me sens mieux
Ici, en Normandie
Ici, là où je vis
Je ne me mélange pas à la foule
Même si je n’ai pas peur de la houle
Je m’éloigne de la mer
Je crois que j’ai besoin d’air
Un peu plus loin,
Le clos lupin
La maison de Maurice Leblanc
Dont Arsène Lupin était l’enfant
15, rue Guy de Maupassant
Je m’assois dans le parc, un long moment
Je savoure l’instant
Je profite du présent
Puis, j’entre dans la demeure
Du gentleman cambrioleur
La visite est guidée
Par son fidèle valet
Je parcours chaque pièce
Avec une certaine allégresse
Des jeux d’ombres et de lumières
Des énigmes et des mystères
Arsène nous dévoile ses exploits
Lève le voile sur ses conquêtes
Et, moi, ses paroles, je les bois
Et ses réussites, je les fête
Ce personnage me séduit
En pensant à lui, je souris
J’aime son impertinence
Je reconnais son intelligence
Oh si seulement tu avais existé
Toi que j’ai si souvent imaginé
J’aurai tout fait pour te rencontrer
Toi, qui, au fil des pages, m’a envoûtée
C’est une douce maison rose
Qui s’élève sur du gravier gris
Une maison qui respire, qui est en vie
Elle porte en elle la magie de ceux qui osent
Elle se dresse sur des souvenirs d’enfance
Au milieu des roses en abondance
Le bleu impénétrable et doux du ciel
Et celui de la mer colorent cette jouvencelle
Dans le jardin, un piano entouré de fleurs
Peut-être est-ce cela le véritable bonheur
Grandir entouré de Verne et des contes de Perrault
Et avec sa mère, voir des spectacles au casino
Un miroir d’eau ceinturé de briques rouges
Rappelant les fenêtres et la porte rouge
Une pergola où se mélangent fleurs et poésie
Bordée de pensées des champs de Normandie
Une vie simple, calme et sereine
Parmi les nymphes et les sirènes
Une parenthèse douce et enchantée
Pour l’homme aux doigts de fée
Cinq enfants qui sourient sur une photographie
Dans cette maison qui semble être encore en vie
Des tissus de couleur rouge, rose et gris
Des odeurs florales comme de douces mélodies
Un carrelage au motif de la rose des vents
Souvenir d’un armateur, propriétaire précédent
Et cette étoile comme un signe prophétique du destin
Pour celui qui se faisait lire les lignes de la main
Des robes, des parures et des souliers
Une femme ne peut qu’en être émerveillée
Et dans ces murs, l’histoire d’un superstitieux
Qui rêvait de voir des étoiles dans nos yeux
Une passion pour les déguisements et les bals
Après avoir vêtu ses amis pour le carnaval
Une nouvelle étiquette ensuite s’ajouta :
L’étoile devint courtier pour le cinéma
Puis vient enfin, grâce à ses amis, le parfum
Essences d’agrumes, d’épices et de jasmin
Des notes qui stimulent l’imagination
Et qui font naître les plus grandes passions
Sur ma peau, une envoûtante odeur de vanille
Dans mon esprit, des rêves étoilés qui m’habillent
Sous mes yeux, des souvenirs de famille
Et mon cœur, je le sais, je le sens, qui vacille
La maison de son enfance nous offre une danse
Un signe du destin, une étoile, une évidence
Une demeure qui fait naître nos envies
Une respiration entre le rose et le gris
Depuis bien longtemps je vis en hiver
Sans lui, mon corps et mon cœur désespèrent
Je souris à chaque nouveau flocon
Et je cherche son souvenir à tâtons
J’aime les matins de brouillard
Quand je porte à mon cou un foulard
J’aime les soirs où il fait noir
Quand je sens sa présence dans le couloir
Mon cœur vit en hiver
Son corps est désormais poussière
La neige autour de moi danse
Rappelant ainsi sa présence
Je n’attends plus le printemps
Je suis effrayée par le beau temps
Je me noie dans le ciel bleu
Comme je déteste les amoureux
Et l’été qui sans cesse revient
Je ne peux échapper à mon destin
Mais l’été est loin, bien loin,
Je marche sur un autre chemin
Et je ramasse à la pelle les feuilles mortes
Retrouvant des souvenirs devant ma porte
Elles sont orange, rouge et or
Il a disparu mon triste bonheur
Mon cœur vit en hiver
J’aimerais devenir poussière
La neige continue de danser
Et il continue de me manquer
Le printemps est troublant
L’été rarement fascinant
Je me meure à chaque instant
Et personne ne me comprend
Je ne demande plus rien
Je n’attends plus rien
Personne ne me tend la main
Pour accueillir les fleurs de demain
Mon cœur vit en hiver
Bientôt il sera lui aussi poussière
Ma vie ne connaît plus qu’une saison
Qui de mon cœur ou ma tête a raison ?
