Mes revues littéraires

Lire, c’est voyager à travers les mots des autres. Dans mes revues littéraires, je partage mes découvertes, mes émotions et mes réflexions sur les ouvrages qui m’inspirent. Je ne cherche pas seulement à analyser, mais à transmettre ce que chaque lecture m’apporte, comme une conversation entre l’auteur, moi, et vous.

Toutes mes critiques

La métamorphose

Ma lecture de La Métamorphose de Franz Kafka m’a profondément troublée. C’est un texte dérangeant, presque inquiétant, qui installe dès les premières pages une atmosphère étrange et absurde. On entre dans cette histoire comme dans un mauvais rêve, sans comprendre ce qui arrive, et pourtant on ne peut pas s’en détacher.


Ce qui m’a le plus marquée, c’est le mélange de sentiments que le personnage de Gregor provoque. Par moments, je ressens une immense compassion pour lui. Je suis touchée par ses pensées, par ses inquiétudes, par son désir de ne pas déranger sa famille. Et en même temps, il y a parfois un certain dégoût, presque instinctif, face à ce qu’il est devenu. Cette ambivalence rend la lecture fascinante mais aussi profondément troublante.


J’ai compris que Gregor était déjà prisonnier de sa vie avant même sa transformation. Sa métamorphose m’a semblé être moins un événement fantastique qu’une sorte de révélation. Comme si elle rendait visible une réalité qui existait déjà : celle d’un homme enfermé dans une existence qui ne lui appartenait pas vraiment.


Pour moi, ce texte n’est pas tant une histoire fantastique qu’une véritable tragédie humaine déguisée en cauchemar. Ce qui est effrayant n’est pas seulement la transformation de Gregor, mais surtout la manière dont les autres réagissent face à lui. Peu à peu, il cesse d’être une personne pour devenir un problème dont on cherche à se débarrasser.


La fin m’a particulièrement marquée. La famille continue à vivre normalement laissant une impression froide et amère, comme si la disparition de Gregor libérait finalement ceux qui dépendaient autrefois de lui. Une fin cruelle.

Je pense que chacun de nous peut à la fois s’identifier, à un moment ou à un autre de sa vie, à Gregor. Chacun de nous peut être à la fois lui, sa sœur, sa mère ou même son père. Nous pouvons comprendre chacune de leurs réactions, ressentir compassion, horreur, dégoût, inquiétude… tout se mélange à l’intérieur et c’est là je crois, la force de ce livre.


Au fond, ce livre m’a laissée avec un sentiment très étrange : à la fois fascinée et profondément mal à l’aise. C’est une œuvre courte, mais d’une puissance émotionnelle et symbolique remarquable, qui continue de hanter l’esprit bien après la dernière page.

‍   « N’était-il qu’une bête, si la musique l’émouvait pareillement ? »

« Il était un outil du patron, sans cerveau ni colonne. »

« Mais dans le même temps, il n’omettait pas de se rappeler qu’une réflexion mûre et posée vaut toutes les décisions désespérées »

Couverture du livre La métamorphose de Franz Kafka
Franz Kafka

Les Carnets du sous-sol

Il y a des livres que l’on lit.

Et d’autres que l’on traverse.


J’ai commencé Les Carnets du sous-sol de Fiodor Dostoïevski dans le train, en route pour Paris. Je l’ai refermé au retour. Entre les deux : une descente intérieure.


Dès les premières pages, le narrateur fascine. Il est d’une intelligence acérée, d’une lucidité presque chirurgicale. Il démonte les illusions, se moque des utopies rationalistes, refuse les systèmes qui prétendent réduire l’homme à une équation. À l’optimisme naïf, il oppose une conscience douloureuse. À “deux et deux font quatre”, il préfère “deux et deux font cinq”, non par absurdité, mais par révolte. Il revendique le droit à l’irrationnel, à l’imprévisible, à l’orgueil.


Au début, je l’ai admiré. Puis quelque chose se fissure.


L’homme brillant se révèle mesquin. L’analyste implacable devient lâche. Son intelligence ne l’élève pas : elle l’enferme. Chaque geste raté, chaque parole blessante, chaque humiliation infligée aux autres trahit une fragilité immense.

Le narrateur n’est pas seulement un homme aigri : il est la première grande figure moderne de la conscience hypertrophiée. Il pense trop. Il analyse trop. Il démonte tout — y compris lui-même.


Dostoïevski accomplit alors un tour de force : il nous fait aimer un personnage que nous devrions condamner. Il nous contraint à reconnaître en lui une part de nous-mêmes.


La lucidité extrême ne sauve pas. Elle isole.


Et puis vient Lisa.

Face à cet homme retranché dans son sous-sol, elle apparaît comme une lumière fragile. Jeune, vulnérable, mais capable d’une sincérité désarmante. Elle écoute. Elle croit. Elle ose tendre la main alors qu’elle-même en aurait besoin.

Lorsqu’il lui parle d’amour, de dignité, d’une autre vie possible, elle l’entend. Elle ne voit pas le manipulateur, mais l’homme blessé. Et quand elle vient à lui, accomplissant un geste de confiance immense, il la repousse, l’humilie, tente de reprendre le pouvoir par la cruauté.

C’est peut-être la scène la plus violente du roman — non par le corps, mais par l’âme.

Lisa ne répond pas par la haine. Elle répond par la compassion.

En elle, Dostoïevski place une vérité simple et vertigineuse : la dignité n’est pas du côté de l’intelligence, mais du côté du cœur.


Ce roman m’a bouleversée parce qu’il explore cette dualité que nous portons tous. Nous pouvons être l’homme du sous-sol : orgueilleux, paralysé par l’analyse, incapable d’aimer sans dominer, ayant peur d’être démasqué et rejeté. Nous pouvons aussi être Lisa : vulnérable, sincère, prête à risquer la lumière.


Chacun d’entre nous peut être à la fois porteur d’ombre et de lumière.

Il n’y a pas d’innocents dans ce livre. Il n’y a que des consciences.


Les Carnets du sous-sol ne proposent ni solution ni consolation. Ils posent une question dérangeante : vaut-il mieux un bonheur tiède et raisonnable, ou une souffrance lucide et brûlante ?

Dostoïevski ne tranche pas.

Il nous laisse seuls face à ce miroir.


Et l’écho demeure longtemps après avoir refermé le livre — plus attentif à nos contradictions, plus conscient de nos ombres, peut-être aussi plus indulgent envers celles des autres.

« Il est idiot, nous n'en discuterons pas, mais qui vous dit qu'un homme normal ne devrait pas être un idiot - qu'en savez-vous ? Peut-être est-ce même très bien. »


« Maintenant, j'ai cessé d'être ce héros que je voulais être devant vous, je ne suis plus qu'un homme ridi-cule, un mauvais drôle. Tant mieux ! Je suis heureux que vous m'ayez percé à jour. »


« Je m'inventais moi-même des aventures, une vie - pour vivre, ne fût-ce qu'un petit peu. »


« J'en ai parlé plus haut. Je le répète, je répète et j'insiste : les hommes spontanés, les hommes d'action sont justement des hommes d'action parce qu'ils sont bêtes et limités. »


« Ah, messieurs, mais il est bien possible que la seule raison pour laquelle je me prenne pour un homme intelligent, c'est que, de toute ma vie, je n'ai jamais rien pu ni commencer ni achever. »


« Supposons, messieurs, que l'homme ne soit pas stupide. (C'est vrai, voilà une chose qu'on ne peut absolument pas dire de lui, ne serait-ce que pour cet argument: si l'homme est stupide, qui donc peut être intelligent ?) Mais, s'il n'est pas stupide, il reste monstrueusement ingrat ! Ingrat phénoménalement... Je pense même que la meilleure définition de l'homme est la suivante : créature bipède et ingrate. »


« Je vous accorde que deux et deux est une chose excellente ; mais tant qu'à tout louer, c'est deux et deux font cinq qui peut être un engin combien plus adorable. »


« Vous riez, vous dites qu'un poulailler vaut bien le château de Versailles, en cas de pluie. Je vous réponds : Oui, si le seul but de la vie est de rester au sec. »


« Encore que, vous savez : je suis convaincu qu'il faut lui mettre le mors aux dents, à notre gars du sous-sol. Il est capable de se taire dans son sous-sol pendant quarante années, bien sûr, mais qu'il arrive à resurgir dans la lumière - il parle, il parle, il parle... »


« Peut-être est-ce vrai que vous avez souffert, mais vous n'éprouvez pas le moindre respect pour votre souffrance. »


« Un homme honnête et cultivé ne peut être vaniteux sans être d'une exigence illimitée envers lui-même, et sans se mépriser parfois jusqu'à la haine. »


« Nous, les Russes, en général, nous n'avons jamais eu de ces crétins de romantiques éthérés allemands et surtout français, ces gens sur qui rien n'a d'effet - la terre peut s'écrouler sous eux, la France entière peut mourir sur les barricades, ils resteront toujours les mêmes, ils ne changeront pas, ne serait-ce que par décence, ils chanteront toujours leurs chansons éthérées, jusqu'à, pour ainsi dire, leur dernier souffle, parce qu'ils sont des crétins. »


« Un rôle secondaire, c'était hors de mon entendement, voilà pourquoi, dans la réalité, j'occupais tranquillement le dernier. Soit un héros, soit une ordure, pas de milieu. »


« - C'est mal de ne rien penser. Ouvre les yeux, tant qu'il est temps. Justement, il en est encore temps. Tu es encore jeune, tu es belle ; tu peux aimer quelqu'un, te marier, être heureuse...

-   Elles sont pas toutes heureuses, celles qui se marient, répliqua-t-elle en reprenant son ton brutal et saccadé. »


« Et puis, avec l'amour, on peut même vivre sans le bonheur. Même dans le malheur on vit bien, c'est bien de vivre sur terre, ce n'est pas grave, la vie qu'on a. »


« Comme ça; je ne sais pas, Lisa. Vois-tu ; je connaissais un père, un homme austère, dur - devant sa fille, il restait à genoux, il lui baisait les mains, les pieds, il ne se lassait pas de la regarder, vraiment. Elle danse à une soirée, et lui, il reste, cinq heures à la même place, il ne la quitte pas des yeux. İl était réellement fou d'elle ; je comprends ça. Au soir, elle se fatigue, elle s'endort et lui, il se réveille, il vient l'embrasser, la bénir, tout endormie qu'elle est. Lui-même, il porte un vieux pourpoint mité, un avare pour tout le monde, et pour elle, avec ses derniers sous, il dépense, il lui fait les cadeaux les plus chers, et c'est une joie pour lui, quand le cadeau plaît. Les pères aiment toujours plus leurs filles que les mères. Il y a des jeunes filles qui sont si bien chez elles ! Moi, ma fille, je crois même que je refuserais de la marier. »


« Et puis, regarde, Lisa : les gens ne comptent que leur malheur; leur bonheur, ils ne le comptent jamais. »


« Non, Lisa, sans doute, il faut d'abord apprendre à vivre soi-même avant de faire la leçon aux autres ! »


« Enfin, Lisa, comment peux-tu me dire "comme dans un livre", si moi aussi, ça me fait mal, quand je suis seul ? Et pas seulement quand je suis seul. Tout ce que j'avais dans le cœur s'est réveillé, maintenant... Et toi, vraiment, toi, ça ne te fait pas mal, d'être là ? Non - ça veut dire quelque chose, l'habitude, sans doute. »

« Regardez ce que je suis, n'est-ce pas, ne regardez pas ce que je fais. »


« "La paix"- je voulais ça ; je voulais rester seul dans mon sous-sol. "La vie vivante" par manque d'habitude, elle m'avait écrasé tellement que j'avais du mal à respirer. »


« C'est vrai, pourtant ; je me pose une question complètement oiseuse - que vaut-il mieux : un bonheur bon marché ou une souffrance qui coûte cher ? Non, mais, que vaut-il mieux ? »

Couverture Les carnets du sous-sol de Dostoïevski
Dostoïevski

Je vais mieux

Il y a des douleurs qui ne font pas de bruit.
Elles ne saignent pas. Elles ne crient pas.
Elles s’installent simplement dans le dos… « en avoir plein le dos », « avoir bon dos », « se mettre quelqu’un à dos », « avoir le dos large »…
Comme si la langue elle-même savait déjà.

Je vais mieux raconte cela.

Un homme se réveille avec un mal de dos inexplicable. Les médecins ne trouvent rien. Les examens sont normaux. Pourtant la douleur est là, obstinée, presque insolente. Peu à peu, on comprend que le corps parle à la place du cœur et de la tête.

