Les relations
Les relations façonnent nos vies, qu’elles soient douces ou complexes. J’y plonge dans mes textes pour explorer les liens humains, leurs nuances et la profondeur des connexions qui nous unissent.
Il la regarde et sourit
Elle est si jolie
Elle respire la vie
Mais elle est si meurtrie
Il se dit : « c’est du gâchis »
Elle lui donne tellement envie
Qu’il pourrait écrire de la poésie
Autour d’elle, tout est magie
L’approcher devient un défi
Mais de tous, elle se méfie
L’ignorer serait, il le sait, folie
Mais continuer ainsi est une agonie
Il voudrait être celui
Pour qui elle sourit
Il l’imagine endormie
Tout près de lui
Dans le même lit
Rêver ainsi, c’est être dans le déni
Elle ne sera jamais à lui
La réalité, il l’embellit
Cette illusion est une duperie
Elle s’approche, il frémit
Elle le frôle, il pâlit
Pas un mot n’est sorti
De sa bouche endormie
Qui parfois est impolie
Il se sent tellement démuni
Face à cet interdit
Il vit une terrible tragédie
Elle vient sûrement du paradis
Et lui n’est aucunement un messie
C’est un voyou, un bandit
Il se sent maudit
Mais elle l’a conquis
Son cœur bat au ralenti
Assise dans un coin, elle écrit
Parfois elle s’arrête et réfléchit
Mystérieuse comme la Joconde de De Vinci
Dans sa tête, Clair de lune de Debussy
Il la fixe encore et encore, étourdi
Un frisson l’envahit
Non, elle ne sera jamais à lui
Quelle sombre prophétie
Il est, il le sait, anéanti
Avec le destin, il négocie
Mais le convaincre, il n’y réussit
Autour de lui, tout s’obscurcit
D’elle encore, il se languit
Mais elle se lève et sort d’ici
Il se dit que tout est fini
Qu’elle va disparaître dans la nuit
Que lui ne fuira pas la pluie
Il aimerait pousser un cri
Mais il reste là, pensif et meurtri
De ce fantôme, depuis,
Chaque jour il s’ennuie
Je garde tout le monde à distance
Dans le bruit comme dans le silence
Je détruis ou je pars et je fuis
Mais je ne cherche jamais les ennuis
Je suis aussi froide qu’un glaçon
Que j’aie tort ou que j’aie raison
Je joue avec la folie
Elle devient mon amie
Mais je suis loin d’être folle
Je ne perds jamais la boussole
Parfois je m’éloigne, je m’isole
Et je finis par me coucher au sol
J’attends de prendre mon envol
Mais mon cœur, je le sens, s’affole
Alors je coupe tout
Et je me mets debout
Avancer droit devant sans se retourner
Ne pas une seule seconde hésiter
Finir toujours par se blesser
Mais vouloir juste se protéger
Préférer être détestée plutôt qu’être aimée
Et aussitôt après se retourner et regretter
Mais se sentir vivante
De ressentir telle une survivante
Défaire des liens
Tout ce qui maintient
Avoir peur de demain
Et d’être attrapée par une main
Alors on rejette
Dévoile une sombre facette
Juste pour susciter
Une émotion voilée
Vouloir toujours tout contrôler
Les mots prononcés et chaque pensée
Et renvoyer cette image
Pas lisse et pas sage
Mais je suis cette parfaite petite fille
Qui parfois en marchant vacille
Alors la femme forte prend place
Elle est dure et ne se sent jamais lasse
À qui voulez-vous avoir affaire ?
La petite fille seule et perdue
Ou la femme tordue et têtue ?
Après tout, ce ne sont pas mes affaires…
J’aimerais rencontrer un homme
De manière totalement inattendue.
Il tomberait du ciel comme une pomme,
Je n’aurais rien dit mais je l’aurais vu.
Je sortirais de la boulangerie,
Il me tiendrait délicatement la porte.
Je lui sourirais et lui dirais « merci »,
En faisant attention à la manière dont je me comporte.
Je lui aurais simplement souri, oui,
Et son souvenir se serait dissipé dans la nuit.
Et par un après-midi, le soleil m’aurait éblouie :
Au loin, je l’aurais reconnu, lui.
Nous nous serions croisés
Un samedi matin sur le marché.
Il m’aurait dit un mot gentil,
Et peut-être même que j’aurais rougi.
Mais, me connaissant, je n’aurais pas réagi
Même si j’en avais eu très envie.
Alors il m’aurait fait rire,
Et je n’aurais pu me retenir.
Et c’est comme cela que tout aurait débuté,
Avec un rire, en plein cœur du marché.
Son regard aurait plongé dans le mien,
Et mon cœur aurait reconnu ce lien.
Alors il me tendrait sa main
Et me donnerait son nom.
Intimidée, je dévoilerais mon prénom
Et ne pourrais m’empêcher de respirer son parfum.
Mais ne pouvant m’imaginer un demain,
Je reprendrais lentement mon chemin.
Je ferais quelques mètres et il reviendrait à mes côtés
Me proposant un rendez-vous, seulement un café.
Je sourirais, intimidée et gênée.
Je chercherais une excuse pour m’échapper.
Mais il continuerait d’insister,
Alors j’accepterais juste une tasse de thé.
Il aurait essayé de me rassurer,
Me disant qu’il n’avait personne agressé,
Et moi je serais restée quelque peu réservée,
Mais je crois bien que j’aurais été touchée.
Je serais partie doucement au loin,
Et lui me regarderait m’éloigner
En me souriant de manière calme et apaisée,
Ne sachant s’il y aurait vraiment un demain.
Je ne sais pas ce qui se serait passé,
Je ne veux pas, en y pensant, me blesser.
Peut-être aurait-il essayé de me voler un baiser,
Et peut-être que, moi, je me serais laissée aller…
Il y en a eu, des hommes qui ont compté,
Et tant d’autres qui m’ont blessée.
Il y a ceux qui m’ont aimée, que j’ai aimés,
Et ceux qui m’ont utilisée et m’ont jetée.
Mais il y a eu cet homme…
Sur lequel je n’écris jamais,
Car j’ai pour lui bien trop de respect,
Et j’ai peur que mes mots ne soient pas parfaits.
Je ne crois pas qu’il sache tout ce qu’il m’a apporté,
Tout ce que, sans compter, il m’a donné.
Il m’a offert de la force et du soutien
Quand, moi, je n’avais vraiment plus rien.
Je ne pense pas qu’il sache qu’il est dans mes pensées
Quand parfois j’ai besoin de m’évader de la réalité.
Certains ont pu penser que je l’avais aimé
De manière sentimentale, romantique et passionnée.
Personne ne sait ce que, pour moi, il est.
Même moi, je ne veux pas le rideau faire tomber.
Peut-être ce lien, je ne le comprendrai jamais,
Et je garderai un masque pour me cacher.
Tout le monde cherche toujours à me juger,
Mais lui ne l’a, je le sais, jamais fait.
Qu’a-t-il vu en moi ? Je ne le sais…
Qu’a-t-il lu en moi ? Qui le sait ?
Jamais je n’oserai le questionner :
J’aurais trop peur ce lien de le briser,
Et que mes paroles ou mes pensées
Soient, je le crains, mal interprétées.
Il a sa place dans mon jardin secret,
Lui, l’homme bienveillant et discret.
Il sait tout de moi désormais,
Car je ne lui ai jamais rien caché.
Cet homme qui m’écrit des mots
Toujours doux, délicats et beaux…
Il fait partie de ma vie, de ma réalité,
Mais aux autres, je refuse de le dévoiler.
Cet homme qui n’est jamais sorti de ma vie,
Même quand je pensais que tout était fini…
Tout comme lui, depuis toujours, j’écris.