J’ai traversé un aride et immense désert
Avec dans mon cœur l’absence d’une mère.
On disait que mon cœur était de pierre,
Mais personne ne soupçonne ce que j’ai vécu, encore hier.
Je n’arrivais plus à avancer,
Le sable brûlait mes pieds,
La chaleur me faisait haleter.
Comme je désirais trouver une oasis.
Il m’arrivait parfois d’apercevoir un palmier,
Mais ce n’était qu’une chimère de mon esprit fatigué,
Épuisé d’avoir trop longtemps, je crois, espéré.
Désormais, de tout et de tous, il a fini par se méfier.
Je ne suis qu’une goutte d’eau dans le désert,
Une perle fragile et humide qui n’a qu’un père,
Et je glisse sur cette peau fragile et sèche,
À la recherche d’une tendre et délicate brèche.
La chaleur m’étouffe, je suffoque,
Et dans ma tête, des voix chuchotent :
Suis-je sujette de nouveau à la folie ?
Pourquoi ma vie a-t-elle été écrite ainsi ?
Entre mirages et images,
J’imagine son visage,
Je tends ma main,
Devant moi : rien.
Disparu, tout s’est envolé,
Effacés, ils m’ont tous quittée.
Me suis-je perdue en route ?
Parfois, je ne dis rien, mais je doute.
Alors je sors ma boussole,
Je cherche le nord,
Au loin, une parole,
Mais ici, tout est mort.
Et je continue ma traversée du désert,
Je ne peux m’arrêter, sans quoi je désespère.
Un pied devant l’autre, était-ce de ma faute ?
Qu’aurais-je bien pu faire d’autre ?
Souffrir en silence, sourire telle une confidence,
Alors, dans ce désert, pour toujours je danse,
Gagnée par la folie de l’abandon et de l’amour,
Je sais que personne ne viendra à mon secours.
Quand tout revient à la même date
Que le hasard fait bien les choses
Qu’on fait des liens, qu’on les constate
Et lorsqu’on retrouve dans un livre une rose
Quand on cherche une réponse
Qu’elle vient à nous sans qu’on la prononce
Quand on se croit seul et perdu
Et qu’on retrouve son chemin, sa rue
Quand un chiffre nous poursuit
Qu’on le voit le jour comme la nuit
Ou qu’une chanson nous accompagne
Comme nous tient la main une compagne
Quand étrangement un film ou un livre
Nous sauve, nous protège, nous délivre
Et quand un retard sur notre parcours
Nous pousse dans les bras du grand Amour
Quand une personne dans notre vie apparaît
Lorsqu’on était prêt à tout abandonner
Et quand la bonne chose arrive au bon moment
Est ce un signe envoyé du firmament ?
Quand tout ne fait que se répéter
Alors qu’on fait tout pour y échapper
Appelons-nous cela la destiné ?
Ou est-ce seulement de la synchronicité ?
Aujourd’hui j’ai reçu un drôle de colis
Un colis simple dans un paquet joli
Il m’a été donné par un livreur
Qui avait l’air songeur
Il n’y avait ni coordonnées ni nom
Pas même mon adresse ou mon prénom
Je me suis assise sur mon canapé
Et j’ai déchiré le papier
Sous mes yeux une toile
Qui peu à peu se dévoile
J’ai posé le tableau face à moi
Et je l’ai caressé du bout de mes doigts
Mais ma main a disparu
Dans ce monde inconnu
Et mon corps a été aspiré
Dans cet univers métamorphosé
Une lumière vive aveuglante
Je ferme brusquement les yeux
Dans ma tête une musique délirante
J’espère me sentir bientôt mieux
Une lente inspiration
Mes paupières se lèvent
Une fragile expiration
Suis-je dans un rêve ?