Ce roman m’a touchée parce qu’il dit une vérité que l’on tait souvent : ce ne sont pas toujours les grands drames qui nous marquent. Ce sont parfois des mots ordinaires. Une remise en question. Une mise à l’écart. Une sensation de ne plus être choisi.

Foenkinos écrit avec légèreté. On sourit souvent. L’ironie est tendre. Mais sous l’humour se cache une immense fragilité.

Ce que j’ai aimé, c’est la finesse psychologique.
Le déni progressif.
Le besoin de trouver une cause tangible à une douleur, coûte que coûte.
La quête presque désespérée de comprendre.
Comme si comprendre pouvait réparer.
Comme si analyser pouvait empêcher de souffrir.

Le corps devient alors un refuge paradoxal. Il donne une forme visible à l’invisible. Il autorise la souffrance quand l’orgueil refuse de la reconnaître.

Ce roman parle aussi d’ego blessé, de vulnérabilité masculine et de cette difficulté à admettre que l’on a été atteint. Il montre cette lente prise de conscience qui rend le récit infiniment humain.

J’ai été émue parce que ce livre montre que l’on peut continuer à vivre, à travailler, à parler… tout en étant intérieurement déplacé. Comme si quelque chose s’était légèrement désaxé.

Je vais mieux n’est pas un roman sur la maladie.
C’est un roman sur la blessure invisible.
Sur ces phrases qui restent.
Sur ces silences qui pèsent.

Et peut-être que “aller mieux” ne signifie pas ne plus souffrir.
Peut-être que cela signifie simplement accepter ce qui nous a touchés.

« Était-on conditionné de nos jours à prévoir toujours le pire ? »

« Elle annonça sobrement : «C’est l'homme de ma vie. » Cette expression m'a toujours impressionné. Je demeure fasciné par cette éloquence grandiose, cette stabilité énorme qui concerne la chose la plus imprévisible qui soit : l'amour. Comment peut-on être certain que le présent prendra la forme du toujours ? »

« Je ne sais pas comment c'es possible, mais souvent les femmes sentent qu'on les regarde. »

« Ça sert à ça, une salle d'attente : à évaluer son état par rapport à celui des autres. On s'épie, on s'ausculte du regard.»

« Elle disait souvent : « Je regrette tellement que la mémoire ne commence pas plus tôt. ». »

« J'avais envie de pleurer, mais heureusement je ne savais plus comment faire ; je n'avais pas pleuré depuis si longtemps ; mes yeux avaient perdu le mode d'emploi des larmes. »

« C'était sûrement ça le pire, devoir annoncer aux autres son drame, et pousser parfois cette situation jusqu'au comble de son ironie en devant les rassurer. »

« C'était comme si j'avais toujours su que j'allais finir au sous-sol du monde. Certains ont la certitude de leur réussite, ils débordent d'ambition en sachant que ça payera un jour ; les politiques sont comme ça. Moi, il me semblait que j'avais vécu ma vie avec le sentiment que dans mon corps croupissait le compte à rebours de l'échec. J'avais vécu avec la certitude inconsciente du précipice. »

« Il faut avoir peur de perdre les choses pour les aimer passionnément. »

« Les enfants étaient nos romans, mais nous ne les écrivions plus. »

« J'aurais voulu lui dire qu'elle avait été l'amour de ma vie, et que j'aurais besoin d'elle jusqu'à mon dernier souffle. Mais je n'en ai rien fait ; je n'ai pas bougé ; elle dormait si paisiblement, à l'abri de mes tourments. »

« La mort paraît parfois la seule forme honnête de soulagement. »

« Le premier antidote à ce qui nous ronge est le plongeon dans le passé. »

« Comme si ma vie n'avait été qu'une machine à m'insensibiliser progressivement. Fallait-il que la mort se présente à moi pour comprendre qu'être en vie ne suffit pas à faire de nous un être vivant. »

« La mort nous propulsait dans un monde vide, ou aucune personne heureuse n'oserait s'aventurer. »

« Certains drames unissent les gens : ils se serrent dans les bras les uns des autres comme des promesses silencieuses d'un amour encore plus fort. Mais d'autres aboutissent à des moments dénués d'émotion : on était là à se regarder, et on partageait si peu de chose. Nous étions dans une forme de cohabitation du vide. »

« Comment survivre à cette mort qui était une amputation d'elle-même ? Elle allait errer seule dans leur vie commune comme dans un pays deux fois trop vaste. »

« C’est toujours ainsi : il suffit d’être confronté aux drames de la vie pour se sentir ridicule de s’être fait une montagne d’un rien. De notre rien. Face aux drames des autres, on prend souvent de belles résolutions. On se dit qu’on va maintenant tout relativiser. Mais ça ne dure jamais bien longtemps. »

« Quand on a mal, il suffit parfois d'ouvrir les yeux, et de regarder autour de soi. »

« La chute faisait partie de nous. On marche toujours au bord du précipice, et il suffit d'un rien pour tomber. »

« On n'écrit pas parce que la vie vous laisse du temps libre. Il faut organiser sa vie autour des mots, et non le contraire. »

« Pour ne pas avoir mal au dos, il ne faut pas garder les choses en soi. »

« On comprend souvent les véritables raisons de ses actes après coup. Ils sont guidés par ce fameux sixième sens. »

« On ne devrait jamais rêver de belles choses. »

« Je tenais peut-être ma réponse. Et si rien n'advenait par hasard ? »

Couverture du livre Je vais mieux de David Foenkinos
David Foenkinos

Un cœur faible

Il existe des êtres que la violence du monde ne détruit pas. Ce sont la douceur, l’amour, la reconnaissance et la bienveillance qui les fissurent, qui les brisent…


Dans Un cœur faible, Dostoïevski raconte cette tragédie silencieuse : celle d’un homme trop sensible pour supporter le bonheur qu’on lui offre. Un bonheur simple, sincère, mais vécu comme une dette impossible à honorer.


Au cœur du récit, il y a l’amitié. Une amitié pure, profonde, sans éclat. Arkadi en est l’incarnation. Il aime Vassia d’un amour fraternel, loyal, sans conditions. Il voit, il pressent, il s’inquiète… mais ne peut pas sauver. Aimer quelqu’un sans pouvoir le retenir au bord de l’abîme : voilà ce que Dostoïevski donne à voir avec une justesse bouleversante. Comme je le retrouve en Arkadi…


Face à lui, Vassia.

Trop sensible. Trop fragile. Trop reconnaissant. Trop pur. Vassia n’est pas brisé par la cruauté du monde. Il est brisé par sa gentillesse. Par l’amour qu’on lui donne. Par l’amitié, la reconnaissance, la bienveillance. Tout arrive d’un coup, et son cœur ne sait pas contenir tant de lumière. Il pense qu’il ne mérite pas le bonheur. Ni l’amour. Ni l’amitié. Ni même la douceur alors il se fissure. Lentement. De l’intérieur.


Chez Dostoïevski, la folie n’explose pas : elle s’installe. Elle naît d’un trop-plein d’émotions, d’un excès de gratitude, d’une incapacité à se sentir légitime d’exister heureux. Vassia sombre parce qu’il aime trop et parce qu’il se juge indigne de ce qu’il reçoit.


C’est poignant. C’est d’une violence douce. C’est profondément humain.


Et puis il y a Liza et cette fin. Une fin sans consolation. Liza reste là, témoin à son tour, figée dans ce qui ne pourra plus être réparé. Dostoïevski ne ferme pas la blessure : il la laisse ouverte, comme un silence après la chute.


Un cœur faible est un texte sur ceux qui ressentent trop. Sur ceux qui portent trop. Sur ceux pour qui le bonheur devient une épreuve. Un récit bouleversant qui rappelle que certaines âmes, trop pures, trop sensibles, ne survivent pas toujours à la douceur de la vie.

« Ressens les choses, Vassia, ressens les choses toujours comme tu les ressens en ce moment... »


« Le dernier baiser n'y perdit rien du tout ; il fut plus rapide, plus court, mais, en revanche, plus brûlant et plus fort. »


« Immédiatement, avec ivresse, ils commencèrent à se livrer leurs impressions, sitôt qu'ils se furent retrouvés dehors. Il fallait s'y attendre : Arkadi Ivanovitch était amoureux, mortellement amoureux de Lizanka ! Et à qui pouvait-il confier cela sinon à ce veinard de Vassia ? C'est ce qu'il fit : il n'éprouva pas la moindre honte et avoua tout, séance tenante, à Vassia. Vassia riait affreusement et fut terriblement content, il fit même remarquer qu'il avait bien raison et, qu'à présent, ils allaient être encore plus amis. »


« Parce que tu es heureux, tu veux que tout le monde, d'un coup, absolument tout le monde devienne heureux. Ça te fait mal, ça te ronge d'être le seul à être heureux ! C'est pour ça qu'en ce moment, tu veux, toi-même, à toute force, être digne de ce bonheur, et je parie, te purifier la conscience, faire, je ne sais pas, une espèce d'acte de foi ! Non, mais je comprends que tu es prêt à te torturer parce que, là où il fallait que tu montres ton zèle, ton savoir-faire.... »


« Quoi qu'il puisse t'arriver, n'importe quoi, je suis avec toi, n'oublie jamais ! »


« Ecoute... ça fait longtemps que je voulais te demander : alors, comme ça, tu me connais tellement bien ?

Des larmes coulaient des yeux de Vassia sur les mains d'Arkadi.

-   Si tu savais, Vassia, à quel point je t'aime, tu ne m'aurais pas posé cette question - non!

-   Non, non, Arkadi, je ne sais pas, parce que... parce que je ne sais pas d'où ça vient que tu m'aimes si fort ! Non, Arkadi, tu le sais, ça, que, même, ton amour, il m'a tué ? »


« Le problème était que Vassia n'avait pas rempli son devoir. que Vassia se sentait coupable devant lui. même, se sentait ingrat devant le destin, que Vassia était anéanti, bouleversé par le bonheur et s'en sentait indigne, que, finalement, il s'était juste trouvé un prétexte pour divaguer dans ce sens-là, et que, depuis la veille, il ne s'était toujours pas remis de sa surprise. "Voilà ce que c'est ! se dit Arkadi Iva-novitch. Il faut le sauver. Il faut le réconcilier avec lui-même. Il se creuse sa propre tombe." »


« Mais pourquoi, pourquoi moi ? chuchotait Vassia. Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »


« Parfois, il faisait rouler ses yeux douloureusement, comme s'il espérait que quelqu'un lui rappelle ce qu'il avait oublié. »


« Des larmes brûlantes jaillirent des yeux d'Arkadi.

"Ah, la pauvre Liza !" »

Couverture du livre Un cœur faible de Dostoïevski
Dostoïevski

Vers la beauté

J’ai acheté ce livre un peu au hasard. Après La Délicatesse, j’avais envie d’aller plus loin dans l’univers de David Foenkinos.


Vers la beauté parle d’art. Mais pas seulement. C’est un roman sur le chagrin, la culpabilité, la dépression, le drame… et sur le silence, surtout le silence. Il révèle comment l’art peut, parfois, réparer ce qui semble irrémédiablement brisé.


Le personnage principal, Antoine Duris — qui n’a rien à voir avec l’acteur du même nom — est à la fois mystérieux et profondément touchant. Professeur d’histoire de l’art émérite, il décide un jour, sans prévenir, de quitter tout pour devenir simple gardien de salle au musée d’Orsay. Mathilde Mattel, la DRH, s’interroge sur ce comportement étrange et surprenant… et puis il y a Charlotte, douce Charlotte. Une véritable artiste, lumineuse et fragile.

J’ai lu ce livre sans pouvoir m’arrêter. J’ai senti les larmes monter… sans prévenir.