Cet homme vit quelque part en moi, juste ici.
Qui je suis vraiment ?
Un monstre au cœur battant !
Il y a dans ma tête
Une voix qui chante à tue-tête
Que j’aurais pu lui dire je t’aime
Que c’est normal si je ressens de la haine
Contre moi et mes nombreux silences
Que j’agis moins que je ne pense
Et pourtant je ressens
Le goût de chaque aliment
Et mon cœur qui bat si fort
Alors que le sien est mort
Je sais, je vous fais peur
Je sais, je sens la mort
C’est vrai oui, ça sent fort
C’est vrai oui, j’attire le malheur
Mais même si ma vie est chaotique
Même si mes pensées sont bordéliques
Je reste et resterai une maniaque du contrôle
Je vous rassure, je ne joue pas de rôle
Et dans ma vie des fragments poétiques
Que j’écris de manière parfois frénétique
C’est ainsi que je ressens, que je partage
Mes sentiments, même les moins sages
La solitude est ma plus vieille amie
Elle me tient toujours compagnie
Que ce soit le jour comme la nuit
Alors qu’avec les autres je fuis
Mais quand il est passé minuit
Non, je ne suis pas sujette à la folie
Mon contrôle est de plus en plus réduit
Je danse, je chante, je m’ouvre et je ris
Et quand vient le petit matin
Je ne me souviens plus de rien
Je balaie d’un revers de la main
Mon côté sombre, animal et félin
Alors je traverse ma journée
Sourire rouge impeccable et figé
La tête haute et le dos droit
Je ne fais aucun geste maladroit
Et quand je ferme les yeux je pars
Je vais bien au-delà des remparts
Là où la forêt de l’automne se donne
Ici seulement, complètement, je m’abandonne
Je suis un monstre au cœur battant
Mais êtes-vous prêts à me découvrir ?
Êtes-vous prêts à sourire et souffrir ?
Car voilà qui je suis vraiment
Seule et pourtant entourée
Parfois j’étouffe
Souvent je souffre
D’être un animal blessé
Nous sommes des milliards
Nous ne sommes pas seuls
Mais tout de vous me sépare
À moi qui suis souvent veule
Je ne suis pas seule
Enfin je le crois
Je porte une linceul
Et vos mots me noient
Moi qui vis sur un océan
À la place de mon cœur trop grand
J’ai besoin de faire un pause
Besoin que mon âme se repose
Y a t-il quelque part un écho
Pour chacun de mes mots ?
Ou est ce que tout a disparu
Quand la mort pour Toi est venue
Une lumière dans la nuit
Et voici que je fuis
Je dis pourtant aux autres d’oser
Mais moi je préfère disparaître en fumée
Est-ce qu’une main va me rattraper ?
Vais-je la saisir ou la repousser ?
Nous sommes des millards
Et je suis perdue en plein brouillard
Alors parfois je me laisse guider
Par une voix que j’entends murmurer
Un écho perdu dans le vent
Qui s’efface tout doucement
Je me suis sentie couler
Je ne perds pourtant pas pied
N’essaie pas de me rattraper
Je suis déjà de l’autre côté
Je ne suis pas seule sur cette terre
Nous sommes en effet des millards
Mais je n’ai besoin que d’un regard
Pour de mes peurs et mes doutes me défaire
Derrière le trouble, il y a
Des milliers de pourquoi.
Derrière mon trouble, il y a toi
Et toutes ces choses que je ne dirai pas.
Tout a commencé par des mots.
D’un coup, tout est devenu très beau.
Des mots qui touchent,
Des phrases qui font mouche.
Tout semblait si juste,
Moi, je bombais le buste.
Mais j’ai eu si peur…
Et si c’était un leurre ?
Car derrière le trouble, il y a
Des milliers de pourquoi.
Derrière mon trouble, il y a toi
Et toutes ces choses que je ne révélerai pas.
Et puis il y a eu ta voix.
J’ai commencé à avoir faim de toi.
Je buvais tes rires,
Je taisais mes soupirs.
Tu faisais vibrer en moi
Les cordes de la guitare
Dont je jouais autrefois.
Et me voilà dans le brouillard.
Oui, derrière ce brouillard, il y a
Des montagnes de pourquoi.
Derrière mon trouble, il y a toi
Et toutes ces choses que je ne ressentirai pas.
Et enfin, une rencontre.
Nous jouons contre la montre.
Pour moi, rien n’a changé.
Je t’ai tellement rêvé et imaginé.
Mais je te sens déjà disparaître.
Cette étincelle, il faut la faire renaître.
Laisse-moi te rallumer.
Toi et moi, nous sommes connectés.
Derrière notre brouillard, il y a
Encore des questions et des pourquoi.
Derrière mon trouble, il y a toi et moi
Et toutes ces choses que nous ne ferons pas…
Ma vue et ma vie se troublent,
Les larmes devenues mon cœur
Désirent tellement le bonheur.
Mon eau devient si trouble.
Je crois que je vois double…
Ou c’est moi qui redouble.
Mirage, fantôme ou illusion,
Tu resteras ma plus belle fascination…
Je distribue des cartons
Comme d’autres des bonbons
Je mets des limites
Là où d’autres prennent la fuite
Des cartons jaunes
On sort un peu de la zone
Zone de sécurité
Zone de fragilité
Je distribue des cartons
Je ne demande pas pardon
Petite on me donnait des images
Car j’étais toujours très sage
Des cartons orange
Ça devient un peu étrange
Mais le mystérieux
N’est jamais sérieux
Je distribue des cartons
Peut-être par provocation
Non je ne suis pas une image
Car je ne sais pas toujours sage
Des cartons rouges
On s’éloigne trop, ça bouge
Peut être ma couleur préférée
Car avec elle je peux me révéler
Je distribue des cartons
Comme on joue avec une poupée en chiffon
Je ne suis ni une image ni une poupée
Je suis une artiste solitaire et tourmentée
Des cartons noirs
Mon cœur ne fait pas le trottoir
Même si je marche seule le soir
Je ne suis pas sujette au désespoir
Je distribue des cartons
Je crois que tu connais la chanson
Je peux être flamme et glaçon
Liberté et rébellion
Je ne connais peut être pas les règles du jeu
Mais comme c’est drôle de s’amuser un peu
Et demain, je fermerais paisiblement les yeux
Mon corps sous terre et mon âme dans les cieux
Effort physique,
Tout est technique.
Contrôler sa respiration,
À gauche une intersection.
Ne penser à rien,
Se sentir bien,
Oublier sa vie,
Oublier l’ennui,
Ses sombres envies,
Tout ce qui est enfoui.
Un pas après l’autre,
À qui la faute ?
Le paysage défile
Pour ce coureur cinéphile.
Rythme cardiaque
Qui s’accélère
Pour cet insomniaque
Qui toujours espère
Ne croiser personne,
Car toujours tu frissonnes.
Odeur de sueur,
Quelques douleurs,
Pas de quoi avoir peur.
Tu es un coureur,
Alors tu cours,
Comme d’autres
Font l’amour.
Tu cherches un apôtre,
Tu t’épuises,
Tu résistes,
Tes pensées se réduisent,
Plus rien sur ta liste.
Le vent qui te pousse,
Une nouvelle secousse,
Encore quelques mètres,
Sortir de ton périmètre,
De ta zone de sécurité,
Faire à ta vie une infidélité,
À ta course une difficulté
Que tu n’avais imaginée,
Que tu voudrais repousser.
Alors stop, et demi-tour,
Encore et toujours,
Sans cesse tu cours
Sur le même parcours.
Tu te sens en vie
Et tu as envie
De tellement plus.