Un frisson parcourt mon corps
Là où je suis tout est mort
Les horloges sont se arrêtées
Et le temps me semble comme figé
Une secousse, je bascule
Le temps est dégoulinant
Ce spectacle reste fascinant
Si je recule, tout s’annule ?
Au loin dans la lumière
Des falaises et la mer
Mais moi ici je désespère
Dans ma bouche un goût amer
Je reste dans l’ombre
Là où tout est froid
Tout fond, je le vois
Sortirais-je de la pénombre ?
La mort approche
Je le sens
Ici rien ne ment
À ma mémoire je m’accroche
Tout est ridiculement absurde
J’ai peur de disparaître
Dans la lumière vais-je renaître ?
Ou rester dans ce monde insalubre ?
Ici je résiste, je persiste
A me rappeler, à invoquer
Les souvenirs de mon passé
Espérant cet endroit enfin quitter…
J’ai reçu un colis étrange aujourd’hui
Un colis mystérieux dans un paquet joli
À l’intérieur : une peinture de Dali
La persistance de la mémoire et ma folie.
Un manteau blanc a recouvert ma ville
De légers et délicats flocons sont tombés du ciel
Formant une danse invisible et universelle
Mes yeux ne pouvant se détacher de ce ballet fragile
Un manteau blanc a recouvert ma rue
Tout autour de moi s’est transformé
Plus aucun bruit, tous devinrent muets
Devant ce spectacle inattendu
Un manteau blanc a recouvert mon jardin
Une fine poudre s’est déposée et a recouvert
Les feuilles, l’herbe et tout ce qui était vert
Et malgré mon corps gelé, moi je m’y sens bien
Un manteau blanc a recouvert mes pensées
Qu’aurais-je donc bien pu faire pour l’éviter ?
À chaque fois, ce voile cotonneux me rappelle mon passé
D’un amour tendre que je n’ai pu oublier
Un manteau blanc a recouvert mes souvenirs
Les beaux comme ceux qui me font souffrir
Et je tourne et tourne sur moi
Parmi les flocons, je me noie
Un manteau blanc a recouvert mon cœur
Mais je ne ressens pas la moindre froideur
Quand cette mousse me caresse avec douceur
Et que ce manteau blanc réchauffe mon corps
Entre chaos et désespoir
Les hommes sont plongés dans le noir
Ils se débattent et se cramponnent
Mais jamais ces hommes n’abandonnent
Autour de nous, tout est sombre
Paysage apocalyptique
Jeux de lumière et d’ombres
Pour cet instant fatidique
Tourbillon de corps
Qui se battent contre la mort
Dévoilant ainsi l’humanité
Dans toute sa vulnérabilité
Entre courage et détresse
Entre force et faiblesse
Il ne reste que l’inévitable
Pour certains, l’inimaginable
Je suis à la fois fascinée
Mais également bouleversée
Par toute cette intensité
Qui m’a envahie et submergée
Entre la peur et la douleur
Il y a surtout cette urgence
Qui ajoute à la souffrance
Une sombre couleur
Entre désespoir et courage
Il y a juste là, la rage
Qui nous pousse à nous dépasser
Pour ceux que nous aimons, les protéger
Impression de tourmente
Comme une musique délicate et lente
Les vagues nous emportent
Comme le vent nous pousse et nous porte
Scène de survie, de vulnérabilité
D’abandon et de solidarité
Mais surtout d’amour
Jusqu’au dernier jour
Fragilité face au poids de la vie
Du Destin, d’un Dieu ou d’un infini
Beauté terrible, pourtant si terrifiante
Humanité fragile mais toujours résiliante
Tragédie des émotions
Que souvent nous taisons
Les mots ne peuvent exprimer
La réalité et nos secrets sans danger
Entre perte et survie
Solitude et envie
Entre beauté et adversité
Ce sentiment de fragilité
La fascination pour le sublime
Touche en moi quelque chose d’intime
Être seule face à l’inévitable
Et comprendre l’inexplicable
Beauté douce et lumineuse
Qui soutient, réconforte et émerveille
Dans le chaos de cette scène silencieuse
Mon être entier, alors, se réveille
Déchaînement de flots d’émotions
Incontrôlables, tumultueux et sans raison
Vulnérabilité, solitude et perte
Mais malgré tout, je reste en alerte
Et cette lumière qui perce l’ombre
Comme un trésor au milieu des décombres
Une douceur au milieu d’un drame
Un sourire entre des vagues de larmes
Car la tempête est majestueuse
Monstrueuse mais fabuleuse
Mélange d’effroi et de fascination
Qui révèle la profondeur de l’art et des émotions
Je secoue et je révèle
Ce qui est universel
Je suis le refuge
Je suis le Déluge
Je ferme les yeux et j’imagine
Des gens qui ne sont que des figurines.