Un roman magnifique et bouleversant, qui parle avec justesse de l’art, de la beauté, de la mort et de la vie. Car tout est lié…

« La beauté demeure le meilleur recours contre l'incertitude. »


« Les humains dans la souffrance forment deux camps. Ceux qui résistent par le corps, et ceux qui résistent par l'esprit. C'est l'un ou l'autre, rarement les deux. »


« Il avait lu un article sur des Japonais qui quittaient leur vie ainsi, du jour au lendemain. On les appelait des évaporés. Ce mot magnifique cachait presque la tragédie de la situation. Il s'agissait souvent d'hommes ayant perdu leur travail, et ne pouvant pas assumer leur déchéance sociale dans une société basée sur l'apparence. Plutôt fuir et devenir clochard que d'affronter le regard d'une femme, d'une famille, de voisins. »


« La curiosité délimite le monde des vivants et celui des ombres. »


« Le merveilleux demeurait la meilleure arme contre la fragilité. »


« Les ruptures existent longtemps avant le matin où l'on se dit: c'est fini. »


« On aime ce qui est aimé par ceux qu'on aime. »


« L'absurde est toujours voisin du désir. »


« C'est peut-être la définition d'une véritable affinité : ne pas se sentir obligé d'encombrer le vide. »


« Parfois l'apparition de ce que l'on a longtemps espéré transforme le silence en vacarme »


« Elle avait eu besoin de se perdre, de regarder la mort en face, peut-être, pour pouvoir vivre à nouveau. »


« Elle comprenait la puissance cicatrisante de la beauté. Face à un tableau, nous ne sommes pas jugés, l'échange est pur, l'œuvre semble comprendre notre douleur et nous console par le silence, elle demeure dans une éternité fixe et rassurante, son seul but est de vous combler par les ondes du beau. »


« Nous sommes un sujet, et subitement on ne veut plus de vous. Le hors-sujet, c'est la mort. »


« On survole si vite les drames. »


« La vérité était tout autre. Son corps brûlait à l'intérieur. Seule la beauté pouvait le sauver. »


« Tout paraissait si compliqué, choisir sa place entre les erreurs et l'horreur, choisir de mourir ou de survivre, les errances se croisaient. »

Couverture de Vers la beauté de David Foenkinos
David Foenkinos

Les Nuits blanches

J’ai commencé par lire Le Rêve d’un homme ridicule, puis La Douce. En lisant ensuite Les Nuits blanches, j’ai été frappée par les profondes similitudes entre les personnages principaux de ces trois récits.


Il y a toujours un homme : Un homme rêveur, un homme qui aime et qui désespère mais surtout un homme solitaire.


La solitude est au cœur de ce récit. Ici, le personnage principal est un rêveur, un mélancolique, un homme triste, presque en retrait du monde, mais profondément bon et noble. Un homme qui semble incapable de vivre autrement que dans ses pensées, ses idées. Il aime d’un amour absolu, silencieux, total. Il est prêt à tout pour aider une jeune femme qui occupe toutes ses pensées et tout son cœur.


Mais cette femme en aime un autre.

Et c’est là tout le drame.


Chez Dostoïevski, l’amour n’est jamais simple ni léger. Il est sacrifice, attente, renoncement.


Dans Les Nuits blanches, l’homme accepte d’être un refuge temporaire, une présence rassurante, un soutien, tout en sachant qu’il sera abandonné. Mais il aime et espère…Il aide celle qu’il aime à retrouver l’autre, préférant sa joie à elle à son propre bonheur.


C’est une douleur silencieuse, presque digne, qui rend le récit bouleversant.


On retrouve dans ces trois textes une même figure masculine : un homme trop intérieur pour le monde réel, trop pur peut-être, condamné à aimer plus qu’il n’est aimé. Un homme qui rêve sa vie plus qu’il ne la vit, et qui trouve dans la nuit, la solitude et l’amour impossible.


J’ai trouvé cette œuvre tout simplement sublime.

Dostoïevski a ce talent rare de dire l’indicible, de mettre des mots sur la solitude, l’attente, l’amour à sens unique.

Tout est retenu, fragile, profondément humain.


Un texte d’une grande douceur, d’une grande tristesse aussi, qui parle à ceux qui aiment trop, en silence.


À la fin de l’ouvrage, une lecture de Michel Del Castillo vient éclairer l’univers de Dostoïevski. J’ai trouvé ce texte vraiment très intéressant. Il permet de mieux comprendre la vie de l’auteur, ses tourments, son rapport à la nuit, au rêve, à la marginalité, et donne une profondeur supplémentaire à Les Nuits blanches : un texte d’une grande douceur, d’une grande tristesse aussi, qui parle à ceux qui aiment trop, en silence.

« Le ciel était si étoilé, le ciel était si clair que lorsque vous leviez les yeux vers lui, vous ne pouviez, sans même le vouloir, que vous demander : Est-il possible que, sous un ciel pareil, vivent toutes sortes de gens méchants et capricieux ? »


« Ce n'est donc que ce matin que j'ai fini par comprendre ce qui se passait. Mais oui!

Ils m'abandonnent tous, ils filent au vert. Pardonnez-moi cette expression triviale, j'ai d'autres soucis que le beau style... »


« Et néanmoins ma nuit fut plus belle que le jour ! »


« Je marchais et chantais, car, quand je suis heureux, je marmonne toujours je ne sais quoi en moi-même, comme tout homme heureux qui n'a ni amis ni relations et qui, en cet instant de joie, ne peut la partager avec personne. »


« Mais, attention, il y a une condition pour que vous reveniez : d'abord (seulement, je vous en prie, faites ce que je vous demande - vous voyez, je suis franche), ne tombez pas amoureux de moi... C'est impossible, je vous assure. Pour l'amitié, je suis toute prête, voici ma main... Mais tomber amoureux - inter-dit, c'est un ordre ! »


« Le rêveur - s'il vous en faut une définition exacte - n'est pas un être humain, il est plutôt un être du genre neutre. »


« Ecoutez : vous êtes un conteur magnifique, mais ne serait-il pas possible de raconter d'une façon moins magnifique? C'est que vous parlez comme dans un livre. »


« Pourquoi donc - dites-le-moi, Nastenka -, pourquoi donc en de pareilles minutes, le cœur se serre. t-il ? pourquoi, par une espèce de magie, par la lubie d'une force qui nous reste inconnue, les larmes jaillissent-elles des yeux de ce rêveur, ses joues pâles et mouillées se mettent-elles à brüler et toute son existence se remplit-elle d'une joie si incontrôlable ? Pourquoi de longues nuits d'insomnie s'effacent-elles comme un seul instant, dans une joie, dans un bonheur infinis, cependant qu'au moment où le rayon rose de l'aurore vient frapper sa fenêtre et où l'aube éclaire sa chambre renfrognée d'une lumière douteuse et fantastique, comme chez nous, à Petersbourg, notre rêveur, fatigué, épuisé, se jette sur son lit et s'endort dans les derniers frémissements d'exaltation de son esprit maladivement bouleversé, enfin, pourquoi le fait-il avec une douleur si languissante, si douce au fond de l'âme ? Oui, Nastenka, n'importe qui s'abuserait et commencerait à croire que c'est une passion véritable, réelle, qui vous trouble le cœur, croirait, même sans le vouloir, qu'il y a quelque chose de vivant, de tangible, dans ces rêves sans chair ! »


« Savez-vous que vous m'avez, et pour longtemps, réconcilié avec moi-même? Savez-vous que, dorénavant, je ne penserai plas autant de mal de moi, comme cela m'arrivait de le faire ? Savez-vous que, peut-tre, je cesserai de souffrir d'avoir counis un crime, un péché dans ma vie, parce qu'une vie comme la mienne est un crime, un péché ? »


« Parce que je commence à croire dans ces minutes que je ne serai jamais capable de commencer à vite une vraie vie ; parce qu'il me semble déjà que j'ai perdu sout sens du tact, toute sensation du réel, du présent ; parce que, pour finir, après le fantastique de mes nuits, je suis assailli par des minutes de réveil, des minutes effrayantes ! »


« Et cependant, l'âme exige, elle veut quelque chose d'autre ! C'est en vain que le rêveur fouille, comme la cendre, ses rêves anciens, cherchant dans cette cendre ne fût-ce qu'une braise, pour lui souffler dessus et, par un feu renouvelé, réchauffer un cœur qui s'éteint, ressusciter en lui ce qui lui fut si cher, ce qui l'émouvait tant, ce qui faisait bouillir son sang, lui arrachait des larmes et l'abusait si somptueusement ! »


« Que de souvenirs partout ! Je me souviens, par exemple, qu'il y a juste un an, ici. Exactement à cette époque, j'errais, à la même heure, sur ce même trottoir, aussi seul, aussi morne qu'aujourd’hui ! Et je me souviens aussi que mes rêves me semblaient aussi tristes et, même si, avant, je ne me sentais pas mieux, je crois pourtant, je ne sais pourquoi, que la vie me paraissait plus facile, plus apaisée, j'ignorais cette noire pensée qui s'attache à moi en ce moment ; j’ignorais ces remords, ces remords sombres, lugubres, qui ne laissent pas de repos, ni le jour ni la nuit. »


« Et vous vous demandez encore : Qu'as-tu donc fait de tes années ? Où as-tu enterré la meilleure part de toi ? As-tu vécu ou non ? Attention, vous dites-vous, attention, tout sur terre s'éteint. Les années passeront, elles seront suivies par une solitude lugubre, et la vieillesse branlante avec sa canne, la souffrance et l'ennui. Ton monde fantastique pâlira, tes rêves mourront, se faneront, ils tomberont comme les feuilles jaunes de l'automne... »


« C’est vrai qu’il nous arrive de remercier des gens simplement parce qu’ils vivent avec nous. Moi, je vous remercie parce que nous nous sommes rencontrés, parce que je me souviendrai de vous toute ma vie ! »


« Ainsi, quand nous sommes malheureux, nous sentons mieux le malheur de nos semblables; le sentiment ne se disperse pas, il se concentre... »


« Oh que les gens heureux peuvent être insupportables ! »


« Mon Dieu ! Une pleine minute de béatitude ! N'est-ce pas assez pour toute une vie d'homme ?... »

Couverture du libre Les Nuits blanches de Dostoïevski
Dostoïevski

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur & Les Confidences d’Arsène Lupin

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur et Les Confidences d’Arsène Lupin laissent ce mélange rare de plaisir littéraire et d’écho intime.


Il y a d’abord la fierté douce et presque affective de lire un auteur normand.

Maurice Leblanc écrit avec cette élégance un peu hors du temps, ce goût du panache, de l’ironie fine et du mystère qui donnent à ses récits une atmosphère délicieusement rétro et profondément romanesque.


Ces livres ont d’ailleurs une résonance toute particulière lorsqu’on les a achetés au musée Maurice Leblanc, à Étretat, sur cette terre normande qui a vu naître l’univers de Lupin.

La lecture prend alors une autre saveur, comme si le réel et la fiction se répondaient.


Mais surtout, il y a Arsène Lupin.

Un personnage ambivalent, paradoxal, et pourtant terriblement attachant.

Rusé, malin, brillant stratège, d’une intelligence redoutable… et en même temps sensible, secret, parfois mélancolique, presque blessé derrière son masque de charmeur et de joueur.


Dans Gentleman cambrioleur, on découvre un Lupin flamboyant, joueur, insolent, qui se délecte de ses propres ruses et de ses déguisements.

Dans Les Confidences, il devient plus intérieur, plus grave, plus humain.

On y perçoit ses désillusions, ses failles, son code d’honneur, sa solitude choisie.


Et c’est précisément là que quelque chose fait écho en moi.

Ce double visage.

Ce masque lumineux qui cache une profondeur plus fragile.

Cette intelligence stratégique mêlée à une sensibilité silencieuse.

Cette élégance face au monde, et ce retrait intérieur face aux blessures.


Arsène Lupin n’est pas seulement un voleur génial.

C’est un personnage profondément romanesque, presque tragique, qui séduit autant par son esprit que par ses failles.

On s’attache à lui non pas malgré ses contradictions, mais à cause d’elles.


Ces deux livres offrent un vrai moment de littérature :

du plaisir, du mystère, de la nostalgie, et cette impression rare de rencontrer un personnage qui, à sa manière, vous ressemble un peu.


Une lecture que je recommande sincèrement, autant pour l’élégance de l’écriture que pour la richesse émotionnelle de ce héros hors norme.

« Maintenant, s'exclama Lupin, je vais me reposer, suivre un régime de suralimentation et peu à peu redevenir moi. C'est très bien d'être Baudru ou tel autre, de changer de personnalité comme de chemise et de choisir son apparence, sa voix, son regard, son écriture. Mais il arrive que l'on ne s'y reconnaît plus dans tout cela et que c'est fort triste.

Actuellement j'éprouve ce que devait éprouver l'homme qui a perdu son ombre. Je vais me rechercher... et me retrouver »


« Alors le temps s'écoula, le temps morne des soirées d'hiver où les voitures interrompent seules le silence de la rue. La pendule sonnait, implacable. Dans le demi-sommeil qui l'engourdissait, la jeune femme en comptait les tintements. Elle percevait aussi certains bruits à différents étages de la maison, et savait de la sorte que son mari avait dîné, qu'il montait jusqu'à sa chambre et redescendait dans son cabinet de travail.