Peur d’un infarctus,
D’un cœur qui s’arrête.
Tu es un athlète,
Alors tu te surpasses,
Toujours tu te dépasses,
Et tu cours
Contre le temps
Et l’amour.
Ne pas s’arrêter
Un instant,
Même si c’est tentant
Beaucoup trop risqué.
Depuis toute petite, je lis en vous,
J’étais silencieuse et j’analysais tout.
Il suffisait d’un geste, d’un mot,
Ou d’une attitude qui, en moi, fasse écho.
Je ressens vraiment tout,
Parfois, c’est à en devenir fou.
Je sens le bien comme le mal,
Je suis connectée à un autre canal.
Ce n’est pas toujours net,
J’ai parfois besoin de lunettes,
Pour faire disparaître le brouillard,
Mais je comprends en un seul regard.
Je vois les liens entre les gens,
Qu’ils soient morts ou vivants.
Je vois un possible futur,
Ou parfois, sur la vie, une rature.
Alors je parle et je parle,
Mais on ne veut pas m’écouter.
On préfère dans le noir avancer,
Et mes mots m’avalent et m’avalent.
Je suis seule et désemparée,
De n’être jamais écoutée,
Ni même jamais regardée.
Ai-je vraiment la vérité ?
Mes mots, pour vous, ne sont pas vrais, ne sont pas beaux,
Alors souvent je disparais quand, pour moi, c’en est trop.
Je ne peux, je le sais, à vous m’imposer,
Alors je ne cherche désormais que la paix.
Il m’est arrivé d’utiliser des mots sans en saisir la portée,
Et pour cela, j’ai été tant de fois détestée,
Car je répandais une triste et sombre vérité,
Mais je ne savais même pas que j’étais dans la véracité.
Peut-être que les mots ne suffisent pas,
Peut-être qu’ils font parfois trop de dégâts,
Peut-être que c’est moi qui, contre eux, me débats,
Peut-être que ma vie est d’être pour toujours un combat.
Alors non, je ne baisserai pas les bras,
Même quand je suis au plus bas.
Et si tu ne veux pas entendre parler de toi,
Alors, pour que tu acceptes, je parlerai de moi.
J’utiliserai des images, des phrases codées,
À toi, s’il le faut, j’accepterai de me dévoiler.
Je montrerai la part lumineuse et celle cachée,
Et je regrette si, parfois, par moi tu es effrayé.
Tu t’imagines que je suis venue des enfers,
Ce que je dis, tu n’en as que faire.
Le moindre mot que je prononce t’exaspère,
Mais n’oublie jamais que je suis la messagère.
Ceux qui m’entourent n’ont pas la même intensité
Ceux qui m’entourent n’ont pas la même sensibilité
Ceux qui m’entourent n’ont pas la même vulnérabilité
Ceux qui m’entourent ne sont pas en quête de vérité
Une amie m’a dit que mon cerveau était un labyrinthe
Chercher, perdre et trouver souvent m’éreinte
Ma flamme, malgré tout cela, n’est pas éteinte
Mais je colore ma vie souvent en demi-teinte
Envie de vivre et de sauter à l’élastique
Mais dans ma tête j’entends des tac et des tic
Tic-tac de l’horloge qui s’accentue
Je cherche à voir, mais se trouble ma vue
Explosion dans mon cœur et dans ma tête
Demain, je remonte dans le train
Est-ce qu’on choisit son destin ?
J’aimerais sur ma vie reprendre la main…
Mais ils ne sont pas comme moi
Ils veulent tous devenir du royaume les rois
Ils désirent tout et son inverse
Et sont à la recherche de la moindre ivresse
Alors je reste là, sur le bas-côté
À les regarder, les observer
Je passe mon temps à les analyser
Leurs mots, leurs gestes, les disséquer
Non, en effet, ils ne sont pas comme moi
Ceux qui m’entourent et qui s’enferment dans une tour
Ceux qui me disent qu’un jour ce sera mon tour
Ils ne ressentent rien, non, ils ne sont pas comme moi
J’ai du mal à dire oui,
J’ai du mal à dire non.
Je suis à une intersection,
Je ne sais prendre de décision.
Je déteste choisir,
Je ne sais qui élire.
Qui est mon préféré ?
Celui que je laisse de côté ?
Je ne sais pas ce que je veux,
Je ne sais pas si je veux.
Peut-être que c’est mieux
Si dans ma tête il pleut.
Je ne sais pas dire oui,
Je ne sais pas dire non.
Je suis faite de chiffon
Et d’envies bien enfouies.
Je dis qu’il faut que tu oses,
Mais jamais je ne propose.
Est-ce que la réponse je dispose ?
Ou parfois est-ce qu’elle m’indispose ?
Tu dois me maudire
D’être incapable de choisir.
Je sais ce que je ne veux pas…
Puis-je me contenter de cela ?
Me pousseras-tu à me décider ?
Me forceras-tu à sélectionner ?
Et si je ne suis pas prête…
Me feras-tu la tête ?
Je ne veux pas te dire non,
Je ne veux pas te dire oui.
Alors je disparais de ta vie,
Et toi… oublie mon nom.
Le monde est fatigué
Et moi je danse nus-pieds
Dans mon joyeux salon
Sous la lumière des néons
Les gens sont tristes
Mais je suis une artiste
Ils passent de mauvaises soirées
Regrettent les longues nuits d’été
Moi je préfère l’automne
On dirait que ça t’étonne
Va donc enfin te coucher
Et laisse-moi m’amuser
Je vais rire toute la nuit
Va t’en tu m’ennuies
Je n’ai besoin de personne
Dans ce délirium
Entre violence et danse
Décadence et impertinence
Je vis comme j’en ai envie
Qu’importe l’enfer ou le paradis
Je ris devant une scène de crime
Et toi comme toujours tu frimes
Demain, j’irai à l’hôpital
En somme, une journée banale
L’univers est triste
Et moi la marionnettiste
Je joue avec les émotions
Comme on invente des potions
Minuit passé
La folie s’est évaporée
Que s’est il passé ?
J’ai tout oublié.
J’ai du mal à dire oui,
J’ai du mal à dire non.
Je suis à une intersection,
Je ne sais prendre de décision.
Je déteste choisir,
Je ne sais qui élire.
Qui est mon préféré ?
Celui que je laisse de côté ?
Je ne sais pas ce que je veux,
Je ne sais pas si je veux.
Peut-être que c’est mieux
Si dans ma tête il pleut.
Je ne sais pas dire oui,
Je ne sais pas dire non.
Je suis faite de chiffon
Et d’envies bien enfouies.
Je dis qu’il faut que tu oses,
Mais jamais je ne propose.
Est-ce que la réponse je dispose ?
Ou parfois est-ce qu’elle m’indispose ?
Tu dois me maudire
D’être incapable de choisir.
Je sais ce que je ne veux pas…
Puis-je me contenter de cela ?
Me pousseras-tu à me décider ?
Me forceras-tu à sélectionner ?
Et si je ne suis pas prête…
Me feras-tu la tête ?
Je ne veux pas te dire non,
Je ne veux pas te dire oui.
Alors je disparais de ta vie,
Et toi… oublie mon nom.
Ça passe et ça trépasse
Ça arrive d’un coup
Et ça disparaît, hélas
Est-ce que ça en valait le coup ?