Il n’y a rien de vivant, tout est lent,
Aucun sentiment, rien n’est vibrant.
Je cherche une voix
Que je n’entends pas.
Je cherche une présence
Qui ne viendra pas.
Autour de moi, tout est virtuel,
Je me sens en conflit perpétuel.
Je veux plus, j’en veux plus…
Suis-je sur Mars ou sur Vénus ?
J’attends toujours patiemment,
Je ne veux causer aucun tourment.
En moi tout se déchire violemment,
Je crie, mais personne n’entend.
Alors je souris toujours avec envie,
J’éloigne de moi la froideur et l’ennui.
Mon cœur n’est pas glacé,
Mon corps n’est pas gelé.
Le froid de l’hiver
M’apporte de la misère,
Mais je ne suis pas en colère…
À quoi tout cela sert ?
Bientôt le printemps reviendra
Et une chanson guidera mes pas.
J’irai peut-être quelques jours au soleil,
J’oublierai ce trouble qui perturbe mon sommeil.
Des parfums de vanille,
Mes pensées qui vacillent,
Le soleil qui brûle ma peau,
Et moi qui me dis que j’en fais de trop.
Et les feuilles mortes retomberont au sol.
Je n’irai pas me cacher sous un parasol.
Je porterai un grand manteau et un chapeau,
Et devant moi des couleurs qui me donnent chaud.
Et l’hiver reviendra, car il est sans fin.
Je regarderai encore les lignes de mes mains,
Espérant un nouveau et agréable lendemain,
Et cherchant à fuir, je crois, mon sombre destin.
Cela fait longtemps que je ne vais plus à la mer
Cela fait longtemps que je n’ai plus de mère
Et ses vagues qui me donnent le mal de mer,
Un coup j’espère, un autre je désespère.
L’odeur de l’air marin,
Suis-je le matelot ou le capitaine ?
Je vogue dans un océan ou dans un bassin ?
Quelle est ma limite entre l’amour et la haine ?
Et ces vagues qui me submergent,
Alors que je me tiens sur la berge…
Vagues de sentiments,
Vagues de ressentiments.
Suis-je digne d’être aimée,
Alors que ma plage, elle, a abandonné ?
Je m’étouffe dans mon propre souffle,
Et je me fais aspirer dans un gouffre.
Le phare est trop loin pour m’éclairer,
Je le fais seule, j’y suis habituée.
J’ai beau crier, personne ne m’entend,
Ma voix se perd au loin dans le vent.
De l’eau salée dans mes yeux,
Mon amour est affreux.
Je n’ose plus faire de vœux,
Qu’ils soient malsains ou pieux.
J’ai la tête sous l’eau,
Le bateau a sombré,
Il y a bien des années…
Mon corps flotte sur les flots.
Je veux tous, je peux tous les sauver,
Même si cela me met en danger.
Suis-je un pirate ou une sirène ?
Suis-je un requin ou une murène ?
Je n’ai pas peur des requins,
Je les connais trop bien.
Mais je cherche encore à les apprivoiser,
J’espère qu’un jour ils pourront m’aimer.
Je n’aime pas aller là où je n’ai pas pied,
Et pourtant, il y a longtemps, j’ai appris à nager.