Mais tout cela lui semblait très vague, et sa torpeur était telle qu'elle ne songeait même pas à s'étendre sur le divan, pour le cas où il entrerait... »


« Elle aperçut Lupin et le salua.

- C'est elle, murmura-t-il, c'est elle avec son fils.

- Elle vous a donc reconnu?

-Elle me reconnaît toujours, quel que soit mon déguisement.

-   Mais, depuis le cambriolage du château de Thibermesnil, la police a identifié les deux noms de Lupin et d'Horace Velmont.

-   Oui.

-   Elle sait par conséquent qui vous êtes?

-   Oui.

-   Et elle vous salue? m'écriai-je malgré moi.

Il m'empoigna le bras, et, violemment:

- Croyez-vous donc que je sois Lupin pour elle? Croyez-vous que je sois à ses yeux un cambrioleur, un escroc, un gredin? Mais je serais le dernier des misérables, j'aurais tué, même, qu'elle me saluerait encore.

-   Pourquoi? Parce qu'elle vous a aimé?

-   Allons donc! ce serait une raison de plus, au contraire, pour qu'elle me méprisât.

-   Alors?

-   Je suis l'homme qui lui a rendu son fils! »


« Et Lupin bougonna entre ses dents:

- Ah! la reconnaissance, quelle fumisterie! Heureusement que les honnêtes gens ont pour eux leur conscience, et la satisfaction du devoir accompli. »


« — Il nous reste Lupin, murmura le chef de la Sûreté.

— Oui, chef, Lupin tout court, Lupin en deux syllabes et en cinq lettres. Lupin décortiqué de son enveloppe brésilienne. Lupin ressuscité d’entre les morts, Lupin qui, transformé depuis six mois en colonel Sparmiento, et voyageant en Bretagne, apprend la découverte de douze tapisseries, les achète, combine le vol de la plus belle, pour attirer l’attention sur lui, Lupin, et pour la détourner de lui, Sparmiento, organise à grand fracas, devant le public ébahi, le duel de Lupin contre Sparmiento et de Sparmiento contre Lupin, projette et réalise la fête d’inauguration, épouvante ses invités, et, lorsque tout est prêt, se décide, en tant que Lupin vole les tapisseries de Sparmiento, en tant que Sparmiento disparaît victime de Lupin et meurt insoupçonné, insoupçonnable, regretté par ses amis, plaint par la foule et laissant derrière lui, pour empocher les bénéfices de l’affaire… »

Couverture du livre Arsène Lupin, gentleman cambrioleur & Les Confidences d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc
Maurice Leblanc

La Douce

Dès les trois premières lignes, La Douce m’a saisie.

Il n’y a pas d’entrée progressive dans le récit : Dostoïevski impose immédiatement le silence, la mort, l’irréparable. Tout est déjà fini, et pourtant tout reste à comprendre. Cette intensité brutale donne le ton d’un texte court, mais d’une profondeur vertigineuse.

Le texte prend la forme d’un monologue : celui d’un mari qui comprend trop tard. On sent qu’il aimait sa femme, mais qu’il a aimé maladroitement, avec dureté et orgueil. Il voulait obtenir son amour sans savoir le donner.

Son regret est réel. Sa douleur aussi. On sent qu’il l’aimait, qu’il l’aime encore, mais qu’il n’a compris qu’après la catastrophe. Chez Dostoïevski, la tragédie n’est jamais dans l’absence de sentiments, mais dans l’incapacité à les exprimer correctement, à temps.

Elle, la douce, s’efface peu à peu. Elle se sent inférieure, indigne de lui, prisonnière d’un silence qui la détruit. Son suicide n’est pas spectaculaire : il est le résultat d’une solitude extrême et d’un amour qui écrase au lieu de soutenir.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est que ce suicide apparaît comme une conséquence logique, presque inévitable, tant l’écrasement psychologique est progressif. Il n’y a pas de scène spectaculaire, pas de cris. Seulement un être humain qui ne trouve plus sa place dans le regard de l’autre.

L’« avertissement » met en lumière l’ampleur du travail de l’auteur mais aussi celui du traducteur. Les trois séries de notes préparatoires de La Douce sont dispersées sur onze feuillets conservés dans plusieurs institutions majeures — la Bibliothèque Lénine et les Archives centrales à Moscou, ainsi que la Maison Pouchkine à Saint-Pétersbourg. Publiés pour la première fois ensemble dans le volume XXIV de l’édition académique des œuvres complètes de Dostoïevski, ces documents constituent la base de la présente traduction. En donnant accès, pour la première fois en français, aux brouillons de La Douce, le traducteur, André Markowitcz, ne se contente pas de transmettre un texte : il restitue un processus d’écriture, et offre au lecteur une plongée rare dans la genèse de l’œuvre.

Ce texte parle de l’amour mal exprimé, de la domination silencieuse et de la compréhension qui arrive trop tard.

La Douce est une œuvre courte, mais d’une force émotionnelle durable, qui laisse une trace longtemps après l’avoir refermée.

« …Bon, tant qu'elle est là, ça va: j'y vais, je regarde, à chaque instant ; mais demain, ils l’emportent, et mol, comment je resterai seul ? »

« - Voyez-vous, lui ai-je fais remarquer tout de suite d’un ton moitié rieur moitié mystérieux, je… ‘je suis une partie de cette partie du tout qui veut faire le mal et fait le bien’… »

« Parce que, pourquoi est-elle morte ? Quand même, cette question, elle se pose. Elle cogne, cette question, elle me cogne dans le crâne. »

« Le balancier qui bat, insensible, détestable. La nuit. Deux heures. Ses petits sou-liers, là, devant son lit, on dirait qu'ils l'attendent... Non, sérieusement, quand ils l'emporteront, demain, qu'est-ce que je serai ? »

« Je lui avais fait peur. Elle a eu peur de mon amour, elle pensait que je l'oublierais et que nous resterions comme ça. Mais si c'était le cas, donc elle ne supposait en moi aucun sentiment. Humain. Elle suppposait ça sans indignation, je ne la condamne pas : comme ça, n'est-ce pas, un homme très ordinaire, de cette race de gens-là, indifférent. Mais, justement, dans cette indifférence, dans cette absence d'indignation - que de mépris. Elle m'avait oublié, tout simplement, oui, oublié, elle s'est même mise à chantonner, elle avait oublié mon existence. »

« C'est maintenant, quand j'ai passé et repassé tout ça dans ma tête, que je comprends : elle a refusé l'amour, elle pensait que c'était ça. L'amour, il lui était tellement pénible qu'elle a préféré mourir. Ça a eu lieu soudain. »

Couverture du livre La Douce de Dostoïevski
Dostoïevski

Passion Simple

Passion simple est un texte d’une intimité saisissante. Certains passages sont crus ; ils ne sont pas là pour provoquer, mais parce que la passion ne connaît pas la pudeur. Quand on aime ainsi, le corps prend le pouvoir sur tout le reste. Le désir devient une nécessité, presque biologique. On ne vit plus avec la passion : on vit pour elle. Ces passages, très forts mais jamais gratuits, disent la vérité d’une passion dévorante, celle qui envahit le corps, le temps et la pensée, jusqu’à nous couper du monde.

Cette lecture a pris une résonance particulière pour moi, car j’ai vu la veille le film Anna Karénine. Lorsque Annie Ernaux évoque ce personnage, j’ai ressenti une forme de synchronicité troublante. Anna comme Ernaux montrent à quel point une passion peut être douloureuse, isolante, parfois destructrice, mais aussi profondément vitale.

Je dis souvent que l’amour est le sel de la vie. En lisant ce livre, je me suis dit que la passion est peut-être encore plus forte : elle brûle, elle consume, elle déséquilibre, mais elle donne à l’existence une intensité rare, presque indispensable.

Ce qui m’a le plus touchée, c’est la fin du livre. Annie Ernaux fait le deuil de cette relation sans pathos, avec une lucidité silencieuse. Elle ne renie rien. Elle accepte que cette passion ait existé, qu’elle l’ait traversée et transformée, et qu’elle fasse désormais partie de son histoire. Elle constate que la passion est terminée, et avec elle cette intensité qui occupait tout l’espace. Il reste un vide, mais aussi quelque chose de précieux : la trace. Elle a vécu cela, et rien ni personne ne pourra le lui enlever.

Un texte court, intense, profondément personnel, qui laisse une empreinte longtemps après la dernière page.

« Je me demandais avec stupeur: « Où est le présent? » »

« Souvent, j'avais l'impression de vivre cette passion comme j'aurais écrit un livre : la même nécessité de réussir chaque scène, le même souci de tous les détails. Et jusqu'à la pensée que cela me serait égal de mourir après être allée au bout de cette passion - sans donner un sens précis à " au bout de » - comme je pourrais mourir après avoir fini d'écrire ceci dans quelques mois. »

« Durant cette période, toutes mes pensées, tous mes actes étaient de la répétition d'avant. Je voulais forcer le présent à redevenir du passé ouvert sur le bonheur. »

« Le temps de l'écriture n'a rien à voir avec celui de la passion. »

« Pourtant, quand je me suis mise à écrire, c'était pour rester dans ce temps-là, où tout allait dans le même sens, du choix d'un film à celui d'un rouge à lèvres, vers quelqu'un. L'imparfait que j'ai employé spontanément des les premières lignes est celui d'une durée que je ne voulais pas finie, celui de « en ce temps-là la vie était plus belle », d'une répétition éternelle. »

« Continuer, c'est aussi repousser l'angoisse de donner ceci à lire aux autres. Tant que j'étais dans la nécessité d'écrire, je ne me souciais pas de cette éventualité. Maintenant que je suis allée au bout de cette nécessité, je regarde les pages écrites avec étonnement et une sorte de honte, jamais ressentie - au contraire - en vivant ma passion, pas davantage en la relatant. »

« Quand je commencerai à taper ce texte à la machine, qu'il m'apparaîtra dans les caractères publics, mon innocence sera finie. »

« J'ai mesuré le temps autrement, de tout mon corps.
J'ai découvert de quoi on peut être capable, autant dire de tout. Désirs sublimes ou mortels, absence de dignité, croyances et conduites que je trouvais insensées chez les autres tant que je n'y avais pas moi-même recours. À son insu, il m'a reliée davantage au monde. »

« Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de la mer. Plus tard, j'ai cru que c'était de mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme. »

Couverture du livre Passion simple d’Annie Ernaux
Annie Ernaux

Le Rêve d’un homme ridicule

Quelques pages seulement, et pourtant… quelle claque. Ce texte frappe par sa force et sa profondeur, par sa manière de parler de vérité et d’amour — les deux choses les plus essentielles pour moi. On ne lit pas ce rêve, on le ressent. Chaque mot vibre, chaque image touche l’âme, révèle ce que l’on porte au plus intime.

C’est intense, bouleversant, lumineux et terrible à la fois. Dostoïevski y condense l’essence de l’existence, et en quelques phrases, il fait jaillir une émotion pure, inoubliable. Lire cela, c’est se retrouver face à soi-même, face à l’amour, face à la vérité, et en sortir changé.

« Je rirais bien avec eux, pas de moi-même, non, mais en les aimant, si je n'étais pas si triste quand je les vois. Si triste, parce qu'ils ne connaissent pas la vérité, et, moi, je connais la vérité. Oh qu'il est dur d'être seul à connaître la vérité ! Mais, ça, ils ne le comprendront pas. Non, ils ne comprendront pas. »


« Sans parler déjà de ce fait que, peut-être, c'est vrai qu'il n'y aura rien pour personne après moi, et le monde entier, à peine ma conscience se sera éteinte, s'éteindra tout de suite comme un spectre, un attribut de ma seule conscience, et cessera d'être, parce que, peut-être, ce monde dans son ensemble, et tous ces hommes, au fond, ils sont juste moi seul. »


« Sur notre terre, nous ne pouvons vraiment aimer qu'avec la douleur, et seulement par la douleur ! Sinon, nous ne savons pas aimer, nous ne connaissons pas d'autre amour. Moi, pour aimer, je veux de la douleur. Je veux, j'ai soif, là, maintenant, en m'inondant de larmes, de n'embrasser que cette terre que j'ai quittée, et je ne veux pas de la vie, je ne l'accepte sur aucune autre !... »


« On pouvait penser qu'ils gardaient des contacts avec leurs défunts même après la mort, et que la mort n'interrompait nullement leur union terrestre. Ils ne me comprenaient presque pas quand je les interrogeais sur la vie éternelle, mais sans doute en étaient-ils si convaincus inconsciemment qu'elle ne leur faisait même pas question. »


« Tant pis si nous sommes faux, méchants, injustes, nous le savons, et nous pleurons, nous nous torturons nous-mêmes pour cela, nous nous martyrisons et nous punissons plus, peut-être, même, que ce Juge miséricordieux qui nous jugera et dont nous ignorons le nom. Mais nous avons la science, et c'est par là que nous retrouverons la vérité, mais, cette fois, nous la recevrons en toute conscience. La connaissance est supérieure aux sentiments, la connaissance de la vie - supérieure à la vie. La science nous donnera la sagesse, la sagesse nous révélera les lois, et la connaissance des lois du bonheur est supérieure au bonheur. »

Couverture du livre Le Rêve d’un homme ridicule
Dostoïevski

Plus noir que noir

Recueil de nouvelles : 12 exactement.