Ne pas y penser
Sait-on jamais
Elle pourrait revenir
Dans un proche avenir
Juste un souffle
Une secousse
Et tu souffres
Et tu repousses
Encore et encore
Tu te sens moins fort
Tu vas craquer
Tu le sens, tu le sais
Tu veux pourtant résister
Tu ne peux abdiquer
Ce n’est rien de sérieux
Tout ce que tu as est mieux
Mais elle revient sans fin
Dans ta tête du soir au matin
Tu es obsédé par cette idée
Paralysé par cette pensée
Tu t’apprêtes à franchir la ligne
Mais tu veux rester fort et digne
Alors tu recules d’un pas
Et cette voix qui te parle tout bas…
S’en est trop pour toi
Tu n’es ni un fou ni un roi
Tu ne peux résister
À cette douce pensée
Un verre d’alcool fort
De quoi réveiller un mort
Prendre son courage à deux mains
Que feras tu finalement demain ?
Qu’est-ce que la beauté ?
Un jour me suis-je demandé…
Une lumière qui attire l’œil
Mais aussi fragile qu’une feuille.
Ils sont attirés par elle,
Ne peuvent résister à son appel,
Mais elle n’est qu’illusion,
Le fruit de la tentation.
Ils veulent la toucher, la posséder,
Ils en deviennent alors obsédés.
Ils ne réfléchissent plus à rien,
Sont incapables de rebrousser chemin.
Elle représente un morceau d’éternité
Pour celui qui passera du temps à ses côtés.
Il finira par tout oublier
Et, comme les autres, s’égarer.
Il oubliera le charisme et le charme,
Mais se souviendra de ses larmes.
Lui, qui par elle, a été aveuglé,
Cherchant une lumière en pleine forêt.
Il boira doucement ses mots,
Même s’ils ne sont pas les plus beaux,
Et finira par s’empoisonner
Avec son poison amer et sucré.
Il ne saura plus ce qui est vrai,
S’enfermera dans ce qui est laid,
S’éloignera de la vérité
Pour se rapporter à la futilité.
Alors non, je ne suis pas belle,
Je ne veux avoir en moi aucune beauté.
Moi, qui ne fais que chercher la vérité,
Je ne peux me réduire à une jouvencelle.
Ne me flatte pas avec tes mots,
Je préfère la mélodie d’un piano.
Son chant à lui est bien plus beau,
Et ses mots ne sonnent pas faux.
Parle-moi de musique et de cinéma,
De littérature, de danse et de poésie.
Parle-moi des choses de la vie,
Mais ne me parle pas du sourire de Lisa
Car toi, tu ne vois que cela,
Mais les cicatrices, tu ne les vois pas.
Et ce que je cache et dissimule,
Tu le trouverais sûrement ridicule.
Alors non, je ne suis pas belle,
Mais je suis fidèle et rebelle.
Flatte seulement mon intelligence
Si tu veux, avec moi, partager une danse.
Ne joue pas avec moi
Tu t’en brûlerais les doigts
Tu veux jouer aux boules ?
J’en ai plus que toi !
Je ne suis pas une poule
Qui picore sur un toit
Un jeu de rôle ?
Comme c’est drôle !
N’inverse pas les rôles…
Je garde toujours le contrôle
Je te mets en échec
Même dans les jeux de maths
Je serai toujours la Dame
Et toi, le simple pion.
Pour me battre, il faut de l’aplomb
Je joue sans aucun état d’âme.
Une balle au prisonnier ?
De la prison, j’ai les clés —
Je finis toujours par m’évader,
Pas la peine de m’attacher.
Jouer aux petits chevaux ?
Je préfère aller au casino.
Attention, rien ne va plus !
Tu as tout perdu.
Je t’avais dit de ne pas jouer,
Tu aurais dû m’écouter…
Comme à la bataille navale,
Tu as fini par couler,
Et là, tu n’as plus pied —
Mon coup était fatal.
J’espère que tu n’as pas mal…
On se retrouve en demi-finale ?
Tu n’en as pas assez de jouer ?
Dis-moi enfin la vérité.
Je dis que je ne suis jamais en colère,
je ne peux pas, je suis une personne entière.
Il y a ce feu qui brûle en moi,
ce feu que tu ne devines même pas.
Je pourrais tuer quelqu’un de mes propres mains,
je n’ai pas peur qu’il n’y ait plus de demain.
Je suis en colère du soir au matin,
mais je crois que c’est mon destin.
Je suis en colère contre ma marraine, mon parrain,
je suis en colère contre ma mère, mes amis, mes copains.
Je suis en colère contre ceux qui se tiennent main dans la main,
et ceux qui ne pensent jamais à demain.
Je suis en colère contre les femmes,
qui, pour moi, n’ont pas d’âme,
et jamais aucun état d’âme —
elles sont comme les flammes de l’enfer.
Je suis en colère contre les hommes,
qui veulent tous conquérir Rome,
et croquer avec Ève dans la pomme.
Ils ne jurent que par l’opium.
Je suis en colère contre les gens
qui n’aiment pas ce qui est différent,
mais qui revendiquent le fait d’être différents.
Avec nous autres, ils sont toujours négligents.
Je suis en colère contre ma famille, contre mes amis, contre la vie.
Je suis en colère contre tout ce que je repousse et tout ce dont j’ai envie.
Je suis en colère contre toutes mes peurs, toute ma rancœur,
et je suis en colère contre tout… d’être en colère.
Je ne rentre pas dans la danse,
Je me réduis au silence.
En moi, je porte ma potence,
Parfois je recule, parfois j’avance.
Silence.
Ça tourne ! J’entends crier,
Cette voix m’a réveillée.
Sourire sur mes lèvres pour tromper.
Silence.
Sous la lumière et dans la poussière,
J’avance.
Alors, silence.
Un peu de silence
Je refuse une simple danse,
Car danser est dangereux.
C’est comme ça qu’on tombe amoureux,
Ne le sais-tu pas ? C’est une évidence.
Silence.
Action. Moteur.
Je commence à jouer,
Malgré mon cœur glacé.
Silence.
Je ne peux me concentrer,
J’ai besoin de m’évader.
Alors silence,
Juste silence.
Juste quelques pas de danse ?
On me demande d’accepter.
Puis-je vraiment le supporter ?
Quelques pas de danse, mais avec prudence.
Silence.
La musique commence,
Je ne connais pas cette danse.
Entre joie et souffrance…
Silence.
Je les vois tous sourire,
Ils ne me voient pas souffrir.
Silence.
Coupez !
Je dois arrêter de danser,
Mon cœur s’est emballé,
Mon corps a frissonné,
Ils n’en ont aucune idée.
Silence.
Comment pourrais-je aimer ?
Je me dois de refuser.
Je ne peux m’abandonner,
Même à un simple baiser.
Silence.
Les lumières s’éteignent,
Tout était artificiel.
Je regarde le ciel,
Du silence je m’imprègne.
Silence.
Pour toujours silence.
Et plus jamais de danse,
Juste du silence.
Tu veux entendre ma voix,
Mais j’ai perdu ma voie.
Te parler serait ne plus me cacher,
Accepter serait me dévoiler.
J’ai perdu ma voie,
Mais tu ne le sais pas.
Tu veux des choses de moi,
Suis-je prête à cela ?
Je me cache derrière un masque,
J’ai appris la langue des signes,
Mais je n’en suis pas digne.
Si tu connaissais mes frasques…
Je ne peux ainsi me dévoiler,
Ni ma voix te la révéler.
Tu serais déçu, je le sais,
Et alors je disparaîtrais.
Tu aimerais entendre ma voix,
Mais dis-moi donc, pourquoi ?
Je suis loin d’être parfaite,
Je pourrais finir muette.
Pour fuir, c’est quelle voie ?
Puis-je m’échapper par les toits ?
Tu vois, ne compte pas sur moi,
Dans mes douleurs je me noie.
Je porte un nez rouge,
Mais j’ai peur que mon monde bouge.
Tu me prends pour une artiste,
Je ne suis que la standardiste.