Je suis prête, du radeau, à sauter,
Juste pour prouver que je ne peux pas couler.
Une perle noire que je tiens dans la main,
Juste là, contre moi, qui me fait du bien :
Le souvenir d’un magnifique paquebot,
Qui a sombré beaucoup trop tôt.
Je ne crois plus aux dieux,
Je ne prie plus les cieux.
Et au loin, des orages,
Annonçant de mauvais présages.
Alors je me bats contre la mer,
Et le souvenir lointain d’une mère.
Je me bats contre toi,
Mais surtout contre moi.
Et je me bats contre un « nous »,
Je crois que je suis à bout.
Je me bats contre tout,
Et dans ma bouche amère, j’ai le goût.
Le récif est au loin,
Mon avenir incertain.
Y aura-t-il un marin ?
Y aura-t-il un demain ?
Alors j’offre des morceaux de mon cœur,
Comme pour, je crois, éloigner la douleur.
Je ne ressens aucune rancœur,
Mais je crois bien que j’ai peur.
Je cherche une île,
Je cherche un « il »,
Mais je ne veux le révéler,
J’ai bien trop peur d’être blessée.
Alors je flotte entre deux eaux,
Mes mots se font emporter par les flots.
Mon cœur est bien trop grand
Pour ce minuscule océan.
Je ne suis pas une étincelle qu’on contient,
Je ne suis pas une femme qu’on retient.
Je ne suis pas le feu de cheminée enfermé,
Je ne suis pas la flamme d’un briquet.
Je suis un volcan qui rugit,
Je suis un volcan qui agit,
Un volcan qui fait peur,
Et qui parfois se meurt.
Je ne suis pas un quelconque bûcher,
Je ne suis pas un simple brasier.
Je ne suis pas une bougie qui vit la nuit,
Je ne suis pas une étincelle qui de loin luit.
Je suis un volcan dangereux,
Je suis un volcan tempétueux,
Un volcan en sommeil,
Qui parfois se réveille.
Je ne suis pas un unique coup de feu,
Je ne suis pas une fumée qui fait mal aux yeux.
Je ne suis pas un flambeau qu’on transmet,
Je ne suis pas l’arme qui seulement effraie.
Je suis un volcan rougeoyant,
Je suis un volcan incandescent,
Un volcan endormi,
Parfois sujet aux insomnies.
Je ne suis pas une simple torche,
Je ne suis pas une lumière sous un porche.
Je ne suis pas du canon la poudre,
Je ne suis pas de l’orage la foudre.
Je suis un volcan qui bouillonne intérieurement,
Un volcan qui peut exploser à tout moment,
Un volcan que l’on trouve, il me semble, fascinant,
Mais qui peut tuer en un seul instant.
Rien ne nous appartient
Seulement les souvenirs
Les images qui s’entrechoquent
Les parfums qui se mélangent
Les mots qui nous avons prononcés
Les secrets que nous n’avons dévoilé
Et tout l’amour que nous avons ressenti
Rien ne nous appartient
Uniquement les souvenirs
Ni les perles ni les diamants
Ni les amis ni les amants
Ni les voitures ni les vêtements
Ni les livres ni les logements
Et jamais le moindre centime de notre argent
Rien ne nous appartient
Alors pourquoi s’en faire ?
De quoi cherchons nous à nous défaire ?
Prenons à chaque repas du dessert
Savourons chaque bouffée d’air
Chaque goutte d’eau sur notre peau
Chaque grain de sel mélangé au miel
Chaque étoile dans le ciel qui étincelle
Et mettons de côté nos problèmes d’égo
Rien ne nous appartient
Au fond, tu le sais bien
Pourquoi donc as tu peur de demain ?
N’hésite plus à tendre les mains
Fais ce qui te fais du bien
Profite de chaque lumière du matin
Marche pieds nus dans le jardin
Oublie le regard des voisins
Qu’importe si personne ne te soutient
Il te reste des histoires, des bouquins
Des chansons, des souvenirs, des parfums
Et n’oublie jamais que rien nous appartient
J’ai passé tout l’été à attendre que le temps passe,
Évitant que mon cœur et mon esprit ne trépassent.