Sombres. Noires. Mais pas si noires que ça… Toujours très bien écrites.

Fascinantes au point qu’il est impossible de s’arrêter avant la fin.

On y retrouve d’anciens personnages — Victor Trenton de Cujo, des échos de Duma Key… King évoque ici le Covid, une période marquante de notre réalité, et y sème des touches de noir, et même de plus noir encore… Il mélange le réel et les ténèbres enfouies avec une maîtrise incomparable.

La plume de King est incroyable : tout ce symbolisme, ces lieux, ces personnages sombres, sensibles, et si parfaitement humains.

J’avais adoré adolescente Nuit noire, étoiles mortes — que je vous recommande vivement.

J’ai retrouvé ici cet ADN : des histoires plus ou moins courtes, mais toujours intenses, vibrantes et fascinantes.

Deux crapules pleines de talent

Une histoire intrigante et inspirante sur le talent et son origine…

Y a-t-il forcément quelque chose derrière ?

Quelque chose de plus ?

Une force mystique ?

La cinquième étape

Nouvelle courte, mais incroyablement forte et intense.

King traite ici de l’alcoolisme et de la cinquième étape des Alcooliques Anonymes : admettre ses erreurs.

Effrayant, non ?

Attendez la fin.

Willie le tordu

Une histoire qui dépeint la relation entre un jeune garçon et son grand-père au début du Covid.

« Tu veux de la mort ? Tiens, prends-en une bouchée. »

Le mauvais rêve de Danny Coughlin

Presque un roman. L’histoire est fascinante.

King nous parle ici de médiumnité.

Finn

La fin m’a véritablement marquée.

À lire absolument.

L’histoire d’un petit garçon poursuivi par la malchance…

Slide Inn Road

Un road trip familial surprenant.

Les voitures tiennent toujours une place plus ou moins importante chez King — et j’adore !

Écran rouge

Une satire des écrans, un meurtre, et un lien avec les extraterrestres.

J’ai été captivée.

Le spécialiste des turbulences

Avez-vous peur en avion ?

Pourquoi donc, si un expert se trouve à bord…

Nouvelle très mystérieuse.

Laurie

Peut-être ma préférée… avec la dernière

Un homme veuf et son lien avec un chien.

Très touchant.

Serpents à sonnette

On retrouve ici de vieux amis : Cujo, Duma Key.

Entre deuils, cauchemars, visites et visions.

Très juste. Comme toujours.

Les rêveurs

Le retour d’un vétéran du Vietnam, William Davis, et sa rencontre avec un scientifique.

J’adore ce personnage : il aime les feux de cheminée comme moi, ainsi que les mots… Debussy, Jung, les expériences sur le sommeil.

L’homme aux réponses

Une rencontre entre Phil et l’homme aux réponses.

Fascinant.

J’ai été profondément touchée par cette dernière nouvelle.

Je suis celle qui se pose tant de questions… et celle qui pense qu’il y a toujours pire.

J’en ai eu les larmes aux yeux à la fin.

Et cette dernière rentrée… oui. Juste oui.

Et le Postface !

Une merveille.

Merci, Stephen King.

« Ce sont les personnes les plus compatissantes et empathiques qui apprécient le plus les histoires d’horreur. Un paradoxe, certes, mais une réalité. Je pense que ce sont les gens sans imagination, incapables d’apprécier le côté sombre de la fiction, qui sont responsables des pires fléaux qui frappent le monde. »

Merci pour cette vérité.

« Il pense que certains traumatismes peuvent transcender même la mort. »

« Dieu a un sens de l'humour abominable. »

« Je me suis souvent demandé si les gens intelligents savaient réellement quelles réponses ils cherchaient dans l'existence. Peut-être qu'ils se promènent sur le tapis magique de leur égo, en faisant des suppositions souvent fausses. »

«C'est normal de désirer ce qu'on ne peut pas avoir. Il faut apprendre à vivre avec. »

« J'ai de la peine pour vous. Votre monde est un souffle de vie dans un univers rempli essentiellement de fenêtres closes »

« Y'a rien à redire dans l'ensemble, ils nous prennent pour des bouseux, mais c'est ce qu'on est, quand on y réfléchit. »

« Le monde est rempli de serpents à sonnettes.

Parfois, quand on marche dessus, ils ne mordent pas. Parfois, on les enjambe, et ils vous mordent quand meme. »

« Les bonnes nouvelles prennent la diligence, les mauvaises prennent l'avion. »

«N'oublie jamais que c'est pire pour d'autres »

«La plupart des gens se montrent raisonnables si on leur parle calmement et si on leur laisse une chance. »

«L'imagination est vorace, il faut la nourrir. »

« Elle songe que la foi est le fléau de l'intelligence. »

«L'esprit humain n'est pas uniquement un reptile venimeux qui parfois se mord lui-même, c'est aussi un ramasseur de déchets enthousiaste. »

« Au crépuscule, la réalité paraît plus floue. C'était vrai. Et quand vient la nuit, le mur entre le réel et un tout autre plan de l'existence peut disparaître totalement. »

« Vous vouliez peut-être une chose qu'on ne peut pas trouver. Peut-être que la créativité doit rester un mystère. »

«Le mariage repose sur la franchise, c'est un entrepôt rempli de secrets partagés. »

« Dans la vie comme dans la mort, la politique prend souvent le pas sur l'art. »

« Pour certaines personnes, c'est pire encore. On a fait de notre mieux avec ce qu'on nous a donné. »

« Le chagrin dort, mais ne meurt jamais. »

« J'ignore quel est le sens de l'univers. J'ai peut-être une petite idée.

Peut-être que vous aussi. Ou pas. Tout ce que je peux vous dire, c'est : méfiez-vous des rêves. Ils sont dangereux. J'ai pu m'en apercevoir. »

« Chacun a suffisamment à faire avec ses propres drames, sans se soucier en plus de ceux des autres »

« La lune est remplie de démons »

« Les gens intelligents souffrent d’un double désavantage : ils ne savent pas de quelles réponses ils ont besoin, et ils ne savent pas quelles questions poser. »

« (…) pour obtenir de bonnes réponses, il fallait avant tout poser de bonnes questions. »

Couverture du livre Plus Noir que Noir de Stephen King
Stephen King

Pour que l’amour nous répare

J’avais adoré le premier livre de Coralie, mais celui-ci m’a encore plus touchée.

Les deux personnages principaux, Gabrielle et Lucas, sont très attachants. On découvre au fil des pages leur relation, leur lien si particulier…

Gabrielle m’a véritablement bouleversée. C’est le genre de femme qui, semble-t-il, a tout pour être heureuse. Mais que veut dire « avoir tout pour être heureuse » ?

Gabrielle est lumineuse, solaire, toujours le sourire aux lèvres. Elle est talentueuse, littéraire, créative et, plus que tout, elle aime. Elle aime les autres plus qu’on ne l’aime, elle.

Tout comme Lucas, sapeur-pompier, qui a besoin d’aider les autres, de se sentir utile, d’être nécessaire. Car lui aussi aime les autres plus qu’il ne s’aime lui-même…

À la fin, j’ai versé ma petite larme.

Ce roman parle d’amour, de toutes les formes d’amour qui existent, et du fait que l’amour peut nous réparer. L’amour d’un homme, d’une femme, d’un enfant, d’un parent, d’une amie…

Il y a une petite touche de surnaturel, de fantastique, mais très bien amenée… presque réaliste. Pas de fausses notes. C’est très touchant, dramatique, romantique, mais profondément humain. Certains passages m’ont vraiment beaucoup émue.

L’amour est bien plus fort que la mort. L’amour est plus fort que tout.

Merci beaucoup pour ce deuxième roman, qui est tout simplement sublime. Je suis très heureuse d’avoir découvert Coralie l’année dernière, à la sortie de son premier roman, et de pouvoir continuer à lire ses mots, découvrir son univers et être touchée par les histoires qu’elle choisit de raconter.

« C’est là que je comprends : l’amour ne s’arrête pas vraiment. Il ne meurt jamais. Il change, il se transforme, il répare. Toujours. Il nous répare. »

« Parfois, pour être “plus”, il faut apprendre à avoir “moins”. »

« Maintenant… Je ne peux pas dire que je suis guéri, que la souffrance est définitivement partie et que j’ai réglé tous mes soucis. Non, la souffrance ne disparaît jamais quand tu perds quelqu’un que tu aimes. On l’apprivoise, on apprend à cohabiter avec, elle se fait plus discrète, elle devient à peu près supportable, jusqu’au jour qui fera plus mal que le précédent. Mais je vais mieux, c’est certain. »

« Tu vois la beauté dans les choses insignifiantes et tu apprends à danser, pieds nus, sous la pluie… Et quand la nuit tombe, quand le soleil s’efface à l’horizon, tu n’as plus peur. Parce que tu sais que c’est à cet instant précis que les étoiles apparaissent. C’est là, sur ce chemin, que je me trouve en ce moment. »

« Toutes les histoires ont leur histoire. »

« Que la gentillesse, c’est un bateau sans vent qui dérive mollement. Que l’amour, le vrai, celui dont j’ai rêvé, celui qui dépasse trois ans sans s’essouffler, c’est un putain d’ouragan. Qui arrache tout, bouleverse, blesse parfois, mais, au moins, fait sentir que l’on est vivant. »

« Apprendre à vous pardonner, c’est le premier pas dans votre quête du bonheur. Parce que si l’on n’avance pas, on stagne. »

« Il veut lui dire que le manque, il l’a apprivoisé depuis longtemps, et que ce n’est pas un cadeau. Toute sa vie, il avait vu des gens s’éloigner, des présences devenir des souvenirs. Toute sa vie, les gens sont partis. La vie a distribué beaucoup de citrons à Lucas. De gros citrons, bien acides. Mais elle lui a aussi donné un don presque magique, celui de transformer tous ces citrons en citronnade. »

« (…) dans la vie, les gens se divisent en deux catégories. D’un côté, ceux qui vivent heureux pour toujours, étrangers aux tragédies. De l’autre, ceux qui doivent chaque jour monter sur le ring, encaisser les coups du sort et se débattre pour attraper quelques miettes de bonheur. »

« Laisse-toi du temps. Il ne guérit pas tout, mais il te permettra de respirer sans souffrir à chaque souffle. »

« Et je ne suis pas d’accord avec la fin. Mourir, ce n’est pas la solution quand la vie devient insupportable.

– Quelle serait la solution, alors ?

– Trouver la personne qui rendrait la vie à peu près supportable. »

Couverture du livre Pour que l'amour nous répare de Coralie Janne
Coralie Janne

La très catastrophique visite du zoo

En quelques pages seulement, Joël Dicker réussit à nous faire rire, réfléchir, enquêter et même aimer.
Ce court roman, ludique et bourré de jeux de mots, cache derrière son humour une vraie profondeur. On y parle de liberté, de démocratie, de différences, et on s’interroge sur le monde et le rôle de chacun — le tout à travers les yeux de Joséphine, petite fille dite « spéciale », mais pourtant si drôle et attachante !

C’est une fable drôle et décalée, qui fait mouche. On y retrouve la patte de Dicker, mais avec un ton nouveau, parfois enfantin, et pourtant terriblement adulte.

Un petit bijou à lire en une après-midi. À ceux qui aiment les mots, l’intelligence légère et les clins d’œil malicieux à notre monde… ce livre est pour vous.