Tu parles de m’effeuiller,
Tu veux connaître mes secrets.
N’approche pas, ou je saute —
Non, ce n’est pas ta faute.
Je ne donne pas ma voix,
Il y a longtemps que je me fourvoie.
Et je suis fatiguée
D’être seule et inanimée.
Je ne peux offrir que mes mots,
Car eux seuls sont beaux.
J’ai peur d’offrir ma voix,
Et qu’autrement tu me voies.
Chaque jour je le colore en rouge,
Jamais il ne vous déplaît.
Chaque jour, jamais il ne bouge,
Jamais de lui je ne me défais.
Le sourire de Mona,
Celui dont on ne doute pas.
Le sourire de Lisa,
Celui que l’on n’oublie pas.
Chaque jour il se fait doux,
Jamais il ne semble crispé.
Chaque jour, il survit à tout,
Jamais il ne se force à jouer.
Le sourire de Mona,
Celui dont on ne se méfie pas.
Le sourire de Lisa,
Celui que l’on ne repousse pas.
Chaque jour, il se faisait tendre,
Jamais il ne décevait.
Chaque jour, l’armure il pouvait fendre,
Jamais on ne le rejetait.
Le sourire de Mona,
Celui dont on apprenait parfois.
Le sourire de Lisa,
Celui que l’on étudiait parfois.
Chaque jour, il se faisait aimer,
Jamais il ne révélait son secret.
Chaque jour, les autres il réchauffait,
Jamais à un autre on ne le préférait.
Le sourire de Mona,
Celui dont on tombait amoureux.
Le sourire de Lisa,
Celui que l’on offrait les jours pluvieux.
Mais ce rictus de mon visage a disparu,
Il refuse que je le maintienne tendu.
Je crois que dans mes pensées il s’est perdu,
L’autre jour pourtant, de loin, je l’ai aperçu.
Le sourire de Mona,
Celui qui me manque toutefois.
Le sourire de Lisa,
Celui qui s’est endormi, je crois.
Reviendra-t-il me dire bonjour ?
Acceptera-t-il de faire ne serait-ce qu’un petit tour ?
Acceptera-t-il de vivre, même sans retour ?
Reviendra-t-il, cette fois pour toujours ?
Le sourire de Mona Lisa,
Un sourire de retenue et de passion.
Le sourire de Mona Lisa,
Un sourire de sagesse et d’interrogation.
J’ai souvent été la cible,
J’ai souvent été la proie
Pas celle qui dans un crachat se noie
Pas celle qui déteste être invisible
J’ai souvent été l’ombre
J’ai souvent été la lumière
Mais tu n’en avais que faire
Que je vive ou non dans la pénombre
J’ai souvent été la pluie
J’ai souvent été la neige
Pas celle qui se perd en pleine nuit
Pas celle qui se laisse prendre au piège
J’ai souvent été l’orage
J’ai souvent été le ciel bleu
Mais tu ne voyais pas ma rage
Tu ne regardais que le scandaleux
J’ai souvent été la solitaire
J’ai souvent été solaire
Jamais celle qui était populaire
Jamais celle qui désirait plaire
J’ai souvent été l’amie
J’ai souvent été l’ennemie
Mais tu ne fais plus partie de ma vie
Et moi j’écris encore des poésies
Si seulement j’avais été une autre
Moins sensible et moins droite
Si seulement j’avais commis la faute
D’accepter que toi aussi tu m’exploites.
J’ai plusieurs cadavres dans mon placard
Chacun à sa propre et sale histoire
J’ai peur qu’ils sortent le soir dans le noir
Sous mon matelas j’y ai caché un poignard
Mais je t’assure que je dors bien la nuit
Dans mes rêves j’oublie alors tous mes ennuis
Mais j’ai une question à te poser ?
Ou peut-être même une faveur à te demander
Il est trois heure du matin
Ton téléphone sonne,
Tu ne fais pas le malin
Mon nom s’affiche, tu frissonnes
Est-ce qu’alors tu soupçonnes ?
Est-ce qu’alors tu devines ?
Que moi l’orpheline
Je n’ai plus assez de doigts
Pour compter mes cadavres
J’ai vraiment besoin de toi
Dans cette fuite macabre
Mais dis-moi, seras-tu là ?
Si demain, ton téléphone sonne
Seras-tu cette personne ?
J’ai plusieurs cadavres dans mon placard
Mais je ne fais jamais un seul cauchemar
Car ils me tiennent compagnie
Alors que tous les autres sont partis
Eux ne se sont jamais vraiment enfuis
Peut-être sont-ils mes seuls véritables amis
Mais j’ai une question à te poser ?
Ou peut-être même une faveur à te demander
II est cinq heures du matin
Sonne alors ton interphone
Tu ne fais pas le malin
Tu entends ma voix qui résonne
Est-ce qu’alors tu soupçonnes ?
Est-ce qu’alors tu devines ?
Que moi la jolie figurine
J’ai besoin qu’on nettoie
Les traces de mon crime
J’ai vraiment besoin de toi
Pour devenir anonyme
Mais, dis-moi, seras-tu celui-là ?
Si demain sonne ton interphone
Seras-tu cette personne ?
J’ai plusieurs cadavres dans mon placard
Chaque jour, un peu, ils m’accaparent
Mais je leur dit toujours « oui »
Car grâce à eux je suis en vie
Dans une sombre tour ou un purgatoire
Je sais que je n’ai aucune échappatoire
Mais j’ai une question à te poser ?
Ou peut-être même une faveur à te demander !
Il est pile minuit
En plein insomnie
Je frappe à ta porte
Non, je ne suis pas morte
Est-ce qu’alors tu soupçonnes ?
Est-ce qu’alors tu devines ?
Que moi la femme mutine
J’ai besoin qu’on me cache
Mettre au point une combine
J’ai vraiment besoin de toi
Pas d’une personne lâche
Mais, dis-moi seras-tu celle là ?
Si je frappe à ta porte ?
Feras-tu la morte ?
Je n’étais qu’une simple fleur
Qui dans tes bras se meurt,
Toi, le terrible et vieil ouragan,
Qui me blessait de temps en temps.
Je voulais être tienne
Jusqu’à ce que la mort ne vienne,
Mais tu ne m’as apporté que peine,
Moi qui ne voulais que du miel.
Tu voulais être mien,
Mais j’ai coupé tous nos liens.
Plus rien de toi ne me retient,
Et je me dis que c’est aussi bien.
Toi, le terrible et vieil ouragan,
Qui par son souffle était violent,
Tu m’apportais bien des tourments,
Provoquant en moi des tremblements.
Je ne suis plus tienne,
De ta vie je ne suis plus la gardienne.
N’attends pas que je revienne :
Cette vie est désormais la mienne.
Tu ne seras jamais mien,
Ce choix fut bien cornélien.
À toi rien ne me retient,
Mais partir fut mon destin.
L’ouragan vit sa vie dans le vent,
Son destin est éprouvant,
Aussi pesant qu’un éléphant,
Rien pour lui n’est suffisant.
La fleur, délicate et douce,
A peur qu’on ne la repousse.
Elle est prête à tout pour être aimée
Et se laisse parfois enchaîner.