Sous la chaleur étouffante du soleil,
j’ai guetté inlassablement les hirondelles,
qui finiront, elles aussi, par partir,
et je finirai, moi aussi, par les maudire.
J’ai attendu un signe, un mot…
je n’ai eu que des déceptions en trop.
J’ai cuisiné pour les invités
qui ne sont jamais arrivés.
J’ai attendu des invitations
dont il n’était jamais question.
J’ai retenu des jours durant mes larmes.
Repoussant dans mon esprit chaque drame.
Pour moi, impossible de partir,
n’étant pas prête à souffrir.
J’ai fermé de ma maison la porte,
certains diront que je jouais la morte.
Je n’ai eu envie d’absolument rien.
Demain, tu me demanderas si mon été était bien…
J’ai fermé les fenêtres, les volets,
pour ne pas laisser la lumière entrer,
préférant, comme toujours, l’obscurité
qui a toujours su me réchauffer.
J’ai passé tout l’été à attendre
un mot, un sourire, un geste tendre…
Mon jardin renferme de sombres idées,
Des pensées dorées, des fleurs fanées.
Le sol, de feuilles, est jonché,
Sur lesquelles je marche, apaisée.
Un arbre cache une forêt,
En plein cœur de ce jardin secret.
Un endroit calme pour respirer,
Un lieu fait pour se retrouver.
Un ruisseau inspire les mots,
J’aime m’y baigner.
Son eau guérit les maux,
Je m’y rafraîchis les jours d’été.
Un jardin d’hiver pour me réchauffer,
Les jours blancs et enneigés.
Les jonquilles y fleurissent,
Autant que les fleurs de lys.
Il y a deux érables japonais,
Que tu adorais,
Dont je raffolais,
Que j’ai, avec moi, emportés.
C’est mon jardin secret :
Coloré et pourtant tourmenté.
Là où j’aime te retrouver,
Car tu y demeures désormais.
Elle écrit comme un peintre.
Ses pinceaux sont des mots.
Ses couleurs ? Sa douleur,
Ses couleurs ? Sa douceur.
Des camaïeux de bleu,
Comme celui de ses yeux.
Pas de croquis pour cette fille,
Pas de modèle pour ses poèmes.
Son paysage est un nuage
Qu’elle colore en oxymores.
Ses aquarelles sont voyelles,
Ses sanguines, enfantines.
De l’encre de Chine qui la fascine,
Une nature morte qui la transporte.
Son point de vue, sans retenue,
Elle contraste, des autres, les fantasmes
Dans ce décor : des métaphores
Dans sa composition : des comparaisons
Un aérosol pour ajouter ses paraboles
Mais pas de pochoir quand elle écrit dans le noir
Des marines qui s’échouent telles des rimes
Aucune caricature, juste la nature
Elle écrit avec une âme sombre d’artiste
C’est une alchimiste des mots, de la poésie
Sourire timide
Regard intense
J’entre dans la danse
Ma pulsation est rapide
J’aimerais te toucher
Juste pour essayer
Je n’ose pas t’effleurer
Et encore moins y penser
Retrouve-moi sous le cerisier
En hiver ou en plein été
Quoi qu’il arrive, je t’attendrai
Tu sais où me trouver : sous le cerisier
Soirée de printemps
Journée de beau temps
Il y a quinze ans
Nous étions enfants
Les souvenirs se mélangent
Et cette sensation étrange
D’une histoire inachevée
Dont j’ai pourtant rêvé
Retrouve-moi sous le cerisier
Dans une semaine ou une année
Quoi qu’il advienne, je patienterai
Tu sais que j’y serai : sous le cerisier
Une chanson
Une boisson
Un sirop sucré
Une nuit étoilée
Rien de tout cela n’a existé
J’ai sûrement dû rêver
Toi et moi enlacés
Sous cet arbre fruitier
Jamais je ne serai sous le cerisier
Cet instant, dans mon cœur, s’est figé
Et je n’ai fait tout cela qu’imaginer
Une histoire qui commence par un baiser sous un cerisier
Un simple cerisier
Des fleurs, des couleurs, des odeurs,
Tout est calme, il n’y a que douceur.