« Il paraît que l’enfer est pavé de bonnes intentions : ça veut dire qu’on croit faire quelque chose pour aider mais en réalité ça n’aide pas du tout. Il vaut mieux que chacun se mêle de ses affaires. »

« Au fond, les gens sont comme les étoiles : c’est en les regardant attentivement qu’on se rend compte à quel point ils brillent. »

« On vit dans un monde où les gens ont oublié de se tenir correctement. »

« Ils ne se rendent pas compte de la chance que nous avons de pouvoir tous être différents, ensemble. Car c’est la beauté de la démocratie. Et c’est même la définition de la liberté : pouvoir être soi-même parmi les autres. »

« Le titre du spectacle était Différents, ensemble. »

« - Les grands timides sont souvent ceux qui le cachent le mieux, a dit la dame. »

« - Quand un homme écrit une lettre à une femme, en général c’est une lettre d’amour. »

« Ça s’appelle faire profil bas. »

« Faire des amandes honorables. »

Couverture du livre La très catastrophique visite du zoo de Joël Dicker
Joël Dicker

Tata

Je me suis profondément reconnue en Colette et en Agnès : deux femmes mystérieuses, tendres et lumineuses, portées par l’amour sous toutes ses formes.
Mais ce livre ne raconte pas seulement leurs histoires : d’autres vies se mêlent et s’entremêlent, formant un tissu délicat d’émotions, de secrets et de rencontres inattendues.

Entre deuils, blessures invisibles, joies discrètes et espoirs furtifs, une lumière douce traverse chaque page, offrant chaleur et réconfort.

Il nous rappelle que la famille ne se limite pas à ceux qui nous mettent au monde, mais à ceux qui nous aiment, nous soutiennent et restent à nos côtés, même dans les moments les plus difficiles.

Et cette phrase, qui me touche profondément : l’amour est plus fort que tout.

“Je suis tombée amoureuse me fois. Une fois, mais pour toujours.”

“Le bonheur se situe à différents endroits et niveaux dans une vie.”

« Je ne t’ai pas beaucoup vue, pas bien connue, mais ce n’est pas la peine de beaucoup voir les gens pour savoir qu’on les aime et qu’ils sont importants. Ce qui compte, c’est leur présence quand ils sont là. Pas le nombre de fois où on les voit.”

“Il ne m’a jamais dit je t’aime, ni parlé, ni embrassée. Je ne lui ai jamais dit je t’aime, ni parlé, ni embrassé. Les gens qui ne se parlent pas, ça existe partout. Et je crois que ça existe beaucoup”

“Elle m’avait répondu qu’elle n’avait jamais été mariée. Même que je lui avais demandé pour-quoi. Elle m’avait fait une drôle de réponse, genre pas besoin d’être mariée pour aimer...”

“Il n’y a rien de plus terrible que de perdre quelqu’un sans qu’il meure, juste parce qu’il est absent de lui-même.”

Il faut du temps à certains mots pour atteindre et pénétrer notre cerveau. Parfois quelques secondes, parfois quelques minutes, parfois des années. »

“Mais on ne refait pas ceux qu’on aime. Ou alors c’est qu’on ne les aime pas vraiment.”

“La vie aussi. On fait de notre vie ce qu’on a envie d’en faire, et on ignore qu’on la possède à l’infini. Jusqu’à la mort. Sauf si on est compositeur. Peintre. Sculpteur. Cinéaste. Écrivain. Chercheur d’or. Charlie Chaplin est là pour toujours”

Couverture du livre Tata de Valérie Perrin
Valérie Perrin

Son odeur après la pluie

Je viens de terminer l’histoire d’Ubac et de son maître.
C’est une histoire d’amour. L’amour d’un chien. L’amour d’un homme. L’amour de deux êtres liés d’une manière profonde et unique.

C’est poétique, marqué par la nature, par l’amour et par la vie. Comme j’ai aimé ce livre… une merveille absolue. Je n’ai pu m’empêcher de verser une larme (ou peut-être plusieurs) à la fin. Quelle belle écriture, quelle belle histoire…

Tu resteras pour toujours, Ubac.

J’ai pensé à ma Lola, qui m’a quittée il y a bien longtemps, et à ma Nikita, celle qui partage ma vie et m’aime d’un amour incommensurable… Car si elle n’était pas là, je ne serais probablement plus là aujourd’hui.

Et à ceux qui n’aiment pas les chiens… hé bien, je n’ai rien à vous dire! ;)

« Un chien, de son passage, augmente votre existence et, non pour l’en remercier mais pour s’élever à lui, un geste suffit, deux seringues, une de cran, une de dignité, et nous en sommes incapables, jouant de cette malhonnête confusion que piquer serait voler. En vrai, c’est rehausser. »

« Je lui demandais comment il pourrait survivre chez un couple de retraités, plaisanter est une digue comme une autre contre le sort implacable. »

« La seule scission du temps dont j’étais déjà conscient est qu’il y avait eu avant Ubac et désormais Ubac ; l’amour, ça coupe la vie en deux. »

« Comme la vie serait belle et triste si l’on pouvait ainsi remonter son fil. »

« L’odeur, c’est le lien intime, fermé aux autres. »

Couverture du livre Son odeur après la pluie de Cédric Sapin-Defour
Cédric Sapin-Defour

Plus grand que le ciel

J’ai littéralement dévoré ce roman.
Elsa et Vincent m’ont profondément touchée. Je me suis reconnue en eux, dans leurs doutes, leurs silences, leurs blessures invisibles. Chaque émotion, chaque hésitation, chaque moment de fragilité m’a semblé si vrai, si proche.

C’est un livre sur l’amour, la peur, la résilience et la force que l’on ne soupçonne pas toujours en soi. Il parle de ces mots que l’on n’ose pas dire… et de ceux que l’on finit par écrire, comme une manière de se libérer et de se révéler.

Le roman explore avec justesse la complexité des relations humaines, les non-dits, les blessures passées, mais aussi les moments de tendresse, de complicité et de découverte. On suit les personnages dans leur intimité, on ressent leurs émotions et on vit avec eux leurs petites victoires et leurs grandes peines.

Un roman bouleversant, intime et profondément humain, qui nous touche au cœur et nous laisse longtemps réfléchir sur ce que signifie aimer et se laisser aimer.

« On devrait nous enseigner qu’on va mourir comme on nous enseigne le théorème de Pythagore. »

« On peut à ce point distordre la réalité, se raconter une autre histoire plutôt que se remettre en question. On préfère désigner un innocent coupable pourvu qu’on ne le soit pas. »

« Il n’a pas refait sa vie après ma mère. (…)Je crois surtout qu’il n’a jamais réussi à remettre les morceaux de son cœur dans le bon sens. »

« Depuis, je me demande. Pourquoi ne voit-on vraiment les gens que quand ils ne sont plus là ? »

« Mais il n’y a que dans mes romans que je sais construire une histoire sans l’abîmer à la fin. »

« J’ai beau le vouloir, l’espérer, ma batterie est à plat. C’est plus fort que moi, j’ai le cœur en hiver »

« Je me suis senti seul, à un point qui fout le vertige. Je pouvais presque m’observer à l’œil nu, moi, plein de gens autour, et entre les deux un fossé immense. »

« Les objets ont une mémoire, c’est pour ça que j’y tiens. »

« Je ne veux plus faire semblant d’aller bien. »

« Je suis prête à croire à tout, plutôt qu’à son absence. »

« Rien ne console l’absence de ceux qu’on aime. »

Couverture du livre Plus grand que le ciel de Virginie Grimaldi
Virginie Grimaldi

Le jour et l’heure

Quand mourir devient synonyme de liberté…
Ce mot si fort, que l’on retrouve de nombreuses fois ici — « libre » — nous fait prendre conscience que la mort fait partie de la vie et que nous ne pouvons être vraiment libres que si nous l’acceptons.
Combien d’années encore devrons-nous nous rendre chez nos voisins suisses pour être libres de mourir ?

Le Jour et l’Heure est une belle histoire, touchante, frappante, marquante et délicate, mais pas larmoyante.
Une histoire de famille où chacun a un rôle à jouer : accompagner et tenir la main d’une personne qu’on aime, tout en lui laissant être libre…

« La mort entre dans la normalité du vivant au même titre que la vie. La mort, c’est la vie. Il fau l’accepter pour mieux vivre. »

« Quand on a été tellement aimé et qu’on se sent obligé de rendre tout cet amour, l’air devient irrespirable... »

Couverture du livre Le jour et l'heure de Carole Fives
Carole Fives

Lait et Miel

Des mots simples. Des blessures à vif. Une poésie brute, féminine, pleine de silences et de cris retenus.
Ce recueil parle d’amour, de corps, de violence, de reconstruction. C’est doux, c’est dur. C’est vrai.
Certains poèmes font l’effet d’une caresse, d’autres d’une claque. Mais tous touchent là où ça fait mal… et là où ça commence à guérir.

« Pourquoi t’est-il si facile

d’être bienveillante envers les gens me demanda-t-il

du lait et du miel coulèrent de mes lèvres alors que je lui répondis

parce que les gens n’ont pas été bienveillants envers moi »

Couverture du livre Lait et Miel de Rupi Kaur
Rupi Kaur

From Here to the Great Unknown

Bouleversant de sincérité et terriblement touchant.
À travers ces lignes, Lisa Marie se dévoile comme jamais. On découvre son énorme cœur, l’amour inconditionnel de son père, Elvis, pour elle, et l’amour inconditionnel qu’elle porte à ses enfants.
Son esprit intuitif, spirituel, sa force, son caractère et son amour de la liberté. Sa terrible solitude et le deuil omniprésent dans sa vie, dont elle ne se débarrassera jamais. Ses addictions, ses failles, ses faiblesses : l’alcool et les drogues. Et la musique, qui fera toujours partie de sa vie. Les ténèbres qui l’entourent et qu’elle portera en elle…

Une femme qui a passé sa vie à se chercher, à trouver des réponses et à aimer.
Des mémoires magnifiques. Vraiment.

J’ai souvent eu l’impression de me retrouver en elle, dans son histoire, dans ses textes, ses chansons, sa solitude, sa lourde histoire familiale, ses heurts avec sa mère, son amour pour son père, sans oublier les drames qu’elle a portés en elle.

Je vous le recommande vraiment. Allez-y, lisez-le ! Fan ou non d’Elvis, fan ou non de Michael Jackson, fan ou non de musique… c’est l’histoire d’une femme qui se raconte et qui veut enfin nous révéler qui elle est, qui elle était.

« Quel est le but d’une autobiographie ?

Je pensais que mon principal objectif serait d’aider des gens, d’une manière ou d’une autre. Ou d’éclairer quelque chose. De faire une différence, quelque part. Je crois que certains ont traversé les mêmes choses que moi, et peut-être diront-ils :

"Ça m’a vraiment aidé. "

Ce serait tellement gratifiant. Ou peut-être que des gens diront : « Putain, je n’arrive pas à croire que vous ayez survécu à ça. Je n’arrive pas à croire que vous êtes toujours vivante. Quand je raconte mon histoire aux gens, ils me disent que je suis forte. Mais ça me rend dingue, parce que je me dis :  Ça sert à quoi, finalement? jetez-moi des épreuves à la figure et je les encaisserai, mais pour quoi faire? Quelle importance, d’être forte ? Aucune, à mes yeux.

Je ne suis pas forte. Pas du tout. »

Couverture du livre From Here to the Great Unknown de Lisa Marie Presley et Riley Keough
Lisa Marie Presley / Riley Keough

Changer l’eau des fleurs

J’ai adoré ce roman de Valérie Perrin, où plusieurs histoires s’entremêlent pour n’en raconter finalement qu’une seule.
Il y a l’amour et il y a la mort. Il y a différentes formes d’amour et différents deuils. Nous avons tous un grand amour, et ce roman parle de cela, mais il montre aussi que l’amour est plus fort que la mort.

Violette est une femme sensible et un peu particulière : elle est gardienne de cimetière. Oui, je sais, cela peut paraître lugubre, mais ce n’est pas du tout le cas. C’est une femme seule, mais pourtant pas si seule que cela… Son quotidien est rythmé par les visiteurs, des gens endeuillés, et par ses amis : Elvis, Gaston, Nono, le père Cédric et Sasha, ne l’oublions pas !

Il y a les drames des autres et ses propres drames, et tout s’entremêle. Tout est lié, car nous sommes tous liés.
L’histoire de Gabriel et Irène, celle de Philippe et Violette, de Philippe et Françoise, Françoise et Luc, de Léonine et Violette, Célia et Violette, Violette et Sasha… et Julien !

On y parle de paternité, de maternité, d’homosexualité, d’amour, de vie et de mort aussi. C’est touchant, poétique, bouleversant et terriblement fort en même temps.