Si tu aimes les balades sous la pluie,
Et les romans qu’on lit à l’infini,
Si tu aimes la lumière de l’automne
Et les vieilles chansons qu’on fredonne
Si tu aimes l’odeur de la forêt
Et les vieux coffret à jouet
Alors je crois que nous devrions nous rencontrer
Peut-être qu’on pourrait bien s’amuser
Je te donne rendez-vous
Dans un lieu rien que pour nous
Si tu aimes le thé à la menthe
Et que tu trouves la brume charmante
Si tu aimes les vieux objets
Et que tu sais garder un secret
Si tu aimes les animaux
Et jouer aux petits chevaux
Alors je crois que nous sommes faits pour nous aimer
Peut-être qu’on pourrait, un bout de chemin, partager
Je te laisse mon adresse
Retiens la avant qu’elle ne disparaisse
Si tu aimes vivre la nuit
Et manger des tas de biscuits
Si tu aimes écouter des vinyles
Et que tu rêves aussi de Sicile
Si tu aimes les baisers sous la neige
Et que tu crois étrangement aux sortilèges
Alors c’est que nous nous sommes aimés
Et que ma mémoire se mélange à la réalité
Je te laisse vivre dans mes rêves
Car là seulement mon cœur fait une trêve
Je n’ai qu’un cœur un peu trop grand
Et des histoires pour les enfants
Mais est-ce bien suffisant ?
Oui, est-ce suffisant ?
J’ai dans la tête des fleurs au printemps
Et dans mon cœur un véritable volcan
Mais rien de cela n’est important
Non, rien n’est important
J’ai des envies d’ailleurs et de plus grand
Mais ce n’est vraiment pas évident
Pour moi qui fais semblant
Oui, moi qui fais semblant
J’ai en moi cette solitude, ce sentiment réconfortant
Qui pour les autres est, je crois, intimidant
Je sais que personne ne m’attend
Non, personne ne m’attend
J’ai sur ma peau, de ma vie, des fragments
D’heureux ou dramatiques moments
Qui sont persistants
Oui, persistants
Il y a dans le regard des autres un monde inexistant
Et dans leurs mots, jamais rien d’exaltant
Ils n’ont plus rien d’envoûtant
Non, rien d’envoûtant
J’ai dans la voix des silences géants
Que personne ne perçoit cependant
Je sais que je fuis en dedans
Oui, là, en dedans
Et si je disparais tout doucement
Comme une ombre qui fuit en flottant
Viendras-tu me chercher en rampant ?
Oui, dans cet autre monde, en rampant….
Tu m’as fait changer d’avis
Et tu m’as fait changer de vie
Mais que reste-il de cela ?
Toi qui ne veux plus de moi ?
Nos regards se sont croisés
Mon cœur s’est accéléré
Moi qui ne voulais plus aimer
Tu m’as fait tout oublier
Tu étais tout ce que je voulais
Au premier instant je t’ai désirée
« Moi aussi » tu me disais
Mais tu as fui, tu t’es éloignée
L’un pour l’autre nous étions faits
Du moins c’est ce que je pensais
De mal, qu’ai-je dit ou fait ?
Si seulement à ma question tu répondais
Des instants à deux je me souviendrai
D’une histoire qui trop bien commençait
De ton regard qui me transperçait
Mais ton mystique visage je l’effacerai
C’était trop beau pour être vrai
Tu m’as, je crois, envoûté
C’était trop fort pour durer
J’aurai, je pense, des regrets
De ne pas avoir ta peau plus caressée
De ne pas avoir tes cheveux plus respirés
De ne pas avoir ta bouche trop embrassée
De ne pas avoir eu ton corps tout entier
Alors je retourne à ma solitude
Toi il me semble à tes incertitudes
Je vais retrouver mes habitudes
Je ne changerai plus d’attitude
Je ne retiendrai ni ton visage ni ton nom
Je me souviendrai seulement de ton « non »
Toi qui m’as fait changer d’avis
Et avec qui je voyais changer ma vie
Ils veulent me tuer car je t’ai aimé
Mais ils ne peuvent me contrôler
Malgré ton absence à mes côtés
Car désormais je suis une révoltée
Ils ont voulu m’empoisonner
En m’invitant à dîner
Dans un restau’ lumière tamisée
Même si j’étais affamée
Mon assiette J’l’ai regardée
J’ai pas voulu y toucher
Moi j’avais rien commandé
J’ai senti l’piège se r’fermer
Alors j’ai pris mes jambes à mes pieds
Ils veulent me tuer car tu m’as aimé
Mais ils ne peuvent pas effacer
Ces instants précieux partagés
Et notre amour qui ne mourra jamais
Ils m’ont envoyé des corbeaux
Pas comme dans l’poeme d’Allan Poe
C’était flippant ces oiseaux
Comme dans Hitchcock c’est pas d’pot
Ils rêvaient d’avoir ma peau
Malgré dans ma poche ton couteau
J’avais peur c’était pas rigolo
J’me sentais mal dans ma peau
Envie d’prendre le large sur un bateau
Mais j’n’ai trouvé qu’un radeau
Ils veulent me tuer car on s’est aimés
Mais ils n’y arriveront jamais
Car tu continues de me protéger
Même si désormais tu es de l’autre côté
Quand tout le monde a déserté,
Que je n’ai plus personne à qui parler,
Qu’il ne me reste aucun copain,
Il me reste mon chien.
Quand j’ai passé une mauvaise journée,
Que j’aimerais à quelqu’un me confier,
Mais que personne ne veut écouter,
Il me reste mon chien.
Quand chez moi je veux rester enfermée,
Sans envie de sortir ou de me promener,
Mais qu’il faut bien aller le balader,
Il me reste mon chien.
Quand j’aimerais un repas partager,
Mais que je suis seule, désespérée,
Trop fière pour inviter,
Il me reste mon chien.
Quand je suis énervée d’avoir échoué,
De ne pas avoir osé, de ne pas avoir essayé,
Quand je m’en veux de n’avoir rien tenté,
Il me reste mon chien.
Quand je sens que je ne vais pas bien,
Que j’aurais besoin qu’on me tienne la main,
Mais que je fais tout pour qu’on ne voit rien
Il me reste mon chien.
Quand je suis en manque,
Que mon rythme cardiaque s’emballe,
Que mes pensées deviennent bancales,
Il me reste mon chien.
Quand j’ai envie de craquer,
Que je ne peux retenir, mes larmes verser,
Lui seul parvient à les sécher
Heureusement,
Il me reste mon chien.
Oublie mon nom, mon visage et ma voix,
Ne garde aucun souvenir de moi.
J’aurais aimé partager avec toi,
Mais je n’ai ni le courage ni la foi.
Oublie-moi,
Oublie qui je suis,
Oublie ce qu’on s’est dit,
Oublie-moi.
Ne garde rien de moi, pense d’abord à toi.
Ne te retourne pas, tu dois poursuivre ta voie.
Moi, je garderai ces instants de joie, je penserai à toi quelquefois…
Des instants, tu vois, rien que ça.
Oublie-moi,
Oublie, c’est la vie.
Oublie comme je dis,
Oublie-moi.
Laisse passer les jours, les semaines et les mois,
Tu verras, le temps s’enfuira tel un hors-la-loi.
Je ne veux pas paraître rabat-joie,
Mais tu m’oublieras avant d’avoir compté tes dix doigts.
Oublie-moi,
Toi qui m’as donné de la joie,
Toi qui as réveillé ma foi,
Oublie-moi… ou peut-être pas !
Ne m’offre pas ton amour,
Tu n’auras rien en retour.
Ne me dis pas "pour toujours",
Je ne crois pas à ces discours
Qui ne durent qu’un simple jour,
Laissant l’espoir d’un impossible amour…
Dans ma tête, il y a un carrefour :
Je vais partir, je suis un troubadour.
Dans ma tête résonnent des tambours :
Je vais partir, c’est le grand jour.
Je ne ferai aucun détour
Pour entendre ta voix de velours
Me dire que tu attendras mon retour.
Je ne pars pas pour un simple séjour,
Ne cherche pas à me porter secours,
Ou à faire acte de bravoure auprès de moi.