Juste de quoi apaiser mon cœur,
Qui, je crois, a peut-être peur.
Je suis amoureuse de ce lieu,
Le temps s’y arrête,
Et je me sens enfin prête.
Prends mon cœur… tout va mieux.
La beauté de l’absence
Est, je crois, mon essence.
Ce lieu, comme une renaissance,
Ou peut-être une évidence.
Je me perds dans les allées,
Sans savoir où aller —
Je laisse mon esprit s’échapper,
Peut-être même mon cœur s’envoler.
C’est un écrin de mémoire
Où je pourrais, pour toujours, m’asseoir,
Et contempler la nature luxuriante,
Loin de toute ma tourmente.
Et il y a les fleurs, et les odeurs,
Ces souvenirs pleins de douceur
Qui effleurent mon cœur,
Sans aucune lourdeur.
Je suis légère — presque poussière,
Une fleur baignée de lumière.
Une plante si singulière
Qui, dans ce lieu, se libère.
Impression de peinture,
Moi qui mon carnet rature :
Des lignes d’écriture
Pour un possible futur.
Des touches de couleur
Comme des éclats de bonheur.
Suis-je amoureuse de ce lieu… ?
M’a-t-il fait ses adieux… ?
Cet endroit, c’est moi.
Enfin… je le crois.
Dans les bassins je me noie,
Dans son reflet je me vois.
Une maison fleurie en Normandie,
Où tout n’est que peinture et poésie.
Des pavots rouges, des rosiers anciens —
Comme toutes ces bagues à mes mains.
Des iris en cascade,
Il faut que je m’y évade.
Des jardins d’eau comme des échos,
Et des nénuphars indigo.
Tout y est introspection.
Tout y est contemplation.
Des couleurs, des fleurs, des odeurs,
Et le battement de mon cœur…
J’écoute les silences
Et je suis la danse
D’un endroit charmant
Où tout devient effleurement.
J’imagine les rires d’enfants,
Les secrets des amants,
Et je me perds dans cet amour
Comme au tout premier jour.
Un lieu pour se perdre… ou se retrouver.
Un lieu qu’on quitte un peu changé.
Souvenirs, doutes, élans vibrants
Qui nous troublent jusqu’au dernier instant.
Une fleur dans les cheveux
Je ne sais pas dire adieu
Je ne sais pas dire au revoir
Ne pas partir est un devoir
Une fleur dans les cheveux
J’aime ce ciel si bleu
Il me rappelle mes yeux
La mer, ta bague, nous deux
Une fleur dans les cheveux
Je vais faire un vœu
Tout ira mieux
Je sens en moi ce feu
Une fleur dans les cheveux
Un peu de sérieux !
Non, la vie est un jeu
Tout est merveilleux
Une fleur dans les cheveux
Ne sois pas malheureux
De la vie, sois amoureux
Tu seras enfin heureux
Une fleur dans les cheveux
Pour les jours pluvieux
Pour tous les envieux
Et tous les grincheux
Une fleur dans les cheveux
Un acte majestueux
Un geste mystérieux
Et pourtant silencieux
Juste une fleur dans les cheveux
Parce que dans ma vie il pleut.
Il y a des fruits
Des fruits de toutes les couleurs
Dans un jardin enfoui
Juste en face de mon cœur
Des fruits verts
Qui n’étaient pas là hier
Minuscules, pas encore mûrs
Ils portent sur eux une armure
Des fruits jaunes
Que j’aimais quand j’étais môme
Petits, ronds et sucrés
Presque même acidulés
Des fruits noirs
Qui me rappellent à mon désespoir
Plus gros, durs et amers
Dont je n’arrive pas à me défaire
Des fruits orange
Qu’on retrouve à chaque vendange
Si communs et si nombreux
Qu’ils ne sont ni uniques ni précieux
Des fruits rouges
Que les autres jalousent
Rares et en petite quantité
Mais qu’on ne pourra jamais oublier
Des fruits pour faire des tartes
D’autres pour faire des confitures
Des fruits que l’on écarte
Et d’autres plein la figure
Il y a des fruits de toutes les couleurs
Et de toutes les saveurs
Il y a des fruits sucrés et des fruits amers
Des fruits d’amour et de calvaire
Des fruits de toutes les couleurs que nous mangerons lorsque nous manquera la douceur pour nous éloigner de la douleur.