Le roman est truffé de références que j’adore : Elvis Presley, Francis Cabrel, Sur la route de Madison, Les oiseaux se cachent pour mourir, Un singe en hiver, Gabin, Belmondo, Eddy Mitchell, Jacques Brel, Jean-Jacques Goldman, Alain Bashung, la Normandie, le calva, et tant d’autres livres, chansons ou personnalités…

« C’est toujours comme ça avec la mort. Plus elle est ancienne, moins elle a de prise sur les vivants. Le temps dézingue la vie. Le temps dézingue la mort. »

«La mort commence lorsque personne ne peut plus rêver de vous.»

« Il manquera toujours quelqu’un pour faire sourire ma vie, toi. »

« C’est important de mettre des photos sur les tombes. Sinon, on n’est plus qu’un nom. La mort emporte aussi les visages. »

« Parler de toi, c’est te faire exister, ne rien dire serait t’oublier. »

« Nous étions deux pour nous aimer, je reste seule pour te pleurer. »

Couverture du livre Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin
Valérie Perrin

Le vallon des lucioles

Très beau roman, inspiré d’une histoire vraie.
Bouleversante histoire d’amour et hymne à la tolérance, il nous plonge en 1937 dans les Appalaches, où Clay Havens, photographe, et son ami Massey sont envoyés pour réaliser un reportage.

Très vite, ils découvrent l’existence d’une famille différente des autres et rencontrent Jubilee, une jeune femme à la peau bleue. À travers cette rencontre, le roman explore des thèmes forts : le racisme, la passion, la violence, mais aussi l’amour et la capacité des êtres humains à dépasser les préjugés.

L’écriture est poignante et sensible, rendant chaque émotion palpable : la fascination, la peur, le doute, mais aussi l’émerveillement et la tendresse. On se laisse emporter par cette histoire unique, qui interroge sur l’acceptation de l’autre et sur la beauté des différences.

Un récit qui reste longtemps en mémoire, autant pour la puissance de son histoire que pour son message universel sur la tolérance et l’amour.

« Il n’y a que trois choses sur lesquelles nous autres, pauvres âmes, n’avons aucun contrôle : notre naissance, notre mort, et la personne que nous aimons, et quiconque vous dira que l’amour est une chose simple n’est certainement jamais tombé amoureux. »

« -Les choses ne finissent jamais bien pour les amoureux dans les chansons, n’est-ce pas ? plaisante-t-il.

-Pourquoi faut-il qu’il y en ait toujours un qui meure ? »

« Rester seule, voilà ce qu’elle sait faire, voilà son destin. Lorsqu’on oublie ça, on se fait mal. »

« Ce que l’on n’explique jamais au sujet des trains, c’est que, quelle que soit leur destination, la personne qui monte à bord n’est plus la même que celle qui en descend. »

« Perdre quelqu’un, c’est comme être emporté par une crue, on manque de se noyer et on part à la dérive ; on ne choisit pas le moment où l’on retouche terre. »

« L’amour va au rythme de celui qui est le plus blessé. »

« Havens a appris que l’existence est une succession de commencements. Parfois, cela lui a permis d’atténuer un peu plus la vieille culpabilité qui le taraude pour avoir jadis été responsable du mal qui a été infligé à Jubilee. Parfois, cela lui a permis de sentir fier, et parfois aussi il a eu l’impression de ne pas être assez bien pour elle. »

Couverture du livre Le Vallon des Lucioles d'Isla Morley
Isla Morley

Où vivaient les gens heureux

Très jolie histoire de Joyce Maynard, lauréate du Grand Prix de littérature américaine 2012.
J’ai eu du mal au début : pendant les deux ou trois premiers chapitres, je ne savais pas où l’histoire allait me mener. Puis je n’ai plus pu lâcher ma lecture. Preuve en est : je l’ai lu en deux jours.

Eleanor est une femme forte et aimante que l’on découvre à travers ces lignes. Artiste, solitaire, elle décide de vivre sa vie dans une ferme à la campagne, son chez-elle, son paradis, entourée de la nature et de ceux qu’elle aime : sa propre famille. Elle aime ses enfants plus que tout. Elle veut leur donner tout ce qu’elle n’a pas eu, elle, l’orpheline de seize ans. Eleanor se sacrifie pour ses enfants, cherchant à ne pas reproduire les erreurs de ses propres parents et à ne pas tomber elle aussi à Crazyland, ce pays imaginaire où la folie règne.

Mais rien n’est parfait, et à trop vouloir donner, elle finit par se perdre… Nous ne pouvons rien contrôler.

Comme cette femme me parle… Amour, mariage, naissance, drame, divorce, regrets, amertume, tragédie, deuil, intimité, joie, colère… espoir et pardon.

« Finalement, on survit à beaucoup de choses. On en est transformé. Mais on continue. »

« On quitte parfois un endroit parce qu’on n’aime pas y être. Et parfois on doit le quitter parce qu’on l’aime trop. »

« Continue à sourire et personne ne saura ce que tu penses vraiment. »

« Il existait plus d’une manière de se sentir seule. »

Couverture du livre Où vivaient les gens heureux de Joyce Maynard
Joyce Maynard

La délicatesse

Un roman écrit avec beaucoup de tendresse, d’humour, de douceur et de délicatesse par David Foenkinos, qui raconte la vie de Nathalie, une jeune veuve après le décès de son mari.
Ce récit m’a profondément touchée et m’a fait réfléchir, me questionner sur la vie, le deuil et la manière dont on continue d’avancer après une perte immense.

Foenkinos réussit à mêler légèreté et émotion, grâce à une écriture sensible qui fait ressentir à la fois la fragilité et la force de son personnage. On se retrouve happé par les petites attentions, les gestes du quotidien, les souvenirs, et cette lutte intérieure entre tristesse et désir de vivre à nouveau.

Après cette lecture, je n’ai désormais besoin que d’une chose : de la délicatesse.
Un roman qui parle d’amour, de perte, de résilience et d’espoir, et qui laisse une empreinte durable dans le cœur du lecteur.

« Il y a dans le deuil une puissance contradictoire, une puissance absolue qui propulse tout autant vers la nécessité du changement que vers la tentation morbide à la fidélité au passé. »

« Le livre était ainsi coupé en deux ; la première partie avait été lue du vivant de François. Et à la page 321, il était mort. Que fallait-il faire ? Peut-on poursuivre la lecture d’un livre interrompu par la mort de son mari ? »

« En se tuant, il avait figé leur amour. Il les avait propulsés dans une éternité fixe. Comment ravir quoi que ce soit chez une femme dans ces condi-tions? Une femme qui vit dans un monde arrêté.(…) Certains pensent bien que la passion a forcément une fin tragique. »

« Le Larousse s’arrête là où le cœur commence. ».

Couverture du livre La délicatesse de David Foenkinos
David Foenkinos

De la race des seigneurs

J’ai été très touchée par cette écriture délicate et sensible. On y ressent une profonde fragilité. L’histoire est belle, tendre, et peu importe si la fiction s’inspire de la réalité ou si les deux s’entremêlent : après tout, il y a toujours une part de vérité dans toute fiction, mais là n’est pas la question.

Alex est fragile, mais son histoire est celle d’un jeune homme qui a besoin de parler, de se confier et de trouver quelqu’un prêt à l’écouter sans le juger, ni lui ni son père. Cette ombre qui l’écrase mais qu’il admire…
Il va trouver cette personne, son « sauveur » : un psychanalyste bienveillant, en pleine nuit, à Paris, alors qu’il allait commettre le geste de trop, après une nuit trop arrosée, noyé dans les ténèbres de ses démons…

« Tu fais confiance aux gens et après ils t’enfument. Je suis sur mes gardes maintenant. Un vrai soldat, comme Papa. »

« La honte, je vis avec depuis des années. Parce que je suis toujours trop petit, trop faible par rapport à ce que mon père attend de moi. Parce que même ma mère m’a tourné le dos. Parce que je n’arrive pas à vivre comme je le devrais, comme j’en ai envie. »

« J’allais devoir prendre mon destin. La lucidité serait mon guide. Ne pas être dupe, de rien ni de personne, jamais."

« Un malaise profond m’envahit. Je suis en train de tout gâcher. C’est toujours comme ça. La spécialité familiale. Gâter les belles choses. »

« C’est étrange comme les mots de haine viennent facilement à la bouche, quand ceux destinés à guérir ou apaiser restent bloqués sous le cœur. »

« — Dans le fond, Georges, on est toujours seul, vous ne pensez pas ?

— Si. Je le crois aussi. Mais c’est une solitude habitée. Regardez plutôt... Vous pensez toujours à Diane et moi à ma femme. Les absents prennent beaucoup de place. »

Couverture du livre De la race des Seigneurs d'Alain-Fabien Delon
Alain-Fabien Delon

Parler sexe

Je lis plutôt des romans habituellement, mais pour une intervention sur la vie affective, une collègue m’a prêté ce livre écrit par le gynécologue le plus demandé de France : Israël Nisand.
Je le conseille et le recommande à tout le monde : parents inquiets, ados qui se questionnent, personnels médicaux, professeurs attentifs, infirmières scolaires, CPE, assistants d’éducation, éducateurs spécialisés, pères perdus, mères effrayées de ne pas avoir « l’instinct maternel »… tout le monde !

C’est très bien écrit, court mais fluide, et l’essentiel est dit. Certains passages font sourire, d’autres, parfois plus graves, font réfléchir et questionnent.
On y parle de consentement, d’IST, de genres, de violence, d’avortement, de première fois, de domination masculine et de la femme, du désir et de l’amour.

"Chacun se cherche ... et se trouve éventullement. Et beaucoup restent dans le doute.»

«La sexvalité est toujous singulière. Personne n'a rien à en dire et tout est normal à condetion qu'on me Prive pas l'a autre de la liberté de son corps.”

Couverture du livre Parler Sexe de Israël Nisand
Israël Nisand

Bastingage

Bastingage, troisième livre d’Anthony Delon, traite notamment des relations toxiques, de l’emprise et de nos rapports aux autres.
Qui n’a jamais aimé passionnément ? Aveuglément ? Et qui n’a jamais voulu se sentir aimé de la même manière en retour ?

C’est plaisant à lire, et beaucoup d’entre nous se retrouveront sûrement dans certains aspects du personnage principal.
Certains y verront des parallèles avec la vie de l’auteur, sa famille ou ses proches ; moi, j’y vois simplement un être humain emporté par les sentiments et les émotions, comme n’importe quel autre.

« À travers ce livre, je me confronte à mon ennemi le plus terrible : moi »

« J’avais oublié tout le reste, en quelques heures, l’incident s’était dilué dans les limbes de mon déni. Le danger menace toujours lorsque ce qui ne doit pas être considéré comme usuel le devient. »

« C’est toujours dans l’adversité que l’on voit la nature de l’autre... »

« Accroché au bastingage, le corps voûté par la lutte, j’attendais une ultime déferlante qui cette fois tardait à venir. »

« Les jours qui suivent un décès qui nous touche d’aussi près sont particuliers.

C’est un peu comme si nous étions enveloppés par une grâce divine. »

« Peut-être entrevoyais-je enfin la lumière et trouvai-je la voie de la guérison en commençant à penser à moi. »

« L’amour véritable c’est d’abord de s’aimer soi. »

Couverture du livre Bastingage d'Anthony Delon
Anthony Delon

Et si tu revenais

Magnifique roman, fort et touchant, écrit par Coralie Janne, qui nous raconte l’histoire de Mia, moins de trente ans, veuve et ayant perdu l’homme de sa vie, l’amour de sa vie : Stan.
Comment survivre à une telle épreuve ? Comment ne pas s’effondrer quand on vous dit : « Heureusement, tu es super jeune, tu vas t’en remettre. Et puis, ta veine, c’est que vous n’aviez pas d’enfants. »

Et puis, Mia rencontre un homme au cimetière alors qu’elle est effondrée… Il semble tout connaître d’elle et de leur histoire. Et quand il lui demande :
« – … que serais‑tu prête à faire ? »
C’est là que tout commence. Ou plutôt, que tout finit.
Je signe un pacte avec Metallica Man.
« – Tout… Je serais prête à tout. »

Je vous recommande ce livre. Vraiment.
C’est beau, c’est fort. C’est vibrant d’amour. Très bien écrit. Émouvant, mais drôle. Ni trop noir, ni trop exagéré. Au contraire, très juste. Impossible d’arrêter ma lecture avant d’en connaître la fin… et quelle fin ! N’y a-t-il pas de plus belle preuve d’amour ? Je ne vous en dis pas plus…

Comment ne pas être touchée par cette histoire qui fait d’une certaine manière écho à la mienne ? Mia est un peu moi… Deauville, Stephen King, Meredith et Derek dans Grey’s Anatomy, elle qui aime la littérature anglaise, lui qui raffole des kebabs, sa passion pour les cimetières, leurs différences et pourtant, c’est une évidence.
Tout cela et tant d’autres choses… Me suis-je demandé si j’étais prête à commettre l’irréparable ou partir moi aussi ? Évidemment.