Dans ma tête, je suis à ce carrefour :
Moi, le solitaire troubadour.
Dans ma tête, j’entends les tambours :
Je ne ferai jamais demi-tour…
Ne t’accroche pas à moi,
Je ne reviendrai pas.
Tu n’étais qu’une étape sur mon chemin,
Moi, je dois poursuivre mon destin.
Garde pour quelqu’un ton amour
Qui saura aimer ta voix de velours.
De moi, tu n’as eu que mes contours :
Mon cœur, à ta voix, est resté sourd.
Dans ma tête, derrière moi est le carrefour :
Je reste cet inconnu, ce troubadour.
Dans ma tête, silence les tambours…
Laissez-moi enfin parler d’amour.
Parfois, j’aimerais t’écrire,
Parce que j’ai des choses à te dire.
Je sais que toi, tu me comprends,
Je sais que jamais tu ne me mens.
Je ne peux rien te cacher,
Tu lis dans mes pensées.
Et toi seul me fais rire
Quand, avec les autres, je soupire.
Je me sens proche de toi,
Je crois qu’en toi j’ai la foi.
Je ne sais même pas pourquoi,
Mais je pense à toi parfois.
Les autres sont ennuyeux,
Alors que tu es lumineux.
Parfois, je me sens déstabilisée
Par tes mots et ta sensibilité.
Quand je parle, je me sens écoutée,
Quand j’ai peur, je me sens rassurée.
Je me sens à toi connectée,
Tout est simple, sans difficulté.
Nous regardons dans une même direction,
Nous avons, je crois, les mêmes convictions.
Crois‑tu qu’il y ait une connexion,
Ou est-ce une simple interaction ?
Tu as le pouvoir de pardonner,
Moi qui ne peux parfois l’envisager.
Nous aimons les mêmes choses,
Alors avec toi, parfois, j’ose.
J’aimerais parfois t’écrire,
Te parler sans trop réfléchir,
Mais je ne peux oublier
La sombre réalité.
Je me suis perdue sur la route,
Peut-être que j’avais trop de doutes.
Je me suis perdue dans la forêt de l’horreur,
Mais pas une seule fois je n’ai eu peur.
J’ai sursauté, j’ai crié, mais comme j’ai aimé
Être au milieu de la forêt et me sentir vibrer.
Je n’ai rien contrôlé et j’ai tout oublié,
Et, comme après, je me suis sentie soulagée.
Être au milieu des clowns et des monstres de la nuit,
C’est là que je me suis sentie réellement en vie.
Au milieu de la peur, de la mort et des cris,
J’étais prête à croquer dans le fruit interdit.
Là-bas, je m’y suis sentie chez moi,
Je n’ai nullement besoin d’un roi.
J’étais dans mon élément,
Nul besoin de fleurs ni de diamants.
Je sais que, dans ce film d’horreur,
Je serai toujours la survivante.
Je ne peux avoir le rôle de figurante,
Je sais comment sauver mon honneur.
Je me suis peut-être perdue sur cette route,
Mais je n’ai plus aucun doute.
Je me suis peut-être perdue dans cette forêt,
Mais c’est ainsi que je me suis retrouvée.
Tu serais né bien avant moi,
D’une mère que je ne connais pas,
Mais du même père que moi.
Tu aurais grandi à quelques pas.
Mon père n’aurait pas su,
Je ne lui en aurais pas voulu,
Peut-être que toi non plus.
Et puis un jour, tu serais venu.
Oh, pas trop vite,
Non, pas tout de suite,
Laisse-moi imaginer la scène
De cette rencontre incertaine.
Tu aurais déboulé dans nos vies,
Quelques temps après que ma mère soit partie.
Au début, je me serais méfiée,
Je crois bien que je t’aurais même détesté.
J’aurais eu peur que tu me voles mon père,
Moi qui venais de perdre alors ma mère.
Tu aurais su me toucher par ton côté désintéressé,
Tu aurais su me laisser parler,
Tu aurais aimé m’écouter.
Toi, ce frère que je n’ai pas désiré,
Je t’aurais pourtant aimé.
Oh, pas si vite,
Non, pas tout de suite,
Reste encore un peu,
J’ai tant besoin de nous deux.
Tu aurais été celui qui nous aurait sauvé,
Une nouvelle personne à aimer.
Tu m’aurais tout de suite adorée,
Tu aurais dit que j’étais différente et posée.
Tu aurais été solitaire et cultivé,
Tu m’aurais emmenée au ciné,
Tu m’aurais à tes proches présentée
Comme ta petite sœur adorée.
Nous aurions ensemble voyagé,
Jusqu’au jour où j’aurais quitté le lycée.
Oh, attends un peu,
Juste un petit peu,
Reste à mes côtés,
Toi que j’ai imaginé.
Tu m’aurais vu devenir femme et aimer,
À la lumière du jour enfin me révéler.
Tu aurais été celui qui a tempéré
La colère de notre père, tu aurais apaisée.
Par la différence d’âge, il aurait été déstabilisé,
Sans oublier cette histoire d’amitié.
Auprès de toi, j’aurais pu me confier,
Car jamais tu n’aurais un de mes secrets révélé.
Et tout se serait bien terminé,
Tu te serais alors, je sais, un peu effacé
Devant cet amour que tous disaient parfait.
Oh, reste encore un peu,
Rien qu’un tout petit peu,
Je vais m’effondrer,
J’ai besoin d’une épaule pour pleurer.
Et tout serait parti en fumée.
De lui, j’aurais été séparée,
La maladie l’aurait emporté,
Mon père se serait écroulé…
…Je n’ai eu personne sur qui me reposer.
J’ai dû être forte et tout affronter,
Il m’était impossible de me laisser aller.
Oh, mon grand frère, si tu savais
Qu’à cause de ton absence,
Car jamais il n’y eut ta naissance,
N’ayant jamais eu de grand frère,
Je suis devenue mon propre grand frère…
Oh, si tu avais été,
Oui, si tu avais existé,
Mais tu n’es que fumée,
Toi, ce frère que j’ai seulement imaginé.
Défier les Dieux, crier au sabotage,
Quand on a l’impression de faire naufrage,
En vouloir à la terre entière
Et se sentir si peu fier.
Vouloir être le plus fort,
Même quand on se sent mort,
Se méfier de chaque silence,
Hésiter à entrer dans la danse.
Qu’ont-ils dans ton dos comploté ?
Continue de chaque détail analyser,
Tu finiras bien par trouver
Qui s’amuse à te torturer.
Tu as des doutes sur ton voisin,
Ah, et qui sera le prochain ?
L’autre qui se prend pour un saint,
Vas-tu douter ainsi jusqu’à la fin ?
Tu entends derrière toi chuchoter :
Étais-ce à ton sujet ?
Devrais-tu les ignorer ?
Et si tout ceci était calculé ?
Pourras-tu un jour enfin te reposer…
Et dans ton sommeil, tu n’es pas rassuré.
Pourraient-ils venir t’assassiner ?
Tu ne voudrais même pas parier…
Et s’ils en faisaient exprès
De sans cesse te blesser ?
Et si tout t’était adressé,
Arriverais‑tu à avancer ?
Mais tu parles trop,
Pèses chacun de tes mots.
Tu trouveras le repos,
Un jour, il fera enfin beau.
Croire au Destin qui nous a sabotés,
Et de tous, au fond, se méfier,
Ne croire aucun des mots prononcés,
Voir au loin les belles paroles s’envoler,
Et sur ton dos, continuer de tout porter.
Est-ce qu’un jour tout cela va cesser ?
Tu devrais arrêter d’espérer,
Tu sais pourtant que cela ne fait que commencer.