J’aime les couchers de soleil,
Quand le ciel est en feu,
Qu’il n’y a plus qu’une touche de bleu,
Et que tout devient irrationnel.
Les couchers de soleil à la mer
Sont toujours exceptionnels.
Bien qu’ils soient éphémères,
Ils ont quelque chose d’obsessionnel.
Quand le soleil se couche à la campagne,
Je suis à chaque fois sa tendre compagne.
Les pieds nus dans l’herbe,
Je le regarde, superbe.
Mon professeur de philosophie
Disait que les plus beaux étaient en Normandie,
Inspirant peinture, photographie et poésie,
Terre où j’ai grandi et où aujourd’hui je vis.
J’aime quand le ciel se couche,
Qu’il vient caresser ma bouche
Par sa chaleur tendre et douce,
Qu’il réchauffe ma couche.
Il y a du rose, de l’orange et du rouge,
Couleurs que la lune jalouse.
Le soleil emporte avec lui la vie
Lorsqu’il part rejoindre la nuit.
J'aime les soirs d'automne
Les soirs de brouillard
Les jours de cafard
Ces jours où je m’abandonne
J’aime ce feu dans tes yeux
La multitude de feuilles à nos pieds
Ces sourires que je n’oublierai jamais
J’aime ces reflets dans tes cheveux
J’aime les soirs d’automne
Les soirs de solitude
Les jours de lassitude
Ces jours où à toi je me donne
J’aime ce camaïeu de couleur
Ce rouge, ce orange et ce jaune
Qui colorent mon royaume
Et m’apportant tant de chaleur
J’aime les soirs d’automne
Les soirs de lumières
Les jours de poussières
Ces jours monotones
J’aime nos balades en forêt
Les photos que je prenais
Ta main qui m’attrapais
Quand je risquais de tomber
J’aime les soirs d’automne
Les soirs à la bougie
Les jours de magie
Ces jours qui tourbillonnent
J’aime l’odeur dans ma cuisine
Ce parfum de champignons
Ces effluves de pommes
Les petits plats qui mitonnent
J’aime les soirs d’automne
Les soirs de vanille
Les jours sans soucis
Ces jours me passionnent
J’aime célébrer le passé
Penser à ceux qui nous ont quittés
Chanter pour ceux qui nous ont aimés
Danser seule à me décoiffer
J’aime les soirs d’automne
Les soirs mystérieux
Les jours ténébreux
Ces jours que j’affectionne
Un jour d’hiver que je me promenais,
Une jolie et toute petite fée s’est posée
Juste là, sur le bout de mon nez.
Je me suis arrêtée pour la regarder.
Elle m’a souri et s’est mise à danser,
Et moi, je continuais de la contempler.
Alors, amusée, elle a sauté de mon nez
Et dans les airs, elle chantait et virevoltait.
J’étais surprise et vraiment très étonnée,
Je n’étais ni ivre ni même droguée.
J’étais bien saine d’esprit, je le savais,
Mais il y avait toujours cette petite fée.
Était-ce bien vrai, tout ce que je voyais ?
N’était-ce pas mon imagination qui, de moi, se jouait ?
Je ne savais que croire ni même penser !
Et je restais là à la regarder, bouche bée !
Je pensais que je devais sûrement rêver,
Moi qui, sur cette terre, avais tant prié
Afin de pouvoir un jour voir une fée.
Je ne pensais pas qu’un miracle se réaliserait !
Elle était si belle, cette jolie petite poupée,
Elle aimait tant danser et chanter.
Un joli petit spectacle, elle m’offrait,
À moi qui aimais tant la contempler.
Cette petite fée, pour moi, représentait
La magie de ce monde qui s’éteignait.
Je compris alors le message de la fée :
Elle voulait me dire de savoir m’arrêter...
...pour, dans le monde, pouvoir admirer
La beauté qui m’entoure, m’émerveiller !
Mais aussi prendre le temps pour les gens, les aimer.
Et aujourd’hui, je sais que les rêves peuvent se réaliser !