« Quand je sors de mes pensées, rien n’a changé. Tout semble figé, le temps est suspendu. Le monde entier retient-il son souffle ou suis-je la seule ? »

« -Vous souvenir des bons moments. Et remercier le ciel, Dieu, la vie... peu importe ce en quoi vous croyez, d’avoir croisé sa route. »

« Après des heures passées dans la peau d’une veuve en société, je peux vous dire que le deuil s’apparente à une pièce de théâtre dramatique. Ou, plutôt, tragi-comique. »

Couverture du livre Et si tu revenais de Coralie Janne
Coralie Janne

L’affaire Alaska Sanders

Une enquête bien plus profonde qu’il n’y paraît.Ce roman parle de deuil, de secrets qu’on enterre si profondément qu’on les oublie, de blessures qu’on garde pour soi, d’un amour qu’on croit perdu… mais qui survit malgré tout.Une lecture marquante, pleine de phrases qui restent longtemps en tête et en cœur.

« Quand on aime c’est malgré nous, c’est pour toujours. »

« Nous n’apprivoisons pas assez la mort. N’oublions pas qu’elle est inhérente à la vie. Il faut parler des disparus pour qu’ils restent vivants. Si, par pudeur, on évite d’évoquer leur mémoire, alors on les enterre pour de bon. »

« Le problème avec certains secrets, c’est qu’on en vient à les oublier soi-même. Un beau jour, ils remontent à la surface, comme des égouts qui débordent. »

« — [...] Au fond, on ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime.

— On ne se connaît même pas soi-même, fis-je remarquer. »

« La difficulté avec un secret, ce n’est pas tant de le taire, que de vivre avec. »

« — Vous savez, l’écrivain, les vraies blessures sont secrètes. Il faut les taire : elles ne cicatrisent que si on les garde pour soi.

— Je n’en suis pas si sûr. »

« — On voudrait toujours qu’un grand écrivain ressemble à ceux qui l’ont précédé, sans penser que, s’il est un grand écrivain, c’est justement parce qu’il ne leur ressemble pas. »

« - (...) Et grâce à vous, j’ai surtout compris que nos démons ne disparaissent jamais. On s’y accoutume et ils finissent par partager notre quotidien sans plus l’entraver. (..) Ce billet de concert, c’était pour vous signifier que la vie continue, qu’il suffit d’une simple étincelle pour la faire redémarrer. »

« - La vie est une succession de drames. Il ne faut pas se laisser noyer. »

« Les apparences, l’écrivain. Les apparences sont le ciment de nos vies sociales. Mais dans l’intimité de nos maisons, tout s’effondre. »

Couverture du livre L'affaire Alaska Sanders de Joël Dicker
Joël Dicker

L’énigme de la chambre 622

Voilà un moment que j’ai terminé le roman qui m’a accompagnée lors d’un périple en Bretagne : L’énigme de la chambre 622 de Joël Dicker, et je l’ai adoré.Il parle d’amour, de mort, d’apparences et de rôles à jouer, d’identité, d’aventures et d’écriture — des thèmes que j’affectionne tout particulièrement.Il y a ce triangle amoureux, cette enquête criminelle, le travail d’un écrivain, mais aussi celui du deuil.Ce livre a marqué une étape importante pour moi, et je vous le recommande très fortement. J’espère qu’il vous apportera autant qu’il m’a apporté à moi.

« L'amour est le sentiment du sens de la vie. »

« La mort de l'autre, c'est comme si l'on vous arrachait le coeur et qu'on vous demandait de continuer à vivre ensuite. Depuis j'erre comme une ombre. »

« L’homme qui sait vous faire rire, sait vous faire vivre, car il n’est pas de plus beau sentiment. »

« Le chagrin ne connaît aucune règle. »

« Le rire est plus fort que tout, plus fort même que l’amour et les passions.»

« Où vont les morts ? Partout où l'on peut se souvenir d'eux. Surtout dans les étoiles. Car elles ne cessent de nous suivre, elles dansent et brillent dans la nuit, juste au-dessus de nos têtes. »

« Transmission mon fils, très important la transmission. C'est comme ça que les gens ne meurent jamais vraiment : quand bien même leur corps peut être rongé par les vers de terre, leur esprit survit au travers de quelqu'un d'autre. Et ainsi de suite. »

« Que sommes-nous capables de faire pour défendre les gens qu'on aime? C'est à cela que l'on mesure le sens de sa propre vie. »

« -Avez-vous le cœur brisé? Est-ce pour cela que vous écrivez?

-Peut-être.»

« Cette solitude qui m'accompagne partout et qui me fait écrire. »

« La vie est un roman dont on sait déjà comment il se termine à la fin, le héros meurt. Le plus important n'est donc pas comment notre histoire s'achève, mais comment nous en remplissons les pages. Car la vie, comme un roman, doit être une aventure. Et les aventures, ce sont les vacances de la vie. »

Couverture du livre L'énigne de la chambre 622 de Joël Dicker
Joël Dicker

Daisy Jones and The Six

J’ai dévoré ce roman pendant un long trajet en train et… quelle claque ! J’ai adoré.
Écrit sous forme d’interviews, il se lit tout seul : vif, passionnant… On a vraiment l’impression que ce groupe a existé, et l’on entend presque Fleetwood Mac en fond.
Une vraie déclaration d’amour à la musique, au rock, à la passion.

Et la série ? Magnifique : fidèle, intense, vibrante. J’ai tout aimé.
Un roman (et une série) que je recommande les yeux fermés.

« Je crois qu’il faut avoir confiance en quelqu’un avant même qu’il le mérite. Autrement, ce n’est pas de la confiance, tu ne crois pas ? »

« Au début, tu penses qu’après la tragédie la Terre va s’arrêter de tourner, puis tu comprends que non. La Terre ne s’arrête jamais de tourner. Rien ni personne ne l’empêchera de tourner. »

Couverture du livre Daisy Jones and the Six de Taylor Jenkins Reid
Taylor Jenkins Reid

Après

J’ai refermé Après de Stephen King, et quelle lecture !Jamie, cet enfant capable de voir les morts et de leur parler, entraîne le lecteur dans une histoire à la fois glaçante et envoûtante.Sous des airs de récit fantastique, King nous offre bien plus : une réflexion sur le bien et le mal, sur les choix qui façonnent une vie, et sur ce qui nous dépasse.Un roman haletant, plein de tension, mais aussi d’humanité.Et cette fin… un choc, un vertige.

"Quand le destin pointe sur vous son doigt capricieux, toutes les routes mènent au même point, j'en suis convaincu. Peut-être qu'un jour je changerai d'opinion, mais ça m'étonnerait beaucoup. »

"Certes, il a fini en prison, mais comme le disait maman, la vengeance n'a jamais payé les factures ni rempli le frigo."

Couverture du livre Après de Stephen King
Stephen King

Le gardien sans sommeil

Une lecture tout en délicatesse, très poétique, très juste.« Un roman sur la solitude de l’hiver et la lumière des cœurs. »Un récit qui parle de l’hiver, de la paternité — de ses joies comme de ses peurs —, de la mort et de la solitude, mais aussi de l’amour.Un roman que j’ai beaucoup apprécié lire et que je recommande, bien évidemment.

“Derrière lui le village s'éteignait : une impression qu'il était bien incapable de s'expliquer. Elle dépassait l'absence de bruits, de mouvements; la lumière même s'estompait autour des bâtiments, et le paysage prenait la couleur de la solitude, dévoilant son effrayante sécheresse.”

«La paix est un équilibre entre ce qui nous manque et ce qui nous reste. Entre le savoir et l’ignorance.»

Couverture du livre Le gardien sans sommeil de Guillaume Huon
Guillaume Huon

La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert

Lorsque j’ai terminé ce roman, j’ai versé ma petite larme.
Ce livre m’a donné envie d’écrire et de terminer mon histoire, celle sur laquelle je bloquais depuis des mois.
C’est une magnifique histoire d’amour, un message d’espoir, de vérité, mais aussi une lettre de passion adressée à tous les écrivains.

J’avais adoré L’énigme de la chambre 622. Il m’avait bouleversée et chamboulée. Il m’avait redonné l’envie de lire.
Et voilà que, peu de temps après, je tombe par hasard, en faisant mes courses, sur un autre roman du même auteur : La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert.
Je décide de l’acheter sans même lire le résumé. Je commence la lecture. Et il me touche en plein cœur.

Je me retrouve en Harry et en Marcus.
Et puis cette histoire d’amour… Nola. Merveilleuse Nola.
Une histoire d’amour marquée par la différence d’âge, qui connaît une fin tragique et brutale.
Et voilà que je m’y retrouve, et que mon cœur pleure.
Mon cœur pleure, et mes yeux aussi.

L’énigme de la chambre 622 m’a redonné l’envie. L’envie de vivre, et surtout ce besoin de lire.
La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert m’a fait ressentir. Ressentir tout ce que j’avais enfoui, tout ce que je me refuse de revivre et de partager. Ressentir ce besoin d’écrire.

Tout est dans les livres.

"Le dernier chapitre d'un livre, Marcus, doit toujours être le plus beau."

Couverture de livre La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker
Joël Dicker

Cézembre

Une lecture douce et puissante, comme le ressac d’une mer chargée de souvenirs.Au fil des pages, on découvre peu à peu une histoire de famille enfouie, des silences pleins de sens, des émotions retenues qui finissent par surgir.La mer est partout : elle berce, elle efface, elle révèle.J’ai été profondément touchée par l’écriture d’Hélène Gestern — fine, pudique, lumineuse dans sa mélancolie.Une lecture qui fait écho à ces choses que l’on porte en soi sans toujours savoir les nommer.Une belle surprise, une belle traversée.

"Et vous, pendant ce temps, vous observez le spectacle, fasciné. Inoffensive, la crête des vagues qui recule, luisant dans les bandes de lumière pâle de l'aube. Emouvante, la ligne d'horizon nimbée de brume, de vapeur, qui hésite entre l'azur, le gris et l'opaline et ne se décide pour aucun, comme si la mer était tout simplement en train de fondre dans le ciel, ou l'inverse."

"Chacun fabrique, en somme, les images dont il a besoin pour survivre."

"Au moment où j'ai débouché sur la digue, le panorama m'a happé : le bleu profond strié de gris, l'étendue grondante, l'horizon interminable, le vent puissant qui emportait le souffle sur les lèvres."

"Jamais il n'aurait imaginé qu'il existait des mers comme ça. Des mers d'eau froide, brillante, méchante, qui ne connaissaient jamais de repos, comme si la colère de Dieu s'était ramassée dedans."

"J'avais eu quarante-neuf ans quelques jours plus tôt. Mais l'espace de quelques secondes, j'étais redevenu le petit garçon gauche qui court derrière son frère, celui qui perd chaque fois au jeu des vagues, mais continue d'espérer que son père l'aimera un jour."

"La passion pour les secrets de famille n'est parfois rien d'autre qu'une névrose égoïste. C'est Etienne qui a raison: le souci des vivants a plus de prix que les égarements des morts."

Couverture du livre Cézembre de Hélène Gestern
Hélène Gestern

Le livre des Baltimore

Je suis tellement fan de Joël Dicker ! Je vous conseille vivement la suite des aventures de Marcus Goldman dans Le Livre des Baltimore. C’est toujours aussi bien écrit : juste, émouvant, drôle, passionnant. Les mots sont choisis avec soin et l’histoire est terriblement prenante. De l’amour, du mystère, une histoire de famille… On comprend que la famille, c’est important, et qu’elle peut aussi être faite des gens que l’on choisit. Il y a un drame, car aucune vie n’est toute rose et que nous sommes bien peu de choses… Comme j’aime lire ! Merci pour ce voyage, merci pour ce partage.

"Tu sais, mon garçon, les adultes sont des gens bizarres."

"Pourquoi j'écris ? Parce que les livres sont plus forts que la vie. Ils en sont la plus belle des revanches. Ils sont les témoins de l'inviolable muraille de notre esprit, de l'imprenable forteresse de notre mémoire."

"Tout commence comme tout finit et les livres commencent souvent par la fin."

"Nos vies n'ont de sens que si nous sommes capables d'accomplir ces trois destinées: aimer, être aimé et savoir pardonner. Le reste n'est que du temps perdu."

Couverture de livre Le livre des Baltimore de Joël Dicker
Joël Dicker