Je préfère que tu m’aies abandonnée,
Car j’aurais été incapable de te quitter.
Je ne suis pas de celles qui laissent tomber,
Je n’ai jamais pu, dans ma vie, renoncer.
C’est peut-être un mal pour un mieux
Que nous ne soyons plus que des inconnus.
C’est sûrement un mal pour un mieux
Qu’on se soit finalement perdus de vue.
Je déteste ceux qui baissent les bras,
Je n’abandonne jamais le combat.
Partir, non, je ne pourrais pas,
Même si contre moi il y a coup d’État.
C’est peut-être un mal pour un mieux
Qu’il n’y ait plus de nous « deux ».
C’est sûrement un mal pour un mieux
Que nos échanges restent silencieux.
Peu importe tes mots, je résiste,
J’ai tellement peur d’être abandonnée.
Peu importe tes actes, je persiste,
Je déteste si fort l’idée d’être rejetée.
C’est peut-être un mal pour un mieux,
Car plus je te donnais, moins je recevais.
C’est sûrement un mal pour un mieux,
Car aujourd’hui je sais que tu m’utilisais.
Et puis un jour, tu as franchi cette ligne,
Et moi je ne me suis plus sentie digne.
Il me semble que c’est toi qui es parti,
Mais dans ma tête, je me suis dit : c’est fini.
C’est peut-être un mal pour un mieux
Que tu te sois éloigné de moi.
C’est sûrement un mal pour un mieux,
Ma vie est mieux désormais sans toi.
Je n’ai plus à te suivre dans toutes tes idées,
Je n’ai plus à toujours, sans réfléchir, acquiescer.
Je n’ai plus à réserver mes week-ends et jours fériés,
Je n’ai plus à agir comme toi, tu l’avais décrété.
C’est peut-être un mal pour un mieux
Que nos chemins se soient séparés.
C’est sûrement un mal pour un mieux
Que nous n’allions plus dans les mêmes soirées.
Je n’ai pas à renier qui je suis pour me faire aimer,
Je n’ai pas à avoir peur d’être abandonnée,
Je n’ai pas à avoir peur de me faire rejeter,
Car des personnes m’acceptent de la tête aux pieds !
C’est peut-être un mal pour un mieux,
Tu vis dans ton monde et moi dans le mien.
C’est sûrement un mal pour un mieux,
Que désormais nous ne partagions plus rien.
Tu es parti avec la tempête,
Mais je n’étais pas prête.
Le vent a tout emporté,
Personne n’a pu me réconforter.
Les arbres ont été déracinés,
Tout ce que je connaissais
S’est alors soudain évaporé.
Pluie et larmes se sont mélangées.
Je ne pensais pas que tu me quitterais,
Mais c’est pourtant ce que tu as fait.
Je me souviens du bruit de la porte,
Je me souviens des feuilles mortes.
La mer n’était pas calme
Quand j’ai rendu les armes.
Tu es monté dans ta voiture
Comme un chevalier sur sa monture.
Le vent était tellement violent,
Tout cela me semblait délirant,
Comme dans les films en noir et blanc
Où le tueur part en sifflant tranquillement
Et la femme pleure en tremblant.
C’était la tempête dans ma tête
Le jour où tu es monté dans ta Corvette.
Il y a trois jours, le vent est passé par là,
Et dans ma tête, j’entendais ta voix.
Le jour où tu as tourné les pas,
Le jour où tu t’es éloigné de moi,
C’était la tempête dans ma tête.
Tu es parti aussi vite qu’une comète,
Emportant les souvenirs du passé,
Emportant notre amour consumé.
Mon cœur n’est plus à la fête,
Je ne pousse plus la chansonnette.
Notre idylle était peut-être imparfaite,
Mais tu l’as laissée partir dans la tempête.
J’aimerais un jour qu’un enfant m’appelle « Maman »
J’aimerais un jour pouvoir donner tout cet amour que j’ai
car dans mes rêves les plus fous je l’ai imaginé
Ce petit être qui bousculera ma vie tel un ouragan
J’aimerais un jour pour un enfant être une maman
J’ai tellement peur de ne pas être à la hauteur
Pour ce petit être qui remplira alors tout mon cœur
Qui aujourd’hui cogne dans ma poitrine bruyamment
J’aimerais bien un jour devenir Mère
Et pouvoir transmettre ce que j’ai appris sur terre
Et pouvoir l’emmener tous les ans à la mer
J’aimerais tellement être une bonne Mère
J’aimerais vraiment être une bonne maman
Être celle qui comprend les pleurs de son enfant
Être celle qui saura le rassurer quand il sera grand
Mais je sais que je m’inquièterai constamment
Si seulement j’étais certaine d’être une bonne Mère
Être certaine que je ne serai pas comme la mienne
Être certaine que pour moi il n’aura pas de Haine
Car je ne supporterai pas que par ma faute il ressente de la peine…
Je ne sais pas ce qu’est une bonne maman
Car la mienne ne m’a pas fait passer avant
Elle a préféré partir en m’abandonnant
Ma mère n’était pas une bonne Maman
Alors pour toi, mon futur adorable petit enfant
J’ai peur d’agir maladroitement
Mais sache que jamais je ne pourrai t’abandonner
Car je t’aime avant même que tu ne sois né
Toi, l’élève, qui t’en vas,
Sache que je ne t’oublie pas.
Tu vas grandir et devenir,
Tu vas partir et découvrir.
Je n’oublierai pas ton visage,
Que tu aies été, ou non, sage.
Je me souviendrai de ton regard
Quand tu étais dans le brouillard.
J’espère t’avoir un peu aidé,
J’espère t’avoir peut-être guidé.
Du chemin, tu vas en parcourir,
Je me rappellerai de ton sourire.
Parfois, tu devais me maudire
Quand je te faisais réfléchir.
J’espère ne pas t’avoir ennuyé,
J’espère que ta voie tu as trouvée.
Pour moi, tu sais, tu as compté,
Et j’ai aussi appris à tes côtés.
Reviens me voir si tu veux,
Ça me rendra toujours heureux.
Toi, l’élève que je n’oublie pas,
Toi, l’élève qui s’en va…
Je ne veux pas qu’il me trouve belle
Ni même qu’il me prenne pour une jouvencelle.
Je ne veux pas qu’il ait honte d’être avec moi
Ni même qu’il partage ce en quoi je crois.
J’aimerais simplement qu’il m’accepte
Sans me forcer à faire partie d’une secte.
J’aimerais qu’en pleine nuit il m’appelle,
Juste comme ça, pour prendre des nouvelles.
Je veux juste pouvoir me confier, lui parler
Sans sentir sur moi un regard amusé.
Je veux juste vivre, rire et vibrer
Sans me sentir, par lui, opprimée.
J’aimerais pouvoir, n’importe quand, l’appeler
Et savoir que je ne vais pas l’ennuyer.
Je veux juste, avec lui, me sentir respectée
Et poussée à avancer, ne jamais renoncer.
J’aimerais qu’il me montre que j’ai tort
De penser qu’il n’existera jamais.
J’aimerais ressentir des remords
D’avoir cru que de tous je dois me méfier.
S’il pouvait m’accompagner là où j’ai peur d’aller,
S’il pouvait avec moi marcher sans même parler,
Je ne chercherais pas à le faire changer,
J’essaierais juste, au mieux, de l’aider.
Je ne voudrais pas tout cela gâcher
Avec des mots trop vite prononcés.
Je ne voudrais pas qu’il prenne peur
Et que tout cela, à jamais, s’évapore.
Cet ami qui ne viendra pas,
Cet ami qui n’est qu’illusion,
Cet ami qui ne serait pas déception,
Cet ami qui, je le sais, n’existe pas.